Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
Cliquez pour consulter la plaquette du cabinet ACDEFI
L'humeur de la semaine - 27 mars 2015
Sans surprise, la dette publique française a continué de progresser. Au quatrième trimestre 2014, elle a ainsi atteint un nouveau sommet historique de 2 037,8 milliards d’euros. Elle représente désormais 95 % du PIB, soit 0,2 point de moins qu’au troisième trimestre, mais 10 points de plus qu’en 2011. Bien entendu, le gouvernement français préfère mettre l’accent sur la réduction du déficit public à 4 % du PIB en 2014. Seulement voilà, cette réduction a pu notamment s’obtenir grâce à la baisse des taux d’intérêt des obligations d’Etat. Sans cette dernière, le déficit public aurait été d’au moins 4,5 % du PIB. De plus, comme cela s’observe depuis l’après-guerre de façon ininterrompue, la dépense publique a continué d’augmenter : + 1,6 % en 2014, soit un total de 1 226,5 milliards d’euros, c’est-à-dire 57,2 % du PIB. Un autre record historique et presque mondial (seuls six pays dans le monde font plus que nous) dont on se serait bien passé. Pour 2015, avec une croissance économique d’environ 0,8 %, une politique fiscale toujours prohibitive, le maintien d’un taux de chômage de l’ordre de 10,5 % et une nouvelle augmentation des dépenses publiques, le déficit public français continuera d’avoisiner les 4 % du PIB. Pire, avec la remontée probable des taux d’intérêt des obligations d’Etat, il pourrait atteindre les 4,5 %. De la sorte, la dette publique atteindra tranquillement les 100 % du PIB. La question reste simplement de savoir si les investisseurs utiliseront cet argument pour délaisser les obligations d’Etat, suscitant une hausse massive des taux longs et réactivant la crise de la dette...
L'humeur de la semaine - 20 mars 2015
Ca y est, elle est là ! Formidable, majestueuse, pleine de vigueur et d’optimisme : la reprise ! Juré, craché, elle ne nous décevra pas cette fois-ci. C’est du moins ce que nous promettent les dirigeants du pays, mais aussi de plus en plus d’économistes, en mal de reconnaissance et surtout de se faire bien voir par la « haute hiérarchie », sans oublier certains journalistes qui confondent vraisemblablement les prévisions du gouvernement avec la réalité. Car, le problème est bien là : pour le moment, la reprise n’apparaît nulle part sauf dans certaines enquêtes de conjoncture (en fait, une seule : celles des directeurs d’achat dans les services) et dans les conjectures gouvernementales. Avouons que cela est un peu léger pour sonner le tocsin ! Certes, certains ingrédients nécessaires pour permettre à la croissance de se redresser significativement et durablement sont bien là. A commencer par la baisse des prix du pétrole et de nombreuses matières premières, ainsi que la dépréciation massive de l’euro. Mais attention, cette "reprise" est très fragile. Pire, elle constitue un piège ou encore un aléa moral. En effet, plutôt que d'en profiter pour enfin moderniser l’économie française en engageant de vraies réformes structurelles, les dirigeants du pays vont plutôt l'utiliser pour ne rien faire, laissant croire aux Français que le petit regain de croissance est le fruit de la politique menée. C’est exactement ce qu’avait fait Lionel Jospin en 1998-2000, ce qui ne lui avait d’ailleurs pas porté bonheur. Plus que jamais, il nous paraît donc indispensable de mener les profondes réformes décrites dans « Guérir la France La thérapie de choc ». Nous sommes conscients que cette dernière ne plaît pas à tout le monde. Nous avons par exemple appris que certains chroniqueurs de livres de la presse nationale avaient décidé, d’un commun accord, de ne pas en parler. On se croirait vraiment dans un autre temps et dans un autre pays. Mais ce n'est pas grave, continuons le combat : Oui, la France peut encore être sauvée, mais en 2017, il sera peut-être trop tard...
L'humeur de la semaine - 13 mars 2015
Ne boudons pas notre plaisir : nous réclamions une « planche à billets » de la BCE et une baisse de l’euro. Nous l’avons. Nous souhaitions la remontée des marchés boursiers et l’évitement d’une forte déflation. Nous l’avons également. Seulement voilà, les marchés ne savent pas faire dans la délicatesse, mais préfèrent la brutalité des mouvements. Ainsi, alors qu’il y a encore quelques mois, nous étions parmi les très rares à anticiper une dépréciation significative de l’euro, aujourd’hui tous les prévisionnistes et les investisseurs se sont ralliés à cette anticipation. Mieux, ou plutôt pire, ceux qui annonçaient que l’euro allait remonter vers les 1,40 dollar, sans parler de ceux qui prédisaient un euro à 2 dollars il y a encore quelques années, prévoient aujourd’hui le passage imminent sous la barre du 1 dollar pour 1 euro. Si la baisse de l’euro et la hausse des marchés boursiers sont en partie justifiées, elles atteignent désormais des niveaux excessifs par rapport à la réalité économique. Il en est d’ailleurs de même de la faiblesse des taux d’intérêt des obligations des Etats européens ou du prix du baril. Dans tous ces cas, nous sommes donc tombés dans une bulle, c’est-à-dire un mouvement spéculatif auto-entretenu de déconnexion entre les grandeurs financières et la réalité économique. Aussi, nous anticipons que dans la mesure où ils obéissent désormais à des mouvements spéculatifs, la baisse de l’euro et la hausse des marchés boursiers pourra temporairement se poursuivre de manière excessive. Un euro à 0,95 dollar et un Cac 40 à 5 500 points sont donc envisageables à court terme. En revanche, la réalité économique et financière reprendra progressivement le dessus, permettant de stabiliser l’euro autour de 1,05 dollar et le Cac 40 autour de 4800 points à l’horizon du début 2016. D’ici là, à chaque fois que ces barrières seront franchies, il ne faudra pas tarder à prendre ses bénéfices et à jouer le mouvement inverse. Autrement dit, la volatilité et les montagnes russes resteront particulièrement actives au cours des prochains trimestres.
L'humeur de la semaine - 06 mars 2015
Si, pour l’instant, la situation de la Grèce et celle de la France demeurent apparemment différentes, elles sont en fait très proches. En effet, dans les deux cas, les dirigeants du pays essaient de gagner du temps en masquant la réalité économique et financière à leurs concitoyens et, par la même occasion, au reste du monde. Le pire c’est que, pour le moment, ça marche... Certes, les dirigeants grecs sont au firmament du mensonge et de la manipulation. Ainsi, en plus d’essayer de nous faire croire qu’ils vont faire de vraies réformes économiques structurelles et réussir enfin à collecter l’impôt, tout en réduisant leurs déficits publics (cela ne fait que quinze ans qu’ils le promettent avec les résultats que l’on connaît), ils ont désormais décidé de pousser le bouchon un peu plus loin. En effet, plutôt que de s’excuser de leurs erreurs et d’avouer qu’ils ne rembourseront pas leurs dettes, ils n’hésitent plus désormais à jeter l’opprobre sur leurs partenaires espagnols et portugais, qui, à juste titre, ne comprennent pas la multitude des cadeaux consentis à la Grèce qui, vis-à-vis des efforts douloureux réalisés en Espagne et au Portugal, apparaissent particulièrement injustes. Nous retrouvons là le syndrome de la cigale et de la fourmi, régulièrement observé entre la France et l’Allemagne, lorsque la première critique ouvertement la seconde alors qu’elle n’a pas mené un dixième des réformes engagées outre-Rhin. A l’évidence, France-Grèce, même combat... Mais aussi, mêmes mensonges. Car, de la même façon que les dirigeants grecs promettent qu’ils vont réformer leur économie et augmenter les recettes fiscales en vain, ceux de la France continuent de faire preuve d’ingéniosité pour annoncer que la reprise va finir par s’imposer dans l’Hexagone. Mais attention : plus on tarde à affronter les problèmes, plus ces derniers sont difficiles à résoudre. Dans quelques mois, la vérité ne pourra donc plus être cachée : les Grecs ne rembourseront pas leurs dettes et les Français retrouveront le triste chemin de la récession. Dommage...
L'humeur de la semaine - 27 février 2015
Que ce soit pour les pays du sud de l’Europe, pour l’Allemagne, la France ou encore la zone euro dans son ensemble, la déflation n’est plus une menace mais une réalité particulièrement dangereuse. Dire qu’il y a encore quelques mois, la majorité des économistes annonçait qu’elle ne se produirait jamais, notamment dans l’Hexagone... Seulement voilà, pour la deuxième fois de son histoire contemporaine (la première remontant à 2009), l’économie française affiche un glissement annuel négatif de ses prix à la consommation, en l’occurrence - 0,4 % en janvier (- 0,6 % dans la zone euro). Et ce n’est pas fini, car, pour les mois à venir, celui-ci continuera de baisser pour avoisiner les - 1 %, un niveau similaire à celui qui devrait prévaloir dans la zone euro. Or, si la déflation s’installe, les entreprises subissent une baisse durable de leur chiffre d’affaires, donc de leurs marges, voire enregistrent des pertes, ce qui les oblige à réduire leurs coûts et notamment leur masse salariale. Dès lors, le chômage augmente, les salaires reculent, la consommation se replie, les entreprises ont encore plus de difficultés financières, d’où une nouvelle vague de licenciements… et le cercle pernicieux continue. Et ce d’autant que les dettes publiques et privées sont élevées. Nous subissons donc aujourd’hui le retour de la « debt deflation ». Il s’agit de la catégorie de crise la plus grave, c’est-à-dire celle qui allie une bulle de la dette et une phase de déflation, donc de baisse des prix. Soyons clairs : seule une remontée de l'inflation nous permettra de sortir de la crise...

L'humeur de la semaine - 18 février 2015
Certes, la loi Macron est loin d’être une révolution pour l’économie française. Elle constitue un « doliprane » alors que la France a besoin d’une thérapie de choc pour moderniser son économie, pour guérir de son immobilisme maladif et finalement pour retrouver le chemin de la croissance forte et durable. C’est ce que je préconise dans « Guérir la France La thérapie de choc » qui ne constitue aucunement une politique d’austérité, mais au contraire souhaite redonner du pouvoir d’achat et de l’espoir aux entreprises et aux ménages français tout en modernisant notre économie archaïque. Dans ce cadre, la loi Macron était bien entendu loin du compte, mais elle avait le mérite de montrer au monde que la France pouvait ouvrir la brèche et entrer progressivement sur la voie des vraies réformes. De plus, après des mois de négociations, elle avait été en partie vidée de sa substance, si bien qu’une majorité des Français y était favorable. Seulement voilà, les calculs politiciens, les querelles de clochers et la sempiternelle volonté d’immobilisme ont, une nouvelle fois, tout cassé. A tel point que le gouvernement a dû dégainer le 49.3 pour faire passer la loi Macron faute de majorité. Face à ce nouveau couac, une remarque émerge : s'il faut un 49.3 pour faire passer une réformette comme la loi Macron, que faudra-t-il pour engager des vraies réformes et a fortiori une thérapie de choc ? Ce nouveau psychodrame politicien rappelle tristement que la France est irréformable. Elle va bientôt en payer le juste prix.
L'humeur de la semaine - 13 février 2015
Une fois encore, la France a malheureusement brillé par son manque de dynamisme économique au sein de la zone euro. L’évolution comparée du PIB entre les différents pays de l’UEM au quatrième trimestre est sans appel : + 0,7 % en Allemagne et en Espagne, + 0,5 % aux Pays-Bas et au Portugal et + 0,3 % pour la zone euro dans son ensemble. Face à ces performances, la petite hausse de 0,1 % du PIB français sonne particulièrement faux. Piètre consolation, le PIB italien a fait du surplace et celui de la Grèce est reparti à la baisse (- 0,2 %). La France n’est donc pas dernière mais semble se complaire avec les derniers de la classe. Le pire est que les dirigeants du pays présentent l’atteinte d’une croissance de 0,4 % en 2014 et proche de 1 % cette année comme des performances formidables. Ce manque d’ambition est particulièrement triste et montre combien la France a besoin d’une thérapie de choc (avec notamment une forte baisse des impôts pour tous, une modernisation massive du marché du travail et une réduction des dépenses publiques inefficaces) si elle veut sortir de l’atonie économique.
Ne l’oublions pas : pour créer des emplois en grand nombre, faire baisser durablement le chômage et réduire significativement ses déficits publics, la France a besoin d’une croissance supérieure à 2 %. La nouvelle baisse de l’emploi au quatrième trimestre 2014 rappelle d’ailleurs que le fléau du chômage n’est pas près de s’estomper. Espérons donc que les efforts déployés par les dirigeants français pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine ou consentir un nouveau cadeau à la Grèce seront également présents pour relancer durablement l’économie française sur la voie de la modernité et de la croissance forte et durable. L’espoir fait vivre…
L'humeur de la semaine - 06 février 2015
Comme nous l’appelions de nos vœux la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, la BCE a choisi d’être ferme vis-à-vis de la Grèce. En refusant désormais d’accepter les titres de la dette grecque à l’actif de son bilan, elle rappelle simplement que la zone euro n’est pas la jungle mais un ensemble structuré de pays qui ont choisi de suivre des règles communes. Dans ce cadre, si la Grèce ne trouve pas d’accord avec ses créanciers eurolandais d’ici début mars, elle devra quitter la zone euro. C’est d’ailleurs peut-être là que réside la sortie de crise pour l’économie hellène. De toute façon, la Grèce ne remboursera pas une grande partie de sa dette. C’est d’ailleurs vraisemblablement parce que Tsipras l’a confirmé à ses homologues eurolandais que la BCE a été si directe et si rapide. Autrement dit : quitte à faire une croix sur ce remboursement, autant accompagner les Grecs hors de l’euro tout en les maintenant dans l’Union européenne. La Grèce sera ainsi sauvée et la zone euro avec. Car si un nouveau cadeau est consenti à la Grèce sans contrepartie, les autres pays du Sud sauront quoi faire à l’avenir : élire un parti extrémiste à leur tête et supprimer tout ou partie de leur dette, signant l’arrêt de mort de l’UEM et le début d’une nouvelle crise dévastatrice. Et ce d’autant que si Tsipras obtient gain de cause, les Allemands pourraient bien être les premiers à quitter la zone euro. A force d’avoir répété « faites comme nous », sans être suivie, l’Allemagne pourrait tout simplement se retirer de la zone euro et revenir à sa proposition initiale d’une UEM limitée à des pays économiquement et socialement proches (en l’occurrence les Pays-Bas, l’Autriche et le Luxembourg). Une crise sans précédent s’imposerait évidemment aux autres pays européens. Alors que faire ? Accompagner en douceur la Grèce en dehors de la zone euro ou inciter les Allemands à quitter cette dernière ? Pour nous, il n’y a pas photo. Réponse dans moins de vingt jours…
L'humeur de la semaine - 31 janvier 2015
Les dirigeants européens ont beau essayer d’édulcorer la situation politico-économico-financière de la Grèce après la victoire historique de Syriza, il faut appeler un chat un chat : la patrie d’Aristote est désormais dirigée par un parti d’extrême-gauche, avec un premier ministre eurosceptique et un ministre de l’économie qui n’a cessé de prôner l’annulation pure et simple de la dette grecque. Bien entendu, le peuple grec souffre et ne peut être laissé pour compte. De quoi rappeler que l’austérité « bête et méchante » n’a évidemment aucun sens. Evidemment, les Grecs ne veulent a priori pas quitter la zone euro. Et pour cause : un tel choix se traduirait par une flambée des taux d’intérêt grecs, cassant encore un peu plus l’activité et appauvrissant davantage une population déjà exsangue. Pour autant, dans la mesure où nous pensons que Tsipras et ses acolytes tiendront leurs promesses de campagne et parce que l’Allemagne n’acceptera plus de mettre la main à la poche, nous anticipons que la Grèce annulera une grande partie de sa dette publique et finira par sortir de la zone euro d’ici la fin 2015. Il s’agira d’ailleurs peut-être d’un mal pour un bien. D’une part, parce que l’Europe n’aura plus à alimenter un puit sans fond. D’autre part, parce que les Grecs pourront enfin faire table rase du passé, bénéficiant d’une devise compétitive et par là même retrouver le chemin de la croissance. En fait, 2015 sera une année décisive pour la zone euro. Elle sera vraisemblablement celle de la restructuration. Car, il faut être honnête : pour que l’UEM puisse survivre, elle doit s’accompagner d’une harmonisation fiscale et réglementaire et d’une cohésion économico-politique, cristallisée notamment par un budget fédéral. Ce qui ne pourra se faire qu’en respectant les règles de la cohésion. Autrement dit : la zone euro, aimez-la ou quittez-là !
L'humeur de la semaine - 24 janvier 2015
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l’Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d’enclencher le premier Quantitative Easing de l’UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d’euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l’activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l’a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l’euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d’un euro moins fort. Ne l’oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l’Hexagone et dans l’UEM, c’était en 1999-2000, lorsque l’euro valait environ 0,90 dollar. À l’inverse, chaque fois que l’euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s’est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l’UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l’Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D’ailleurs, comme elle l’a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l’UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l’euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l’enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2015
Les horribles attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercacher de la porte de Vincennes ont tristement rappelé deux évidences comportementales. La première est que, lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s’arrête. A commencer par l’activité économique. Ainsi, à côté du drame humain, ces évènements tragiques ont eu comme conséquence collatérale, l’effondrement de la consommation. La deuxième évidence est a priori plus optimiste puisqu’elle réside dans le fait que, devant le danger et l’adversité, les citoyens ont la capacité de se surpasser et de se serrer les coudes. C’est notamment ce qui a transparu lors de la formidable marche républicaine du 11 janvier. Mais attention, cet élan national pourrait déboucher sur deux effets pervers. D’une part, devant l’impératif sécuritaire, il pourrait être tentant pour les dirigeants du pays d’oublier la nécessité de moderniser notre économie et de la rendre plus féconde en croissance et en emplois. D’autre part, comme on ne cesse de l’entendre, ce triste contexte et la psychose qui en a suivi pourraient être utilisés pour encore augmenter la dépense publique. Aussi, ne nous voilons pas la face : La France est malade. Malade de son économie, malade de sa politique, malade de ses valeurs. Au point que de plus en plus de nos compatriotes et entreprises quittent le pays, favorisant un authentique phénomène d’exil ! Mais plutôt que de se contenter de décrire les maux de la France, comme le font trop d’économistes et autres depuis des années, j’ai préféré consacrer mon nouveau livre («Guérir la France La thérapie de choc » qui sortira le 22 janvier) à l’élaboration d’un programme de mesures économiques concrètes pour sauver notre « douce France ».
Les analyses hebdomadaires
Sans surprise, la dette publique française a continué de progresser. Au quatrième trimestre 2014, elle a ainsi atteint un nouveau sommet historique de 2 037,8 milliards d’euros. Elle représente désormais 95 % du PIB, soit 0,2 point de moins qu’au troisième trimestre, mais 10 points de plus qu’en 2011. Bien entendu, le gouvernement français préfère mettre l’accent sur la réduction du déficit public à 4 % du PIB en 2014. Seulement voilà, cette réduction a pu notamment s’obtenir grâce à la baisse des taux d’intérêt des obligations d’Etat. Sans cette dernière, le déficit public aurait été d’au moins 4,5 % du PIB. De plus, comme cela s’observe depuis l’après-guerre de façon ininterrompue, la dépense publique a continué d’augmenter : + 1,6 % en 2014, soit un total de 1 226,5 milliards d’euros, c’est-à-dire 57,2 % du PIB. Un autre record historique et presque mondial (seuls six pays dans le monde font plus que nous) dont on se serait bien passé. Pour 2015, avec une croissance économique d’environ 0,8 %, une politique fiscale toujours prohibitive, le maintien d’un taux de chômage de l’ordre de 10,5 % et une nouvelle augmentation des dépenses publiques, le déficit public français continuera d’avoisiner les 4 % du PIB. Pire, avec la remontée probable des taux d’intérêt des obligations d’Etat, il pourrait atteindre les 4,5 %. De la sorte, la dette publique atteindra tranquillement les 100 % du PIB. La question reste simplement de savoir si les investisseurs utiliseront cet argument pour délaisser les obligations d’Etat, suscitant une hausse massive des taux longs et réactivant la crise de la dette...
A suivre du 23 au 27 mars :
- Mardi 24, 2h45 (heure de Paris) : très légère hausse de l’indice HSBC PMI dans l’industrie chinoise.
- Mardi 24, de 9h à 10h : les indices Markit PMI font du surplace ou reculent légèrement dans l’industrie et les services dans la zone euro, en Allemagne et en France.
- Mardi 24, 13h30 : l’inflation américaine se maintient autour de 0 %.
- Mardi 24, 14h45 : l’indice Markit PMI dans l’industrie américaine recule sensiblement.
- Mercredi 25, 8h45 : stabilisation des indices du climat des affaires INSEE en France dans l’industrie et pour l’ensemble des secteurs d’activité.
- Mercredi 25, 10h : quasi-stagnation de l’indice IFO du climat des affaires dans l’industrie allemande.
- Mercredi 25, 13h30 : repli correctif des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Mercredi 25, 18h : le chômage repart à la hausse dans l’Hexagone.
- Jeudi 26, 8h45 : confirmation de la faible croissance française du quatrième trimestre 2014.
- Jeudi 26, 8h45 : la dette publique française à deux points des 100 % du PIB au quatrième trimestre 2014.
- Jeudi 26, 14h45 : quasi-stabilisation de l’indice Markit PMI dans les services outre-Atlantique.
- Vendredi 27, 8h45 : légère baisse de la confiance des ménages en France.
- Vendredi 27, 13h30 : la croissance américaine du quatrième trimestre 2014 est confirmée à 2,2 %.
- Vendredi 27, 15h : petite baisse de l’indice de confiance des ménages américains selon l’Université du Michigan.