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France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 27 février 2015
Que ce soit pour les pays du sud de l’Europe, pour l’Allemagne, la France ou encore la zone euro dans son ensemble, la déflation n’est plus une menace mais une réalité particulièrement dangereuse. Dire qu’il y a encore quelques mois, la majorité des économistes annonçait qu’elle ne se produirait jamais, notamment dans l’Hexagone... Seulement voilà, pour la deuxième fois de son histoire contemporaine (la première remontant à 2009), l’économie française affiche un glissement annuel négatif de ses prix à la consommation, en l’occurrence - 0,4 % en janvier (- 0,6 % dans la zone euro). Et ce n’est pas fini, car, pour les mois à venir, celui-ci continuera de baisser pour avoisiner les - 1 %, un niveau similaire à celui qui devrait prévaloir dans la zone euro. Or, si la déflation s’installe, les entreprises subissent une baisse durable de leur chiffre d’affaires, donc de leurs marges, voire enregistrent des pertes, ce qui les oblige à réduire leurs coûts et notamment leur masse salariale. Dès lors, le chômage augmente, les salaires reculent, la consommation se replie, les entreprises ont encore plus de difficultés financières, d’où une nouvelle vague de licenciements… et le cercle pernicieux continue. Et ce d’autant que les dettes publiques et privées sont élevées. Nous subissons donc aujourd’hui le retour de la « debt deflation ». Il s’agit de la catégorie de crise la plus grave, c’est-à-dire celle qui allie une bulle de la dette et une phase de déflation, donc de baisse des prix. Soyons clairs : seule une remontée de l'inflation nous permettra de sortir de la crise...

L'humeur de la semaine - 18 février 2015
Certes, la loi Macron est loin d’être une révolution pour l’économie française. Elle constitue un « doliprane » alors que la France a besoin d’une thérapie de choc pour moderniser son économie, pour guérir de son immobilisme maladif et finalement pour retrouver le chemin de la croissance forte et durable. C’est ce que je préconise dans « Guérir la France La thérapie de choc » qui ne constitue aucunement une politique d’austérité, mais au contraire souhaite redonner du pouvoir d’achat et de l’espoir aux entreprises et aux ménages français tout en modernisant notre économie archaïque. Dans ce cadre, la loi Macron était bien entendu loin du compte, mais elle avait le mérite de montrer au monde que la France pouvait ouvrir la brèche et entrer progressivement sur la voie des vraies réformes. De plus, après des mois de négociations, elle avait été en partie vidée de sa substance, si bien qu’une majorité des Français y était favorable. Seulement voilà, les calculs politiciens, les querelles de clochers et la sempiternelle volonté d’immobilisme ont, une nouvelle fois, tout cassé. A tel point que le gouvernement a dû dégainer le 49.3 pour faire passer la loi Macron faute de majorité. Face à ce nouveau couac, une remarque émerge : s'il faut un 49.3 pour faire passer une réformette comme la loi Macron, que faudra-t-il pour engager des vraies réformes et a fortiori une thérapie de choc ? Ce nouveau psychodrame politicien rappelle tristement que la France est irréformable. Elle va bientôt en payer le juste prix.
L'humeur de la semaine - 13 février 2015
Une fois encore, la France a malheureusement brillé par son manque de dynamisme économique au sein de la zone euro. L’évolution comparée du PIB entre les différents pays de l’UEM au quatrième trimestre est sans appel : + 0,7 % en Allemagne et en Espagne, + 0,5 % aux Pays-Bas et au Portugal et + 0,3 % pour la zone euro dans son ensemble. Face à ces performances, la petite hausse de 0,1 % du PIB français sonne particulièrement faux. Piètre consolation, le PIB italien a fait du surplace et celui de la Grèce est reparti à la baisse (- 0,2 %). La France n’est donc pas dernière mais semble se complaire avec les derniers de la classe. Le pire est que les dirigeants du pays présentent l’atteinte d’une croissance de 0,4 % en 2014 et proche de 1 % cette année comme des performances formidables. Ce manque d’ambition est particulièrement triste et montre combien la France a besoin d’une thérapie de choc (avec notamment une forte baisse des impôts pour tous, une modernisation massive du marché du travail et une réduction des dépenses publiques inefficaces) si elle veut sortir de l’atonie économique.
Ne l’oublions pas : pour créer des emplois en grand nombre, faire baisser durablement le chômage et réduire significativement ses déficits publics, la France a besoin d’une croissance supérieure à 2 %. La nouvelle baisse de l’emploi au quatrième trimestre 2014 rappelle d’ailleurs que le fléau du chômage n’est pas près de s’estomper. Espérons donc que les efforts déployés par les dirigeants français pour obtenir un cessez-le-feu en Ukraine ou consentir un nouveau cadeau à la Grèce seront également présents pour relancer durablement l’économie française sur la voie de la modernité et de la croissance forte et durable. L’espoir fait vivre…
L'humeur de la semaine - 06 février 2015
Comme nous l’appelions de nos vœux la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, la BCE a choisi d’être ferme vis-à-vis de la Grèce. En refusant désormais d’accepter les titres de la dette grecque à l’actif de son bilan, elle rappelle simplement que la zone euro n’est pas la jungle mais un ensemble structuré de pays qui ont choisi de suivre des règles communes. Dans ce cadre, si la Grèce ne trouve pas d’accord avec ses créanciers eurolandais d’ici début mars, elle devra quitter la zone euro. C’est d’ailleurs peut-être là que réside la sortie de crise pour l’économie hellène. De toute façon, la Grèce ne remboursera pas une grande partie de sa dette. C’est d’ailleurs vraisemblablement parce que Tsipras l’a confirmé à ses homologues eurolandais que la BCE a été si directe et si rapide. Autrement dit : quitte à faire une croix sur ce remboursement, autant accompagner les Grecs hors de l’euro tout en les maintenant dans l’Union européenne. La Grèce sera ainsi sauvée et la zone euro avec. Car si un nouveau cadeau est consenti à la Grèce sans contrepartie, les autres pays du Sud sauront quoi faire à l’avenir : élire un parti extrémiste à leur tête et supprimer tout ou partie de leur dette, signant l’arrêt de mort de l’UEM et le début d’une nouvelle crise dévastatrice. Et ce d’autant que si Tsipras obtient gain de cause, les Allemands pourraient bien être les premiers à quitter la zone euro. A force d’avoir répété « faites comme nous », sans être suivie, l’Allemagne pourrait tout simplement se retirer de la zone euro et revenir à sa proposition initiale d’une UEM limitée à des pays économiquement et socialement proches (en l’occurrence les Pays-Bas, l’Autriche et le Luxembourg). Une crise sans précédent s’imposerait évidemment aux autres pays européens. Alors que faire ? Accompagner en douceur la Grèce en dehors de la zone euro ou inciter les Allemands à quitter cette dernière ? Pour nous, il n’y a pas photo. Réponse dans moins de vingt jours…
L'humeur de la semaine - 31 janvier 2015
Les dirigeants européens ont beau essayer d’édulcorer la situation politico-économico-financière de la Grèce après la victoire historique de Syriza, il faut appeler un chat un chat : la patrie d’Aristote est désormais dirigée par un parti d’extrême-gauche, avec un premier ministre eurosceptique et un ministre de l’économie qui n’a cessé de prôner l’annulation pure et simple de la dette grecque. Bien entendu, le peuple grec souffre et ne peut être laissé pour compte. De quoi rappeler que l’austérité « bête et méchante » n’a évidemment aucun sens. Evidemment, les Grecs ne veulent a priori pas quitter la zone euro. Et pour cause : un tel choix se traduirait par une flambée des taux d’intérêt grecs, cassant encore un peu plus l’activité et appauvrissant davantage une population déjà exsangue. Pour autant, dans la mesure où nous pensons que Tsipras et ses acolytes tiendront leurs promesses de campagne et parce que l’Allemagne n’acceptera plus de mettre la main à la poche, nous anticipons que la Grèce annulera une grande partie de sa dette publique et finira par sortir de la zone euro d’ici la fin 2015. Il s’agira d’ailleurs peut-être d’un mal pour un bien. D’une part, parce que l’Europe n’aura plus à alimenter un puit sans fond. D’autre part, parce que les Grecs pourront enfin faire table rase du passé, bénéficiant d’une devise compétitive et par là même retrouver le chemin de la croissance. En fait, 2015 sera une année décisive pour la zone euro. Elle sera vraisemblablement celle de la restructuration. Car, il faut être honnête : pour que l’UEM puisse survivre, elle doit s’accompagner d’une harmonisation fiscale et réglementaire et d’une cohésion économico-politique, cristallisée notamment par un budget fédéral. Ce qui ne pourra se faire qu’en respectant les règles de la cohésion. Autrement dit : la zone euro, aimez-la ou quittez-là !
L'humeur de la semaine - 24 janvier 2015
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l’Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d’enclencher le premier Quantitative Easing de l’UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d’euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l’activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l’a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l’euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d’un euro moins fort. Ne l’oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l’Hexagone et dans l’UEM, c’était en 1999-2000, lorsque l’euro valait environ 0,90 dollar. À l’inverse, chaque fois que l’euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s’est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l’UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l’Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D’ailleurs, comme elle l’a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l’UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l’euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l’enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2015
Les horribles attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercacher de la porte de Vincennes ont tristement rappelé deux évidences comportementales. La première est que, lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s’arrête. A commencer par l’activité économique. Ainsi, à côté du drame humain, ces évènements tragiques ont eu comme conséquence collatérale, l’effondrement de la consommation. La deuxième évidence est a priori plus optimiste puisqu’elle réside dans le fait que, devant le danger et l’adversité, les citoyens ont la capacité de se surpasser et de se serrer les coudes. C’est notamment ce qui a transparu lors de la formidable marche républicaine du 11 janvier. Mais attention, cet élan national pourrait déboucher sur deux effets pervers. D’une part, devant l’impératif sécuritaire, il pourrait être tentant pour les dirigeants du pays d’oublier la nécessité de moderniser notre économie et de la rendre plus féconde en croissance et en emplois. D’autre part, comme on ne cesse de l’entendre, ce triste contexte et la psychose qui en a suivi pourraient être utilisés pour encore augmenter la dépense publique. Aussi, ne nous voilons pas la face : La France est malade. Malade de son économie, malade de sa politique, malade de ses valeurs. Au point que de plus en plus de nos compatriotes et entreprises quittent le pays, favorisant un authentique phénomène d’exil ! Mais plutôt que de se contenter de décrire les maux de la France, comme le font trop d’économistes et autres depuis des années, j’ai préféré consacrer mon nouveau livre («Guérir la France La thérapie de choc » qui sortira le 22 janvier) à l’élaboration d’un programme de mesures économiques concrètes pour sauver notre « douce France ».
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2014
Disons-le, au risque de choquer : après l’angélisme qui prévalait sur les marchés boursiers depuis la fin de l’été, les turbulences de ces dernières semaines ne font que remettre les pendules à l’heure. En effet, qu’il s’agisse d’un Dow Jones proche des 18 000 points, d’un Dax à plus de 10 000 points ou d’un Cac 40 à 4 500 points, la flambée des grands indices boursiers internationaux commençait à devenir excessive. La crise russe est donc venue sonner le glas (du moins temporairement) de l’euphorie boursière, mais là aussi, les excès restent de mise. Certes, les arguments pour justifier la correction sont pléthores. Il y a tout d’abord et principalement l’effondrement de l’économie russe, puis du rouble. Cette « descente aux enfers » serait notamment le produit de l’embargo sur les produits russes lié au conflit ukrainien et surtout de la chute des cours pétroliers. Cette dernière constitue d’ailleurs le deuxième facteur explicatif de la déprime boursière puisqu’elle serait soi-disant annonciatrice d’un fort ralentissement de la croissance mondiale. D’où un troisième mobile : les risques accrus qui pèsent sur l’activité économique dans les pays émergents. Quatrièmement, la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed apporte également son lot d’incertitudes, même si Janet Yellen s’est employée cette semaine à calmer le jeu. Enfin, élément récurrent depuis 2008, la zone euro continue de faire peur par au moins trois biais : une nouvelle crise politique en Grèce qui viendrait réactiver la crise de la dette publique, le maintien d’une croissance molle et l’approche de la déflation. Bref, compte tenu de l’ensemble de ces craintes, la baisse récente des marchés boursiers apparaît tout à fait logique et ne fait finalement que corriger une flambée qui était excessive. Mais, une fois la correction effectuée, il ne faudrait pas non plus « jeter le bébé avec l’eau du bain ». En effet, comme souvent, les marchés sur-réagissent et ne parviennent pas à prendre le recul nécessaire pour relativiser les dangers environnants...
L'humeur de la semaine - 12 décembre 2014
Cette semaine a été marquée par deux évènements principaux. Primo, selon le FMI, la Chine serait dès la fin 2014 la première puissance mondiale, juste devant les Etats-Unis. Secundo, appuyé par Manuel Valls, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a présenté une loi éponyme visant à dérèglementer une partie de l’économie française et à relancer la croissance et l’emploi dans l’Hexagone. A priori très différents, ces deux évènements ont cependant un point commun : ils relèvent tous d’un effet marketing et ne reflètent pas la réalité escomptée. Mais si la Chine peut également compter sur une croissance forte, la France et son gouvernement n’ont plus que le marketing pour essayer de faire illusion. Le projet de loi dit Macron en est l’exemple type. Cela en devient même grotesque. En effet, comment peut-on laisser croire que la croissance française va redémarrer parce que l’on va permettre à certains magasins d’ouvrir 7 dimanches par an ou aux compagnies d’autocar de se développer davantage ? Le pire est que ces réformettes mettent la classe politique en émoi, comme s’il s’agissait d’une thérapie de choc draconienne à même de changer la face de la France, qui passerait ainsi de l’immobilisme à la performance économique.
Arrêtons donc de nous voiler la face : si les mesures Macron (pour peu qu’elles soient votées et réellement appliquées un jour) vont dans le bon sens, elles demeurent hautement insuffisantes pour relancer la France sur le chemin de la croissance forte. Pour y parvenir, il faudra notamment baisser massivement les impôts et les dépenses publiques, tout en réduisant le coût du travail et en modernisant le marché de l’emploi. Nous en sommes malheureusement encore loin...
L'humeur de la semaine - 05 décembre 2014
Oui, le retour de la croissance est encore possible dans l’Hexagone. Pour ce faire, le repli des cours du pétrole et des matières premières ainsi que la dépréciation de l’euro/dollar constituent des soutiens de poids. Et pour cause : à chaque fois que le baril de pétrole baisse de 10 dollars, la croissance française gagne 0,4 point. De même, lorsque l’euro se déprécie de 10 %, cette même croissance s’améliore d’environ 0,5 point. Dans ce cadre, avec un baril à moins de 80 dollars et un euro autour des 1,25 dollar, le gain potentiel pour l’économie française pourrait atteindre 1,5 point de croissance pour l’année 2015, consacrant ainsi une hausse annuelle du PIB supérieure à 2 %. Malheureusement, un mouvement de défiance s’est également engagé, engendrant une incompréhension grandissante entre les dirigeants du pays et les acteurs économiques, en particulier les entreprises. Après avoir soutenu qu’ils aimaient ces dernières, MM Macron et Valls n’hésitent plus désormais à les montrer du doigt et à les rendre responsables de la crise actuelle. Dans ce cadre, il est clair qu’à cause d’une pression fiscale historiquement élevée, d’un marché du travail de plus en plus rigide, d’une réglementation de plus en plus complexe et surtout d’un manque criant de confiance et de perspectives, l’investissement des entreprises va rester faible et les créations d’emploi avec. Autrement dit, les effets positifs de la baisse de l’euro et des cours du pétrole devraient être en partie compensés par les effets négatifs du dogmatisme maladif dont font preuve les dirigeants du pays. Bien loin des 2 %, la croissance française de 2015 devrait ainsi rester inférieure à 1 %. Quel gâchis !
Les analyses hebdomadaires
Que ce soit pour les pays du sud de l’Europe, pour l’Allemagne, la France ou encore la zone euro dans son ensemble, la déflation n’est plus une menace mais une réalité particulièrement dangereuse. Dire qu’il y a encore quelques mois, la majorité des économistes annonçait qu’elle ne se produirait jamais, notamment dans l’Hexagone... Seulement voilà, pour la deuxième fois de son histoire contemporaine (la première remontant à 2009), l’économie française affiche un glissement annuel négatif de ses prix à la consommation, en l’occurrence - 0,4 % en janvier (- 0,6 % dans la zone euro). Et ce n’est pas fini, car, pour les mois à venir, celui-ci continuera de baisser pour avoisiner les - 1 %, un niveau similaire à celui qui devrait prévaloir dans la zone euro. Or, si la déflation s’installe, les entreprises subissent une baisse durable de leur chiffre d’affaires, donc de leurs marges, voire enregistrent des pertes, ce qui les oblige à réduire leurs coûts et notamment leur masse salariale. Dès lors, le chômage augmente, les salaires reculent, la consommation se replie, les entreprises ont encore plus de difficultés financières, d’où une nouvelle vague de licenciements… et le cercle pernicieux continue. Et ce d’autant que les dettes publiques et privées sont élevées. Nous subissons donc aujourd’hui le retour de la « debt deflation ». Il s’agit de la catégorie de crise la plus grave, c’est-à-dire celle qui allie une bulle de la dette et une phase de déflation, donc de baisse des prix. Soyons clairs : seule une remontée de l'inflation nous permettra de sortir de la crise...

A suivre du 2 au 6 mars :
- Lundi 2, 2h45 (heure de Paris) : l’indice HSBC PMI des directeurs d’achat dans l’industrie chinoise retrouve la barre des 50.
- Lundi 2, de 9h50 à 10h : légère révision baissière des indices PMI « industrie » dans la - zone euro, en Allemagne, et en France.
- Lundi 2, 11h : nouvelle aggravation de la déflation dans la zone euro.
- Lundi 2, 11h : le taux de chômage eurolandais se stabilise à 11,4 %.
- Lundi 2, 14h30 : les revenus et la consommation des ménages américains augmentent modérément.
- Lundi 2, 16h : l’indice ISM des directeurs d’achat dans l’industrie américaine remonte légèrement.
- Mercredi 4, 2h45 : petite hausse de l’indice HSBC PMI des directeurs d’achat dans les services en Chine.
- Mercredi 4, de 9h50 à 10h : les indices PMI « services » sont revus en légère baisse mais restent bien orientés dans la zone euro, en Allemagne, et en France.
- Mercredi 4, 14h15 : bonne tenue des créations d’emplois outre-Atlantique selon ADP malgré les intempéries.
- Mercredi 4, 16h : l’indice ISM des directeurs d’achat dans le secteur non-manufacturier progresse et reste particulièrement dynamique.
- Jeudi 5, 13h : nouveau statu quo pour la Banque d’Angleterre.
- Jeudi 5, 13h45 : la BCE en fait de même.
- Jeudi 5, 14h30 : la productivité américaine recule au quatrième trimestre, mais un peu moins qu’en première estimation.
- Jeudi 5, 14h30 : rebond technique des commandes industrielles aux Etats-Unis.
- Vendredi 6, 8h : légère baisse corrective de la production industrielle allemande.
- Vendredi 6, 8h45 : encore 3,5 milliards d’euros de déficit commercial français.
- Vendredi 6, 14h30 : le déficit extérieur américain se réduit mais reste élevé à 42 milliards de dollars.
- Vendredi 6, 14h30 : intempéries obligent, les créations d’emploi ralentissent et le taux de chômage ne baisse pas aux Etats-Unis.