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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 26 juillet 2015
Alors que la Grèce a, pour le moment et pour la énième fois, été sauvée de la faillite, elle reste néanmoins en grand danger. Sa nouvelle demande officielle du soutien du FMI fait d’ailleurs étrangement penser à la situation de l’Argentine au début des années 2000. Une ressemblance parmi de nombreuses autres. Il s’agit effectivement de la crise de la dette la plus connue et la plus dévastatrice. Du moins avant que ne survienne sa sœur cadette, en l’occurrence celle de la Grèce. La crise argentine est ainsi un cas d’école dramatique qui montre exactement ce qu’il ne faut pas faire et qui a pourtant été renouvelé avec la Grèce. A une grande différence près : pour sortir de la crise, l'Argentine a dû fortement dévalué sa devise. La dépréciation est effectivement le seul moyen pour sortir de la spirale destructrice. Seulement voilà, plus ce choix est tardif, plus la crise est dévastatrice et plus les séquelles sont nombreuses et durables. D’ailleurs, encore aujourd’hui, l’Argentine reste empêtrée dans une croissance structurellement molle, un chômage élevé et une insécurité sociétale tenace, subissant même un nouveau défaut l’an passé. Comme quoi, la maladie de la dette a la vie longue. Est-ce vraiment cela que nous voulons faire à la Grèce en la maintenant artificiellement dans une zone euro qu’elle ne peut pas supporter, sauf avec des perfusions régulières de milliards d’euros que ses créanciers ne récupéreront jamais ?
L'humeur de la semaine - 17 juillet 2015
Tout ça pour ça ! Après cinq mois de tensions et d’atermoiements, puis après avoir refusé le plan d’aide de la zone euro, précipitant son pays au bord de la faillite, Tsipras a finalement accepté les exigences européennes, en échange d’une nouvelle aide d’environ 85 milliards d’euros, qui viennent donc s’ajouter aux 350 milliards d’euros déjà consentis depuis 2010, sans parler des nombreuses aides communautaires depuis les années 1980. A l’évidence, la facture grecque commence à devenir très salée. Pour autant, tout le gratin politique eurolandais a retrouvé le sourire. Mais au-delà de ces apparences, il faut tout de même rester sérieux : qui croit encore que la Grèce remboursera sa dette et même les intérêts de cette dernière ? De même, comment peut-on croire que Tsipras va vraiment engager les réformes demandées par les Eurolandais ? Soyons réalistes : la Grèce, la France et les Européens ne font que gagner du temps, en attendant l’inévitable, c’est-à-dire le non-remboursement de tout ou partie de la dette grecque.Et alors ? Pourrait-on objecter, à l’instar de François Hollande et de la grande majorité de la classe politique française, mieux vaut payer que prendre le risque d’un Grexit. Vu les centaines de milliards d’euros déjà dépensés, ce ne sont pas quelques 85 milliards d’euros supplémentaires qui vont changer la donne… Au-delà de l’erreur de raisonnement et de stratégie que cette analyse représente, le vrai drame est que la nouvelle crise grecque a considérablement froissé l’amitié franco-allemande. Pis, l’Allemagne a été montrée du doigt, notamment dans l’Hexagone et avec des références historiques parfois pitoyables. Aussi, un ressort a bien été cassé et il sera difficile de le réparer. Et ce d’autant qu’outre-Rhin, de plus en plus de voix s’élèvent à l’encontre de la zone euro. Et oui, à force d’imaginer que la Grèce pourrait sortir de la zone euro, on a fini par oublier que le pays le plus enclin à claquer la porte de cette dernière pourrait bien être l’Allemagne. Autrement dit, si le Grexit a pour l’instant été évité, il pourrait très rapidement revenir sur le devant de la scène ou alors être tout simplement remplacé par un Gerxit : Germany Exit !
L'humeur de la semaine - 10 juillet 2015
Ah, les ravages de la pensée unique ! Sur la quinzaine d’économistes français interrogés par LeFigaro.fr sur l’issue de la crise grecque, nous sommes quasiment les seuls à défendre la nécessité d’un « Grexit » pour le bien de la zone euro, mais aussi pour celui de la Grèce. Il est clair qu’en Allemagne, en Belgique, mais aussi en Italie et au Portugal, le rapport de forces aurait été bien différent. Mais, peu importe, dans un pays où la frilosité, la peur de l’avenir et l’hypocrisie sont devenues dominantes, nous préférons avoir le courage de nos opinions plutôt que de tomber dans les travers du consensus mou. Car arrêtons de nous voiler la face : en élisant Syriza, puis en disant largement "non" au référendum, le peuple grec a définitivement choisi : la Grèce ne remboursera pas sa dette et doit donc quitter la zone euro. Dès lors, ne nous leurrons pas : si les Européens accordent un nouveau cadeau à la Grèce (et c'est certainement ce qu'ils vont faire), ils ouvriront une boîte de pandore qu’ils ne pourront plus refermer : celle de la fin de la zone euro. Car si un « Grexit » en douceur est gérable aujourd’hui, un Spanexit dans quelques mois sonnera définitivement le glas de la zone euro. Sans attendre ce triste dénouement, l’économie mondiale et les marchés financiers internationaux risquent d’être secoués par une autre tempête, venue cette fois-ci de l’Empire du milieu... Plus que jamais notre scénario d’un krach obligataire et boursier en 2015 est conforté par la réalité. En fait, il a déjà commencé. Attention cependant : si les risques chinois, grecs, américains sont identifiés, il ne faut pas oublier que le vrai détonateur d’un krach provient souvent d’une origine inattendue. Dans cette perspective, nous lancerons donc un seul mot d’ordre : carpe diem. Profitez bien des vacances car la rentrée risque d’être très chaude et très agitée.
L'humeur de la semaine - 02 juillet 2015
Cela commence vraiment à devenir grotesque : après avoir joué au poker menteur avec l’ensemble de la communauté internationale depuis son élection, Alexis Tsipras s’est lancé dans un dérapage incontrôlé et suicidaire. En effet, courbant une nouvelle fois l’échine, les Etats eurolandais étaient prêts à accorder à la Grèce une nouvelle aide de 15,5 milliards d’euros, en lui donnant un nouveau délai de six mois pour mettre en place quelques réformettes, du type « améliorer la collecte des impôts » qui fait toujours défaut dans le pays d’Aristote. Face à ce nouveau cadeau (qui fait suite aux 350 milliards d’euros déjà consentis à la Grèce depuis 2010), tout dirigeant normalement constitué aurait dû l’accepter. Pour autant, le soi-disant « sauveur » (selon les termes de certains politiciens et observateurs français !) Tsipras et toute son équipe de joueurs de poker ont donc décidé de dire « Non ! ». Et pour bien narguer les Etats européens, ils ont même choisi d’engager un référendum sur l’acceptation de l’aide internationale en appelant à voter « Non ! ». Devant autant de dérapages, d’amateurisme et d’irresponsabilité, il n’y a donc plus que deux solutions : soit la Grèce dit « Oui » au référendum, entraînant de facto la démission de Tsipras, puis de nouvelles élections et, espérons-le, une issue définitive à la crise grecque. Soit le « Non » l’emporte et la Grèce se mettra au ban des Nations et devra quitter la zone euro. Il faut effectivement avoir le courage d’aller jusqu’au bout de ses actes. Si les Grecs refusent les règles de l’Union Economique et Monétaire, ils ne peuvent plus y rester. Il en va de la crédibilité de la zone euro et aussi de sa viabilité pour les mois et les années à venir. Autrement dit, le Grexit (pour peu qu’il soit organisé et contrôlé, donc sans Syriza) constituera un mal pour un bien. Bien sûr pour pouvoir sauver la zone euro, mais aussi pour permettre à la Grèce de sortir enfin d’une crise qui n’en finit plus. Explications...
L'humeur de la semaine - 12 juin 2015
Comme nous le craignions depuis quelques mois, la croissance mondiale est bien en train de ralentir en douceur. Du moins pour le moment. En effet, même s’il n’y a pas de quoi s’inquiéter outre-mesure, les dernières statistiques économiques et les indicateurs avancés de l’activité dans l’ensemble des principaux pays de la planète dénotent une sensible décélération. Et ce, notamment dans les principales locomotives de l’économie internationale que sont les Etats-Unis, la Chine et une grande partie des pays émergents, à l’exception notable de l’Inde qui reste l’un des rares pays à continuer d’accélérer. Bien différemment, la Chine est en train de s’installer sur un rythme de croissance plus faible que par le passé. Cette dernière restera certes très appréciable puisqu’elle devrait osciller entre 6,5 % et 7 % en 2015 et 2016. Beaucoup plus inquiétant, d’autres pays émergents ne parviennent plus à retrouver le chemin de la croissance forte, voire sombrent dans la récession. C’est notamment le cas de la Russie et du Brésil. Parallèlement, les croissances des pays développés se contenteront d’osciller autour de leurs niveaux structurels, en l’occurrence 2,5 % pour les Etats-Unis, 2,3 % pour le Royaume-Uni, 1 % pour le Japon et l’Allemagne, 0,8 % pour la zone euro ou encore 0,7 % pour la France. Au total, nous avons dû réviser en légère baisse nos prévisions de croissance mondiale, à 3,3 % en 2015 et 3 % en 2016. Des niveaux qui ne justifient absolument pas les plafonds atteints récemment par les grands indices boursiers et qui montrent que ces derniers sont bien entrés dans une bulle, qui a d’ailleurs déjà commencé à se dégonfler. Il ne reste donc plus qu’à espérer que les krachs obligataires et boursiers de l’automne prochain ne seront que passagers et n’auront qu’un impact limité sur le rythme de la croissance mondiale, car sinon ils engendreront un cercle pernicieux « récession économique - déprime boursière » particulièrement dévastateur.
L'humeur de la semaine - 05 juin 2015
En annonçant dès le début 2015 que les marchés financiers allaient connaître une année difficile ou encore en expliquant il y a quelques mois qu’un krach obligataire et boursier allait se produire d’ici l’automne prochain, nous prenions des risques. Mais n’est-ce pas là notre métier ? Nous savons cependant que, compte tenu de ces prises de position et en dépit de nos réussites passées, nous sommes constamment attendus au tournant, notamment par ceux qui refusent de prendre des risques et suivent bêtement le consensus, préférant avoir tort avec tout le monde que raison tout seul… Cette année encore, ces partisans du consensus mou vont donc encore se tromper. Même s’il ne faut évidemment pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, la récente et forte remontée des taux d’intérêt des obligations d’Etat, ainsi que la baisse marquée des indices boursiers montre effectivement que la nouvelle crise a déjà commencé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : - 8 % pour l’Eurostoxx 50 depuis la mi-avril, - 7 % pour le Cac 40 depuis la fin avril, ou encore - 2,1 % pour le Dow Jones en dix jours. Parallèlement, les taux longs eurolandais se sont nettement tendus : de 0,25 % le 20 avril dernier à 1,1 % pour le taux d’intérêt à 10 ans de l’OAT, de 1,19 % le 7 avril à 2,3 % pour celui des obligations de l’Etat italien. Même le Bund allemand a bu la tasse, voyant son taux à 10 ans passer de 0,016 % le 17 avril dernier à actuellement 0,8 %. Le nouveau délai imposé par la Grèce et accordé à contrecœur par le FMI pour différer le remboursement des échéances des prochains jours à fin juin ne fait que confirmer que le but de toutes les négociations récentes est simplement de gagner du temps. Or, comme en témoigne l’évolution récente des marchés financiers, le dégonflement de cette double bulle a déjà commencé. Espérons simplement qu’il ne s’agira que d’un nouveau krach parmi d’autres et non du « big one », qui entraînerait le monde et plus particulièrement l’Europe dans une nouvelle décennie de crise économique et sociale...
L'humeur de la semaine - 29 mai 2015
On a beau y être habitué, les va-et-vient abrupts des marchés financiers ne cessent de donner le tournis. Les évolutions de ces dernières semaines en ont encore fourni une parfaite illustration. En effet, que ce soit sur les marchés des matières premières, sur celui des devises, notamment sur le front de l’euro/dollar ou encore sur les bourses internationales, les flambées succèdent aux chutes massives et vice versa. Et ce, au gré des annonces, tantôt rassurantes, tantôt affolantes, sur la situation grecque, des statistiques relatives aux économies américaine, chinoise et eurolandaise, ou encore des évolutions géopolitiques internationales. Ainsi, un jour, un accord est soi-disant trouvé sur la Grèce, entraînant une forte remontée des cours boursiers et de l’euro, évolutions contrariées dès le lendemain par l’annonce que cet accord n’était qu’un leurre. De même, les marchés oscillent parfois violemment entre des statistiques confirmant que l’économie américaine se porte bien, d’autres qui indiquent que la zone euro serait enfin sortie de la crise, puis de nouvelles publications qui indiquent exactement le contraire. Comment donc s’y retrouver dans ce capharnaüm et dans ces évolutions si contradictoires dans un espace de temps si court ? La réponse est malheureusement simple : cette volatilité extrêmement forte est souvent annonciatrice d’une tempête, voire d’un krach sur les marchés financiers, surtout lorsqu’elle suit une phase de hausse de ces derniers. Ainsi, après une phase de forte volatilité, les marchés boursiers internationaux devraient nettement baisser d’ici la fin de l’année, subissant des chutes de 10 % (pour le Dow Jones) à 15 % (pour le Cac 40). N’hésitons donc pas à prendre ses bénéfices sur les sommets actuels plutôt que de devoir subir de lourdes pertes par manque de réactivité et/ou par appât du gain exagéré…
L'humeur de la semaine - 14 mai 2015
Oui, avec un niveau de 0,6 %, la croissance française du premier trimestre 2015 a été plus forte que prévu, ce qui constitue donc une bonne nouvelle. Non, ce chiffre ne préfigure absolument pas de l’évolution de l’économie française pour l’ensemble de cette année. En effet, au-delà de l’information brute, le détail des chiffres de l’INSEE montre combien il faut la relativiser. Ainsi, sur ces 0,6 %, 0,5 point vient de la formation de stocks, variable d’ajustement particulièrement volatile et qui ne reflète pas la réalité intrinsèque de l’activité économique. Autrement dit, il paraît plus opportun de souligner que, hors stocks, la vraie croissance du premier trimestre n’a été que de 0,1 %. Encore plus grave, l’investissement total a reculé pour le cinquième trimestre consécutif. Il s’est même effondré de 1,4 % dans le secteur du logement et n’a progressé que de 0,2 % dans le domaine de l’investissement des entreprises. Or, l’investissement est le principal indicateur avancé de l’emploi. Cela signifie donc que ce dernier n’est toujours pas près de redémarrer et que le chômage est toujours loin de pouvoir baisser. Au premier trimestre 2015, l’emploi dans les secteurs marchands a d’ailleurs encore reculé de 0,1 %, soit 13 500 destructions d’emplois nettes sur un trimestre. On en recense 284 600 depuis le deuxième trimestre 2011 et 634 100 depuis le premier trimestre 2008. En fait, le niveau actuel de l’emploi marchand (en l’occurrence 15,799 millions de personnes) est à un plus bas depuis le premier trimestre 2004 ! De quoi rappeler que la France reste engluée dans une faible croissance sans emploi depuis plus de dix ans, un phénomène qui s’est aggravé depuis 2008. Et cela ne devrait malheureusement pas s’arranger...
L'humeur de la semaine - 07 mai 2015
Pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : après le FMI, la BCE et de nombreux instituts de conjoncture, la commission européenne a relevé ses prévisions de croissance pour la zone euro et pour la France en 2015. Magnifique ! Seulement voilà, comme nous l’avons souvent démontré, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c’est lorsque tout le monde pense la même chose qu’il faut commencer à s’inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu’en 2007 et jusqu’au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l’économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009... Pourtant, après six crise tous les sept ans depuis 1973, le krach de 2015 pourrait constituer la septième crise, ou encore le « big one » tant redouté sur les marchés. Car si un krach se produit cette année, la croissance mondiale s’effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D’où une question simple : que se passera-t-il le jour d’après ? Dans une de ses recommandations de 2013, le FMI a déjà annoncé la couleur : taxer les dépôts bancaires et l’épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d’un certain seuil, par exemple 100 000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100 000 sur n’importe quel type de comptes bancaires se verraient ponctionner 10 % de leur « surplus ». Et ce « overnight », c’est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation...
L'humeur de la semaine - 30 avril 2015
Cela commence vraiment à devenir fatiguant : depuis le début de la crise grecque en 2010, le même épisode se répète inlassablement : la Grèce est au bord de l’explosion, à deux doigts de sortir de la zone euro, et, au dernier moment, une solution est trouvée, redonnant un bol d’air aux dirigeants grecs et apaisant temporairement les partenaires européens et les marchés financiers, jusqu’à la prochaine crise. On se croirait presque dans « les feux de l’amour », mais sans amour… Les dernières semaines viennent de nous en donner un nouvel exemple, avec les revirements de Tsipras et la mise de côté médiatique de Varoufakis. Mais il ne faut pas se leurrer : que le chef de l’équipe de négociation grecque soit un « pitbull » ou un « labrador », le gouvernement grec n’a toujours pas l’intention de revenir sur son programme et de respecter les échéances de remboursement de la dette publique. Autrement dit, le plan A de renégociation de la dette grecque avec en contrepartie l’abandon des mesures économiques prônées par Syriza est mort et enterré. Il reste donc toujours le plan B, qui aurait notre préférence mais qui fait évidemment peur à tout le monde, en l’occurrence le non-remboursement d’une partie de la dette grecque en échange d’une sortie propre et sous contrôle de la Grèce de la zone euro. D’où l’avènement d’un plan C. Celui-ci consisterait à octroyer un nouveau cadeau d’une centaine de milliards d’euros à la Grèce sans contrepartie majeure, si ce n’est quelques ajustements cosmétiques du discours de Tsipras. Dès lors, comme le déficit public grec continuera d’augmenter, il faudra encore consentir de nouveaux cadeaux dans environ un an. Et le puit sans fond continuera de se creuser… Autrement dit, la Grèce deviendra un pays sous perfusion permanente, réduisant encore davantage la crédibilité, déjà bien faible, de la zone euro. En fait, qu’il s’agisse du plan B ou C, une tempête économique et financière, d’abord européenne, puis internationale, paraît inévitable d’ici la fin 2015. Explications...
Les analyses hebdomadaires
Alors que la Grèce a, pour le moment et pour la énième fois, été sauvée de la faillite, elle reste néanmoins en grand danger. Sa nouvelle demande officielle du soutien du FMI fait d’ailleurs étrangement penser à la situation de l’Argentine au début des années 2000. Une ressemblance parmi de nombreuses autres. Il s’agit effectivement de la crise de la dette la plus connue et la plus dévastatrice. Du moins avant que ne survienne sa sœur cadette, en l’occurrence celle de la Grèce. La crise argentine est ainsi un cas d’école dramatique qui montre exactement ce qu’il ne faut pas faire et qui a pourtant été renouvelé avec la Grèce. A une grande différence près : pour sortir de la crise, l'Argentine a dû fortement dévalué sa devise. La dépréciation est effectivement le seul moyen pour sortir de la spirale destructrice. Seulement voilà, plus ce choix est tardif, plus la crise est dévastatrice et plus les séquelles sont nombreuses et durables. D’ailleurs, encore aujourd’hui, l’Argentine reste empêtrée dans une croissance structurellement molle, un chômage élevé et une insécurité sociétale tenace, subissant même un nouveau défaut l’an passé. Comme quoi, la maladie de la dette a la vie longue. Est-ce vraiment cela que nous voulons faire à la Grèce en la maintenant artificiellement dans une zone euro qu’elle ne peut pas supporter, sauf avec des perfusions régulières de milliards d’euros que ses créanciers ne récupéreront jamais ?