Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
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Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 17 octobre 2014
Et c’est reparti ! Après deux ans et demi de forte remontée (+ 62 % tant pour le Dow Jones que pour le Cac 40), les marchés boursiers sont affectés par un nouveau virus. Ce dernier est particulièrement contagieux puisqu’il s’appelle le pessimisme. En effet, après deux années de relative accalmie sur le front de la croissance mondiale et un an d’espoir sur la sortie de crise de la zone euro, les bourses mondiales se remettent à craindre le pire. En moins d’un mois, le Dow Jones a ainsi perdu près de 7 % et le Cac 40 plus de 14 %. En fait, depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l’année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l’appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l’économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu’à présent seule cette dernière a vraiment « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession en 2012-2013, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. Pire, depuis quelques mois, son retour dans la récession et son enlisement dans la déflation deviennent de plus en plus inévitables. Finalement, depuis 2010 et comme cela s’est encore observé cette semaine, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d’éviter le repli et aux marchés boursiers de limiter les dégâts. Mais quid des prochains mois ?
L'humeur de la semaine - 03 octobre 2014
La sagesse populaire nous enseigne que « plus c’est gros, plus ça passe ». Autrement dit, plus un mensonge est énorme, plus il est accepté par le plus grand nombre. Les déclarations des dirigeants de la France en matière de baisse des dépenses publiques depuis une trentaine d’années nous en donnent un exemple flagrant. En effet, depuis lors, il n’y a pas eu un Président de la République, un premier ministre, un ministre des finances ou un ministre du budget qui n’a pas osé affirmer au peuple français que les dépenses publiques allaient baisser « l’an prochain ». Pourtant, bien loin de ces « promesses d’ivrogne », les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter. Elles sont ainsi passé de 180 milliards d’euros en 1979 à 525 milliards en 1990, puis 760 milliards en 2000 et, enfin 1300 milliards en 2014. En fait, depuis 1959 et le début des statistiques modernes de l’INSEE, les dépenses publiques françaises n’ont JAMAIS baissé. Depuis 1990, les dépenses publiques ont augmenté de 148 %, soit 1,5 fois de plus que la richesse créée dans l’Hexagone. A la rigueur, si nos dirigeants reconnaissaient leurs erreurs et avouaient la réalité aux Français, on pourrait éventuellement leur pardonner. Or, non seulement ce n’est pas le cas, et, en plus, ils persévèrent dans leurs erreurs et leurs mensonges. Ainsi, comme cela s’était déjà observé l’an passé, mais aussi depuis une vingtaine d’années, le gouvernement a présenté un projet de loi de finances faisant état d’une baisse des dépenses publiques : « la plus forte depuis toujours !» nous dit-on. Pourtant, une fois encore, il s’agit d’un mensonge. Le même mensonge d’Etat qui prévaut depuis plus de vingt ans...
L'humeur de la semaine - 28 septembre 2014
A l’instar de son « patron », François Hollande, Manuel Valls faisait presque peine à voir lorsqu’il essayait de défendre devant Angela Merkel le sérieux budgétaire de la France en dépit de ses énièmes dérapages. Habituée à faire semblant d’être compatissante à l’égard de la France, la Chancelière allemande adoptait la même position qu’avec MM. Chirac, Sarkozy et Hollande : sympathie mais fermeté, avec pour message subliminal « parle toujours tu m’intéresses ». Car, c’est bien là le problème des relations franco-allemandes : depuis plus de vingt ans, les dirigeants français font des promesses, mais ne les tiennent pas. Pire, leurs réalisations économiques sont souvent aux antipodes de ce qu’ils avaient annoncé. Face à ces mensonges à répétition, ils ne sont donc plus crédibles et ni les Allemands, ni leurs partenaires européens ne les croient. Face à cette triste situation, de plus en plus de voix s’élèvent, en particulier en France, pour critiquer le positionnement allemand de l’Europe et notamment de la zone euro. « Et si finalement les Allemands avaient tort ?!» entend-on ici et là. Peut-être, mais, en attendant, les seuls qui ont réussi à sortir de la crise sans trop de dégâts sont justement les Allemands. Les mesures prônées par ces derniers (réduction des charges sur les salaires, diminution de la pression fiscale, notamment sur les entreprises, fluidification du marché du travail, amoindrissement des dépenses publiques vers plus d’efficacité) ne sont donc pas expérimentales mais ont déjà fait leur preuve. A l’inverse, les propositions alternatives françaises de dérapage budgétaire et d’augmentation des dépenses publiques ont prouvé qu’elles étaient vouées à l’échec. Ainsi, plus la France tardera à emprunter la voie de la rationalité économique, plus son poids sur la scène européenne et internationale s’amoindrira, et plus l’Allemagne dominera l’Europe. Les cartes sont donc bien entre nos mains. Il suffit de savoir bien les utiliser…
L'humeur de la semaine - 19 septembre 2014
« Pendant une période de temps considérable ». Tel est le principal message adressé par la Présidente de la réserve fédérale américaine Janet Yellen lors du dernier FOMC en matière d’évolution des taux directeurs de la Fed. Autrement dit, après avoir annoncé une première hausse du taux objectif des federal funds pour la mi-2015, les dirigeants monétaires américains ne semblent plus sûrs de rien.Toujours est-il que, même si la Fed prend son temps pour agir et ne souhaite prendre aucun risque, elle augmentera ses taux directeurs avant que la BCE ne le fasse. En effet, comme ne cesse de le confirmer Mario Draghi et les dirigeants monétaires eurolandais, le taux refi restera également sur des planchers historiques pendant une période considérable. La grande différence qui persiste entre les deux côtés de l’Atlantique réside néanmoins dans les écarts de croissance qui demeurent particulièrement élevés. Et pour cause : si la progression annuelle du PIB américain devrait dépasser les 2,1 % cette année et les 3 % en 2015, celle du PIB eurolandais avoisinera 0,7 % cette année et au mieux 1 % l’an prochain. Pis, alors que les derniers indicateurs avancés annoncent une accélération de l’activité outre-Atlantique, ceux de la zone euro indiquent une rechute qui a d’ailleurs déjà commencé. La seule bonne nouvelle de ces différences de croissance et de politique monétaire réside dans la poursuite inévitable de la baisse de l’euro face au dollar. La devise européenne devrait effectivement se rapprocher des 1,15 dollar pour un euro d’ici l’été 2015, permettant enfin à la croissance eurolandaise de dépasser durablement et significativement la barre des 1 %... en 2016. Mieux vaut tard que jamais.
L'humeur de la semaine - 12 septembre 2014
La semaine dernière, nous commencions notre humeur par une exclamation interrogative enthousiaste : « Mais où s’arrêtera Mario Draghi ? », soulignant la chance que la zone euro avait d’avoir ce dernier à la tête de la BCE. Aujourd’hui, une autre question similaire se pose, mais avec beaucoup moins d’enthousiasme : « où s’arrêtera la descente aux enfers de François Hollande, du gouvernement Valls et plus globalement de la France ? » En effet, disons-le clairement : nous sommes très inquiets pour l’avenir de notre économie et de notre douce France. Certes, cela fait une dizaine d’années que nous exprimons régulièrement nos inquiétudes en la matière. Seulement voilà, plus les années passent, plus le fossé se creuse entre l’efficacité économico-sociale et la politique hexagonale. D’où une question : que va faire le Président Hollande pour sortir la France de l’ornière. De plus en plus de politologues et d’observateurs en tous genres évoquent l’électrochoc de la dissolution. Pourquoi pas ? Mais surtout pour quoi faire ? Car si déjà, depuis deux ans, la croissance est en berne, que va-t-elle devenir avec de nouvelles élections législatives et a fortiori si ces dernières débouchent sur une cohabitation inamicale et/ou une percée de l’extrême droite ? Alors, MM. Hollande et Valls, perdu pour perdu, ayez enfin le courage que n’ont pas eu vos prédécesseurs et engager la France dans une véritable modernisation économique. Il en va du sauvetage de la France et de sa démocratie...
L'humeur de la semaine - 05 septembre 2014
Mais où s’arrêtera Mario Draghi ? Après avoir déjà sauvé la zone euro à deux reprises (en décembre 2011 et en septembre 2012), puis avoir restauré (certes modérément) la croissance eurolandaise en 2013 et enfin après avoir déjà baissé le taux refi à 0,15 % le 5 juin dernier, le Président de la BCE a décidé d’aller encore plus loin. Ainsi, ce dernier a non seulement prolongé et élargi le programme de rachat de titres de la BCE, ce qui était attendu, mais a, en plus, créé la surprise en abaissant le taux refi à 0,05 %. Même la Réserve fédérale américaine n’avait pas osé aller aussi bas sur son taux objectif des federal funds. A l’évidence, M. Draghi mérite vraiment son surnom de « Super Mario ». Et ce, d’autant que ces mesures n’ont pas été prises à l’unanimité des membres du Comité de politique monétaire de la BCE. Autrement dit, pour y parvenir, le sauveur « Draghi » a dû se battre et certainement forcer la main à une partie de ses collègues, notamment allemands. D’ailleurs, dans le sillage de l’annonce de ces décisions courageuses et bénéfiques, les marchés boursiers européens ont flambé, saluant la volonté farouche de la BCE et de son Président de sauver une nouvelle fois la zone euro, en essayant de lui éviter la récession et la déflation. D’où une question déterminante : ces mesures seront-elles suffisantes pour permettre à l’UEM de sortir de la stagnation économique et d’empêcher l’avènement de la déflation. Malheureusement, rien n’est moins sûr. Et ce, pour au moins cinq raisons. En fait, si Mario Draghi et la BCE continuent de faire le maximum pour maintenir la zone euro à flot, cette dernière restera incapable d’éviter la déflation et de retrouver le chemin de la croissance forte. Merci quand même…
L'humeur de la semaine - 29 août 2014
Après un été particulièrement belliqueux sur la scène géopolitique internationale, la rentrée s’annonce au moins tout aussi difficile. Ainsi, en dépit du « cessez-le feu permanent » conclu entre Israël et le Hamas, les conflits militaires avérés ou potentiels ne manquent pas : Ukraine, Syrie, Irak, Lybie, Centrafrique, Soudan… sans parler des risques d’attentats terroristes dans les pays occidentaux. Certes, pour le moment, ces conflits n’ont quasiment pas eu d’impact sur les prix pétroliers. De même, la croissance mondiale ainsi que les marchés boursiers et obligataires sont restés bien orientés. Dans ce cadre, il pourrait donc paraître évident de défendre un scénario favorable pour les mois à venir, voire un nouveau rallye boursier. Pour autant, il nous paraît plus opportun de maintenir la prudence. En effet, la multiplication des dangers géopolitiques commence à jouer sur le climat des affaires. Et ce, en particulier en Europe, qui souffre d’ores et déjà de l’embargo russe sur certains produits. De plus, la situation économique, sociale et politique de la France commence à devenir vraiment inquiétante. Aussi, le 19 septembre prochain, Moody’s devrait fortement dégrader la note de la France (sûrement de deux crans) pour manquement à tous ses objectifs : déficits publics, dette, croissance, chômage. La question est alors de savoir quelle sera la réaction des marchés et des investisseurs : l’indifférence, notamment grâce à l’action de la BCE, ou alors le réveil brutal qui se traduira par une forte sanction sur les marchés obligataires et boursiers ? La réponse n’est pas tranchée, mais entre des menaces géopolitiques de plus en plus pesantes et un risque politico-financier majeur en France, il est clair que la rentrée de septembre apparaît particulièrement dangereuse. Bon courage !
L'humeur de la semaine - 22 août 2014
Depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l’année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l’appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l’économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu’à présent seule cette dernière a « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. En fait, depuis 2010, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d’éviter le repli. Il faut dire que les politiques monétaires de ces deux locomotives de l’économie planétaire ont été sans faille et ont tout fait pour éviter le retour de la récession et a fortiori de la déflation. Mieux, depuis deux ans, la BCE a également apporté sa pierre à l’édifice. Pour autant, la zone euro reste toujours menacée par la baisse des prix et ses corollaires, à savoir le recul de la production et l’augmentation du chômage. Depuis quelques semaines, la baisse marquée de l’euro/dollar pourrait inverser cette spirale dévastatrice. Néanmoins, pour le moment, cette dépréciation reste insuffisante. En effet, tant que l’euro ne retrouve pas son niveau d’équilibre d’environ 1,15 dollar, l’UEM demeure incapable de retrouver le chemin de la croissance forte. D’ores et déjà, il paraît inévitable que l’économie eurolandaise continuera de stagner jusqu’à la fin 2014. Sur cette faiblesse chronique viennent s’ajouter de nombreux risques géopolitiques (Ukraine, Russie, Irak…) ou sanitaires (Ebola) qui ne manqueront pas d’affecter négativement la confiance des investisseurs et de limiter par là même le niveau de la croissance économique. De plus, même s’ils sont en sommeil, les risques financiers restent majeurs : Argentine, Brésil, Thaïlande et, plus proche de nous, Portugal, Grèce, Italie et bientôt France...
L'humeur de la semaine - 14 août 2014
Sans surprise, la croissance française a encore été nulle au deuxième trimestre 2014. Pour être tout à fait exact, le PIB national a même reculé de 0,02 %. Au cours des quatre derniers trimestres, la variation annuelle moyenne de celui-ci a été de 0 %. Autrement dit, si la France évite de justesse la récession, elle est bien en stagnation depuis un an. Compte tenu de cette piètre performance, l’acquis de croissance du PIB français pour 2014 au sortir du premier semestre n’est que de 0,3 %. Autrement dit, comme nous l’annoncions depuis des mois, les prévisions gouvernementales en matière de croissance et de comptes publics sont bien devenues impossibles. Conscient de cette triste réalité, le ministre Sapin a d’ailleurs réduit de moitié sa prévision de croissance de 1 % à 0,5 % pour l’année 2014. Mais, là encore, rien n’est garanti. En effet, pour atteindre 0,5 %, il faudrait que le PIB augmente de 0,3 % tant au troisième qu’au quatrième trimestre, ce qui est loin d’être assuré. Et pour cause : tous les indicateurs avancés de la croissance sont à la baisse. Pour ne rien arranger, le spectre de la déflation s’installe de plus en plus dans l’Hexagone. Avec un niveau de 0,5 % depuis deux mois, le glissement annuel des prix à la consommation est effectivement bien parti pour atteindre 0 % d’ici l’automne prochain. La France pourra donc se prévaloir d’un triple zéro : sur la croissance, sur l’inflation et sur la crédibilité en matière de politique économique et de réduction des déficits publics. Au total, même si nos prévisions de croissance française pour 2014 étaient déjà très prudentes, nous sommes contraints de les réviser à la baisse. Nous tablons désormais sur une augmentation annuelle du PIB de 0,4 % dans le meilleur des cas...
L'humeur de la semaine - 08 août 2014
Mais quelle mouche a-t-elle piqué le Président de la République française ? En effet, plutôt que d’essayer de remonter le moral des troupes face à la rentrée très difficile qui se profile, en annonçant par exemple que la France allait enfin engager des réformes structurelles massives, François Hollande a préféré demander l’aide de l’Allemagne pour tenter de redresser l’économie française. Georges Clémenceau a dû se retourner dans sa tombe. Bien entendu, l’Allemagne d’aujourd’hui est très loin de celle de 1914-18 et a fortiori de celle de 1939. Pour autant, cet appel au secours est à la fois un aveu de faiblesse et la confirmation que la France n’a plus les moyens de sauver son économie par elle-même. Quelle tristesse ! A la rigueur si le Président Hollande avait demandé à l’Allemagne d’assouplir sa position en matière d’euro trop fort et/ou de planche à billets de la BCE, cela aurait pu se comprendre. Mais, demander à l’Allemagne de réinvestir ses excédents pour relancer la croissance française relève de l’incompréhension économique et de l’erreur stratégique basique. En effet, comment un pays qui a refusé de moderniser son économie depuis plus de vingt ans, s’endormant royalement sur ses lauriers, peut-il demander à un autre qui a fait d’énormes sacrifices sur la même période de récupérer les fruits de ces derniers ? A l’évidence, notre Président devrait relire les fables de La Fontaine, et notamment celle de la cigale et la fourmi. D’ailleurs, et tout à fait logiquement, l’Allemagne s’est délectée à répondre à la France par un « Nein » tout aussi cinglant que rabaissant. Autrement dit, au-delà des accolades et des embrassades de façade, le torchon brûle entre les deux côtés du Rhin. Rarement depuis la seconde guerre mondiale, les quolibets, les vexations et les invectives ont été aussi nombreux et virulents. Nos cousins germaniques ne supportent effectivement plus le manque de clairvoyance et de pragmatisme des élites et des gouvernants français. Et ce n'est malheureusement pas terminé...
L'humeur de la semaine - 01 août 2014
Après cinq étés pourris (de 2007 à 2011), puis deux étés ensoleillés (2013 et 2013), les marchés boursiers sont bien partis pour connaître un été 2014 pluvieux, voire orageux. Comme dirait Georges Perec, « Je me souviens » : Eté 2007, éclatement de la crise des « subprimes »; un an plus tard, flambée du pétrole à 150 dollar le baril, puis faillite de Lehman Brothers ; été 2009, craintes d’un « double dip » (une rechute de l’activité économique), notamment aux Etats-Unis. Enfin, lors des étés 2010 et 2011, c’est au tour de la crise grecque et des inquiétudes sur la viabilité de la zone euro de faire plonger les marchés. Fort heureusement, les deux années suivantes ont mis fin à cette malédiction estivale. En 2012, grâce au sauvetage de la zone euro par la BCE, les indices occidentaux progressent d’environ 8 % entre juin et septembre. Quant à 2013, grâce à une croissance mondiale soutenue et à une action toujours très accommodante des principales banques centrales de la planète, la performance estivale avoisine les 7 %. Alors, jamais deux sans trois ? Sur ce plan, rien n’est moins sûr. En effet, en dépit du fort rebond de la croissance américaine au deuxième trimestre, de la vigueur de l’activité économique en Chine et en Allemagne et plus globalement de la bonne performance de la marche des affaires mondiale, les risques restent élevés. Ils sont bien sûr géopolitiques : Ukraine, Syrie, Irak, Lybie, Gaza… les facteurs de tensions guerrières ne manquent pas. Mais, au-delà de ces évènements incontrôlables (on pourrait d’ailleurs y ajouter le développement du virus Ebola en Afrique), les ingrédients économiques présentent également des sources d’inquiétudes. Cet été, les marchés boursiers internationaux pourraient d’ailleurs tester des planchers temporaires, dans le sillage de mauvaises nouvelles géopolitiques et/ou statistiques. Une forte volatilité et une baisse estivale de l’ordre de 8 % du Dow Jones et du Cac 40 pourraient ainsi s'observer. Bonnes vacances quand même et bonnes montagnes russes à toutes et à tous…
L'humeur de la semaine - 25 juillet 2014
Le ton monte entre le Medef et le gouvernement français. Selon Pierre Gattaz, le patron des patrons, comme aiment encore l’appeler certains, a ainsi déclaré que « si la France était une entreprise, elle serait proche de la mise en liquidation ». Des propos jugés « inappropriés » par le président Hollande, qui a invité M. Gattaz à « changer de langage ». La guerre est donc ouverte et le « cessez-le-feu » ne semble pas pour demain. Ce qui ne manquera évidemment pas d’aggraver la situation économique et la paix sociale dans l’Hexagone. En attendant que de jours meilleurs arrivent, une question demeure : qui a raison ? La France est-elle vraiment en faillite. Pour être précis, et même si la situation économique de la France est bien catastrophique, la réponse à cette question est négative. En effet, la France dans son ensemble a encore suffisamment d’actifs pour rembourser la totalité de sa dette. En revanche, tel n’est pas le cas pour l’Etat français. Autrement dit, oui, techniquement, ce dernier est bien déjà en faillite. Il va donc encore perdre en crédibilité et verra les taux d’intérêt de ses emprunts flamber, ce qui ne manquera pas de casser encore un peu plus l’investissement, la croissance et l’emploi. C’est à ce moment-là que la faillite potentielle de l’Etat français deviendra celle de la France dans son ensemble. M. Hollande n’aura alors d’autres choix que d’admettre cette triste réalité, mais il sera trop tard…
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Et c’est reparti ! Après deux ans et demi de forte remontée (+ 62 % tant pour le Dow Jones que pour le Cac 40), les marchés boursiers sont affectés par un nouveau virus. Ce dernier est particulièrement contagieux puisqu’il s’appelle le pessimisme. En effet, après deux années de relative accalmie sur le front de la croissance mondiale et un an d’espoir sur la sortie de crise de la zone euro, les bourses mondiales se remettent à craindre le pire. En moins d’un mois, le Dow Jones a ainsi perdu près de 7 % et le Cac 40 plus de 14 %. En fait, depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l’année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l’appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l’économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu’à présent seule cette dernière a vraiment « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession en 2012-2013, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. Pire, depuis quelques mois, son retour dans la récession et son enlisement dans la déflation deviennent de plus en plus inévitables. Finalement, depuis 2010 et comme cela s’est encore observé cette semaine, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d’éviter le repli et aux marchés boursiers de limiter les dégâts. Mais quid des prochains mois ?