Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 24 janvier 2015
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l’Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d’enclencher le premier Quantitative Easing de l’UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d’euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l’activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l’a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l’euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d’un euro moins fort. Ne l’oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l’Hexagone et dans l’UEM, c’était en 1999-2000, lorsque l’euro valait environ 0,90 dollar. À l’inverse, chaque fois que l’euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s’est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l’UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l’Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D’ailleurs, comme elle l’a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l’UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l’euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l’enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2015
Les horribles attentats de Charlie Hebdo et de l’hypercacher de la porte de Vincennes ont tristement rappelé deux évidences comportementales. La première est que, lorsque la sécurité des citoyens est menacée et a fortiori si elle ne paraît plus assurée, tout s’arrête. A commencer par l’activité économique. Ainsi, à côté du drame humain, ces évènements tragiques ont eu comme conséquence collatérale, l’effondrement de la consommation. La deuxième évidence est a priori plus optimiste puisqu’elle réside dans le fait que, devant le danger et l’adversité, les citoyens ont la capacité de se surpasser et de se serrer les coudes. C’est notamment ce qui a transparu lors de la formidable marche républicaine du 11 janvier. Mais attention, cet élan national pourrait déboucher sur deux effets pervers. D’une part, devant l’impératif sécuritaire, il pourrait être tentant pour les dirigeants du pays d’oublier la nécessité de moderniser notre économie et de la rendre plus féconde en croissance et en emplois. D’autre part, comme on ne cesse de l’entendre, ce triste contexte et la psychose qui en a suivi pourraient être utilisés pour encore augmenter la dépense publique. Aussi, ne nous voilons pas la face : La France est malade. Malade de son économie, malade de sa politique, malade de ses valeurs. Au point que de plus en plus de nos compatriotes et entreprises quittent le pays, favorisant un authentique phénomène d’exil ! Mais plutôt que de se contenter de décrire les maux de la France, comme le font trop d’économistes et autres depuis des années, j’ai préféré consacrer mon nouveau livre («Guérir la France La thérapie de choc » qui sortira le 22 janvier) à l’élaboration d’un programme de mesures économiques concrètes pour sauver notre « douce France ».
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2014
Disons-le, au risque de choquer : après l’angélisme qui prévalait sur les marchés boursiers depuis la fin de l’été, les turbulences de ces dernières semaines ne font que remettre les pendules à l’heure. En effet, qu’il s’agisse d’un Dow Jones proche des 18 000 points, d’un Dax à plus de 10 000 points ou d’un Cac 40 à 4 500 points, la flambée des grands indices boursiers internationaux commençait à devenir excessive. La crise russe est donc venue sonner le glas (du moins temporairement) de l’euphorie boursière, mais là aussi, les excès restent de mise. Certes, les arguments pour justifier la correction sont pléthores. Il y a tout d’abord et principalement l’effondrement de l’économie russe, puis du rouble. Cette « descente aux enfers » serait notamment le produit de l’embargo sur les produits russes lié au conflit ukrainien et surtout de la chute des cours pétroliers. Cette dernière constitue d’ailleurs le deuxième facteur explicatif de la déprime boursière puisqu’elle serait soi-disant annonciatrice d’un fort ralentissement de la croissance mondiale. D’où un troisième mobile : les risques accrus qui pèsent sur l’activité économique dans les pays émergents. Quatrièmement, la fin de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed apporte également son lot d’incertitudes, même si Janet Yellen s’est employée cette semaine à calmer le jeu. Enfin, élément récurrent depuis 2008, la zone euro continue de faire peur par au moins trois biais : une nouvelle crise politique en Grèce qui viendrait réactiver la crise de la dette publique, le maintien d’une croissance molle et l’approche de la déflation. Bref, compte tenu de l’ensemble de ces craintes, la baisse récente des marchés boursiers apparaît tout à fait logique et ne fait finalement que corriger une flambée qui était excessive. Mais, une fois la correction effectuée, il ne faudrait pas non plus « jeter le bébé avec l’eau du bain ». En effet, comme souvent, les marchés sur-réagissent et ne parviennent pas à prendre le recul nécessaire pour relativiser les dangers environnants...
L'humeur de la semaine - 12 décembre 2014
Cette semaine a été marquée par deux évènements principaux. Primo, selon le FMI, la Chine serait dès la fin 2014 la première puissance mondiale, juste devant les Etats-Unis. Secundo, appuyé par Manuel Valls, le ministre de l’économie Emmanuel Macron a présenté une loi éponyme visant à dérèglementer une partie de l’économie française et à relancer la croissance et l’emploi dans l’Hexagone. A priori très différents, ces deux évènements ont cependant un point commun : ils relèvent tous d’un effet marketing et ne reflètent pas la réalité escomptée. Mais si la Chine peut également compter sur une croissance forte, la France et son gouvernement n’ont plus que le marketing pour essayer de faire illusion. Le projet de loi dit Macron en est l’exemple type. Cela en devient même grotesque. En effet, comment peut-on laisser croire que la croissance française va redémarrer parce que l’on va permettre à certains magasins d’ouvrir 7 dimanches par an ou aux compagnies d’autocar de se développer davantage ? Le pire est que ces réformettes mettent la classe politique en émoi, comme s’il s’agissait d’une thérapie de choc draconienne à même de changer la face de la France, qui passerait ainsi de l’immobilisme à la performance économique.
Arrêtons donc de nous voiler la face : si les mesures Macron (pour peu qu’elles soient votées et réellement appliquées un jour) vont dans le bon sens, elles demeurent hautement insuffisantes pour relancer la France sur le chemin de la croissance forte. Pour y parvenir, il faudra notamment baisser massivement les impôts et les dépenses publiques, tout en réduisant le coût du travail et en modernisant le marché de l’emploi. Nous en sommes malheureusement encore loin...
L'humeur de la semaine - 05 décembre 2014
Oui, le retour de la croissance est encore possible dans l’Hexagone. Pour ce faire, le repli des cours du pétrole et des matières premières ainsi que la dépréciation de l’euro/dollar constituent des soutiens de poids. Et pour cause : à chaque fois que le baril de pétrole baisse de 10 dollars, la croissance française gagne 0,4 point. De même, lorsque l’euro se déprécie de 10 %, cette même croissance s’améliore d’environ 0,5 point. Dans ce cadre, avec un baril à moins de 80 dollars et un euro autour des 1,25 dollar, le gain potentiel pour l’économie française pourrait atteindre 1,5 point de croissance pour l’année 2015, consacrant ainsi une hausse annuelle du PIB supérieure à 2 %. Malheureusement, un mouvement de défiance s’est également engagé, engendrant une incompréhension grandissante entre les dirigeants du pays et les acteurs économiques, en particulier les entreprises. Après avoir soutenu qu’ils aimaient ces dernières, MM Macron et Valls n’hésitent plus désormais à les montrer du doigt et à les rendre responsables de la crise actuelle. Dans ce cadre, il est clair qu’à cause d’une pression fiscale historiquement élevée, d’un marché du travail de plus en plus rigide, d’une réglementation de plus en plus complexe et surtout d’un manque criant de confiance et de perspectives, l’investissement des entreprises va rester faible et les créations d’emploi avec. Autrement dit, les effets positifs de la baisse de l’euro et des cours du pétrole devraient être en partie compensés par les effets négatifs du dogmatisme maladif dont font preuve les dirigeants du pays. Bien loin des 2 %, la croissance française de 2015 devrait ainsi rester inférieure à 1 %. Quel gâchis !
L'humeur de la semaine - 28 novembre 2014
C’est certainement LA grande nouvelle économique de la semaine, voire de la fin d’année : l’Union européenne est prête à engager un plan de relance de l’investissement qui pourrait atteindre plus de 300 milliards d’euros (315 milliards précisément) ! Autrement dit : au diable la rigueur et vive la relance !
Seulement voilà, comme trop souvent avec les dirigeants politiques européens, les paroles sont fortes, mais les actes sont faibles. Ainsi, l’UE n’a aucunement l’intention d’injecter 315 milliards d’euros dans l’économie européenne, elle n’en a d’ailleurs pas les moyens. Non, le projet Juncker consiste simplement à engager 21 milliards d’euros (5 milliards via la Banque Européenne d’Investissement et 16 milliards via les Etats membres) d’investissements publics, en espérant que le secteur privé viendra compléter ce plan et en financer près de 95 %, soit 294 milliards. Oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un effet de levier ou multiplicateur de 15, digne des plus grands spéculateurs de la planète. De quoi renommer le « plan Juncker » en « David Copperfield Show » ! Dans ce cadre, on aurait même pu monter le curseur à 1 000 milliards d’euros ! Blague à part, il faut bien comprendre que pour réussir à mobiliser les investisseurs privés, il est indispensable de leur donner ce qu’ils recherchent, en l’occurrence un retour sur investissement conséquent. Or, avec une croissance structurelle d’au mieux 0,8 %, la zone euro est loin de fournir le rendement marginal suffisant pour convaincre les investisseurs...
L'humeur de la semaine - 21 novembre 2014
L'humeur de la semaine - 14 novembre 2014
Faites sonner les fanfares et les trompettes ! Réveillez vos voisins et entonnez en chœur la Marseillaise ! Voici enfin une bonne nouvelle pour l’économie française et accessoirement pour son Président et son gouvernement : au troisième trimestre 2014, le PIB hexagonal a progressé de 0,3 %. Formidable ! Quelle bonne surprise ! Encore mieux, la France se paie le luxe de réaliser l’une des meilleures performances des grands pays de la zone euro. Bon, une fois la liesse passée, pensons néanmoins à prendre du recul et à regarder les comptes nationaux de plus près. Et là, l’euphorie est loin d’être de mise. Tout d’abord, la variation du PIB du deuxième trimestre a été revue en baisse, passant de + 0,0 % à - 0,1 %. Autrement dit, après une stagnation et un recul de 0,1 %, l’augmentation de 0,3 % du troisième trimestre est plus une correction de la faiblesse passée que le début d’une nouvelle tendance. Par ailleurs, l’essentiel de cette progression s’appuie sur un fort restockage qui a contribué à hauteur de 0,3 point à la croissance. En d’autres termes, hors variation de stocks (qui, rappelons-le n’est qu’une variable d’ajustement), la variation du PIB français du troisième trimestre a été nulle. L’adage « un point ne fais pas une tendance » sied donc parfaitement à la croissance miracle du troisième trimestre. Et ce d’autant que le poste clé de l’investissement a continué de baisser. Au-delà de la simple lecture du chiffre de croissance du troisième trimestre, il faut donc être réaliste : la France reste malheureusement engluée dans la stagnation économique. La baisse de 0,2 % de l’emploi au cours du même troisième trimestre ne fait d’ailleurs que le confirmer...
L'humeur de la semaine - 07 novembre 2014
Après avoir validé le budget français de 2015 par on ne sait quel miracle, la Commission européenne essaie de corriger le tir en rappelant qu’en 2016, la France portera le bonnet d’âne de l’Europe en matière de déficit public. Cette perspective n’est pas une surprise pour la simple raison que la France est le seul pays européen à refuser d’engager des réformes économiques structurelles depuis plus de vingt ans. Pourtant, les occasions d’engager le pays vers une véritable modernisation n’ont pas manqué. En effet, au cours des vingt dernières années, les dirigeants français ont eu trois occasions claires d’engager l’Hexagone sur la voie de le baisse de la dépense publique et de la modernisation économique, ce qui lui aurait permis d’améliorer sa croissance, de réduire ses déficits et d’éviter par là même de plonger dans la spirale de la dette. Malheureusement, ces trois « aubaines » ont été littéralement gâchées. Le pire est qu’aujourd’hui encore, rien n’est fait pour remédier à ces erreurs. Ainsi, au plus bas dans les sondages et n’ayant donc plus rien à perdre, François Hollande aurait également pu jouer le tout pour le tout et engager enfin la France sur la voie de la modernisation économique. Mais une fois encore, comme vient de le démontrer le Président français lors d’une nouvelle émission télévisée pour rien, la maladie de l’immobilisme et la démagogie de la méthode Coué ont pris le dessus. Bref, la France n’est pas près de perdre son bonnet d’âne. Quelle tristesse…
L'humeur de la semaine - 31 octobre 2014
Ca y est, c’est fini : après six ans de fonctionnement et trois phases d’activation (2008, 2010 et 2012), soit un volume total d’environ 3 600 milliards de dollars, le « Quantitative Easing » (QE) de la Réserve fédérale américaine, ou « planche à billets » pour les intimes, s’est arrêté. Il ne s’agit évidemment pas d’une surprise, puisque dès le début 2014, Janet Yellen, alors fraichement nommée à la tête de la Fed, avait averti que cette politique ultra-accommodante se terminerait fin octobre. Il y a donc déjà un point positif : « Mamie Yellen » et la Fed tiennent leurs promesses. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les marchés financières n’ont pas sur-réagi négativement à cette mesure. Mais ce n’est pas tout. Car, au-delà d’être conforme aux annonces de la Fed, l’arrêt du QE apparaît salutaire tant pour l’avenir de l’économie américaine que pour celui des marchés financiers. Autrement dit, si le changement de ton de la Fed peut déplaire, voire inquiéter, il est avant tout logique, voire indispensable. En effet, s'il était normal d'actionner la « planche à billets » et de maintenir les taux de la Fed à zéro lorsque la croissance était absente, à présent que cette dernière est revenue durablement et que le chômage américain baisse significativement, cette politique ultra-accommodante n'est plus nécessaire. De plus, il est également urgent de permettre à la Fed de se reconstituer une marge de manœuvre pour pouvoir mieux réagir lors de la prochaine crise. Cela signifie donc qu’après avoir arrêté la « planche à billets », la Fed doit désormais songer à augmenter son taux objectif des federal funds. D'où une question : comment vont réagir les marchés ?
Les analyses hebdomadaires
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l’Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d’enclencher le premier Quantitative Easing de l’UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d’euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l’activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l’a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l’euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d’un euro moins fort. Ne l’oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l’Hexagone et dans l’UEM, c’était en 1999-2000, lorsque l’euro valait environ 0,90 dollar. À l’inverse, chaque fois que l’euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s’est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l’UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l’Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D’ailleurs, comme elle l’a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l’UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l’euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l’enfer est parfois bien mince...