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Après l’annonce par Nicolas Sarkozy de la création d’une taxe sur les transactions financières, notamment destinée à punir les « méchants spéculateurs », c’est au tour de François Hollande de sortir l’artillerie lourde contre le secteur financier. En effet, lors de son « show » de lancement de campagne, celui-ci n’a pas hésité à annoncer que son pire ennemi était « le monde de la Finance ». Rien que ça ! A l’évidence, quelle que soit l’issue des prochaines élections présidentielles, les financiers et les banquiers vont devoir raser les murs. Bien entendu, il ne s’agit pas pour nous de dépeindre l’univers bancaire et financier comme un monde parfait. Loin s’en faut. Comme partout, ce secteur produit aussi pas mal de voyous. Je peux en témoigner : Ayant passé la première partie de ma vie dans les cités HLM d’Orly et la seconde dans l’univers bancaire et financier, tout en côtoyant une partie du monde politique, je pense humblement qu’il y a certainement autant de voyous dans ces trois mondes pourtant si différents. Mais, de la même façon qu’il serait stupide de masquer les côtés sombres de la Finance, il serait tout aussi inepte de « jeter le bébé avec l’eau du bain » et de laisser croire que punir les financiers suffirait pour sortir de la crise...
Au sommaire cette semaine :
Alors qu’il aime utiliser les analogies sportives, la course à l’Elysée est pour Nicolas Sarkozy un véritable parcours du combattant. Le Président sortant est toujours à la traîne dans les sondages avec 63% des Français qui ont une image défavorable du Chef de l’Etat, selon le baromètre IPSOS Le Point...
Triple A, AA+, Standard and Poor’s, Moody’s, Fitch, autant de noms et d’acronymes qui étaient quasiment inconnus du grand public il y a moins d’un an et qui sont aujourd’hui sur toutes les lèvres. Ainsi, l’avenir de la France semblait conditionné par le maintien du fameux AAA. Face à l’inévitable perte de ce Graal, les dirigeants français s’étaient même employés à dédramatiser la situation depuis décembre dernier. Pour notre part, et comme nous l’avions écrit dès octobre dernier, le véritable enjeu ne résidait pas dans la perte du triple A français mais dans l’ampleur de cette dernière. Nous expliquions alors qu’une dégradation d’un cran à AA+ était déjà intégrée par les marchés et qu’elle n’aurait que peu d’impact sur les taux d’intérêt et sur les cours boursiers. Dans ce cadre, il est possible de dire qu’une fois encore, les agences de notations ont été conciliantes à l’égard de la France. En effet, non seulement, Standard and Poor’s n’a abaissé la note que d’un seul niveau, à AA+, mais les deux autres agences, en l’occurrence Moody’s et Fitch, ont maintenu leur AAA. Face à cette cacophonie, une question s’impose : Qui croire ? Où est la vérité ? Voici nos réponses.
A l’approche des élections présidentielles, un retour en force de la démagogie et de l’électoralisme est inévitable. En moins d’une semaine, nous pouvons dire que nous avons été particulièrement bien servis, avec l’annonce de l’augmentation du taux de TVA, qualifiée pour l’occasion de TVA sociale, puis la volonté affichée de créer une taxe sur les transactions financières. En d’autres termes, déjà particulièrement mal en point, l’économie française risque de souffrir encore bien davantage au cours des prochains mois. Et tout ça pour de simples motifs électoraux. Nous débuterons ce « petit théâtre des horreurs » par la désormais célèbre TVA sociale. A la simple évocation de ces syllabes, il y a déjà un problème. Et pour cause : comment peut-on qualifier de sociale une taxe qui constitue, par construction, l’un des impôts les plus inégalitaires qui soit ? Nous verrons également que l'instauration d'une taxe sur les transactions financières constituerait une erreur stratégique particulièrement coûteuse et dangereuse, tant en termes d'emplois que de croissance. Malheureusement, une certitude se fait jour : après les élections présidentielles, et quelle que soit leur issue, l’économie française va continuer de souffrir.
Dans un monde de plus en plus chahuté, où la volatilité est extrême et où le court-termisme a force de loi, il est devenu particulièrement difficile d’établir des prévisions économiques et financières. Pour contourner cet obstacle grandissant, de nombreux économistes et prévisionnistes préfèrent se cacher derrière le consensus, en soutenant qu’il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul. Si ce comportement n’est pas nouveau, il s’est quasiment généralisé à l’ensemble de la profession depuis le début de la crise des subprimes. Pis, à l’approche des élections présidentielles françaises, les pressions de toutes sortes et les partis pris vont définitivement prendre le dessus, si bien qu’il va devenir quasiment impossible d’obtenir de véritables analyses et prévisions indépendantes. Dans la perspective de cette triste évolution, soyez assurés que nous ne tomberons pas dans ce travers et que nous continuerons à établir nos prévisions en toute liberté et objectivité. Cela fait quinze ans que nous nous y employons, cela ne va pas changer de sitôt. En effet, le plus important n’est pas forcément d’avoir raison sur tout (cela est d’ailleurs illusoire), mais de réaliser des analyses et prévisions en toute transparence et en toute humilité. D’ailleurs, avant de présenter nos prévisions pour l’année 2012 (ce que nous ferons dans ces mêmes colonnes dès la semaine prochaine), nous allons nous livrer à notre exercice traditionnel de bilan de nos prévisions de l’année écoulée. Comme tous les ans, il y a les tops et les flops. Mais fort heureusement, comme cela s’observe quasiment chaque année, les premiers sont largement plus nombreux que les seconds. Excellente année à toutes et à tous.
Qui ne se souvient pas des images montrant Jean-Marie Le Pen après les élections de 2007, réduit à la mendicité cathodique afin de renflouer un parti exsangue. Il faut dire que Nicolas Sarkozy semblait avoir sonné le glas du Front National en le siphonnant d’une grande partie de ses électeurs. Donné pour mort, le FN ressuscite aujourd’hui grâce à Marine Le Pen qui atteint désormais la barre symbolique de 20% d’intention de vote au premier tour dans les sondages...
Patatras ! Telle pourrait être la synthèse de l'évolution de la consommation des ménages dans l'Hexagone au cours des derniers mois et surtout des mois à venir. Cette consommation en berne montre notamment que l'augmentation éventuelle du taux de TVA dans les prochains mois serait tout simplement suicidaire.
En dépit de la récession qui s'installe en Europe et dans l'Hexagone, mais aussi de cette crise qui n'en finit pas, toute l'équipe du cabinet ACDEFI vous souhaite une excellente année 2012, pleine de bonheur, santé et réussite.
Même si l’année 2011 n’est pas terminée et pourrait donc nous réserver encore quelques mauvaises surprises, il est d’ores et déjà possible d’en dresser un premier bilan. Ce dernier pourrait presque tenir en deux mots : Grand Gâchis. En effet, il y a un peu plus d’un an, la croissance mondiale était forte et atteignait la barre symbolique des 5 %, contre une moyenne annuelle de 3,3 % de 1980 à 2009. Dans le même temps, après une récession historique, l’économie de la zone euro commençait à retrouver des couleurs et semblait par là même capable de surmonter la crise grecque et de sortir définitivement de la crise de la dette publique. A l’époque, nous communiquions autour du thème « la reprise est là, ne la gâchons pas ! ». Notre crainte résidait principalement dans une remontée hâtive du taux refi de la BCE et dans une appréciation excessive de l’euro/dollar, deux évolutions qui casseraient inévitablement la croissance eurolandaise. Et c’est malheureusement ce qui s’est produit. Et comme si ces erreurs stratégiques ne suffisaient pas, la BCE a alourdi la barque à deux reprises. Quant aux dirigeants politiques eurolandais, ils ont continué d’enfoncer le clou. En effet, plutôt que de relancer très vite la croissance, ils ont préféré multiplier les « sommets de la dernière chance », tous aussi vains les uns que les autres. Le dernier en date l'a encore confirmé. Une crise sans précédent, une dizaine de sommets « historiques » pour rien, des erreurs stratégiques impardonnables, un dogmatisme irreffréné et une démagogie insupportable... A l’évidence, 2011 est une année à oublier pour la France et pour la zone euro. A moins que 2012 ne soit encore pire…
Si la politique est faite d’incroyables rebondissements, le cas d’Alain Juppé est tout à fait exceptionnel. Replongeons nous en 1994 où la guerre entre Chiraquiens et Balladuriens faisait rage, avec un Nicolas Sarkozy tentant de rallier sans ménagement les chiraquiens dans son camp. Mais Juppé, fidèle parmi les fidèles, un des piliers du RPR, n’a pas cédé...
Le 18 décembre 2009, nous expliquions déjà dans ces mêmes colonnes comment la France s’était engluée dans ce que nous appelions le « syndrome du pouf ». Deux ans plus tard, non seulement rien n’a changé, mais la situation s’est même aggravée. En effet, de nombreux Français, et en particulier leurs dirigeants, refusent toujours d’endurer les difficultés. Aussi, plutôt que de lutter de front contre les dangers ou les crises économiques, au risque de se « faire mal » temporairement, ils préfèrent multiplier les protections et les perfusions publiques en tous genres. Cette gabegie de dépenses publiques est censée protéger l’économie française contre une chute trop violente. Ainsi, lorsqu’elle tombe, cette dernière s’affale sur un pouf qui lui permet donc d’amortir le choc et d’assurer une certaine paix sociale à court terme. En revanche, une fois bien installé dans le pouf, il est généralement très difficile de se relever. C’est là tout le problème des aides et autres stabilisateurs qui permettent, certes, de limiter les dégâts lors de la chute, mais empêchent ensuite l’économie de se redresser rapidement et fortement. Et ce, notamment à cause de leur coût exorbitant, imposant une pression fiscale extrêmement forte. Nous le vivons encore aujourd’hui, à l’heure où les plans de rigueur annoncés se focalisent sur une augmentation des impôts et oublient la nécessité de baisser les dépenses publiques. Pis, ils oublient que le seul moyen de sortir de la crise de la dette et plus globalement de la crise existentielle dans laquelle est plongée la zone euro réside dans la restauration de la croissance.
Que ce soit lors de débats, de conférences ou d’échanges via internet, la même question revient sans cesse : «que ce passerait-t-il si la zone euro disparaissait ? » Face à cette interrogation extrême mais légitime, certains économistes, politiciens ou observateurs de la « chose économique » n’hésitent pas à botter en touche en soulignant que cette éventualité n’a aucun sens. La fin de la zone euro ? Le retour au franc ? « Impossible » disent-ils avec l’aplomb des technocrates qui dissertent sur l’avenir économique sans n’avoir jamais été sur le terrain. Ces donneurs de leçons ont clairement tort. Oui, il faut être honnête : même si nous ne le souhaitons pas, l’explosion de la zone euro et le retour au franc sont possibles. Compte tenu de la crise que traverse actuellement l’Union Economique et Monétaire (UEM), la probabilité de ce triste scénario s’accroît même de jour en jour. S’obstiner à vouloir faire croire le contraire est contre-productif. Cela ne ferait qu’aviver les tensions sociales au sein des différents pays. A l’évidence, si nous voulons sauver la zone euro, cette stratégie du dénigrement doit être abandonnée. En fait, il serait beaucoup plus opportun d’accepter ce cas de figure extrême et de réfléchir aux conséquences qu’il pourrait entraîner. C’est ce que nous nous proposons de faire ci-après. Nous verons notamment que si la sortie de la zone euro est tout à fait possible, elle se traduira forcément par une récession aggravée et durable, par une crise sociale sans précédent, mais aussi des guerres civiles, voire un conflit militaire. Bref, l'Europe et le monde s’engageront dans un « trou noir ».
Plus rien ne va. La récession est de retour dans la quasi-totalité des pays de la zone euro. Les changements de gouvernements en Grèce, en Italie et en Espagne n’ont eu aucun effet sur les taux d’intérêt des obligations d’Etat des pays concernés. Ceux-ci restent donc prohibitifs, alimentant le cercle infernal Récession-Chômage-Déficits publics. Parallèlement, les marchés boursiers continuent de déprimer, entretenant un autre cercle pernicieux, à savoir, Baisse des cours-Désinvestissement-Récession. Face à l’ensemble de ces mauvaises nouvelles, il pourrait être tentant de jeter l’éponge, de conseiller aux investisseurs de vendre toutes leurs actions, de se focaliser sur l’or ou sur les terres arables, ou encore de demander aux chefs d’entreprise d’arrêter d’investir, de réduire au maximum la voilure, voire de s’expatrier dans un « monde meilleur ». En d’autres termes, nous ne blâmerons pas ceux qui argueront du marasme actuel pour baisser les bras et passer dans le camp des Cassandre. Pour autant, nous n’en profiterons pas pour tomber, nous aussi, dans les limbes du pessimisme. Et voilà pourquoi...
Ouf ! En dépit des dérapages financiers et du marasme économico-social qui est en train de s’installer dans la zone euro, le PIB de cette dernière n’a pas reculé au troisième trimestre. Il a même progressé de 0,2 %. Si l’honneur est sauf, il n’y a cependant pas de quoi pavoiser. Et ce d’autant que les prochains trimestres s’annoncent catastrophiques. Si les meubles ont été sauvés au troisième trimestre, la sanction risque d’être beaucoup plus forte au quatrième. En effet, compte tenu de l’effondrement du climat des affaires dans l’industrie et les services depuis septembre, de l’augmentation des taux d’intérêt à long terme et des dangers qui menacent la zone euro, une baisse du PIB de l’ordre de 0,5 % devrait s’observer sur les trois derniers mois de l’année 2011. Dès lors, en dépit d’un acquis de croissance de 1,7 %, au sortir du troisième trimestre, la croissance annuelle française devrait avoisiner les 1,5 % en 2011. Mais, ce n’est pas tout, car cette baisse du PIB du quatrième trimestre suscitera un acquis de croissance négatif pour 2012, qui devait être de l’ordre de - 0,2 %. Des évolutions que seront similaires pour l’ensemble de la zone euro. Que l’on se situe dans l’Hexagone, en Allemagne ou à l’échelle de la zone euro, il faut donc bien profiter de l’accalmie cosmétique générée par les comptes nationaux du troisième trimestre, car elle ne va pas durer…
Après une période d’abstinence prolongée de la parole, Nicolas Sarkozy est désormais sur tous les fronts dans ce que l’on peut appeler une opération de reconquête...
A l’heure où l’Europe occidentale commémore le 93ème anniversaire de l’armistice de la Première Guerre Mondiale, les hostilités continuent de plus belle entre la zone euro et les marchés financiers. Le départ de Papandréou, la démission annoncée de Berlusconi et le nouveau plan de rigueur en France n’y ont d’ailleurs rien changé. Les Mélenchon, Le Pen et autres « altermondialistes » vont évidemment monter au créneau pour crier qu’une fois encore, le monde est sous la domination dévastatrice des marchés financiers. Si cette opinion est évidemment bien pratique, elle demeure néanmoins particulièrement simpliste. En effet, si les Etats sont devenus aussi dépendants des marchés financiers, c’est avant tout parce qu’ils n’ont cessé de les utiliser depuis plus de vingt ans pour payer leurs déficits publics récurrents et abyssaux. Le pire est qu’en dépit de ce laxisme budgétaire incontrôlé, la croissance des pays de la zone euro n’a jamais été aussi faible, alimentant par là même les déficits et la dette des Etats. Pour sortir définitivement de ce cercle infernal, il faudra rapidement signer l’armistice. Mais ce dernier ne devra pas être vexatoire et attiser les haines comme celui de 1918, qui porta en lui les germes de la Deuxième Guerre Mondiale. Bien au contraire, il doit rassurer, tout en réconciliant les marchés et les populations. Voici nos propositions...
Après des mois de négociations et de réunions « de la dernière chance », les dix-sept pays de l’Union Economique et Monétaire avaient finalement réussi à se mettre d’accord pour sauver la Grèce et, par là même, tenter de relancer la zone euro sur les bons rails. Certes, comme nous l’expliquions la semaine dernière dans ces mêmes colonnes, cet accord était loin d’être parfait et omettait notamment d’engager des solutions pour améliorer la croissance économique. Pour autant, il fournissait un bol d’air d’au moins six mois à la Grèce et à la zone euro, le temps de retrouver le chemin d’une activité plus soutenue. Malheureusement, c’était sans compter le coup de poker, ou plutôt le coup de folie de M. Papandréou. L’anagramme de son nom était d’ailleurs peut-être prémonitoire : Nappadeuro. Ainsi, plutôt que de faire profil bas et de mettre en œuvre rapidement le plan de sauvetage, le Premier ministre grec a préféré réactiver les braises encore incandescentes d’un incendie qui venait à peine d’être éteint, après deux ans de ravages. Et même si le référendum est a priori annulé (du moins pour le moment), cette volte-face de la Grèce laissera des traces indélébiles. Le processus d'explosion de la zone euro a donc bien commencé. Et si nous voulons l'arrêter, il va falloir agir vite et bien...
L'annonce d'un référendum par Papandréou sur le plan d'aide à la Grèce est une vraie bombe. Si celui-ci a bien lieu, il faut se préparer à des lendemains très difficiles pour la Grèce, mais aussi pour la France et, plus globalement, pour l'ensemble de la zone euro. Explications dans une interview accordée par Marc Touati à l'Est Républicain.
Ouf ! Le énième sommet européen « de la dernière chance » a été couronné de succès. Ainsi, 50 % de la dette publique grecque détenue par des organismes privés va être effacée (soit environ 100 milliards d’euros sur une dette totale de 350 milliards). L’enveloppe du Fonds Européen de Stabilité Financière va être largement augmentée, à 1 000 milliards d’euros. Les banques vont devoir respecter un ratio de fonds propres de 9 %, ce qu’elles se sont engagées à faire par leurs propres moyens. Bref, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Cependant, ce succès de façade n’a fait qu’éteindre l’incendie qui menaçait la maison UEM. En revanche, il n’a absolument pas résolu les problèmes de fond de la zone euro. A commencer par l’absence de gouvernance économique efficace et par la faiblesse structurelle de la croissance. D'ici six mois, une nouvelle crise risque donc de s'imposer...
C’est donc François Hollande qui sera le challenger à gauche de Nicolas Sarkozy. Fort de sa large victoire et du succès des primaires, il représente le meilleur espoir de la gauche depuis la « sortie de route » de DSK. Qui plus est, Nicolas Sarkozy est déjà donné largement perdant dans leur future confrontation...