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En enregistrant désormais quatre trimestres consécutifs de hausse, le PIB américain affiche dès le deuxième trimestre 2010 un glissement annuel de 3,2 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2005. De plus, ce retour durable de la croissance est surtout dû au rebond de l’investissement. Ainsi, et il s’agit certainement là de la meilleure nouvelle des comptes nationaux du deuxième trimestre, l’investissement en équipements des entreprises a progressé de 21,9 % au deuxième trimestre, après avoir crû de 20,4 % au trimestre précédent et de 14,6 % au quatrième trimestre 2009. Autrement dit, le retour du cercle vertueux « investissement-emploi-consommation » ne fait plus aucun doute. Il ne faut donc pas s’inquiéter outre-mesure pour l’avenir de l’économie américaine...
Au sommaire cette semaine :
Lorsqu’il y a environ deux-trois ans, nous évoquions la possibilité d’une dette publique équivalente à 80 % du PIB à l’horizon 2015, on nous répondait généralement : « Mais non ! Vous qui êtes habituellement plutôt optimiste, là vous sombrez dans le pessimisme ! ». Et pourtant ! Cinq ans avant l’échéance de notre prévision qui paraissait excessive il y a peu, la barre fatidique des 80 % est déjà franchie. Ainsi, au premier trimestre 2010, la dette publique française a atteint 1 535,5 milliards d’euros, soit 80,3 % du PIB. Et s’il est souvent tentant de « faire porter le chapeau » de ce dérapage aux collectivités locales et aux assurances sociales, il ne faut pas oublier que 78,5 % de cette dette publique (en l’occurrence 1 206 milliards d’euros au premier trimestre 2010) est du seul ressort de l’Etat. Espérons donc que les dirigeants du pays sauront être responsables en réduisant massivement les dépenses de fonctionnement de l’administration publique, qui ont tout de même augmenté de 87 milliards d’euros depuis 2002, soit un peu plus que quelques cigares et déplacements en avion privé… Ils devront également repenser complètement la pression fiscale et réduire les freins réglementaires, de manière à assurer une croissance durablement plus forte. Le chemin est donc connu, reste à savoir si l’électrochoc d’une dette publique à plus de 80 % du PIB sera suffisant pour inciter la France à l’emprunter.
Encore une mauvaise nouvelle dont la France se serait bien passée : en mai, le déficit s’est creusé de près de 1,3 milliard d’euros pour atteindre 5,5 milliards. Il s’agit là d’un plus haut depuis le record historique de 6,17 milliards atteint en octobre 2008. Pis, le déficit de mai 2010 constitue le troisième plus mauvais résultat du commerce extérieur français. Ce creusement est d’autant plus décevant qu’il est réalisé dans un contexte de rebond du commerce mondial. En clair, la France reste l’un des pays de la planète qui profite le moins du redémarrage économique international.
Décidément, la peur reste accrochée aux marchés comme une arapède à un rocher. Certes, compte tenu de l’ampleur de la crise économico-financière de 2007-2009, cette psychose peut se comprendre. Pourtant, depuis le printemps 2009, puis le redémarrage de l’économie mondiale, non-anticipé par 90 % des économistes à travers la planète, l’espoir était revenu. L’évitement du scénario catastrophe tant annoncé et le retour en grâce de la croissance avaient alors permis aux principaux indices boursiers internationaux de gagner environ 50 % en neuf mois. Si bien que les Cassandre et autres Bearish avaient quasiment disparu de la circulation. Malheureusement, la crise grecque, puis son dérapage incontrôlé et enfin sa transformation en une « crise existentielle » de la zone euro ont relancé la vague de terreur à travers la planète. Dès lors, toute statistique inférieure aux attentes, la moindre tension géopolitique, ou encore les déclarations décalées des dirigeants internationaux (et elles sont ô combien nombreuses) sont montées en épingle et utilisées pour justifier un mouvement de baisse des marchés boursiers. La semaine écoulée constitue un exemple éloquent de cette fragilité aggravée. Révision d'une statistique sur la Chine sans aucune valeur prédictive, confiance des ménages en baisse aux Etats-Unis et craintes sur les conditions de refinancement des banques de la zone euro. Pourtant, en dépit de leur facilité à se faire peur, les marchés boursiers devraient rester sur une tendance haussière au moins jusqu’en 2012. Cependant, ils resteront fragiles et volatils, car, pour limiter leur progression, les Cassandre pourront toujours compter sur des alliés indéfectibles, en l’occurrence les « dirigeants » politiques et monétaires de la zone euro...
La coupe du Monde de football est une fête. Que l’on soit ou non un adepte du ballon rond, il s’agit du plus grand événement sportif de la planète. Cependant, avant même le début de la compétition, l’équipe de France et son entraîneur faisaient déjà l’objet de nombreuses critiques...
Il y a quelques semaines nous écrivions ici même une Humeur intitulée « Vivement la Coupe du Monde ». Nous étions alors en pleine crise existentielle de la zone euro (qui n’est d’ailleurs toujours pas terminée) et nous expliquions que le Mondial de football tomberait à pic pour rafraichir les idées et réduire, au moins temporairement, la pression qui sévissait sur les pays eurolandais et plus globalement sur les marchés. Malheureusement, si le Mondial a bien commencé et a bien apaisé les esprits dans un premier temps, nous étions loin d’imaginer que cette Coupe du Monde de football ne serait finalement que le reflet de la situation économique mondiale. Autrement dit, la crise est partout, même dans le foot. Ainsi, alors qu’il est généralement le théâtre d’un beau spectacle, avec de nombreux buts, des stratégies offensives et des joueurs survoltés qui « mouillent le maillot », le Mondial 2010 est pour l’instant une succession de matchs plutôt fades, avec peu de buts et peu d’enthousiasme. Bref, il est exactement à l’image de la croissance, particulièrement en Europe, c’est-à-dire molle. C’est certainement là que réside le drame de ce Mondial : alors qu’il devait nous divertir, il nous rappelle cruellement la réalité économique mondiale : une croissance forte dans le monde émergent, une résistance américaine à toute épreuve, une zone euro en déliquescence et une France qui perd. Quelle tristesse…
Tous les gens d’un certain âge se souviennent avec nostalgie d’une certaine série télévisée, sous forme de bande dessinée, intitulée « les Shadocks » et commentée par le regretté Claude Pieplu. Une des occupations favorites de cette peuplade excentrique et légèrement bornée, consistait à creuser des trous pour en reboucher d’autres. C’est un peu la situation que nous connaissons dans l’économie mondiale contemporaine...
Après vingt ans de tergiversations, d’occasions manquées et de réformes avortées, la France a enfin décidé de regarder la réalité en face en matière de financement des retraites. Du moins en apparence. Ainsi, d’ici 2020, pour avoir accès à une pension de retraite complète, il faudra cotiser 41,5 années. Dans la mesure où l'âge moyen d'entrée dans la vie active s'élèvera à 22 ans, le fameux verrou, pour ne pas dire tabou, de la retraite à 60 ans est donc bien en train de sauter. Néanmoins, pour ne pas fâcher outre-mesure, l’âge légal de départ à la retraite sera porté à 62 ans d’ici 2018 (et non 63 comme cela aurait été plus logique). même si elle n’a pas encore été votée, la réforme des retraites montre également que lorsqu’ils sont mis au pied du mur, nos dirigeants politiques savent mettre en place de véritables modifications structurelles. Car, ne nous leurrons pas, si la France a engagé cette réforme c’est surtout parce qu’elle n’avait pas le choix : un refus de changer la donne aurait immanquablement entraîné une dégradation de la note de la dette publique française. Pour autant, ne crions pas victoire trop vite. Tout d’abord, parce que la réforme n’a pas encore été entérinée. On se souvient de l’épisode fâcheux du CPE qui, bien que voté, avait ensuite été retiré par manque de soutien populaire et politique. De plus, la réforme de la retraite peut encore être amendée et vidée de sa substance, voire refusée par le Conseil Constitutionnel. Mais, au-delà de ces « tracasseries administratives » traditionnelles dans l’Hexagone, le vrai problème de la nouvelle retraite à la française réside dans le fait qu’elle repose encore sur des hypothèses très optimistes. En l’occurrence, un taux de chômage durablement compris entre 4,5 % et 7 % à partir de 2015...
C’est malheureusement une triste réalité : la peur domine le monde. En effet, lorsqu’un individu, une entreprise ou encore un pays ont peur, ils sont paralysés et n’ont même plus la force d’aller vers l’avant. Autrement dit, ils n’ont plus aucune chance de gagner. A l’inverse, celui qui suscite la peur est quasiment assuré de l’emporter. C’est là l’une des raisons principales pour lesquelles, il est souvent avancé que le pessimiste est généralement un optimiste qui serait devenu réaliste, ou encore que le Bear market a plus de chance de s’imposer que le Bull Market. Et pour cause : en instillant la peur, le pessimisme et le Bear market ont automatiquement tendance à devenir auto-réalisateurs. Pour autant, si ce cas de figure se réalise régulièrement, il est loin d’être inévitable. L’histoire économique nous en a souvent fourni la preuve. Sans remonter aux calendes grecques, les évolutions économiques et financières des dix dernières années sont particulièrement éloquentes. Et cela devrait encore se reproduire en 2010-2011...
Mou c’est mou… En dépit du rebond de la croissance mondiale et d’un inévitable effet de rattrapage après la forte baisse de ces dernières années, la production industrielle française reste molle. Ainsi, après avoir augmenté de 1,3 % en mars, cette dernière enregistre une baisse de 0,3 % en avril...
« Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. » Pour ces propos prononcés en présence d’un jeune militant d’origine maghrébine, Brice Hortefeux vient d’écoper d’une amende de 750 Euros...
Dans une émission des années 1980, Jacques Martin aurait certainement dit « c’est incroyable, mais vrai ! ». En effet, après déjà dix ans de mauvaise gouvernance économique, d’erreurs en tous genres et après avoir frôlé l’explosion de la zone euro il y a à peine un mois, les dirigeants politiques et monétaires eurolandais ne parviennent toujours pas à calmer le jeu et continuent d’accumuler les bourdes et les déclarations malencontreuses. Ainsi, alors que les braise de la crise de la dette publique sont encore incandescentes, le tout nouveau Secrétaire d’Etat au Budget n’a pas hésité à déclarer que "l'objectif du maintien de la note AAA est un objectif qui est tendu". Patatras ! Bien sûr, quelques heures tard, le cabinet de celui-ci n’a pas manqué de rectifier le tir, en soulignant que par « tendu », il fallait comprendre « exigeant, qui ne se relâche pas ». Ouf ! Pourtant, le mal est fait et notre pauvre Monsieur Baroin va devoir s’expliquer jour après jour pour essayer de faire oublier sa gaffe. Seulement voilà, en voulant se rattraper, très souvent, on s’enfonce davantage et surtout on installe le débat sur la scène médiatique. Dès lors, si le sujet paraissait hors de propos il y a encore quelques jours, de plus en plus de personnes se posent une double question : la France peut-elle perdre son triple A ? Et, le cas échéant, quelles en seraient les conséquences ?
C’est donc le nouveau mot à la mode dans la zone euro : rigueur. Ainsi, après trente ans de laxisme et d’augmentation des dépenses publiques (à l’exception de quelques pays courageux qui ont su moderniser leur économie), les Etats de la zone euro ont enfin décidé de réduire leur déficit structurel. Cette décision est évidemment louable et surtout indispensable, dans la mesure où, dans l’ensemble de ces pays, la croissance économique générée chaque année ne suffit même pas pour payer les intérêts de la dette publique. Autrement dit, le simple remboursement de la dette requiert d’augmenter le déficit, donc la dette… et le cercle pernicieux n’en finit plus. Du moins jusqu’à ce que la note du pays soit dégradée, avec remontée des taux d’intérêt à la clé, donc aggravation de la charge d’intérêts de la dette et, enfin, généralisation de la crise grecque à la plupart des pays eurolandais. Bien que cette sombre perspective soit connue depuis des années, il aura fallu attendre que la zone euro soit au bord de l’explosion pour enfin réagir. « Mieux vaut tard que jamais ! » diront certains. Pour autant, on n’efface pas trente ans de mauvaise gouvernance économique en quelques jours. Pis, alors que les marchés et le monde entier ont les yeux rivés sur les choix stratégiques des dirigeants politiques eurolandais, ces derniers rééditent les mêmes erreurs que par le passé, en mettant de nouveau en péril la croissance économique. Car si l’assainissement des finances publiques est indispensable, il ne doit pas non plus « casser » l’activité, sous peine d’augmenter à nouveau les déficits, donc la dette… Plutôt que de se faire les chantres de l’austérité mal placée, les dirigeants français et eurolandais devraient donc engager un véritable assainissement de leurs dépenses...
Tremblement de terre à Haïti, crise grecque, volcan islandais, marée noire dans le Golfe du Mexique, crise de la zone euro, secousses sur les marchés financiers. Depuis le début 2010, les catastrophes se suivent et focalisent toutes les attentions. A tour de rôle, elles font la une des médias, inquiètent, effraient, puis finissent par se faire oublier, pour peu qu’un nouveau drame vienne prendre leur place sur le devant de la scène. Ainsi va la vie et il ne servirait à rien de s’en plaindre. Pourtant, si les crises passent et s’oublient, elles laissent toujours des traces plus ou moins douloureuses. Dans le cas des catastrophes naturelles, humanitaires ou écologiques, ces traces sont évidemment plus dramatiques que lors des crises économiques. Cependant, s’il est possible de mettre un point final géographique et temporel aux premières, les secondes sont beaucoup plus difficilement maîtrisables. Ainsi, il est clair qu’après onze ans d’erreurs de gouvernance économique et monétaire et quatre mois d’atermoiements qui ont mis le feu au chaudron eurolandais, le plan de sauvetage décidé le 9 mai est enfin venu éteindre l’incendie. Comme nous l’expliquions dans notre « Réaction » du 10 mai, il a effectivement permis de montrer au monde que les dirigeants eurolandais étaient convaincus de la nécessité de pérenniser la zone euro et surtout d’en faire une terre de croissance soutenue. Les deux maîtres-mot de ce plan sont donc bien « solidarité » et « efficacité ». Le problème est que, vu l’ampleur des dégâts, la confiance est très difficile à restaurer. Et ce, d’autant que les déclarations sans lendemain des dirigeants eurolandais depuis des années font pléthore...
Enfin ! Après onze ans de dogmatisme et de sacrifice de la croissance sur l’autel de l’inflation ; après deux ans de crise et de récession historique ; et, enfin, après quatre mois de massacre à la grecque, les dirigeants de la zone euro ont enfin décidé de prendre leurs responsabilités et d’être à la hauteur. Il était temps, car au rythme des erreurs accumulées en particulier depuis quelques mois, la survie même de la zone euro commençait à être menacée. Comme souvent dans la construction européenne, il aura donc fallu passer par une grave crise et attendre d’être dos au mur pour réagir et avancer. Ainsi, au-delà de l’ampleur exceptionnelle du plan de sauvetage, le plus important réside dans le fait que la zone euro soit enfin redevenue une zone de solidarité, mue par un jeu coopératif. Mais si si la zone euro a bel et bien été sauvée le jour des soixante ans de la déclaration Schuman, elle doit maintenant transformer l’essai en restaurant la croissance...
Face à la débandade que subit aujourd’hui la zone euro, deux questions s’imposent : comment en est-on arrivé là ? Et comment va-t-on en sortir ? Dans les deux cas, la réponse est malheureusement simple : tout est lié à l’incompétence ou non des dirigeants de la zone euro. Ainsi, au-delà du cas grec, la crise actuelle n’est que la conséquence des multiples et répétitives erreurs de gouvernance de la zone euro. Dans ce cadre, la seule solution à cette crise réside dans l’inversion de toutes ces erreurs. Pour ce faire, les dirigeants eurolandais doivent monter au créneau de façon concertée en déclarant au monde que la zone euro est inaliénable. Ils doivent également s’engager à restaurer la croissance et à utiliser tous les moyens possibles pour y parvenir. La politique budgétaire doit donc réduire ses nombreuses poches d’inefficacité, notamment en diminuant les dépenses de fonctionnement. La BCE doit aussi arrêter de jouer contre l’activité économique, en consacrant un taux refi adapté à la croissance, ce qui imposerait par exemple aujourd’hui que ce dernier soit descendu à 0,5 %. Enfin, la baisse de l’euro, qui a déjà commencé, doit se prolonger jusqu’à 1,20 dollar pour un euro, ce qui permettra de relancer la croissance vers les 2,5 % d’ici le début 2011. Dès lors, la Grèce et l’ensemble de ses partenaires eurolandais pourront sortir par le haut de cette crise et la zone euro sera sauvée. A moins que...
Catherine Pottier reçoit Marc Touati pour une interview mordante et sans tabou sur la crise de la Grèce et de la zone euro : "La bonne nouvelle, cette crise fait baisser l’euro"...
L’inénarrable Frédéric Lefebvre est un sarkoziste de la première heure, puisque sa rencontre avec le Président date de 1981 à l’occasion de la campagne présidentielle de Jacques Chirac...
Tout un symbole ! Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, qui n’a cessé de vanter les mérites de la zone euro et de sa soi-disant supériorité sur l’économie américaine, vient de réaliser un virage à 180° en déclarant que la fin de l’euro était devenue possible. Une telle perspective, qui paraissait inimaginable au plus grand nombre il y a encore quelques semaines, est donc bien en train de s’installer. La raison en est malheureusement simple : en laissant la zone euro s’enliser dans la récession dès 2008, puis en l’empêchant de redémarrer fortement fin 2009 et enfin en laissant la crise grecque dégénérer, les autorités eurolandaises ont atteint un point de non-retour. Et, de la même façon que l’annonce du plan de sauvetage de la Grèce il y a presque un mois n’avait pas été prise au sérieux, sa concrétisation il y a deux jours est loin d’avoir convaincu les marchés. Pis, ces derniers en ont déduit que non seulement la crise grecque était loin d’être finie, mais surtout qu’elle pourrait bientôt entraîner des dérapages similaires dans d’autres pays de la zone euro...
Lorsqu’il y a un an dans ces mêmes colonnes ou dans le livre « Krach, boom et demain ? », nous évoquions que la Grèce pourrait être incitée ou contrainte de sortir de la zone euro, nous étions loin d’imaginer qu’un tel cas de figure deviendrait envisageable en si peu de temps. Certes, nous n’en sommes pas encore là et nous espérons que nous réussirons à éviter une telle issue. Pourtant, il ne faut pas être dupe. Les tensions actuelles ne se cantonnent pas à la Grèce, ni même aux PIIGS (Portugal, Ireland, Italy, Greece, Spain), mais elles reflètent une crise beaucoup plus profonde et plus générale : celle de la zone euro. Evidemment, certains n’hésitent pas à avancer que cette crise est uniquement le fruit des attaques de méchants spéculateurs. Si cet argument du bouc-émissaire est évidemment facile, elle n’en est pas moins erronée. En effet, si un mouvement spéculatif sur la dette grecque existe, il n’est pas tombé du ciel du jour au lendemain. Bien au contraire, il est simplement la conséquence des erreurs de gouvernance économique et monétaire de la zone euro tant au cours des derniers trimestres que depuis une dizaine d’années. C’est pourquoi, il faut très vite reprendre les choses en main. Sinon, la crise grecque ne sera que la première d’une longue série qui finira forcément par faire exploser la zone euro...