Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
Toutes les vidéos
"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
Cliquez pour consulter la plaquette du cabinet ACDEFI
L'humeur de la semaine - 30 septembre 2016
A force de se focaliser sur les statistiques économiques et financières, qui ont évidemment une importance majeure, on en oublie parfois la dimension philosophique de l’être humain : et si finalement le but de l’humanité était tout simplement l’atteinte du bonheur. Autrement dit, abandonnons le dogme du PIB pour le remplacer par le BIB : le bonheur intérieur brut. Seulement voilà, comme dit la chanson : « il est où le bonheur ? » Est-ce se contenter de son lot quotidien ? Par exemple, une croissance molle, un chômage élevé… Est-ce au contraire se fixer des objectifs de plus en plus ambitieux, quitte à prendre des risques, mais finalement avoir la satisfaction d’avoir su se dépasser ? Il n’y a évidemment pas de réponse parfaite, car, comme le soulignait Einstein : tout est relatif. Ainsi, Il faut reconnaître que lorsque l’on voyage à travers le monde, et que l’on prend ainsi la mesure des difficultés sociales qui prévalent dans de nombreux pays, notamment émergents, sans parler de la misère qui peut parfois y sévir, on réalise combien nous sommes heureux en France. Son modèle est d’ailleurs bien connu : nous payons beaucoup d’impôts, mais, en échange nous bénéficions d’un « open bar » : l’école, la santé, les congés, le chômage, la retraite, la sécurité, « all inclusive » : tout est pris en charge ! Nous sommes donc « heureux ». Mais encore faut-il le rester et surtout à quel prix ? Car, soyons réalistes : depuis une vingtaine d’années, ce modèle est de plus en plus battu en brèche. Certes, nous payons toujours de plus en plus d’impôts et les dépenses publiques ont atteint des sommets historiques, mais le reste du modèle ne suit plus : les formations scolaires et universitaires battent de l’aile, l’ascenseur social a quasiment disparu, la santé est à multiples vitesses et de plus en plus chère, la retraite ne sera bientôt plus financée et la sécurité des citoyens est de moins en moins assurée. En d’autres termes, nous avons toujours les inconvénients du « modèle français » (impôts confiscatoires, marché de l’emploi ultra-rigide, réglementations excessives, charges qui pèsent sur le travail trop élevées…), mais plus beaucoup d’avantages. Dans ce cadre, le niveau du BIB français risque d’être encore plus mauvais que celui du PIB...
L'humeur de la semaine - 23 septembre 2016
Qu’est-il arrivé à notre planète ? L’économie mondiale est dominée par la Chine et l’Inde, presque sans foi ni loi. Les États-Unis se contentent de jouer les seconds rôles, dilapidant des trilliards de dollars au travers de relances budgétaires pharaoniques et de « planches à billets » pléthoriques pour récupérer à peine quelques dixièmes de point de croissance. Encore plus bas sur l’échelle de l’efficacité économique et sociale, l’Europe a déclaré forfait depuis une quinzaine d’années. Créée pour relancer la construction européenne et devenir la locomotive de l’économie mondiale, la zone euro a été incapable de remplir ses missions. Elle s’est condamnée à la croissance molle et au chômage élevé, tout en affaiblissant l’Union européenne, au bord de l’implosion depuis le Brexit. Là aussi, des milliards, voire des trilliards d’euros ont été (et sont encore) dépensés, avec pour seul résultat la montée des inégalités et des tensions sociales. Il y a pire : au sein de cette même Europe, il existe un pays qui refuse de regarder la réalité en face et de moderniser son économie. Depuis vingt ans, ses dirigeants préfèrent gagner du temps, augmenter les dépenses et la dette publique, tout en mentant à leurs concitoyens dans le but affiché d’être réélus. Depuis une dizaine d’années et a fortiori depuis cinq ans, cette stratégie du déni de réalité qui fait passer le marketing devant le bien-être économique a atteint son paroxysme. Dernièrement, prétendant lutter contre le chômage, le gouvernement de ce pays a ainsi décidé de créer 500 000 postes de formation, principalement afin de déplacer les chômeurs concernés de la catégorie A (celle dont parlent les médias) à la catégorie D. Le chômage pourra donc officiellement baisser, permettant au Président en place de tenir sa promesse de début de mandat et de pouvoir se représenter… Vous l’aurez certainement compris, ce pays formidable c’est notre « douce France ». Si nous continuons de tourner le dos à la réalité, alors la stabilité économique et sociale volera en éclat. Pour éviter le pire, il est donc urgent de réformer en profondeur l’Europe, la zone euro et la France pour en faire des machines à croissance et à emplois. C’est seulement à ce moment-là qu’elles pourront chasser les peurs et redevenir des terres d’immigration fertile. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d’autres des moulins. ». Comme je le défends dans mon nouveau livre « La fin d’un monde » (qui est déjà en tête des ventes des essais économiques un jour après sa sortie, j’en profite d’ailleurs pour vous remercier pour votre fidélité), employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d’un monde est avant tout le début de toutes les opportunités.
L'humeur de la semaine - 16 septembre 2016
Après la quasi-faillite de 2004, les différents soubresauts économiques et boursiers au cours des dix années qui ont suivi, puis la vente de ses activités « énergie » à General Electric en 2014, le fleuron technologique français Alstom revient sur le devant de la scène au sein d’un psychodrame économico-socialo-politique. A chaque fois, les ingrédients sont quasiment les mêmes. Des erreurs stratégiques, un carnet de commandes français trop faible et bien sûr l’intervention de l’Etat, qui, comme d’habitude, se perd en considération politicienne, met de l’huile sur le feu et finit par affaiblir sa crédibilité et la bonne marche de l’entreprise. On l’a peut-être déjà oublié mais lorsqu’en 2014, General Electric se porte acquéreur à très bon prix de la partie « énergie » d’Alstom, le gouvernement français et son ministre de l’économie de l’époque M. Montebourg sont contre. Fort heureusement, en dépit des acrobaties et des pressions gouvernementales, Alstom a choisi General Electric, ce qui lui a permis de récupérer 3 milliards d’euros de cash et de se concentrer sur sa filière « transport », la seule véritablement rentable. Seulement voilà, 80 % du chiffre d’affaires du nouvel « Alstom » est effectué à l’étranger. Or, dans le secteur ferroviaire, la production est généralement réalisée sur les sites d’exploitation. Dans ce cadre, si les commandes françaises adressées à Alstom se réduisent, l’activité de ses usines françaises en fait de même. C’est notamment le cas pour le site de Belfort, qui ne cesse d’ailleurs de faire l’objet de toutes les inquiétudes depuis plus de dix ans. Laisser croire que l’Etat français vient de découvrir le « pot aux roses » tient donc de la supercherie. Mais à l’image du patriotisme mal placé de Montebourg en 2014, les dirigeants actuels rééditent le même acte de mauvaise foi. « Hors de question que le site de Belfort ferme » a déclaré M. Valls. « Tout sera fait » pour maintenir le site de Belfort « pour de nombreuses années » a renchéri M. Hollande. A croire que des commandes publiques vont tomber du ciel pour permettre de produire des motrices et autres sur le site de Belfort. Mais avec quels moyens ? C'est dans ce type de situation que le dérapage incontrôlée de la dette publique prend toute son ampleur...
L'humeur de la semaine - 09 septembre 2016
L’année 2016 n’est pas encore terminée qu’il nous faut déjà penser à 2017. En effet, pour beaucoup de banques, d’entreprises et d’investisseurs au sens large, 2016 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2017. Certes, comme nous l’annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2016 n’a pas été catastrophique. Et pour cause : la Chine ne s’est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents (Brésil excepté) ont plutôt bien résisté, si bien que la croissance mondiale est restée appréciable. Pour autant, déjà amorcé en 2015, le ralentissement de la marche des affaires internationale s’est bien accentué en 2016. Ainsi, la croissance américaine oscille autour de 1,4 % (contre 2,6 % en 2015) et celle de la zone euro sera également incapable de dépasser durablement ce niveau. Au total, après avoir atteint 2,9 % l’an passé, la croissance mondiale devrait reculer à 2,4 % cette année. Elle restera donc bien loin de sa moyenne de long terme (à 3,5 %). En fait, après l’euphorie des années 2000-2007, le monde est entré dans une phase de croissance structurelle plus modérée. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : De 2000 à 2007, la progression annuelle moyenne du PIB planétaire a été de 4,5 % (soit un point de plus que son niveau moyen depuis 1980). Mais de 2008 à 2015, celle-ci n’a été que de 3,2 %. Le plus inquiétant est que 2016 devait être (du moins selon les prévisionnistes adeptes de la pensée unique) l’année de la forte reprise pour la zone euro et la France. Que nenni ! En effet, en dépit des moyens colossaux déployés par la BCE, la croissance 2016 sera d’au mieux 1,4 % dans l’UEM et de 1,1 % en France. Le pire est que la situation ne va pas malheureusement pas s’arranger pour 2017. Selon nos estimations, la croissance mondiale atteindra 2,3 %, contre 2,4 % cette année. Autrement dit, n’en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de croître grâce aux dopants des banques centrales, 2017 sera forcément bien plus difficile que 2016.
Economic World - 05 septembre 2016
L'humeur de la semaine - 02 septembre 2016
S’il portait en lui les potentialités d’un Armageddon économico-financier, force est de constater que le vote des Britanniques en faveur du Brexit n’a pas produit les effets dévastateurs escomptés. Il faut dire que, comme à l’accoutumée, la perfide Albion a été à la hauteur de sa réputation et a su transformer un mal pour un bien. En effet, grâce à la dépréciation de la livre sterling mais aussi à un fort degré de flexibilité et de réactivité, l’économie britannique a non seulement évité la récession, mais, est, en plus, en train de redémarrer de façon impressionnante. A côté de de cette résistance à toute épreuve, les marchés ont également pu bénéficier du maintien d’une politique monétaire extrêmement accommodante des deux côtés de l’Atlantique, avec en cadeau bonus permanent, des « planches à billets » de la BCE et de la BoE qui défient l’entendement. Seulement voilà, comme nous l’annonçons depuis trois ans, les marchés boursiers sont entrés dans une phase durable de montagnes russes. Autrement dit, les bonnes performances post-Brexit susciteront forcément un mouvement de correction baissière. Et ce d’autant que les risques à venir sont pléthore. A commencer, malheureusement, par les risques géopolitiques et terroristes. D’autres dangers pourraient également aggraver la situation de l’économie mondiale et des places financières internationales : instabilité politique au Brésil, élections présidentielles américaines du 8 novembre, suites du Brexit, référendum sur la constitution en Italie en novembre, probables nouvelles élections législatives en Espagne avant la fin 2016, mais aussi les élections présidentielles françaises de mai 2017... Que les tenants du « bear market » soient donc rassurés, les risques qui pèsent sur l’avenir économico-financier de l’Union européenne et de la planète dans son ensemble sont tellement élevés que des mouvements de forte correction baissière sur les marchés obligataires et boursiers sont inévitables. Nous sommes donc contraints de prolonger notre prévision, d’ailleurs réalisée en permanence depuis trois ans, de la poursuite d’un fort yo-yo boursier. Et ce au moins jusqu’à la fin 2017. Amusez-vous bien…
L'humeur de la semaine - 25 août 2016
La sphère médiatico-politique française est décidément impressionnante : alors que la France est touchée par une vague terroriste meurtrière sans précédent, que son secteur du tourisme s’effondre comme jamais et que son économie au sens large est sur le point de retomber en récession, les médias, les politiques et une (trop) grande partie de la société française n’ont qu’un mot à la bouche : burkini. A croire qu’il s’agira là de la clé des prochaines élections présidentielles. De quoi rappeler la veille blague qui apparaît malheureusement de plus en plus vraie : « Pourquoi les Français ont-ils choisi le coq comme emblème ? C’est le seul animal capable de chanter les pieds dans la m…. » En fait, l’engouement pour ce type de vêtement ne s’arrête pas aux plages hexagonales. Il est effectivement ancré jusqu’au plus profond des discours et du comportement des dirigeants politiques français depuis de nombreuses années. Et pour cause : ces derniers adorent se voiler la face et utiliser tous types de voiles pour masquer la réalité à leurs concitoyens. Les chiffres du chômage de juillet, publiés le 24 août, nous en ont encore donné un exemple : le nombre de chômeurs de catégorie A a baissé de 20 000 personnes en France, mais celui des chômeurs toutes catégories a progressé de 10 900 personnes. Au total, la réalité demeure malheureusement dramatique, puisque sur l’ensemble du territoire français, on recense 3,761 millions de chômeurs de catégorie A et 6,513 millions de chômeurs toutes catégories, un nouveau record historique ! Le pire est que ce drame humain qu’est le chômage de masse est loin d’être terminé. Car, si les arrangements statistiques vont perdurer jusqu’au début 2017, les indicateurs avancés de l’activité économique française montrent que cette dernière est de nouveau en train de plonger. Et cela, même un burkini ne pourrait le cacher. Alors, comme je le défends dans mon nouveau livre « La fin d’un monde » (qui sortira le 22 septembre aux éditions « Hugo & Cie »), arrêtons de nous voiler la face. Employons-nous à faire les bons choix et à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d’un monde est avant tout le début de toutes les opportunités. Bonne rentrée à toutes à tous !
L'humeur de la semaine - 19 août 2016
La nature de l’être humain est ainsi faite (en particulier en Europe) que tant qu’il ne se retrouve pas devant le fait accompli, il ne parvient pas à admettre la réalité des menaces environnantes. Ainsi, depuis quelques années, nous n’avons cessé d’alerter sur le danger d’une ponction des comptes bancaires. Mais peu de personnes y ont cru. Et ce, en dépit des recommandations en ce sens formulées par le FMI au lendemain de la crise de 2008-2009. Des recommandations qui ont d’ailleurs été mises en pratique lors de la crise chypriote de 2013. A l’époque, en dépit de la réglementation bancaire qui interdisait la taxation unilatérale des dépôts à vue, le gouvernement chypriote, sous le haut patronage de l’Union européenne et du FMI, a tout simplement spolié une grande partie des dépôts bancaires au-delà de 100 000 euros. Plus récemment, la directive européenne relative au « redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances » (BRRD) a enfoncé définitivement le clou. Celle-ci a d’ailleurs été transposée en France par ordonnance en toute discrétion il y a tout juste un an, le 21 août 2015, et est entrée en vigueur le 1er janvier 2016. Ainsi, depuis cette date, les comptes des clients dotés de plus de 100 000 euros de dépôts pourront être prélevés pour contribuer au sauvetage de leur banque. Enfin, parachevant cette démarche vers une spoliation organisée des comptes bancaires, la BCE a consacré un taux de dépôt négatif. Il était d’abord de - 0,1 % en juin 2014, - 0,2 % en septembre 2014, puis - 0,3 % en décembre 2015 et a ensuite été abaissé à - 0,4 % le 16 mars 2016. Cette semaine, prolongeant la route vers la spoliation des particuliers, la petite banque coopérative bavaroise, Raiffeisen Gmund, a décidé d’aller encore plus loin, en instaurant des taux d'intérêt négatifs sur les dépôts de plus de 100.000 euros de ses clients privés. La boîte de Pandore est donc définitivement grande ouverte. Il n’y a désormais plus aucune équivoque : lors de la prochaine crise financière, dans la mesure où les autorités monétaires et budgétaires du monde occidental, notamment en Europe et en particulier en France, n’ont plus de marge de manœuvre pour relancer la machine, la recommandation du FMI sera mise à exécution. En l’occurrence, taxer les dépôts bancaires et l’épargne sur livret au sens large, à hauteur de 10 % au-delà d’un certain seuil, par exemple 100 000 euros. Autrement dit, tous les ménages et les entreprises disposant de plus de 100 000 euros sur n’importe quel type de comptes bancaires se verront ponctionner 10 % de leur « surplus ». Et ce « overnight », c’est-à-dire du jour au lendemain et sans sommation...
L'humeur de la semaine - 11 août 2016
Ah ! Qu’il parait loin le temps où lorsque les Français partait à l’étranger, on les accueillait le sourire aux lèvres, en disant avec une pointe d’envie « Ah, la France quel pays formidable ! Vous en avez de la chance ! » Aujourd’hui, en fait depuis quelques trimestres, et a fortiori depuis le drame de Nice, les sourires ont été remplacés par des mines tristes et inquiètes : « Oh, you are French, we are so sad for you ! ». Et très vite, la compassion est remplacée par une forme d’inquiétude teintée de colère : « mais qu’attendez-vous pour réagir ? Que font les dirigeants du pays pour assurer votre sécurité ? » Que ce soit, en Asie, en Afrique, en Amérique latine ou aux Etats-Unis et bien sûr en Europe, telles sont les remarques régulières que les Français, et votre serviteur par la même occasion, peuvent essuyer en ce moment. Certes, comme je ne cesse de le répéter : de par ses paysages, son positionnement géographique, ses infrastructures routières, ses monuments, sa capitale et l’ensemble de ses villes et villages, la France est certainement l’un des plus beaux pays du monde ». Mais, malheureusement, ces atouts sont devenus des pièges. En effet, persuadés que grâce à ses avantages naturels et à son Histoire, la France ne pourra jamais tomber de son piédestal, de nombreux Français et quasiment tous leurs gouvernants ont refusé de voir la réalité en face et ont interdit la moindre réforme de fond. Que ce soit d’un point de vue économique, sociale, sociétale et sécuritaire. Résultat : la croissance structurelle est tombée de 2,5 % en 1980 à 0,8 % aujourd'hui. Encore plus grave, la France est touchée par une vague d'attentats sans précédents : 217 personnes assassinées et 740 blessées en seulement neuf mois… Le pire est que malgré ces horreurs (qui s’ajoutent à celles des attentats perpétrés de 2012 à 2015), aucune mesure de grande ampleur capable de stopper ce déchaînement de violences n’a été prise. Ce qui signifie que la France reste en danger et que son activité économique va encore reculer...
L'humeur de la semaine - 08 août 2016
Depuis le coup de Trafalgar du vote des Britanniques en faveur du Brexit, de (trop) nombreux analystes s’emploient à démontrer que ce choix douloureux sera très coûteux pour le Royaume-Uni, tandis qu’il devrait s’avérer bénéfique pour la zone euro. Comme nous l’avons déjà expliqué dans ces mêmes colonnes (cf. notamment nos « Humeurs » du 17 juin et du 1er juillet), ce raisonnement nous paraît amplement erroné. Certes, le Royaume-Uni va souffrir, notamment à cause de l’incertitude engendrée par le Brexit. Les dernières enquêtes Markit des directeurs d’achat dans l’industrie et les services montrent ainsi que l’activité a nettement reculé outre-Manche au cours du dernier mois. Cependant, compte tenu d’une croissance structurelle vigoureuse (environ 2,5 %), des effets bénéfiques de la dépréciation de la livre sterling et d’un « policy mix » (c’est-à-dire les politiques budgétaire et monétaire) efficace, l’économie britannique devrait finalement bien résister dans la tempête. Bien loin de cette résilience, l’économie de la zone euro continuera de pâtir de trois handicaps majeurs : une croissance structurelle moribonde (environ 0,8 %), un euro qui reste trop fort, notamment vis-à-vis de la livre sterling et, dans une moindre mesure, du dollar, sans oublier un policy mix faiblement efficace et un manque dramatique de cohésion politique.
En plus d’ébranler l’Union européenne et la construction européenne dans ses propres fondements, le Brexit pourrait donc bien rappeler que la zone euro en l’état est vouée à l’échec. C’est en cela que la décision de la Banque d’Angleterre d’abaisser son taux de base de 0,25 point à 0,25 % le 4 août dernier constitue un enjeu majeur pour le Royaume-Uni, mais aussi pour la zone euro. Car, au contraire de la BCE qui n'a pas réussi à sortir la zone euro de sa léthargie économique, la BoE pourrait bien permettre au Royaume-Uni d’éviter le funeste destin qui lui est régulièrement promis, retrouvant progressivement la voie de la croissance soutenue...
Economic World - 03 août 2016
L'humeur de la semaine - 01 août 2016
En ces temps dramatiquement troublés pour la société française, nous aurions préféré annoncer de bonnes nouvelles économiques, qui auraient éventuellement pu apaiser la situation de notre « douce France ». Malheureusement, s’il ne faut évidemment pas céder aux sirènes dévastatrices du pessimisme et du défaitisme, il demeure indispensable de rester réaliste et de dire la vérité. Ainsi, comme nous l’avions annoncé la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, le PIB français a connu une croissance zéro au cours du deuxième trimestre 2016. En fait, pour être exact, celui-ci a même baissé de 0,04 %. Après avoir exceptionnellement progressé de 0,7 % au premier trimestre 2016, le PIB national reprend donc son petit bonhomme de chemin, en l’occurrence celui de l’atonie.
Le plus inquiétant est que cette contre-performance a été réalisée en dépit de la tenue de l’Euro 2016 dans l’Hexagone, évènement qui a mécaniquement soutenu les dépenses touristiques et les dépenses de consommation dans leur ensemble.
Autrement dit, sans ce soutien artificiel et exceptionnel, le PIB français aurait nettement baissé. D’ailleurs, le détail des comptes nationaux montre combien l’économie hexagonale reste fragile. Pire, le PIB français devrait reculer d’environ 0,2 % au troisième trimestre 2016. Cela signifie donc qu’il reculera pendant deux trimestres consécutifs. En d’autres termes, comme nous l’annonçons depuis déjà quelques mois, la France est bien sur le point de retomber en récession...
L'humeur de la semaine - 14 juillet 2016
Triste hasard ou malheureuse coïncidence : que ce soit en matière de football ou de croissance, la France n’a plus rien gagné depuis 2000. De là à imaginer qu’une victoire à l’Euro 2016 aurait changé la donne de l’économie française, il y a néanmoins un fossé à ne pas traverser. Certes, en 1998-2000, tout paraissait formidable puisqu’en plus de ses exploits footballistiques, l’Hexagone retrouvait enfin le chemin de la croissance forte, après huit ans d’errance dans l’atonie économique. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : alors qu’il n’avait progressé en moyenne que de 1,4 % par an de 1991 à 1997, le PIB français a brusquement bondi de 3,6 % en 1998, puis de 3,3 % en 1999 et enfin de 4,0 % en 2000. A l’évidence, nous ne sommes pas près de retrouver de telles performances. C’est d’ailleurs ce qui a amené certains esprits étriqués à laisser croire que si la France a connu une vigueur économique si impressionnante, c’est grâce à sa victoire au Mondial 1998, puis à celle de l’Euro 2000. Dans ce cadre, certains, notamment du côté de Matignon et de l’Elysée (mais pas seulement), se sont mis à rêver à un nouveau triomphe français à l’Euro 2016, qui aurait pu faire oublier tous les échecs économiques et politiques récents, puis relancer la confiance, donc la croissance et, enfin, faire baisser fortement et durablement le chômage. Malheureusement, les Bleus ont perdu en finale, mais, n’ayons aucun regret, car si cette corrélation foot-économie peut apparaître plaisante, elle est pourtant complètement erronée. Certes, l’Euro 2016 de foot est bien tombé à pic pour occuper les esprits et monopoliser la scène médiatique pendant quelques semaines. Les buts, les cartons jaunes, les « ola » et autres coups francs ont donc pu remplacer les vicissitudes de la « Loi Travail », les blocages sociaux, ou encore la piètre crédibilité des dirigeants français en matière de restauration de la croissance et d’assainissement des comptes publics. Seulement voilà, la fête est déjà finie : et si l’arrivée des Bleus en finale reste une belle réussite, elle n’a évidemment pas effacé les réalités économiques hexagonales qui ont d’ailleurs déjà repris le dessus : croissance molle, chômage toujours élevé, déficits publics plus lourds qu’annoncé par le gouvernement, tensions sociales exacerbées,… Bref, bravo et merci les Bleus et dommage que les dirigeants politiques français restent toujours loin de vos performances…
Economic World - 11 juillet 2016
Après les craintes de la fin 2015-début 2016 sur l’état de la croissance mondiale et avant les effets négatifs du Brexit sur la stabilité économico-financière internationale, les statistiques économiques de juin ont permis de souffler un peu. Et ce, tout d’abord sur le front de l’économie chinoise. En effet, en dépit de la baisse de l’indice Caixin PMI des directeurs d’achat dans l’industrie chinoise en juin (à 48,6), l’indice correspond dans les services a surpris par sa vigueur. En juin, ce dernier a effectivement augmenté de 1,5 point, à un niveau très appréciable de 52,7, qui constitue d’ailleurs un plus haut depuis juillet 2015. Encore plus étonnant, les indicateurs avancés de l'économie américaine ont également nettement augmenté en juin. Malheureusement, bien loin de ces améliorations, les indicateurs avancés de la zone euro, et en particulier de la France, ont ralenti significativement. Si la baisse (certes légèrement amoindrie par rapport à leur première estimation) des indices Markit dans l’industrie et les services de juin étaient déjà connue, l’effondrement de l’indice Sentix de confiance des investisseurs pour juillet apparaît assez inquiétant. D’autant qu’une grande partie de l’enquête a été réalisée avant le Brexit. Et, comme d’habitude, au sein de cette mollesse économique, la France se distingue par son « excellence ». Et pour cause : que ce soit dans les services, dans l’industrie et dans l’ensemble des secteurs d’activité, l’économie française est la seule de la zone euro à apparaître en recul de l’activité selon les enquêtes Markit des directeurs d’achat.
L'humeur de la semaine - 08 juillet 2016
C’est bien connu : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Ainsi, depuis le triste vote des Britanniques en faveur du Brexit, de plus en plus de voix s’élèvent pour soutenir que cette mauvaise nouvelle pour le Royaume-Uni et pour l’Europe sera finalement une véritable aubaine pour certains pays européens et en particulier pour la France. Selon eux, l’exit du Royaume-Uni permettrait d’attirer de nombreux investisseurs, entreprises et particuliers actuellement installés outre-Manche sur les terres françaises. Parachevant ce miroir aux alouettes, les dirigeants politiques français, qui avaient pourtant érigé la finance comme leur grand ennemi, souhaitent désormais tout faire pour inciter cette dernière à délocaliser la City à la Cité… Nous nageons donc en pleine schizophrénie. Mais peu importe, puisque ces délocalisations en tous genres devraient relancer massivement la croissance française et permettre ainsi à la France de repasser devant le Royaume-Uni en tant que cinquième puissance économique mondiale. En un mot : magnifique ! Evidemment, nous aimerions adhérer à cette prévision. Pour autant, il nous faut avant tout rester réaliste. Or, en dépit des petits cadeaux fiscaux promis aux futurs investisseurs, entreprises et particuliers étrangers qui viendraient s’installer dans notre douce France, il ne faut pas oublier que l’économie hexagonale reste l’une des plus rigides du monde, avec l’une des fiscalités les plus prohibitives, des coûts du travail parmi les plus élevés, sans oublier une croissance parmi les plus faibles du globe. Les dernières enquêtes de conjoncture l’ont encore dernièrement montré : la France est le seul pays de la zone euro dans lequel les indicateurs des directeurs d’achat indiquent une baisse de l’activité, et ce, tant dans l’industrie que dans les services. Aussi, plutôt que de laisser croire que la croissance française va sortir grandie du Brexit, il serait plus opportun de rappeler que si le Royaume-Uni pourra sortir sans trop de dégâts de l’Union européenne, il n’en sera absolument pas de même pour la France. Explications...
L'humeur de la semaine - 30 juin 2016
C’est bien connu, l’humour anglais est très particulier et pas toujours très drôle. Il a néanmoins engendré quelques comédies cinématographiques sympathiques telles que celles des Monty Pithon, Good Morning England, Johnny English, ou encore trois mariages et un enterrement. Les ingrédients sont généralement les mêmes : scénario improbable, humour décalé, héros schizophréniques et suicidaires, le tout dans un environnement plutôt glauque. Avec le Brexit, les Britanniques ont donc décidé de nous faire le même coup, mais cette fois-ci dans la vie réelle et avec des conséquences qui risquent d’être bien plus dramatiques qu’au cinéma. Le Brexit consacre effectivement quatre divorces et un enterrement. Le premier coule de source ou plutôt des urnes, puisqu’il s’agit du divorce entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Deuxième divorce, celui qui s’observe au sein même du Royaume-Uni. Car si l’Angleterre et le Pays de Galles ont massivement voté pour le « Leave », l’Ecosse et l’Irlande du Nord se sont largement exprimées pour le Remain. Troisième divorce, celui qui s’observe entre les « jeunes » et leurs ainés. Quatrième divorce, qui s’observe lui aussi dans la plupart des pays européens, celui entre les « élites » et le « peuple ». Dès lors, en l’absence d’un vrai projet européen pour la croissance et l’emploi, les populations sont évidemment tentées de revenir en arrière, de se replier sur elles-mêmes et de dire « non » à l’Europe. D’où le triste épilogue très probable de cette comédie dramatique à l’anglaise, en l’occurrence l’enterrement de l’Union européenne. Espérons donc que, pour une fois, les dirigeants européens seront à la hauteur de la situation, sinon la comédie à l’anglaise sera certainement remplacée par un drame à la française du type « La haine »…
Les analyses hebdomadaires
A force de se focaliser sur les statistiques économiques et financières, qui ont évidemment une importance majeure, on en oublie parfois la dimension philosophique de l’être humain : et si finalement le but de l’humanité était tout simplement l’atteinte du bonheur. Autrement dit, abandonnons le dogme du PIB pour le remplacer par le BIB : le bonheur intérieur brut. Seulement voilà, comme dit la chanson : « il est où le bonheur ? » Est-ce se contenter de son lot quotidien ? Par exemple, une croissance molle, un chômage élevé… Est-ce au contraire se fixer des objectifs de plus en plus ambitieux, quitte à prendre des risques, mais finalement avoir la satisfaction d’avoir su se dépasser ? Il n’y a évidemment pas de réponse parfaite, car, comme le soulignait Einstein : tout est relatif. Ainsi, Il faut reconnaître que lorsque l’on voyage à travers le monde, et que l’on prend ainsi la mesure des difficultés sociales qui prévalent dans de nombreux pays, notamment émergents, sans parler de la misère qui peut parfois y sévir, on réalise combien nous sommes heureux en France. Son modèle est d’ailleurs bien connu : nous payons beaucoup d’impôts, mais, en échange nous bénéficions d’un « open bar » : l’école, la santé, les congés, le chômage, la retraite, la sécurité, « all inclusive » : tout est pris en charge ! Nous sommes donc « heureux ». Mais encore faut-il le rester et surtout à quel prix ? Car, soyons réalistes : depuis une vingtaine d’années, ce modèle est de plus en plus battu en brèche. Certes, nous payons toujours de plus en plus d’impôts et les dépenses publiques ont atteint des sommets historiques, mais le reste du modèle ne suit plus : les formations scolaires et universitaires battent de l’aile, l’ascenseur social a quasiment disparu, la santé est à multiples vitesses et de plus en plus chère, la retraite ne sera bientôt plus financée et la sécurité des citoyens est de moins en moins assurée. En d’autres termes, nous avons toujours les inconvénients du « modèle français » (impôts confiscatoires, marché de l’emploi ultra-rigide, réglementations excessives, charges qui pèsent sur le travail trop élevées…), mais plus beaucoup d’avantages. Dans ce cadre, le niveau du BIB français risque d’être encore plus mauvais que celui du PIB...
A suivre du 26 au 30 septembre :
- Lundi 26, 10h (heure de Paris) : nouveau recul de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne.
- Lundi 26, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Mardi 27, 14h45 : les indices Markit « services » et « composite » reculent légèrement outre-Atlantique.
- Mardi 27, 16h : l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains perd quasiment deux points.
- Mercredi 28, 8h : baisse modérée de l’indice GfK de confiance des ménages allemands.
- Mercredi 28 8h45 : l’indice INSEE de confiance des ménages recule d’un point dans l’Hexagone.
- Mercredi 28, 14h30 : rechute logique des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Jeudi 29, 9h55 : le taux de chômage se stabilise à 6,1 % en Allemagne.
- Jeudi 29, 11h : nouvelle baisse de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 29, 14h : l’inflation allemande augmente à 0,6 %.
- Jeudi 29, 14h30 : la faiblesse de la croissance américaine au deuxième trimestre est entérinée.
- Vendredi 30, 1h30 : stabilisation du taux de chômage japonais à 3,0 %.
- Vendredi 30, 3h45 : légère baisse de l’indice Caixin des directeurs d’achat dans l’industrie chinoise.
- Vendredi 30, 8h45 : malgré une légère hausse, la consommation des ménages en France reste faible.
- Vendredi 30, 8h45 : l’inflation à 0,3 % en France.
- Vendredi 30, 8h45 : la dette publique atteint 98 % du PIB au deuxième trimestre.
- Vendredi 30, 10h30 : nouvelle confirmation de la résistance de la croissance britannique au deuxième trimestre 2016.
- Vendredi 30, 11h : l’inflation eurolandaise vers 0,3 %.
- Vendredi 30, 11h : le taux de chômage augmente à 10,2 % dans la zone euro.
- Vendredi 30, 14h30 : progression modérée des revenus et de la consommation des ménages aux Etats-Unis.
- Vendredi 30, 16h : aggravation de la baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs américain.