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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 15 septembre 2017
Oui, pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : la croissance dans la zone euro et en France n’a jamais été aussi forte depuis 2011 et les créations d’emploi commencent à se multiplier. A tel point que de nombreux instituts de conjoncture annoncent de belles performances économiques pour les trimestres, voire les années, à venir. Magnifique ! Seulement voilà, comme l’expérience nous l’a souvent montré et comme nous n’avons d’ailleurs cessé de l’écrire depuis des années, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c’est lorsque tout le monde pense la même chose qu’il faut commencer à s’inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu’en 2007 et jusqu’au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l’économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009. C’est d’ailleurs en partie à cause de ce dynamisme annoncé que la BCE a augmenté ses taux directeurs fin 2007 et jusqu’en juillet 2008. Mieux, dans la plupart de ses rapports de 2006 à 2008, la Commission européenne et le FMI ne cessaient d’encenser la réussite économique de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce ! A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire. N’ayons pas peur d’aller jusqu’au bout du raisonnement : les prévisions relativement favorables de ces institutions ou encore les affirmations des dirigeants politiques et monétaires européens selon lesquelles il n’y aurait absolument pas de bulle obligataire ni boursière constituent d’excellents indicateurs avancés de ce qui va se produire, mais en sens inverse. Dès lors, si, comme le craignons, la réalité s’avère loin de ces prévisions idylliques, les marchés financiers pourraient sur-réagir et connaître de multiples tempêtes, préfigurant un krach éminemment dangereux. Au-delà de dégonfler les bulles obligataires et boursières qui se sont formées ces dernières années, ce krach clôturerait la fin d’un monde déjà engagée depuis la crise de 2008-2009. Ce nouveau krach pourrait ainsi constituer le « big one » tant redouté sur les marchés. Car si un krach se produit cette année ou en 2018, la croissance mondiale s’effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D’où une question simple : que se passera-t-il le jour d’après ?
L'humeur de la semaine - 08 septembre 2017
Comme nous l’annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, la Fed et la BCE n’ont eu d’autres choix que de maintenir le statu quo, actant par là même de la faible efficacité de leur politique monétaire ultra-accommodante. Tout comme leurs homologues à travers le monde développé, elles se retrouvent ainsi bloquées dans le tonneau des Danaïdes. Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos. Après avoir épousé leurs cousins, elles les tuent le soir des noces et sont ensuite condamnées aux enfers où elles devront remplir éternellement des jarres percées. De la même façon, après avoir tué la croissance forte dans les années 2000 (en particulier dans la zone euro), les banques centrales de la planète n’ont cessé de déverser pléthore de liquidités, mais pour de bien piètres résultats. Plus précisément, les banques centrales ont tout essayé pour sortir le monde de la crise et notamment de la déflation et de la croissance molle. En vain. Mais aussi au prix d’une « planche à billets » extrêmement coûteuse et dont on ne mesure pas encore les conséquences négatives de long terme. Si, pour le moment, il reste presque impossible de jauger les impacts des excès de liquidités, il viendra un jour où ces derniers produiront des effets particulièrement négatifs. Et ce, notamment en termes d’inflation, de krachs obligataires et boursiers et finalement de destruction de richesses. Autrement dit, les banques centrales occidentales ne font que gagner du temps et colmater les brèches en espérant que les effets négatifs de leur politique ne se produiront jamais et que la croissance forte reviendra comme par miracle… Cela commence donc à devenir vraiment inquiétant, car en plus du manque de vision et souvent de l’incompétence des dirigeants politiques des grands pays occidentaux depuis une quinzaine d’années, il faut aussi composer avec le désarroi et l’impuissance des banquiers centraux. Seule consolation, ces derniers ne sont plus des faucons (arcboutés maladivement sur les risques inflationnistes), mais des colombes (qui feront tout pour sauver la croissance). En ces temps troublés, tout réconfort est bon à prendre….
Economic World - 04 septembre 2017
Plus les semaines passent (et malgré quelques ajustements correctifs justifiés mais passagers), plus les marchés financiers sont affectés par trois grands mouvements de bulle, qui deviennent par là même particulièrement dangereux. En l’occurrence, la flambée de l’euro/dollar, l’euphorie des marchés actions et la faiblesse des taux d’intérêt des obligations de la plupart des Etat eurolandais. En effet, comme nous l’avons régulièrement souligné dans ces mêmes colonnes, le niveau d’équilibre de l’euro/dollar (dit Natrex, c’est-à-dire taux de change naturel en fonction des fondamentaux économiques : croissance, inflation, solde de la balance courante et épargne) est d’environ 1,15 dollar. Dès lors, avec des niveaux proches de 1,20, la devise européenne commence à devenir excessivement chère. De même, comment peut-on accepter d’acheter des obligations du Trésor français à 10 ans avec un taux d’intérêt annuel de 0,6 %, alors que les objectifs de réduction des déficits publics ne seront pas atteints et que la dette publique française va bientôt atteindre 100 % du PIB ?! A l’évidence, le réveil sera brutal. Cet aveuglement collectif est aussi présent sur les marchés boursiers européens et américains qui, malgré un léger mouvement correctif ces dernières semaines, continuent de défier l’entendement. Et pour cause : à côté de l’appréciation excessive de l’euro, tous les risques environnants sont ignorés : qu’ils soient géopolitiques (Corée du Nord, Moyen-Orient, Afrique), terroristes ou économiques (ralentissement de la croissance et augmentation des déficits publics). Le jour où les investisseurs mondiaux vont se réveiller, la douche risque d’être particulièrement froide.
L'humeur de la semaine - 01 septembre 2017
Dérapages inquiétants de la Corée du Nord, menaces permanentes d’attentats en Europe, flambée excessive de l’euro/dollar, effondrement de la confiance dans le nouveau Président français qui laisse entrevoir des conflits sociaux dangereux et difficiles à gérer… A l’évidence, les risques ne manquent pas pour accompagner la rentrée de septembre. Certes, la France semble enfin prêtre à réformer son marché du travail. Pour autant, les ordonnances annoncées restent encore insuffisantes. De plus, la politique économique française des prochains mois sera axée sur une nette augmentation des impôts qui fera forcément mal à la croissance. Parallèlement, outre-Atlantique Donald Trump n'a toujours pas permis aux Etats-Unis de retrouver le chemin de la croissance forte et durable, et continue de susciter une inquiétante grandissante sur la scène internationale. Il faut donc reconnaître que l'heure du réalisme, du pragmatisme et du dynamisme économique n’a toujours pas sonné. En ajoutant à ces piètres comportements, le ralentissement de nombreux pays émergents, notamment l’Inde, la décélération (certes contrôlée) de l'économie chinoise, les prochaines élections allemandes, le renchérissement destructeur de l’euro/dollar, sans oublier les risques géopolitiques et sociétaux à travers le monde, il faut se rendre à l'évidence : le krach boursier, que nous annonçons depuis plusieurs mois pour la rentrée de septembre-octobre, est devenu inévitable, voire souhaitable, de manière à remettre les pendules à l'heure. Reste à souhaiter que celui-ci ne durera pas trop longtemps et permettra aux dirigeants économiques et politiques de la planète de prendre les bonnes décisions. Le cas échéant, une remontée boursière pourra se produire dès le début de l'année prochaine. Sinon, 2018 pour bien marquer la forte chute de la croissance mondiale, avec toutes les conséquences que cela engendrera sur l'emploi et la stabilité sociale. Nous sommes prévenus…
Economic World - 28 août 2017
L'humeur de la semaine - 25 août 2017
Même si nous nous attendions à une nouvelle hausse du chômage en France en juillet, les dernières statistiques de « Pôle Emploi » ont malheureusement dépassé toutes les inquiétudes. Sur un mois, le nombre de demandeurs d’emploi a ainsi augmenté de 34 900 personnes pour la catégorie A en Métropole, soit 3,518 millions de sans-emploi. Quant au chômage toutes catégories pour la France entière, il a progressé de 47 200 personnes, après avoir déjà augmenté de 51 100 personnes au cours des trois mois précédents. Il a ainsi atteint un nouveau record historique de 6 665 300 personnes. Face à l’étendue d’un tel drame social et tout simplement humain, une question se pose : quand allons-nous enfin réagir ? Ces évolutions catastrophiques rappellent effectivement que les lois Macron I et II, que nous avions qualifiées d’ailleurs de doliprane, l’extension de la prime d’activité aux moins de 25 ans, les différents emplois aidés ou encore la loi El-Khomri ont été incapables de lutter efficacité contre le chômage, mais aussi la précarité de la jeunesse française. Et pour cause : plutôt que de créer les conditions nécessaires à une croissance durablement plus forte et à de vraies créations d'emplois, les gouvernements du Président Hollande ont préféré mettre en place différents placebos, évidemment inefficaces. Est-ce là l'héritage que notre génération veut laisser ? Surtout pas. Alors, s'il vous plaît, MM. Macron et Philippe, n’empruntez pas la voie de vos prédécesseurs, en vous contentant de colmater les brèches, d’augmenter les vrais « faux emplois » aidés et de faire du marketing. Vous avez l’air, du moins au regard de vos déclarations, d’être conscients de la gravité de la situation, alors ayez enfin le courage d'engager la France sur le chemin des réformes structurelles et de la modernité économique. Merci pour nos enfants et toutes les générations à venir.
L'humeur de la semaine - 17 août 2017
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.
L'humeur de la semaine - 11 août 2017
S’il y a un point sur lequel les Etats-Unis et la France se rejoignent, c’est bien celui-là ! En effet, bien avant la poignée de main chaleureuse entre MM. Trump et Macron, les deux pays se sont économiquement réunis il y a déjà plus de trente ans par le cumul structurel de ce que l’on appelle les « twin deficits », c’est-à-dire les déficits jumeaux : balance commerciale et budgétaire. Il s'agit d'ailleurs presque d'un mode de vie, qui finira forcément par coûter très cher. Ainsi, le dernier excédent des comptes publics hexagonaux remonte à 1974. Depuis, avec ou sans croissance, la France a été incapable d'assainir ses finances publiques. Parallèlement, la balance commerciale française est restée déplorable. En juin 2017, le déficit cumulé sur douze mois a même atteint 60,6 milliards d’euros, un plus haut depuis octobre 2014. Le plus incroyable réside dans le fait que l'annonce régulière de ces « twin deficits » passe presque inaperçue, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Jusqu'à quand ? Car ne rêvons pas : affectés par des « twin deficits » qu'ils auront de plus en plus de mal à combler, les Etats-Unis perdront leur place de première puissance économique mondiale d'ici une dizaine d'années au profit de la Chine. Quant à la zone euro, elle aura depuis bien longtemps explosé, laissant ses anciens pays membres dans le chaos, et notamment la France qui, à force d'avoir accumulé les « twin deficits » sans réagir, sera devenu un Disneyland géant, dont les Chinois et les Qatari raffoleront. Faut-il vraiment en arriver là pour enfin comprendre la gravité de la situation et notamment admettre que nos déficits jumeaux sont devenus intenables et extrêmement dangereux ? Espérons donc que nous allons enfin nous réveiller, sinon tant la France que les Etats-Unis s'écrouleront avec leurs « twin deficits »…
Economic World - 07 août 2017
L'humeur de la semaine - 03 août 2017
Qui aurait l’idée saugrenue de confier des bonnes bouteilles de vin à un ivrogne invétéré ? Certainement pas grand monde. C’est pourtant ce que ne cessent de faire de (trop) nombreux investisseurs internationaux lorsqu’ils prêtent leurs deniers à certains Etats de la zone euro dont la dette publique ne cesse d’augmenter. Et ce à des taux d’intérêt excessivement bas. Une nouvelle étape dans cet aveuglement collectif a été franchie le 25 juillet 2017, qui a marqué le grand retour de la Grèce sur le marché obligataire. En effet, après plus de trois ans d’absence et alors qu’il continue de bénéficier des prêts « bonifiés » du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), l’Etat grec a réussi à lever 3 milliards d’euros à cinq ans, avec un taux de rendement de 4,625 %. Dans le même temps, le taux d’intérêt théorique à dix ans de la dette grecque est tombé à 5,45 %, un plus bas depuis décembre 2009. Doit-on rappeler qu’en mars 2012, ce taux d’intérêt à dix ans avoisinait les 40 % et que celui à deux ans montait à 377 % le 7 mars 2012 ? Si le retour de la Grèce sur les marchés internationaux est évidemment une bonne nouvelle pour le peuple grec, il pose néanmoins une question : que s’est-il passé entre la période 2012-2015 et aujourd’hui pour justifier un tel engouement des investisseurs et surtout une telle baisse des taux d’intérêt ? La dette publique a-t-elle fortement baissé ? La croissance forte est-elle revenue ? Des mesures crédibles de récupération de l’impôt ont-elles été prises ? Non, non et non ! Ce raisonnement n’est d’ailleurs pas l’apanage du cas grec, il peut également s’appliquer à de nombreux pays de la zone euro, qui n’ont toujours pas retrouvé le chemin de la croissance forte et dont la dette publique continue d’augmenter. A commencer par l’Italie, mais aussi la France. Aussi fou que cela puisse paraître il faut noter qu’en dépit d’une récente augmentation, le taux d’intérêt à dix ans des obligations de l’Etat français est de seulement 0,75 %. Les taux d’intérêt de sa dette sont même négatifs jusqu’aux échéances de 5 ans. Vous ne rêvez pas : pour pouvoir prêter à l’Etat français à cinq ans, il faut payer… En d’autres termes, les détenteurs de ces obligations sont sûrs de perdre, mais ils en redemandent et avec le sourire. Il faut donc retrouver un minimum de bon sens : le retour en grâce de la Grèce sur les marchés obligataires, le maintien de taux d’intérêt à dix ans inférieurs à 1 % sur la dette française et négatifs jusqu’aux échéances à cinq ans confirment que la bulle obligataire est toujours présente dans la zone euro et en France. Une dernière question doit donc se poser : jusqu’à quand cet aveuglement collectif va-t-il durer ? Réponse ci-après...
L'humeur de la semaine - 28 juillet 2017
Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République française, un consensus s’était imposé : Oui, après trente ans d’immobilisme, la France allait enfin entrer dans l’ère du changement, voire de la révolution, retrouvant rapidement le chemin de la croissance forte et du plein-emploi. Confirmant cet engouement quasi-généralisé, les indices de cote de popularité du nouveau Président, mais aussi ceux relatifs au climat des affaires et à la confiance des ménages ont très vite flambé, atteignant parfois des sommets quasiment historiques. Seulement voilà, comme nous l’expliquions en cachette à l’époque et comme nous n’avons cessé de le répéter sous les Présidences Chirac, Sarkozy et Hollande, le marketing ne fait pas tout. En effet, si la méthode Coué peut fonctionner à court terme, elle est très vite rattrapée par la réalité. Ainsi, en dépit de n’avoir cessé de répéter que « la crise était finie », que « la reprise était là » et que tout devait « aller mieux », les trois derniers Présidents n’ont pas réussi à sortir la croissance française de sa mollesse endémique et encore moins à inverser effectivement la courbe du chômage. Et pour cause : pour y parvenir, il aurait fallu engager de véritables réformes structurelles et non pas se contenter de réformettes agrémentées de marketing. Dans le cas Macron, la situation pourrait malheureusement s’avérer encore plus périlleuse. D'ailleurs, à peine trois mois après avoir été élu, le nouveau Président a vu sa cote de popularité s’effondrer de dix points en un seul mois. A ce stade du mandat, il se retrouve moins populaire que Nicolas Sarkozy et François Hollande. Parallèlement, l’indice INSEE de confiance des ménages, qui avait nettement progressé lors des deux mois suivant l’élection présidentielle a perdu 4 points sur le seul mois de juillet, une de ses plus fortes baisses mensuelles. Espérons donc que M. Macron fera les bons choix et saura mettre à profit le tube d’une autre de ses « guest stars » de la semaine, en l’occurrence Bono, le chanteur de U2 : « With or without you », la France devra se réformer en profondeur. Mieux vaut simplement qu’elle le fasse dans la douceur plutôt que dans la douleur. Alors « Manu », comme Rihanna vous l’a peut-être dit « Don’t Stop the Music », merci de ne pas jouer à la « Russian Roulette » et faites tout pour transformer l’économie française en « Diamonds »…
Economic World - 24 juillet 2017
Une fois encore, la Chine a déjoué tous les pronostics, y compris ceux du gouvernement qui avait annoncé une nette décélération de la croissance chinoise pour le printemps 2017. Et bien non ! Finalement, l’économie chinoise n’a même pas ralenti au cours du deuxième trimestre 2017. Son PIB a, au contraire, augmenté de 1,7 % (après une progression de 1,3 % au trimestre précédent), permettant à son glissement annuel de se stabiliser à 6,9 %, après avoir déjà augmenté de 0,1 point au cours du trimestre précédent. Et si la fiabilité de ces statistiques laisse évidemment à désirer, il faut reconnaître que la résistance de l’économie chinoise constitue une bonne nouvelle dans un environnement international fragile. La Chine demeure ainsi la locomotive du monde émergent, mais aussi de l’économie planétaire. La contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait encore s’établir autour de 1,2 point cette année sur un total de 3,3 %. A titre de comparaison, la contribution de l’Inde devrait avoisiner 0,5 point, celle des Etats-Unis 0,3 point et celle de la zone euro 0,2 point. Pour soutenir leur croissance économique, les Chinois ne lésineront d’ailleurs pas sur les moyens, puisqu’ils continueront de puiser dans leurs réserves de changes colossales, qui ont dernièrement repris le chemin de la hausse (repassant au-dessus de la barre des 3 000 milliards de dollars en juin, à précisément 3 056 milliards de dollars). Ils pourront aussi compter sur la faiblesse du yuan, qui, en dépit d’une légère remontée depuis trois mois, reste suffisamment bas pour soutenir le commerce extérieur chinois et l’ensemble de la croissance de l’Empire du milieu, qui devrait bien avoisiner les 7 % cette année, comme nous l’annonçons depuis un an. Une fois encore, pour soutenir l’économie mondiale, il n’y aura donc pas mieux que le moteur chinois…
L'humeur de la semaine - 21 juillet 2017
Depuis de nombreuses années, dans notre humble objectif d’améliorer la situation de l’économie française, nous n’avons cessé de proposer des mesures économiques, que nous présentions comme n’étant ni de droite, ni de gauche, mais simplement de bon sens. Grande a évidemment été notre satisfaction lorsqu’un candidat aux élections présidentielles françaises, devenu depuis Président de la République, a repris cette thématique. Et ce même si nous sommes toujours restés très circonspects sur la véracité de ce discours. D’ailleurs, depuis son accession au pouvoir, force est de constater que la mise en pratique de ce « ni-ni » s’avère particulièrement difficile. Et c’est précisément là que se trouve l’erreur de ce raisonnement. En effet, en voulant satisfaire tout le monde, à droite comme à gauche, on ne fait finalement rien de très significatif et on se retrouve dans le consensus mou. C’est ainsi que, depuis Lionel Jospin en 1998-2001 jusqu’à François Hollande, en passant par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la France s’est engouffrée dans un « ni-ni » destructeur, c’est-à-dire dans un immobilisme maladif qui a eu pour principale conséquence de coincer l’économie française dans la croissance molle et le chômage élevé. Et, malheureusement, alors qu’il avait suscité un fort espoir de renouvellement, voire de révolution, chez certains, Emmanuel Macron est très vite rentré dans le moule du « ni-ni » et surtout du surplace. Le problème est qu’à force de ne vouloir froisser personne on finit par déplaire à tout le monde. Dans ce cadre, plutôt que de rester immobilisé dans le « ni-ni », il nous paraît beaucoup plus opportun de se lancer dans le « et-et », c’est-à-dire de prendre des mesures de droite et de gauche, c’est précisément le but de la « thérapie de choc bienveillante » que nous mettons en avant depuis quelques années. Nous avons simplement eu tort de la présenter sous l’angle du « ni-ni », qui revient finalement à ne rien faire. Elle doit, au contraire, être appréhendée dans la version plus courageuse du « et-et ». Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que très vite, les dirigeants politiques français, mais aussi les citoyens, comprennent qu'il est désormais possible, voire indispensable, d'être à la fois de droite et de gauche, donc libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l'offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d'or : l'efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques...
L'humeur de la semaine - 07 juillet 2017
L’être humain est ainsi fait que, face à l’incertitude, il cherche des repères pour essayer de voir un peu plus clair. Et ce, a fortiori lorsqu’il est économiste, dont, ne l’oublions pas, l’un des métiers est tout de même de faire des prévisions. Ainsi, c’est notamment dans ce but qu’en avril 2015, nous vous avions interpelé en identifiant un nouveau cycle de crise économique et financière de sept ans : premier choc pétrolier en 1973 qui allait marquer la fin des « Trente glorieuses », second choc pétrolier et récession mondiale en 1980, krach d’octobre 1987, krach obligataire de 1994, krach internet et attentats du 11 septembre en 2001, puis, en 2008, faillite de Lehman Brothers et crise mondiale digne de celle de 1929. Dans la continuité de ce nouveau cycle, nous vous alertions alors sur la forte probabilité d’une nette correction boursière en 2015, qui se produisit d’ailleurs avec une nouvelle crise grecque et surtout celle de la Chine. Pour autant, grâce au soutien des Etats eurolandais et de la BCE, la Grèce a pu, une nouvelle fois, panser (temporairement) ses plaies. De même, grâce à une relance de 1 000 milliards de dollars, puisés notamment sur ses réserves de changes, la Chine a pu éviter le fort ralentissement et même stabiliser sa croissance entre 6,7 % et 7 %. Dans la mesure où ces deux soutiens massifs de la Chine et de la BCE continuent d’agir, mais aussi de par la résorption apparente du risque populiste en Europe et notamment en France, qui semble même bénéficier d’une sorte d’état de grâce depuis l’élection d’Emmanuel Macron, il serait donc tentant d’imaginer que la France, l’Europe, le monde et les marchés financiers seraient désormais hors de danger. Encore mieux, selon certains, ils seraient sur le point d’entrer dans une ère d’euphorie durable. Seulement voilà, même si nous ne sommes pas des adeptes de la numérologie, un autre cycle, cette fois-ci de 10 ans, se rappelle à nous. Celui-ci a commencé avec le krach d’octobre 1987, s’est poursuivi avec la crise des pays émergents de 1997, puis celle des subprimes de 2007. Que va-t-il donc bien pouvoir se passer en 2017 ? Voici notre réponse...
Economic World - 03 juillet 2017
A force de l’avoir attendue en vain, on a fini par ne plus y croire, voire ne même plus y penser. Pourtant, en une dizaine jours, plusieurs publications statistiques sont venues bouleverser la donne : et si la reprise tant espérée en France et dans la zone euro depuis des années était finalement pour demain ? Ainsi, en juin, l’indice de sentiment économique, qui constitue l’un des meilleurs indicateurs avancés de la croissance eurolandaise a progressé de 1,9 point, ce qui porte à 7,6 points son augmentation au cours des dix derniers mois. Encore mieux, avec un niveau de 111,1, il atteint désormais un sommet depuis juillet 2007. Du côté français, comme nous l’avons vu la semaine dernière, l’indice INSEE du climat des affaires est beaucoup moins euphorique. Il y a cependant un indice INSEE qui s’annonce particulièrement flamboyant, en l’occurrence celui de la confiance des ménages. Cependant, avec un niveau exact de 6 612 700 personnes, le chômage toutes catégories a atteint un nouveau sommet historique en mai. De quoi souligner que la magie de « l’effet Macron » a aussi ses limites… Autrement dit, il reste difficile d’imaginer comment les ménages français peuvent être aussi optimistes aujourd’hui qu’en 2007, avec quasiment 3 millions de chômeurs de plus, une consommation fragile et un contexte sécuritaire anxiogène. De plus, au-delà de la situation des ménages, n’oublions pas que l’état des comptes publics est bien plus dégradé aujourd’hui qu’en 2007. D'ailleurs, l’INSEE vient de publier le niveau de la dette publique française au premier trimestre 2017. Et sans surprise, un nouveau record historique a été atteint : 2 209,6 milliards d’euros et 98,9 % du PIB. En conclusion, oui, nous aimerions croire au miracle du retour imminent de la croissance durablement forte en France et dans l’UEM, mais, en économie, les miracles n’existent pas…

L'humeur de la semaine - 30 juin 2017
Et c'est reparti pour un tour : alors que l'économie eurolandaise commence à peine à sortir la tête de l’eau, l'euro se remet à flamber. Et oui, après avoir sauvé la zone euro, notamment en menant une politique monétaire extrêmement accommodante et en suscitant une nette dépréciation de l’euro, Mario Draghi s’est désormais engagé fermement sur le chemin inverse. Il n’en a évidemment pas fallu beaucoup plus pour relancer l’euro à la hausse. Certes, pour le moment, ce dernier n’atteint « que » 1,14 dollar. Nous sommes donc toujours très loin des 1,30 et a fortiori des 1,50 qui avaient plongé la zone euro dans une récession durable. De plus, la remontée de l’euro peut apparaître bénéfique pour certains. Il s’agit, tout d’abord, des importateurs, qui bénéficient d’une réduction de la valeur des produits achetés en dehors de la zone euro, et notamment les matières premières et énergétiques. Plus globalement, la remontée de l’euro va réduire l’inflation importée et par là même soutenir le pouvoir d’achat des ménages. Parallèlement, les touristes eurolandais qui quittent les frontières de l’UEM vont également pouvoir bénéficier d’un regain de pouvoir d’achat. Enfin, il en sera de même des expatriés payés en euro et vivant dans un pays hors UEM. Mais attention, ces petits avantages pourraient très vite s’avérer insignifiants au regard des inconvénients d’un euro trop fort. Rappelons la réalité empirique : à chaque fois que l'euro s'apprécie de 10 % sur une année, il retire 0,5 point à la croissance eurolandaise. Pire, au-delà des 1,30 dollar, ce coût avoisine les 0,8 point. En attendant, le mouvement spéculatif sur l'euro/dollar a encore de beaux jours devant lui. Dans ce cadre, l'euro devrait se stabiliser autour des 1,15 dollar, et même flamber vers les 1,20 dans les prochaines semaines. Il sera alors temps d'acheter du dollar, car, ensuite, compte tenu du rapide retour en arrière de la croissance eurolandaise, l'euro reviendra vers 1,05, voire 1,00 dollar...
Economic World - 26 juin 2017
L'humeur de la semaine - 23 juin 2017
Un vent d’euphorie semble souffler sur la zone euro et sur la France depuis quelques semaines. Selon certains prévisionnistes, notamment ceux des organes officiels que sont la Commission européenne et l’INSEE, l’UEM et la France auraient d’ores et déjà retrouvé le chemin de la croissance forte, qui pourrait même avoisiner les 2,5 % dès 2018. A l’évidence, la réalisation d’une telle conjecture ne pourrait que nous faire plaisir. Seulement voilà : en économie, la magie n’existe pas. Autrement dit, pour pouvoir atteindre une croissance durable de 2,5 %, il faut un certain nombre d’ingrédients dont la France et la zone euro ne disposent pas pour le moment. Certes, la faiblesse des cours du pétrole et des matières premières au sens large, le caractère extrêmement accommodant de la politique de la BCE ou encore le maintien des taux d’intérêt obligataires sur des niveaux exagérément bas ont aidé et aideront encore la croissance économique. Pour autant, il s’agit là de conditions nécessaires mais pas suffisantes pour permettre à cette dernière d’atteindre 2,5 %. D’ailleurs, d’autres éléments conjoncturels agissent déjà à la baisse sur la dynamique économique : le ralentissement dans la plupart des pays émergents, Chine et Inde en tête, la remontée de l’euro, notamment face au dollar, ou encore les incertitudes géopolitiques internationales. Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, certes non négligeables, le vrai handicap de la zone euro et plus particulièrement de la France, réside dans la faiblesse de leur croissance structurelle. Aussi, pour parvenir à ce niveau de 2,5 %, il faut engager de profondes réformes structurelles sur la fiscalité, le marché du travail ou encore le financement de l’économie, qui n’ont toujours pas été menées, en particulier en France. Autrement dit, ce ne sont pas quelques évolutions conjoncturelles favorables qui permettront de masquer les faiblesses structurelles de l’économie française. Dans ce cadre, nous sommes contraints de confirmer notre prévision d’une croissance française d’environ 1,3 % tant en 2017 qu’en 2018. Quant à l’atteinte durable des 2,5 %, elle ne sera possible qu’après la modernisation de l’économie française et donc, dans le meilleur des cas, pas avant 2020. Certes, mieux vaut tard que jamais. La question reste néanmoins de savoir si la population et les entreprises françaises auront la force d’attendre…
Les analyses hebdomadaires
Oui, pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : la croissance dans la zone euro et en France n’a jamais été aussi forte depuis 2011 et les créations d’emploi commencent à se multiplier. A tel point que de nombreux instituts de conjoncture annoncent de belles performances économiques pour les trimestres, voire les années, à venir. Magnifique ! Seulement voilà, comme l’expérience nous l’a souvent montré et comme nous n’avons d’ailleurs cessé de l’écrire depuis des années, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c’est lorsque tout le monde pense la même chose qu’il faut commencer à s’inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu’en 2007 et jusqu’au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l’économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009. C’est d’ailleurs en partie à cause de ce dynamisme annoncé que la BCE a augmenté ses taux directeurs fin 2007 et jusqu’en juillet 2008. Mieux, dans la plupart de ses rapports de 2006 à 2008, la Commission européenne et le FMI ne cessaient d’encenser la réussite économique de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce ! A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire. N’ayons pas peur d’aller jusqu’au bout du raisonnement : les prévisions relativement favorables de ces institutions ou encore les affirmations des dirigeants politiques et monétaires européens selon lesquelles il n’y aurait absolument pas de bulle obligataire ni boursière constituent d’excellents indicateurs avancés de ce qui va se produire, mais en sens inverse. Dès lors, si, comme le craignons, la réalité s’avère loin de ces prévisions idylliques, les marchés financiers pourraient sur-réagir et connaître de multiples tempêtes, préfigurant un krach éminemment dangereux. Au-delà de dégonfler les bulles obligataires et boursières qui se sont formées ces dernières années, ce krach clôturerait la fin d’un monde déjà engagée depuis la crise de 2008-2009. Ce nouveau krach pourrait ainsi constituer le « big one » tant redouté sur les marchés. Car si un krach se produit cette année ou en 2018, la croissance mondiale s’effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D’où une question simple : que se passera-t-il le jour d’après ?