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France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 20 octobre 2017
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.
L'humeur de la semaine - 13 octobre 2017
Optimistes, pessimistes, catastrophistes. Les prévisions économiques et financières font aujourd'hui l'objet de tous les commentaires et de toutes les critiques. Et cela est tout à fait normal. En effet, il est logique, honnête et surtout constructif d'accepter les débats et les oppositions de manière à essayer de réaliser les meilleures prévisions possibles. Sans néanmoins se laisser avaler par le consensus et la pensée unique. C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle les économistes et les prévisionnistes en tous genres établissent des prévisions si différentes malgré une réalité de départ identique. Dans un souci de transparence et même si cela risque de déplaire à certains économistes qui souhaitent garder leur « expertise » pour eux sans la faire partager, nous souhaitons vous faire savoir qu'en temps normal les prévisions économiques et financières se basent sur trois piliers. A savoir, l'analyse des statistiques passées et dans leur mise en perspective au travers des mécanismes qui régissent l'économie et les marchés financiers, l'économétrie et le "feeling". Néanmoins, il faut reconnaître qu'aujourd'hui, ces fondements de base de la prévision économique sont ébranlés. Et pour cause : nous assistons à la fin d’un monde et à l’émergence d’un nouvel environnement géopolitique, économique, environnemental ou encore financier. Dès lors, fonder ses prévisions sur l'analyse traditionnelle ou encore l'économétrie, c'est-à-dire la mise en équation du passé, devient de plus en plus caduque. C'est pourquoi, de plus en plus de prévisionnistes préfèrent suivre le consensus sans se poser de question. Tel est évidemment pas notre cas. Aussi, en dépit du consensus et de toutes sortes de pression, nous persistons et refusons de suivre bêtement le troupeau. Cela n'a jamais été notre tasse de thé, il n'y a pas de raison pour que cela change...
L'humeur de la semaine - 06 octobre 2017
Régulièrement depuis une trentaine d'années, la rumeur se répand comme une tâche d’huile : l'époque du « roi dollar » est révolue. A chaque fois, c'est la même rengaine : plombés par des déficits abyssaux, affaiblis par les crises économiques successives, les Etats-Unis n'ont plus le choix et vont devoir abandonner le dollar étalon. Pourtant, à chaque fois, tel le Phénix, le billet vert renaît de ses cendres et ne laisse aucune chance à ses soi-disant concurrents potentiels. Cette chronique d'une mort annoncée qui n'a finalement pas lieu commence avec la guerre du Vietnam, s'est prolongée dans les années 1980 à la suite des deux chocs pétroliers, a été renouvelée avec la création de l'euro et a repris de plus belle avec la crise de 2008-2009. Plus dernièrement, les rumeurs récurrentes de destitution de Donald Trump ont réactivé la menace. Pis, selon certains, la chute inévitable du dollar constituera un tremplin pour le bitcoin qui deviendra alors la « devise » phare des transactions internationales. Mais, une fois encore, il n’en sera rien. En effet, il n'existe toujours pas de concurrent sérieux au dollar. Et pour cause : le bitcoin ne correspond à aucune création de richesses et ne dispose par là même d’aucune garantie, ni de la fonction fondamentale de la monnaie, en l’occurrence celle de réserve de valeur. Il constitue surtout le vecteur privilégié du blanchiment d’argent sale et connaîtra la même fin que les tulipes lors de la bulle du 17ème siècle. En fait, le seul concurrent potentiel du billet vert s'appelle le yuan, mais les Chinois ne sont pas encore prêts, tant économiquement que financièrement...
Economic World - 02 octobre 2017
L'humeur de la semaine - 29 septembre 2017
Eloquent, audacieux, dense… Les adjectifs élogieux pour qualifier le discours d’Emmanuel Macron sur l’Europe du 26 septembre n’ont pas manqué, en particulier dans les médias français. Il est vrai qu’après quinze ans de tiédeur et de manque de conviction des dirigeants français face la construction européenne, le discours de « Manu » a pu réchauffer les cœurs des Européens convaincus, dont je fais partie depuis toujours. En revanche, et comme très souvent avec notre nouveau Président, si la forme et le marketing ont été excellents, la profondeur du discours et le réalisme des actes à venir laissent à désirer. Autrement dit, ne rêvons pas : la déception sera forcément au rendez-vous. Et ce, pour la simple raison que, bien loin des espoirs des pères fondateurs qui voulaient créer une Europe coopérative et dynamique, l’Union européenne et la zone euro sont devenues des espaces non-coopératifs. Cette transformation négative a évidemment été matérialisée par le vote des Britanniques en faveur du Brexit. Mais à la rigueur si le désamour anglo-européen est connu, l’installation d’un jeu non-coopératif au sein même de la zone euro l’est moins. C’est pourtant ce qui se passe depuis des années au travers de la concurrence fiscale qui se joue entre les pays de l’UEM. C’est d’ailleurs bien là que le discours sur l’Europe du Président Macron, aussi brillant soit-il, sonne creux. Car, comme je ne le cesse de le répéter depuis des années, la zone euro n’a de sens et ne peut perdurer que si elle devient une Zone Monétaire Optimale et nous en sommes très loin. Malheureusement, l’affaiblissement politique de Mme Merkel à la suite de sa victoire en demi-teinte aux législatives, mais aussi les risques de dérapages à venir en Italie lors des élections de mars 2018 ou encore le ralentissement de la croissance à venir dans l’ensemble des pays européens sont autant de freins à la relance de la construction européenne et à l’instauration d’une véritable zone euro optimale. Comme souvent, les Français et les Européens resteront donc champions dans les paroles mais piètres dans les actes. M. Macron, merci quand même pour votre beau discours…
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2017
La sagesse populaire nous enseigne que « plus c'est gros, plus ça passe ». Autrement dit, plus un mensonge est énorme, plus il est accepté par le plus grand nombre. Les déclarations des dirigeants de la France en matière de baisse des dépenses publiques depuis une trentaine d'années nous en donnent un exemple flagrant. En effet, depuis lors, il n'y a pas eu un Président de la République, un premier ministre, un ministre des finances ou un ministre du budget qui n'a pas osé affirmer au peuple français que les dépenses publiques allaient baisser « l'an prochain ». Pourtant, bien loin de ces « promesses d'ivrogne », les dépenses publiques n'ont cessé d'augmenter. Elles sont ainsi passé de 180 milliards d'euros en 1979 à 525 milliards en 1990, puis 760 milliards en 2000 et, enfin 1 257 milliards en 2016. En fait, depuis 1959 et le début des statistiques modernes de l'INSEE, les dépenses publiques françaises n'ont JAMAIS baissé. Depuis 1990, les dépenses publiques ont augmenté de 140 %. Sur la même période, les prix ont augmenté de 52 % et le PIB en valeur (donc augmenté de l'inflation) a progressé de 100 %. Et oui, vous ne rêvez pas, les dépenses publiques ont augmenté de quasiment 1,5 fois plus que la richesse créée dans l'Hexagone. Mais ce n'est pas tout. En effet, si nos dirigeants reconnaissaient leurs erreurs et avouaient la réalité aux Français, on pourrait éventuellement leur pardonner. Or, non seulement ce n'est pas le cas, et, en plus, ils persévèrent dans leurs erreurs et leurs mensonges. Ainsi, comme cela s'était déjà observé sous François Hollande, mais aussi depuis une vingtaine d'années, le nouveau gouvernement vient d’annoncer une baisse de 16 milliards d’euros des dépenses publiques pour 2018 : « la plus forte depuis toujours ! » nous dit-on. Pourtant, une fois encore, il s'agit d'un mensonge. Le même mensonge d'Etat qui prévaut depuis plus de vingt ans. Explications...
L'humeur de la semaine - 15 septembre 2017
Oui, pour le moment, tout va bien ! Tout va même de mieux en mieux, à en croire certains. Et pour cause : la croissance dans la zone euro et en France n’a jamais été aussi forte depuis 2011 et les créations d’emploi commencent à se multiplier. A tel point que de nombreux instituts de conjoncture annoncent de belles performances économiques pour les trimestres, voire les années, à venir. Magnifique ! Seulement voilà, comme l’expérience nous l’a souvent montré et comme nous n’avons d’ailleurs cessé de l’écrire depuis des années, le consensus a très souvent tort. Autrement dit, c’est lorsque tout le monde pense la même chose qu’il faut commencer à s’inquiéter. Et ce, en particulier lorsque les prévisions du FMI, de la BCE et de la Commission européenne convergent. Il serait par exemple utile de rappeler qu’en 2007 et jusqu’au début 2008, ces trois institutions soulignaient que l’économie eurolandaise se portait à merveilles et lui prévoyaient une croissance soutenue pour 2008-2009. C’est d’ailleurs en partie à cause de ce dynamisme annoncé que la BCE a augmenté ses taux directeurs fin 2007 et jusqu’en juillet 2008. Mieux, dans la plupart de ses rapports de 2006 à 2008, la Commission européenne et le FMI ne cessaient d’encenser la réussite économique de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce ! A l’évidence, il aurait été difficile de faire pire. N’ayons pas peur d’aller jusqu’au bout du raisonnement : les prévisions relativement favorables de ces institutions ou encore les affirmations des dirigeants politiques et monétaires européens selon lesquelles il n’y aurait absolument pas de bulle obligataire ni boursière constituent d’excellents indicateurs avancés de ce qui va se produire, mais en sens inverse. Dès lors, si, comme le craignons, la réalité s’avère loin de ces prévisions idylliques, les marchés financiers pourraient sur-réagir et connaître de multiples tempêtes, préfigurant un krach éminemment dangereux. Au-delà de dégonfler les bulles obligataires et boursières qui se sont formées ces dernières années, ce krach clôturerait la fin d’un monde déjà engagée depuis la crise de 2008-2009. Ce nouveau krach pourrait ainsi constituer le « big one » tant redouté sur les marchés. Car si un krach se produit cette année ou en 2018, la croissance mondiale s’effondrera. Or, les autorités monétaires et budgétaires internationales ont déjà utilisé toutes leurs cartouches pour tenter de relancer la machine. D’où une question simple : que se passera-t-il le jour d’après ?
L'humeur de la semaine - 08 septembre 2017
Comme nous l’annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, la Fed et la BCE n’ont eu d’autres choix que de maintenir le statu quo, actant par là même de la faible efficacité de leur politique monétaire ultra-accommodante. Tout comme leurs homologues à travers le monde développé, elles se retrouvent ainsi bloquées dans le tonneau des Danaïdes. Dans la mythologie grecque, les Danaïdes sont les cinquante filles du roi Danaos. Après avoir épousé leurs cousins, elles les tuent le soir des noces et sont ensuite condamnées aux enfers où elles devront remplir éternellement des jarres percées. De la même façon, après avoir tué la croissance forte dans les années 2000 (en particulier dans la zone euro), les banques centrales de la planète n’ont cessé de déverser pléthore de liquidités, mais pour de bien piètres résultats. Plus précisément, les banques centrales ont tout essayé pour sortir le monde de la crise et notamment de la déflation et de la croissance molle. En vain. Mais aussi au prix d’une « planche à billets » extrêmement coûteuse et dont on ne mesure pas encore les conséquences négatives de long terme. Si, pour le moment, il reste presque impossible de jauger les impacts des excès de liquidités, il viendra un jour où ces derniers produiront des effets particulièrement négatifs. Et ce, notamment en termes d’inflation, de krachs obligataires et boursiers et finalement de destruction de richesses. Autrement dit, les banques centrales occidentales ne font que gagner du temps et colmater les brèches en espérant que les effets négatifs de leur politique ne se produiront jamais et que la croissance forte reviendra comme par miracle… Cela commence donc à devenir vraiment inquiétant, car en plus du manque de vision et souvent de l’incompétence des dirigeants politiques des grands pays occidentaux depuis une quinzaine d’années, il faut aussi composer avec le désarroi et l’impuissance des banquiers centraux. Seule consolation, ces derniers ne sont plus des faucons (arcboutés maladivement sur les risques inflationnistes), mais des colombes (qui feront tout pour sauver la croissance). En ces temps troublés, tout réconfort est bon à prendre….
Economic World - 04 septembre 2017
Plus les semaines passent (et malgré quelques ajustements correctifs justifiés mais passagers), plus les marchés financiers sont affectés par trois grands mouvements de bulle, qui deviennent par là même particulièrement dangereux. En l’occurrence, la flambée de l’euro/dollar, l’euphorie des marchés actions et la faiblesse des taux d’intérêt des obligations de la plupart des Etat eurolandais. En effet, comme nous l’avons régulièrement souligné dans ces mêmes colonnes, le niveau d’équilibre de l’euro/dollar (dit Natrex, c’est-à-dire taux de change naturel en fonction des fondamentaux économiques : croissance, inflation, solde de la balance courante et épargne) est d’environ 1,15 dollar. Dès lors, avec des niveaux proches de 1,20, la devise européenne commence à devenir excessivement chère. De même, comment peut-on accepter d’acheter des obligations du Trésor français à 10 ans avec un taux d’intérêt annuel de 0,6 %, alors que les objectifs de réduction des déficits publics ne seront pas atteints et que la dette publique française va bientôt atteindre 100 % du PIB ?! A l’évidence, le réveil sera brutal. Cet aveuglement collectif est aussi présent sur les marchés boursiers européens et américains qui, malgré un léger mouvement correctif ces dernières semaines, continuent de défier l’entendement. Et pour cause : à côté de l’appréciation excessive de l’euro, tous les risques environnants sont ignorés : qu’ils soient géopolitiques (Corée du Nord, Moyen-Orient, Afrique), terroristes ou économiques (ralentissement de la croissance et augmentation des déficits publics). Le jour où les investisseurs mondiaux vont se réveiller, la douche risque d’être particulièrement froide.
L'humeur de la semaine - 01 septembre 2017
Dérapages inquiétants de la Corée du Nord, menaces permanentes d’attentats en Europe, flambée excessive de l’euro/dollar, effondrement de la confiance dans le nouveau Président français qui laisse entrevoir des conflits sociaux dangereux et difficiles à gérer… A l’évidence, les risques ne manquent pas pour accompagner la rentrée de septembre. Certes, la France semble enfin prêtre à réformer son marché du travail. Pour autant, les ordonnances annoncées restent encore insuffisantes. De plus, la politique économique française des prochains mois sera axée sur une nette augmentation des impôts qui fera forcément mal à la croissance. Parallèlement, outre-Atlantique Donald Trump n'a toujours pas permis aux Etats-Unis de retrouver le chemin de la croissance forte et durable, et continue de susciter une inquiétante grandissante sur la scène internationale. Il faut donc reconnaître que l'heure du réalisme, du pragmatisme et du dynamisme économique n’a toujours pas sonné. En ajoutant à ces piètres comportements, le ralentissement de nombreux pays émergents, notamment l’Inde, la décélération (certes contrôlée) de l'économie chinoise, les prochaines élections allemandes, le renchérissement destructeur de l’euro/dollar, sans oublier les risques géopolitiques et sociétaux à travers le monde, il faut se rendre à l'évidence : le krach boursier, que nous annonçons depuis plusieurs mois pour la rentrée de septembre-octobre, est devenu inévitable, voire souhaitable, de manière à remettre les pendules à l'heure. Reste à souhaiter que celui-ci ne durera pas trop longtemps et permettra aux dirigeants économiques et politiques de la planète de prendre les bonnes décisions. Le cas échéant, une remontée boursière pourra se produire dès le début de l'année prochaine. Sinon, 2018 pour bien marquer la forte chute de la croissance mondiale, avec toutes les conséquences que cela engendrera sur l'emploi et la stabilité sociale. Nous sommes prévenus…
Economic World - 28 août 2017
L'humeur de la semaine - 25 août 2017
Même si nous nous attendions à une nouvelle hausse du chômage en France en juillet, les dernières statistiques de « Pôle Emploi » ont malheureusement dépassé toutes les inquiétudes. Sur un mois, le nombre de demandeurs d’emploi a ainsi augmenté de 34 900 personnes pour la catégorie A en Métropole, soit 3,518 millions de sans-emploi. Quant au chômage toutes catégories pour la France entière, il a progressé de 47 200 personnes, après avoir déjà augmenté de 51 100 personnes au cours des trois mois précédents. Il a ainsi atteint un nouveau record historique de 6 665 300 personnes. Face à l’étendue d’un tel drame social et tout simplement humain, une question se pose : quand allons-nous enfin réagir ? Ces évolutions catastrophiques rappellent effectivement que les lois Macron I et II, que nous avions qualifiées d’ailleurs de doliprane, l’extension de la prime d’activité aux moins de 25 ans, les différents emplois aidés ou encore la loi El-Khomri ont été incapables de lutter efficacité contre le chômage, mais aussi la précarité de la jeunesse française. Et pour cause : plutôt que de créer les conditions nécessaires à une croissance durablement plus forte et à de vraies créations d'emplois, les gouvernements du Président Hollande ont préféré mettre en place différents placebos, évidemment inefficaces. Est-ce là l'héritage que notre génération veut laisser ? Surtout pas. Alors, s'il vous plaît, MM. Macron et Philippe, n’empruntez pas la voie de vos prédécesseurs, en vous contentant de colmater les brèches, d’augmenter les vrais « faux emplois » aidés et de faire du marketing. Vous avez l’air, du moins au regard de vos déclarations, d’être conscients de la gravité de la situation, alors ayez enfin le courage d'engager la France sur le chemin des réformes structurelles et de la modernité économique. Merci pour nos enfants et toutes les générations à venir.
L'humeur de la semaine - 17 août 2017
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.
L'humeur de la semaine - 11 août 2017
S’il y a un point sur lequel les Etats-Unis et la France se rejoignent, c’est bien celui-là ! En effet, bien avant la poignée de main chaleureuse entre MM. Trump et Macron, les deux pays se sont économiquement réunis il y a déjà plus de trente ans par le cumul structurel de ce que l’on appelle les « twin deficits », c’est-à-dire les déficits jumeaux : balance commerciale et budgétaire. Il s'agit d'ailleurs presque d'un mode de vie, qui finira forcément par coûter très cher. Ainsi, le dernier excédent des comptes publics hexagonaux remonte à 1974. Depuis, avec ou sans croissance, la France a été incapable d'assainir ses finances publiques. Parallèlement, la balance commerciale française est restée déplorable. En juin 2017, le déficit cumulé sur douze mois a même atteint 60,6 milliards d’euros, un plus haut depuis octobre 2014. Le plus incroyable réside dans le fait que l'annonce régulière de ces « twin deficits » passe presque inaperçue, que ce soit en France ou aux Etats-Unis. Jusqu'à quand ? Car ne rêvons pas : affectés par des « twin deficits » qu'ils auront de plus en plus de mal à combler, les Etats-Unis perdront leur place de première puissance économique mondiale d'ici une dizaine d'années au profit de la Chine. Quant à la zone euro, elle aura depuis bien longtemps explosé, laissant ses anciens pays membres dans le chaos, et notamment la France qui, à force d'avoir accumulé les « twin deficits » sans réagir, sera devenu un Disneyland géant, dont les Chinois et les Qatari raffoleront. Faut-il vraiment en arriver là pour enfin comprendre la gravité de la situation et notamment admettre que nos déficits jumeaux sont devenus intenables et extrêmement dangereux ? Espérons donc que nous allons enfin nous réveiller, sinon tant la France que les Etats-Unis s'écrouleront avec leurs « twin deficits »…
Economic World - 07 août 2017
L'humeur de la semaine - 03 août 2017
Qui aurait l’idée saugrenue de confier des bonnes bouteilles de vin à un ivrogne invétéré ? Certainement pas grand monde. C’est pourtant ce que ne cessent de faire de (trop) nombreux investisseurs internationaux lorsqu’ils prêtent leurs deniers à certains Etats de la zone euro dont la dette publique ne cesse d’augmenter. Et ce à des taux d’intérêt excessivement bas. Une nouvelle étape dans cet aveuglement collectif a été franchie le 25 juillet 2017, qui a marqué le grand retour de la Grèce sur le marché obligataire. En effet, après plus de trois ans d’absence et alors qu’il continue de bénéficier des prêts « bonifiés » du Mécanisme Européen de Stabilité (MES), l’Etat grec a réussi à lever 3 milliards d’euros à cinq ans, avec un taux de rendement de 4,625 %. Dans le même temps, le taux d’intérêt théorique à dix ans de la dette grecque est tombé à 5,45 %, un plus bas depuis décembre 2009. Doit-on rappeler qu’en mars 2012, ce taux d’intérêt à dix ans avoisinait les 40 % et que celui à deux ans montait à 377 % le 7 mars 2012 ? Si le retour de la Grèce sur les marchés internationaux est évidemment une bonne nouvelle pour le peuple grec, il pose néanmoins une question : que s’est-il passé entre la période 2012-2015 et aujourd’hui pour justifier un tel engouement des investisseurs et surtout une telle baisse des taux d’intérêt ? La dette publique a-t-elle fortement baissé ? La croissance forte est-elle revenue ? Des mesures crédibles de récupération de l’impôt ont-elles été prises ? Non, non et non ! Ce raisonnement n’est d’ailleurs pas l’apanage du cas grec, il peut également s’appliquer à de nombreux pays de la zone euro, qui n’ont toujours pas retrouvé le chemin de la croissance forte et dont la dette publique continue d’augmenter. A commencer par l’Italie, mais aussi la France. Aussi fou que cela puisse paraître il faut noter qu’en dépit d’une récente augmentation, le taux d’intérêt à dix ans des obligations de l’Etat français est de seulement 0,75 %. Les taux d’intérêt de sa dette sont même négatifs jusqu’aux échéances de 5 ans. Vous ne rêvez pas : pour pouvoir prêter à l’Etat français à cinq ans, il faut payer… En d’autres termes, les détenteurs de ces obligations sont sûrs de perdre, mais ils en redemandent et avec le sourire. Il faut donc retrouver un minimum de bon sens : le retour en grâce de la Grèce sur les marchés obligataires, le maintien de taux d’intérêt à dix ans inférieurs à 1 % sur la dette française et négatifs jusqu’aux échéances à cinq ans confirment que la bulle obligataire est toujours présente dans la zone euro et en France. Une dernière question doit donc se poser : jusqu’à quand cet aveuglement collectif va-t-il durer ? Réponse ci-après...
L'humeur de la semaine - 28 juillet 2017
Au lendemain de l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République française, un consensus s’était imposé : Oui, après trente ans d’immobilisme, la France allait enfin entrer dans l’ère du changement, voire de la révolution, retrouvant rapidement le chemin de la croissance forte et du plein-emploi. Confirmant cet engouement quasi-généralisé, les indices de cote de popularité du nouveau Président, mais aussi ceux relatifs au climat des affaires et à la confiance des ménages ont très vite flambé, atteignant parfois des sommets quasiment historiques. Seulement voilà, comme nous l’expliquions en cachette à l’époque et comme nous n’avons cessé de le répéter sous les Présidences Chirac, Sarkozy et Hollande, le marketing ne fait pas tout. En effet, si la méthode Coué peut fonctionner à court terme, elle est très vite rattrapée par la réalité. Ainsi, en dépit de n’avoir cessé de répéter que « la crise était finie », que « la reprise était là » et que tout devait « aller mieux », les trois derniers Présidents n’ont pas réussi à sortir la croissance française de sa mollesse endémique et encore moins à inverser effectivement la courbe du chômage. Et pour cause : pour y parvenir, il aurait fallu engager de véritables réformes structurelles et non pas se contenter de réformettes agrémentées de marketing. Dans le cas Macron, la situation pourrait malheureusement s’avérer encore plus périlleuse. D'ailleurs, à peine trois mois après avoir été élu, le nouveau Président a vu sa cote de popularité s’effondrer de dix points en un seul mois. A ce stade du mandat, il se retrouve moins populaire que Nicolas Sarkozy et François Hollande. Parallèlement, l’indice INSEE de confiance des ménages, qui avait nettement progressé lors des deux mois suivant l’élection présidentielle a perdu 4 points sur le seul mois de juillet, une de ses plus fortes baisses mensuelles. Espérons donc que M. Macron fera les bons choix et saura mettre à profit le tube d’une autre de ses « guest stars » de la semaine, en l’occurrence Bono, le chanteur de U2 : « With or without you », la France devra se réformer en profondeur. Mieux vaut simplement qu’elle le fasse dans la douceur plutôt que dans la douleur. Alors « Manu », comme Rihanna vous l’a peut-être dit « Don’t Stop the Music », merci de ne pas jouer à la « Russian Roulette » et faites tout pour transformer l’économie française en « Diamonds »…
Economic World - 24 juillet 2017
Une fois encore, la Chine a déjoué tous les pronostics, y compris ceux du gouvernement qui avait annoncé une nette décélération de la croissance chinoise pour le printemps 2017. Et bien non ! Finalement, l’économie chinoise n’a même pas ralenti au cours du deuxième trimestre 2017. Son PIB a, au contraire, augmenté de 1,7 % (après une progression de 1,3 % au trimestre précédent), permettant à son glissement annuel de se stabiliser à 6,9 %, après avoir déjà augmenté de 0,1 point au cours du trimestre précédent. Et si la fiabilité de ces statistiques laisse évidemment à désirer, il faut reconnaître que la résistance de l’économie chinoise constitue une bonne nouvelle dans un environnement international fragile. La Chine demeure ainsi la locomotive du monde émergent, mais aussi de l’économie planétaire. La contribution de la Chine à la croissance mondiale devrait encore s’établir autour de 1,2 point cette année sur un total de 3,3 %. A titre de comparaison, la contribution de l’Inde devrait avoisiner 0,5 point, celle des Etats-Unis 0,3 point et celle de la zone euro 0,2 point. Pour soutenir leur croissance économique, les Chinois ne lésineront d’ailleurs pas sur les moyens, puisqu’ils continueront de puiser dans leurs réserves de changes colossales, qui ont dernièrement repris le chemin de la hausse (repassant au-dessus de la barre des 3 000 milliards de dollars en juin, à précisément 3 056 milliards de dollars). Ils pourront aussi compter sur la faiblesse du yuan, qui, en dépit d’une légère remontée depuis trois mois, reste suffisamment bas pour soutenir le commerce extérieur chinois et l’ensemble de la croissance de l’Empire du milieu, qui devrait bien avoisiner les 7 % cette année, comme nous l’annonçons depuis un an. Une fois encore, pour soutenir l’économie mondiale, il n’y aura donc pas mieux que le moteur chinois…
L'humeur de la semaine - 21 juillet 2017
Depuis de nombreuses années, dans notre humble objectif d’améliorer la situation de l’économie française, nous n’avons cessé de proposer des mesures économiques, que nous présentions comme n’étant ni de droite, ni de gauche, mais simplement de bon sens. Grande a évidemment été notre satisfaction lorsqu’un candidat aux élections présidentielles françaises, devenu depuis Président de la République, a repris cette thématique. Et ce même si nous sommes toujours restés très circonspects sur la véracité de ce discours. D’ailleurs, depuis son accession au pouvoir, force est de constater que la mise en pratique de ce « ni-ni » s’avère particulièrement difficile. Et c’est précisément là que se trouve l’erreur de ce raisonnement. En effet, en voulant satisfaire tout le monde, à droite comme à gauche, on ne fait finalement rien de très significatif et on se retrouve dans le consensus mou. C’est ainsi que, depuis Lionel Jospin en 1998-2001 jusqu’à François Hollande, en passant par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la France s’est engouffrée dans un « ni-ni » destructeur, c’est-à-dire dans un immobilisme maladif qui a eu pour principale conséquence de coincer l’économie française dans la croissance molle et le chômage élevé. Et, malheureusement, alors qu’il avait suscité un fort espoir de renouvellement, voire de révolution, chez certains, Emmanuel Macron est très vite rentré dans le moule du « ni-ni » et surtout du surplace. Le problème est qu’à force de ne vouloir froisser personne on finit par déplaire à tout le monde. Dans ce cadre, plutôt que de rester immobilisé dans le « ni-ni », il nous paraît beaucoup plus opportun de se lancer dans le « et-et », c’est-à-dire de prendre des mesures de droite et de gauche, c’est précisément le but de la « thérapie de choc bienveillante » que nous mettons en avant depuis quelques années. Nous avons simplement eu tort de la présenter sous l’angle du « ni-ni », qui revient finalement à ne rien faire. Elle doit, au contraire, être appréhendée dans la version plus courageuse du « et-et ». Il ne nous reste donc plus qu'à souhaiter que très vite, les dirigeants politiques français, mais aussi les citoyens, comprennent qu'il est désormais possible, voire indispensable, d'être à la fois de droite et de gauche, donc libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l'offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d'or : l'efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques...
Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.