Chaque lundi, retrouvez la chronique hebdomadaire de Marc Touati
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Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 28 novembre 2014
C’est certainement LA grande nouvelle économique de la semaine, voire de la fin d’année : l’Union européenne est prête à engager un plan de relance de l’investissement qui pourrait atteindre plus de 300 milliards d’euros (315 milliards précisément) ! Autrement dit : au diable la rigueur et vive la relance !
Seulement voilà, comme trop souvent avec les dirigeants politiques européens, les paroles sont fortes, mais les actes sont faibles. Ainsi, l’UE n’a aucunement l’intention d’injecter 315 milliards d’euros dans l’économie européenne, elle n’en a d’ailleurs pas les moyens. Non, le projet Juncker consiste simplement à engager 21 milliards d’euros (5 milliards via la Banque Européenne d’Investissement et 16 milliards via les Etats membres) d’investissements publics, en espérant que le secteur privé viendra compléter ce plan et en financer près de 95 %, soit 294 milliards. Oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un effet de levier ou multiplicateur de 15, digne des plus grands spéculateurs de la planète. De quoi renommer le « plan Juncker » en « David Copperfield Show » ! Dans ce cadre, on aurait même pu monter le curseur à 1 000 milliards d’euros ! Blague à part, il faut bien comprendre que pour réussir à mobiliser les investisseurs privés, il est indispensable de leur donner ce qu’ils recherchent, en l’occurrence un retour sur investissement conséquent. Or, avec une croissance structurelle d’au mieux 0,8 %, la zone euro est loin de fournir le rendement marginal suffisant pour convaincre les investisseurs...
L'humeur de la semaine - 21 novembre 2014
L'humeur de la semaine - 14 novembre 2014
Faites sonner les fanfares et les trompettes ! Réveillez vos voisins et entonnez en chœur la Marseillaise ! Voici enfin une bonne nouvelle pour l’économie française et accessoirement pour son Président et son gouvernement : au troisième trimestre 2014, le PIB hexagonal a progressé de 0,3 %. Formidable ! Quelle bonne surprise ! Encore mieux, la France se paie le luxe de réaliser l’une des meilleures performances des grands pays de la zone euro. Bon, une fois la liesse passée, pensons néanmoins à prendre du recul et à regarder les comptes nationaux de plus près. Et là, l’euphorie est loin d’être de mise. Tout d’abord, la variation du PIB du deuxième trimestre a été revue en baisse, passant de + 0,0 % à - 0,1 %. Autrement dit, après une stagnation et un recul de 0,1 %, l’augmentation de 0,3 % du troisième trimestre est plus une correction de la faiblesse passée que le début d’une nouvelle tendance. Par ailleurs, l’essentiel de cette progression s’appuie sur un fort restockage qui a contribué à hauteur de 0,3 point à la croissance. En d’autres termes, hors variation de stocks (qui, rappelons-le n’est qu’une variable d’ajustement), la variation du PIB français du troisième trimestre a été nulle. L’adage « un point ne fais pas une tendance » sied donc parfaitement à la croissance miracle du troisième trimestre. Et ce d’autant que le poste clé de l’investissement a continué de baisser. Au-delà de la simple lecture du chiffre de croissance du troisième trimestre, il faut donc être réaliste : la France reste malheureusement engluée dans la stagnation économique. La baisse de 0,2 % de l’emploi au cours du même troisième trimestre ne fait d’ailleurs que le confirmer...
L'humeur de la semaine - 07 novembre 2014
Après avoir validé le budget français de 2015 par on ne sait quel miracle, la Commission européenne essaie de corriger le tir en rappelant qu’en 2016, la France portera le bonnet d’âne de l’Europe en matière de déficit public. Cette perspective n’est pas une surprise pour la simple raison que la France est le seul pays européen à refuser d’engager des réformes économiques structurelles depuis plus de vingt ans. Pourtant, les occasions d’engager le pays vers une véritable modernisation n’ont pas manqué. En effet, au cours des vingt dernières années, les dirigeants français ont eu trois occasions claires d’engager l’Hexagone sur la voie de le baisse de la dépense publique et de la modernisation économique, ce qui lui aurait permis d’améliorer sa croissance, de réduire ses déficits et d’éviter par là même de plonger dans la spirale de la dette. Malheureusement, ces trois « aubaines » ont été littéralement gâchées. Le pire est qu’aujourd’hui encore, rien n’est fait pour remédier à ces erreurs. Ainsi, au plus bas dans les sondages et n’ayant donc plus rien à perdre, François Hollande aurait également pu jouer le tout pour le tout et engager enfin la France sur la voie de la modernisation économique. Mais une fois encore, comme vient de le démontrer le Président français lors d’une nouvelle émission télévisée pour rien, la maladie de l’immobilisme et la démagogie de la méthode Coué ont pris le dessus. Bref, la France n’est pas près de perdre son bonnet d’âne. Quelle tristesse…
L'humeur de la semaine - 31 octobre 2014
Ca y est, c’est fini : après six ans de fonctionnement et trois phases d’activation (2008, 2010 et 2012), soit un volume total d’environ 3 600 milliards de dollars, le « Quantitative Easing » (QE) de la Réserve fédérale américaine, ou « planche à billets » pour les intimes, s’est arrêté. Il ne s’agit évidemment pas d’une surprise, puisque dès le début 2014, Janet Yellen, alors fraichement nommée à la tête de la Fed, avait averti que cette politique ultra-accommodante se terminerait fin octobre. Il y a donc déjà un point positif : « Mamie Yellen » et la Fed tiennent leurs promesses. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les marchés financières n’ont pas sur-réagi négativement à cette mesure. Mais ce n’est pas tout. Car, au-delà d’être conforme aux annonces de la Fed, l’arrêt du QE apparaît salutaire tant pour l’avenir de l’économie américaine que pour celui des marchés financiers. Autrement dit, si le changement de ton de la Fed peut déplaire, voire inquiéter, il est avant tout logique, voire indispensable. En effet, s'il était normal d'actionner la « planche à billets » et de maintenir les taux de la Fed à zéro lorsque la croissance était absente, à présent que cette dernière est revenue durablement et que le chômage américain baisse significativement, cette politique ultra-accommodante n'est plus nécessaire. De plus, il est également urgent de permettre à la Fed de se reconstituer une marge de manœuvre pour pouvoir mieux réagir lors de la prochaine crise. Cela signifie donc qu’après avoir arrêté la « planche à billets », la Fed doit désormais songer à augmenter son taux objectif des federal funds. D'où une question : comment vont réagir les marchés ?
L'humeur de la semaine - 24 octobre 2014
C’est assez incroyable cette maladie qu’ont certains de toujours voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Les réflexions et « analyses » en matière d’évolution des cours du pétrole en sont des exemples parfaits. En effet, lorsque le baril de brut valait plus de 100 dollars et a fortiori lorsqu’il atteignant des sommets de 150 dollars, les « spécialistes » de l’or noir hurlaient que les conséquences de ce pétrole cher allaient être catastrophiques et surtout que cette flambée ne faisait que commencer, soutenant que le prix normal du baril était aux alentours des 250 dollars... Aujourd’hui, alors que le baril fluctue autour des 85 dollars, les mêmes « analystes », rejoints d’ailleurs par beaucoup d’autres, soulignent que la baisse de ce cours est dangereuse et annoncent un effondrement de la croissance mondiale, ainsi que la poursuite de la dégringolade du prix du pétrole… D’où une question : où est la vérité dans tout ça ? Elle n’est déjà certainement pas dans les déclarations et prévisions de ces soi-disant « spécialistes du pétrole » qui disent tout et n’importe quoi depuis des années et qui ont quasiment toujours tort. En fait, il ne faut pas se tromper sur le sens de la causalité : le repli du prix du baril est principalement une conséquence du ralentissement économique passé, alors que la production pétrolière et énergétique a continué de progresser. Il n’est donc absolument pas annonciateur d’un écroulement de l’activité économique de la planète. Bien au contraire, il devrait permettre de consolider la croissance mondiale à venir. Explications...
L'humeur de la semaine - 17 octobre 2014
Et c’est reparti ! Après deux ans et demi de forte remontée (+ 62 % tant pour le Dow Jones que pour le Cac 40), les marchés boursiers sont affectés par un nouveau virus. Ce dernier est particulièrement contagieux puisqu’il s’appelle le pessimisme. En effet, après deux années de relative accalmie sur le front de la croissance mondiale et un an d’espoir sur la sortie de crise de la zone euro, les bourses mondiales se remettent à craindre le pire. En moins d’un mois, le Dow Jones a ainsi perdu près de 7 % et le Cac 40 plus de 14 %. En fait, depuis la crise de 2008-2009, et en dépit de la forte reprise de l’année 2010, la question revient très régulièrement : et si la croissance mondiale finissait par rechuter fortement ? A l’appui de ce sombre scénario, les arguments sont pléthore : risques géopolitiques, rechute de l’économie américaine, effondrement de la croissance chinoise, nouvelle crise du monde émergent ou encore retour de la récession dans la zone euro. Jusqu’à présent seule cette dernière a vraiment « tenu ses promesses ». Et pour cause : elle a non seulement rechuté vers la récession en 2012-2013, mais a aussi été incapable de dépasser durablement les 1 % de croissance. Pire, depuis quelques mois, son retour dans la récession et son enlisement dans la déflation deviennent de plus en plus inévitables. Finalement, depuis 2010 et comme cela s’est encore observé cette semaine, seules la résistance de la Chine et celle des Etats-Unis ont permis à la marche mondiale des affaires d’éviter le repli et aux marchés boursiers de limiter les dégâts. Mais quid des prochains mois ?
L'humeur de la semaine - 03 octobre 2014
La sagesse populaire nous enseigne que « plus c’est gros, plus ça passe ». Autrement dit, plus un mensonge est énorme, plus il est accepté par le plus grand nombre. Les déclarations des dirigeants de la France en matière de baisse des dépenses publiques depuis une trentaine d’années nous en donnent un exemple flagrant. En effet, depuis lors, il n’y a pas eu un Président de la République, un premier ministre, un ministre des finances ou un ministre du budget qui n’a pas osé affirmer au peuple français que les dépenses publiques allaient baisser « l’an prochain ». Pourtant, bien loin de ces « promesses d’ivrogne », les dépenses publiques n’ont cessé d’augmenter. Elles sont ainsi passé de 180 milliards d’euros en 1979 à 525 milliards en 1990, puis 760 milliards en 2000 et, enfin 1300 milliards en 2014. En fait, depuis 1959 et le début des statistiques modernes de l’INSEE, les dépenses publiques françaises n’ont JAMAIS baissé. Depuis 1990, les dépenses publiques ont augmenté de 148 %, soit 1,5 fois de plus que la richesse créée dans l’Hexagone. A la rigueur, si nos dirigeants reconnaissaient leurs erreurs et avouaient la réalité aux Français, on pourrait éventuellement leur pardonner. Or, non seulement ce n’est pas le cas, et, en plus, ils persévèrent dans leurs erreurs et leurs mensonges. Ainsi, comme cela s’était déjà observé l’an passé, mais aussi depuis une vingtaine d’années, le gouvernement a présenté un projet de loi de finances faisant état d’une baisse des dépenses publiques : « la plus forte depuis toujours !» nous dit-on. Pourtant, une fois encore, il s’agit d’un mensonge. Le même mensonge d’Etat qui prévaut depuis plus de vingt ans...
L'humeur de la semaine - 28 septembre 2014
A l’instar de son « patron », François Hollande, Manuel Valls faisait presque peine à voir lorsqu’il essayait de défendre devant Angela Merkel le sérieux budgétaire de la France en dépit de ses énièmes dérapages. Habituée à faire semblant d’être compatissante à l’égard de la France, la Chancelière allemande adoptait la même position qu’avec MM. Chirac, Sarkozy et Hollande : sympathie mais fermeté, avec pour message subliminal « parle toujours tu m’intéresses ». Car, c’est bien là le problème des relations franco-allemandes : depuis plus de vingt ans, les dirigeants français font des promesses, mais ne les tiennent pas. Pire, leurs réalisations économiques sont souvent aux antipodes de ce qu’ils avaient annoncé. Face à ces mensonges à répétition, ils ne sont donc plus crédibles et ni les Allemands, ni leurs partenaires européens ne les croient. Face à cette triste situation, de plus en plus de voix s’élèvent, en particulier en France, pour critiquer le positionnement allemand de l’Europe et notamment de la zone euro. « Et si finalement les Allemands avaient tort ?!» entend-on ici et là. Peut-être, mais, en attendant, les seuls qui ont réussi à sortir de la crise sans trop de dégâts sont justement les Allemands. Les mesures prônées par ces derniers (réduction des charges sur les salaires, diminution de la pression fiscale, notamment sur les entreprises, fluidification du marché du travail, amoindrissement des dépenses publiques vers plus d’efficacité) ne sont donc pas expérimentales mais ont déjà fait leur preuve. A l’inverse, les propositions alternatives françaises de dérapage budgétaire et d’augmentation des dépenses publiques ont prouvé qu’elles étaient vouées à l’échec. Ainsi, plus la France tardera à emprunter la voie de la rationalité économique, plus son poids sur la scène européenne et internationale s’amoindrira, et plus l’Allemagne dominera l’Europe. Les cartes sont donc bien entre nos mains. Il suffit de savoir bien les utiliser…
L'humeur de la semaine - 19 septembre 2014
« Pendant une période de temps considérable ». Tel est le principal message adressé par la Présidente de la réserve fédérale américaine Janet Yellen lors du dernier FOMC en matière d’évolution des taux directeurs de la Fed. Autrement dit, après avoir annoncé une première hausse du taux objectif des federal funds pour la mi-2015, les dirigeants monétaires américains ne semblent plus sûrs de rien.Toujours est-il que, même si la Fed prend son temps pour agir et ne souhaite prendre aucun risque, elle augmentera ses taux directeurs avant que la BCE ne le fasse. En effet, comme ne cesse de le confirmer Mario Draghi et les dirigeants monétaires eurolandais, le taux refi restera également sur des planchers historiques pendant une période considérable. La grande différence qui persiste entre les deux côtés de l’Atlantique réside néanmoins dans les écarts de croissance qui demeurent particulièrement élevés. Et pour cause : si la progression annuelle du PIB américain devrait dépasser les 2,1 % cette année et les 3 % en 2015, celle du PIB eurolandais avoisinera 0,7 % cette année et au mieux 1 % l’an prochain. Pis, alors que les derniers indicateurs avancés annoncent une accélération de l’activité outre-Atlantique, ceux de la zone euro indiquent une rechute qui a d’ailleurs déjà commencé. La seule bonne nouvelle de ces différences de croissance et de politique monétaire réside dans la poursuite inévitable de la baisse de l’euro face au dollar. La devise européenne devrait effectivement se rapprocher des 1,15 dollar pour un euro d’ici l’été 2015, permettant enfin à la croissance eurolandaise de dépasser durablement et significativement la barre des 1 %... en 2016. Mieux vaut tard que jamais.
L'humeur de la semaine - 12 septembre 2014
La semaine dernière, nous commencions notre humeur par une exclamation interrogative enthousiaste : « Mais où s’arrêtera Mario Draghi ? », soulignant la chance que la zone euro avait d’avoir ce dernier à la tête de la BCE. Aujourd’hui, une autre question similaire se pose, mais avec beaucoup moins d’enthousiasme : « où s’arrêtera la descente aux enfers de François Hollande, du gouvernement Valls et plus globalement de la France ? » En effet, disons-le clairement : nous sommes très inquiets pour l’avenir de notre économie et de notre douce France. Certes, cela fait une dizaine d’années que nous exprimons régulièrement nos inquiétudes en la matière. Seulement voilà, plus les années passent, plus le fossé se creuse entre l’efficacité économico-sociale et la politique hexagonale. D’où une question : que va faire le Président Hollande pour sortir la France de l’ornière. De plus en plus de politologues et d’observateurs en tous genres évoquent l’électrochoc de la dissolution. Pourquoi pas ? Mais surtout pour quoi faire ? Car si déjà, depuis deux ans, la croissance est en berne, que va-t-elle devenir avec de nouvelles élections législatives et a fortiori si ces dernières débouchent sur une cohabitation inamicale et/ou une percée de l’extrême droite ? Alors, MM. Hollande et Valls, perdu pour perdu, ayez enfin le courage que n’ont pas eu vos prédécesseurs et engager la France dans une véritable modernisation économique. Il en va du sauvetage de la France et de sa démocratie...
L'humeur de la semaine - 05 septembre 2014
Mais où s’arrêtera Mario Draghi ? Après avoir déjà sauvé la zone euro à deux reprises (en décembre 2011 et en septembre 2012), puis avoir restauré (certes modérément) la croissance eurolandaise en 2013 et enfin après avoir déjà baissé le taux refi à 0,15 % le 5 juin dernier, le Président de la BCE a décidé d’aller encore plus loin. Ainsi, ce dernier a non seulement prolongé et élargi le programme de rachat de titres de la BCE, ce qui était attendu, mais a, en plus, créé la surprise en abaissant le taux refi à 0,05 %. Même la Réserve fédérale américaine n’avait pas osé aller aussi bas sur son taux objectif des federal funds. A l’évidence, M. Draghi mérite vraiment son surnom de « Super Mario ». Et ce, d’autant que ces mesures n’ont pas été prises à l’unanimité des membres du Comité de politique monétaire de la BCE. Autrement dit, pour y parvenir, le sauveur « Draghi » a dû se battre et certainement forcer la main à une partie de ses collègues, notamment allemands. D’ailleurs, dans le sillage de l’annonce de ces décisions courageuses et bénéfiques, les marchés boursiers européens ont flambé, saluant la volonté farouche de la BCE et de son Président de sauver une nouvelle fois la zone euro, en essayant de lui éviter la récession et la déflation. D’où une question déterminante : ces mesures seront-elles suffisantes pour permettre à l’UEM de sortir de la stagnation économique et d’empêcher l’avènement de la déflation. Malheureusement, rien n’est moins sûr. Et ce, pour au moins cinq raisons. En fait, si Mario Draghi et la BCE continuent de faire le maximum pour maintenir la zone euro à flot, cette dernière restera incapable d’éviter la déflation et de retrouver le chemin de la croissance forte. Merci quand même…
L'humeur de la semaine - 29 août 2014
Après un été particulièrement belliqueux sur la scène géopolitique internationale, la rentrée s’annonce au moins tout aussi difficile. Ainsi, en dépit du « cessez-le feu permanent » conclu entre Israël et le Hamas, les conflits militaires avérés ou potentiels ne manquent pas : Ukraine, Syrie, Irak, Lybie, Centrafrique, Soudan… sans parler des risques d’attentats terroristes dans les pays occidentaux. Certes, pour le moment, ces conflits n’ont quasiment pas eu d’impact sur les prix pétroliers. De même, la croissance mondiale ainsi que les marchés boursiers et obligataires sont restés bien orientés. Dans ce cadre, il pourrait donc paraître évident de défendre un scénario favorable pour les mois à venir, voire un nouveau rallye boursier. Pour autant, il nous paraît plus opportun de maintenir la prudence. En effet, la multiplication des dangers géopolitiques commence à jouer sur le climat des affaires. Et ce, en particulier en Europe, qui souffre d’ores et déjà de l’embargo russe sur certains produits. De plus, la situation économique, sociale et politique de la France commence à devenir vraiment inquiétante. Aussi, le 19 septembre prochain, Moody’s devrait fortement dégrader la note de la France (sûrement de deux crans) pour manquement à tous ses objectifs : déficits publics, dette, croissance, chômage. La question est alors de savoir quelle sera la réaction des marchés et des investisseurs : l’indifférence, notamment grâce à l’action de la BCE, ou alors le réveil brutal qui se traduira par une forte sanction sur les marchés obligataires et boursiers ? La réponse n’est pas tranchée, mais entre des menaces géopolitiques de plus en plus pesantes et un risque politico-financier majeur en France, il est clair que la rentrée de septembre apparaît particulièrement dangereuse. Bon courage !
Les analyses hebdomadaires
C’est certainement LA grande nouvelle économique de la semaine, voire de la fin d’année : l’Union européenne est prête à engager un plan de relance de l’investissement qui pourrait atteindre plus de 300 milliards d’euros (315 milliards précisément) ! Autrement dit : au diable la rigueur et vive la relance !
Seulement voilà, comme trop souvent avec les dirigeants politiques européens, les paroles sont fortes, mais les actes sont faibles. Ainsi, l’UE n’a aucunement l’intention d’injecter 315 milliards d’euros dans l’économie européenne, elle n’en a d’ailleurs pas les moyens. Non, le projet Juncker consiste simplement à engager 21 milliards d’euros (5 milliards via la Banque Européenne d’Investissement et 16 milliards via les Etats membres) d’investissements publics, en espérant que le secteur privé viendra compléter ce plan et en financer près de 95 %, soit 294 milliards. Oui, vous ne rêvez pas, il s’agit bien d’un effet de levier ou multiplicateur de 15, digne des plus grands spéculateurs de la planète. De quoi renommer le « plan Juncker » en « David Copperfield Show » ! Dans ce cadre, on aurait même pu monter le curseur à 1 000 milliards d’euros ! Blague à part, il faut bien comprendre que pour réussir à mobiliser les investisseurs privés, il est indispensable de leur donner ce qu’ils recherchent, en l’occurrence un retour sur investissement conséquent. Or, avec une croissance structurelle d’au mieux 0,8 %, la zone euro est loin de fournir le rendement marginal suffisant pour convaincre les investisseurs...