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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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L'humeur de la semaine - 03 septembre 2015
« Et bien alors, Marc, où est passé votre optimisme habituel ? » Telle est la remarque qui m’est régulièrement adressée depuis quelques mois et notamment depuis que j’ai annoncé que 2015 allait être une année difficile tant d’un point de vue économique que boursier. Soyez rassurés, je reste optimiste par nature. Pour autant, il serait stupide de se voiler la face : oui, une nouvelle crise économico-financière a bien commencé en 2015. Les symptômes sont malheureusement nombreux : ralentissement de l’économie chinoise, récession dans de nombreux pays (notamment « émergents », tels que l’Argentine, le Brésil et la Russie, mais aussi dans des pays développés, tel que le Canada), décélération de la croissance mondiale, correction boursière et forte volatilité des variables financières... Le pire est que face à ces évolutions défavorables, les armes de politique économique pour tenter de relancer la machine sont limitées, pour ne pas dire inexistantes. En fait, seuls les pays disposant de réserves de change conséquentes (notamment les pays asiatiques) et/ou d’une marge de manœuvre budgétaire appréciable (principalement l’Allemagne et la Chine) ont de quoi affronter cette nouvelle crise. Dans ces conditions, la crise de 2015 pourrait s’avérer encore plus difficile et dommageable que celle de 2008. Face à cette sombre perspective, il pourrait évidemment être tentant de baisser les bras. Mais attention : si nous nous décourageons, nous sommes alors sûrs de perdre, car le pessimisme est, par définition, auto-réalisateur et par là même destructeur. En revanche, nous pouvons aussi opter pour une deuxième solution : celle de la sortie de crise par le haut. Pour ce faire, il suffit de se retrousser les manches et de retrouver une certaine dose d’espoir, voire d’optimisme. Ne l’oublions jamais : les crises font partie de la vie économique. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’en mandarin, le mot « crise » se décompose en deux mots « danger » (Wei) et « opportunité » (Ji) !
L'humeur de la semaine - 28 août 2015
Nous l’avions annoncé pour septembre-octobre au plus tard, il s’est finalement produit en août. En fait, il aurait pu commencer dès juillet avec la nouvelle crise grecque, mais le manque de courage des dirigeants européens, associé à une nouvelle dépense de 85 milliards d’euros ont réussi à le décaler. L’inévitable ne pouvant être évité, le krach de 2015 a finalement éclaté avec la confirmation du ralentissement de l’économie de l’Empire du milieu et la dégringolade des bourses chinoises et asiatiques au sens large. Bien entendu, la réaction des autorités chinoises, l’annonce par la Fed du non-resserrement de sa politique monétaire ou encore le rachat spéculatif d’actions à bas prix sont parvenus à stopper l’hémorragie. Quelques arbres ne peuvent néanmoins cacher une forêt : le krach a bien commencé et les bourses mondiales sont entrées dans une phase de « bear market » (marché baissier) qui sera évidemment ponctuée de remontées temporaires mais qui devrait au moins durer jusqu’au début 2016. Nous allons donc retomber comme en 2008-2009 dans un mouvement d’exubérance et d’hystérie qui sera difficile à contrôler. Comme nous l’expliquons depuis le début du printemps, cette correction est normale. Elle correspond simplement au dégonflement d’une bulle financière, c’est-à-dire d’un écart cumulatif et auto-entretenu entre la valeur financière des actifs boursiers et la réalité économique. Si l’excès de liquidités mondiales a participé à alimenter cette bulle, il ne peut cependant aller à l’encontre d’une loi physique incontournable : les arbres ne montent pas au ciel. La question reste alors de savoir comment les économies de la planète vont réagir face à cette nouvelle crise. Malheureusement et comme après la crise de 2008, c’est la zone euro qui devrait pâtir le plus de cette nouvelle tempête...
L'humeur de la semaine - 21 août 2015
Comme chaque année, la rentrée de septembre suscite toutes les inquiétudes. Depuis 2007 et le début de la crise des subprimes, puis en 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, il faut malheureusement reconnaître que la peur de l'avenir prédomine. Et ce, tant pour les Etats que pour les marchés, les entreprises ou encore les particuliers. Cette année se situe peut-être encore un degré au-dessus sur l'échelle des inquiétudes, dans la mesure où après cinq années de vaches maigres, puis trois années de répit (du moins sur les marchés boursiers), les acteurs économiques de la planète se sont mis à croire à la reprise. Dès lors, une nouvelle déception pourrait replonger le monde économico-financier dans un accès de pessimisme auto-entretenu duquel il sera particulièrement difficile de sortir. C'est sur ce retour en force du défaitisme que tablent les « Bearish » pour prendre leur revanche. En effet, après trois années de rebond boursier et en dépit des nouveaux cadeaux accordés à la Grèce, les Cassandre ont repris du poil de la bête grâce à la panique boursière chinoise de cet été et ont retrouvé des ailes depuis la dévaluation du yuan et surtout avec la publication d'indicateurs faisant état du ralentissement de la croissance en Chine, au Japon, dans la zone euro et même aux Etats-Unis. Dès lors, alors qu'ils s'étaient faits oubliés depuis environ deux ans, les spectres du krach boursier et de la « debt deflation » reviennent progressivement hanter les esprits. Il faut se rendre à l’évidence : le krach boursier, que nous annonçons depuis plusieurs mois pour la rentrée de septembre-octobre, est devenu inévitable, voire souhaitable, de manière à remettre les pendules à l’heure. Au regard des évolutions récentes, force est de constater qu’il a déjà commencé...
L'humeur de la semaine - 12 août 2015
Comme nous l’avons souvent expliqué, notamment dans ces mêmes colonnes, les autorités chinoises disposent d’un sens de l’anticipation très développé. Ainsi, pendant que les Occidentaux peinent à se transposer à un horizon de six mois, les Chinois n’hésitent pas à faire des prévisions à dix ans, voire sur plusieurs décennies. C’est en partie grâce à cette vision de long terme qu’ils ont pu connaître une croissance exceptionnelle et quasiment ininterrompue depuis le début des années 80. De 1980 à 2015, le PIB chinois a ainsi progressé de 2 483 % en volume, c’est-à-dire hors inflation (selon les statistiques du FMI). Sur la même période, l’augmentation du PIB réel atteint 741 % en Inde, 157 % aux Etats-Unis et 84 % en France. C’est dire l’ampleur du « miracle » chinois et, entre parenthèses, celle du déclin français. Seulement voilà, les arbres ne montent pas au ciel, quand bien même s’agirait-il de sequoias. Autrement dit, depuis une dizaine d’années, les Chinois savent qu’une crise financière et une crise de croissance sont inévitables. Conformément à leur sens aigu de l’anticipation, ils ont ainsi confectionné deux armes déterminantes, que nous avons coutume d’appeler « airbags », à utiliser en cas de difficultés économiques et a fortiori de crise. En l’occurrence, un taux de change manipulable à l’envi et des réserves de changes d’environ 4 000 milliards de dollars. Lors de la crise boursière du début de cet été, les autorités chinoises ont ainsi puisé environ 100 milliards de dollars dans leurs réserves de changes pour stopper l’hémorragie. Néanmoins, pour éviter tout nouveau danger et notamment pour enrayer le ralentissement de leur croissance, ils ne se sont pas arrêtés là. Ainsi, les 11 et 12 août, les Chinois ont activé l’arme du taux de change, en dévaluant le yuan de plus de 3 %. Si cette rapide dépréciation a pris de court les investisseurs et l’ensemble des dirigeants occidentaux, semant la panique sur les bourses mondiales, elle est cependant tout à fait logique et prévisible. Mais également très dangereuse pour la stabilité économico-financière internationale...
L'humeur de la semaine - 07 août 2015
Chaque jour sur les marchés, les ours (« bears ») et les taureaux (« bulls ») s'affrontent, les premiers défendant le pessimisme et la déprime boursière, les seconds tentant de démontrer le contraire et de croire en l'avenir. Cette sémantique animalière ne fait finalement que refléter les « animal spirits » (instincts animaux) explicités par Keynes dans les années 1920 pour expliquer le mimétisme qui prévaut structurellement sur les marchés financiers. Depuis un an et demi, le « bear market » a laissé place à un « bull market » insatiable si bien qu’il en devient suspect. Car c’est bien là le problème essentiel des marchés : c’est lorsque tous les investisseurs convergent vers le même point qu’il faut commencer à s’inquiéter et à penser à l’inversion de tendance. D'ailleurs, aujourd'hui, en dépit des apparences, les marchés sont toujours assis sur un baril de poudre et une nouvelle étincelle dans les prochains mois pourrait engendrer un krach bien plus douloureux qu’en 2008 ou 2011. Mais, chut, il ne faut pas trop le crier sur les toits, cela pourrait réveiller les nombreux « bearish » qui hibernent sur les marchés. Et chacun sait qu'un ours mal réveillé et énervé peut devenir très méchant… En conclusion, la volatilité va rester forte tant sur les bourses que sur les marchés obligataires et seuls ceux qui savent naviguer en eaux troubles arriveront à tirer leur épingle du jeu. Pour les autres, il est temps de prendre ses bénéfices….
L'humeur de la semaine - 31 juillet 2015
Et c’est reparti ! Après une remontée à 65 dollars de fin avril à fin juin, le baril de brent est reparti en forte baisse depuis bientôt un mois. Avec un niveau actuel de 53 dollars, il se rapproche de son plancher de janvier dernier aux alentours des 48 dollars. Ah, qu’elle paraît loin l’époque où le baril de brut valait plus de 100 dollars et a fortiori lorsqu’il atteignait des sommets de 150 dollars ! A l’époque, les « spécialistes » de l’or noir hurlaient que les conséquences de ce pétrole cher allaient être catastrophiques et surtout que cette flambée ne faisait que commencer, soutenant que le prix normal du baril était aux alentours des 250 dollars... Aujourd’hui, alors que le baril fluctue entre 47 et 65 dollars depuis sept mois, les mêmes « analystes », rejoints d’ailleurs par beaucoup d’autres, soulignent que la baisse de ce cours est dangereuse et annoncent un effondrement de la croissance mondiale, ainsi que la poursuite de la dégringolade du prix du pétrole… D’où une question : où est la vérité dans tout ça ? Elle n’est déjà certainement pas dans les déclarations et prévisions de ces soi-disant « spécialistes du pétrole » qui disent tout et n’importe quoi depuis des années et qui ont quasiment toujours tort. en fait, il n’y a aucune raison de s’inquiéter. En effet, il ne faut pas se tromper sur le sens de la causalité : le repli du prix du baril est principalement une conséquence du ralentissement économique passé, alors que la production pétrolière et énergétique a continué de progresser. Il n’est donc absolument pas annonciateur d’un écroulement de l’activité économique de la planète. Bien au contraire. Et pour cause : lorsque le prix du baril augmente de 10 dollars, la croissance mondiale se retrouve amputée de 0,4 point. Réciproquement, lorsqu’il baisse de 10 dollars, le gain de croissance planétaire atteint 0,4 point. Autrement dit, grâce à la baisse du prix du baril et à son corollaire, le repli des cours des principales matières premières, la croissance mondiale pourra se stabiliser durablement entre 3 % et 3,5 %. Alors, vive la baisse du pétrole et vivement l’avènement d’une économie mondiale plus forte et moins dépendante de l’or noir.
L'humeur de la semaine - 26 juillet 2015
Alors que la Grèce a, pour le moment et pour la énième fois, été sauvée de la faillite, elle reste néanmoins en grand danger. Sa nouvelle demande officielle du soutien du FMI fait d’ailleurs étrangement penser à la situation de l’Argentine au début des années 2000. Une ressemblance parmi de nombreuses autres. Il s’agit effectivement de la crise de la dette la plus connue et la plus dévastatrice. Du moins avant que ne survienne sa sœur cadette, en l’occurrence celle de la Grèce. La crise argentine est ainsi un cas d’école dramatique qui montre exactement ce qu’il ne faut pas faire et qui a pourtant été renouvelé avec la Grèce. A une grande différence près : pour sortir de la crise, l'Argentine a dû fortement dévalué sa devise. La dépréciation est effectivement le seul moyen pour sortir de la spirale destructrice. Seulement voilà, plus ce choix est tardif, plus la crise est dévastatrice et plus les séquelles sont nombreuses et durables. D’ailleurs, encore aujourd’hui, l’Argentine reste empêtrée dans une croissance structurellement molle, un chômage élevé et une insécurité sociétale tenace, subissant même un nouveau défaut l’an passé. Comme quoi, la maladie de la dette a la vie longue. Est-ce vraiment cela que nous voulons faire à la Grèce en la maintenant artificiellement dans une zone euro qu’elle ne peut pas supporter, sauf avec des perfusions régulières de milliards d’euros que ses créanciers ne récupéreront jamais ?
L'humeur de la semaine - 17 juillet 2015
Tout ça pour ça ! Après cinq mois de tensions et d’atermoiements, puis après avoir refusé le plan d’aide de la zone euro, précipitant son pays au bord de la faillite, Tsipras a finalement accepté les exigences européennes, en échange d’une nouvelle aide d’environ 85 milliards d’euros, qui viennent donc s’ajouter aux 350 milliards d’euros déjà consentis depuis 2010, sans parler des nombreuses aides communautaires depuis les années 1980. A l’évidence, la facture grecque commence à devenir très salée. Pour autant, tout le gratin politique eurolandais a retrouvé le sourire. Mais au-delà de ces apparences, il faut tout de même rester sérieux : qui croit encore que la Grèce remboursera sa dette et même les intérêts de cette dernière ? De même, comment peut-on croire que Tsipras va vraiment engager les réformes demandées par les Eurolandais ? Soyons réalistes : la Grèce, la France et les Européens ne font que gagner du temps, en attendant l’inévitable, c’est-à-dire le non-remboursement de tout ou partie de la dette grecque.Et alors ? Pourrait-on objecter, à l’instar de François Hollande et de la grande majorité de la classe politique française, mieux vaut payer que prendre le risque d’un Grexit. Vu les centaines de milliards d’euros déjà dépensés, ce ne sont pas quelques 85 milliards d’euros supplémentaires qui vont changer la donne… Au-delà de l’erreur de raisonnement et de stratégie que cette analyse représente, le vrai drame est que la nouvelle crise grecque a considérablement froissé l’amitié franco-allemande. Pis, l’Allemagne a été montrée du doigt, notamment dans l’Hexagone et avec des références historiques parfois pitoyables. Aussi, un ressort a bien été cassé et il sera difficile de le réparer. Et ce d’autant qu’outre-Rhin, de plus en plus de voix s’élèvent à l’encontre de la zone euro. Et oui, à force d’imaginer que la Grèce pourrait sortir de la zone euro, on a fini par oublier que le pays le plus enclin à claquer la porte de cette dernière pourrait bien être l’Allemagne. Autrement dit, si le Grexit a pour l’instant été évité, il pourrait très rapidement revenir sur le devant de la scène ou alors être tout simplement remplacé par un Gerxit : Germany Exit !
L'humeur de la semaine - 10 juillet 2015
Ah, les ravages de la pensée unique ! Sur la quinzaine d’économistes français interrogés par LeFigaro.fr sur l’issue de la crise grecque, nous sommes quasiment les seuls à défendre la nécessité d’un « Grexit » pour le bien de la zone euro, mais aussi pour celui de la Grèce. Il est clair qu’en Allemagne, en Belgique, mais aussi en Italie et au Portugal, le rapport de forces aurait été bien différent. Mais, peu importe, dans un pays où la frilosité, la peur de l’avenir et l’hypocrisie sont devenues dominantes, nous préférons avoir le courage de nos opinions plutôt que de tomber dans les travers du consensus mou. Car arrêtons de nous voiler la face : en élisant Syriza, puis en disant largement "non" au référendum, le peuple grec a définitivement choisi : la Grèce ne remboursera pas sa dette et doit donc quitter la zone euro. Dès lors, ne nous leurrons pas : si les Européens accordent un nouveau cadeau à la Grèce (et c'est certainement ce qu'ils vont faire), ils ouvriront une boîte de pandore qu’ils ne pourront plus refermer : celle de la fin de la zone euro. Car si un « Grexit » en douceur est gérable aujourd’hui, un Spanexit dans quelques mois sonnera définitivement le glas de la zone euro. Sans attendre ce triste dénouement, l’économie mondiale et les marchés financiers internationaux risquent d’être secoués par une autre tempête, venue cette fois-ci de l’Empire du milieu... Plus que jamais notre scénario d’un krach obligataire et boursier en 2015 est conforté par la réalité. En fait, il a déjà commencé. Attention cependant : si les risques chinois, grecs, américains sont identifiés, il ne faut pas oublier que le vrai détonateur d’un krach provient souvent d’une origine inattendue. Dans cette perspective, nous lancerons donc un seul mot d’ordre : carpe diem. Profitez bien des vacances car la rentrée risque d’être très chaude et très agitée.
L'humeur de la semaine - 02 juillet 2015
Cela commence vraiment à devenir grotesque : après avoir joué au poker menteur avec l’ensemble de la communauté internationale depuis son élection, Alexis Tsipras s’est lancé dans un dérapage incontrôlé et suicidaire. En effet, courbant une nouvelle fois l’échine, les Etats eurolandais étaient prêts à accorder à la Grèce une nouvelle aide de 15,5 milliards d’euros, en lui donnant un nouveau délai de six mois pour mettre en place quelques réformettes, du type « améliorer la collecte des impôts » qui fait toujours défaut dans le pays d’Aristote. Face à ce nouveau cadeau (qui fait suite aux 350 milliards d’euros déjà consentis à la Grèce depuis 2010), tout dirigeant normalement constitué aurait dû l’accepter. Pour autant, le soi-disant « sauveur » (selon les termes de certains politiciens et observateurs français !) Tsipras et toute son équipe de joueurs de poker ont donc décidé de dire « Non ! ». Et pour bien narguer les Etats européens, ils ont même choisi d’engager un référendum sur l’acceptation de l’aide internationale en appelant à voter « Non ! ». Devant autant de dérapages, d’amateurisme et d’irresponsabilité, il n’y a donc plus que deux solutions : soit la Grèce dit « Oui » au référendum, entraînant de facto la démission de Tsipras, puis de nouvelles élections et, espérons-le, une issue définitive à la crise grecque. Soit le « Non » l’emporte et la Grèce se mettra au ban des Nations et devra quitter la zone euro. Il faut effectivement avoir le courage d’aller jusqu’au bout de ses actes. Si les Grecs refusent les règles de l’Union Economique et Monétaire, ils ne peuvent plus y rester. Il en va de la crédibilité de la zone euro et aussi de sa viabilité pour les mois et les années à venir. Autrement dit, le Grexit (pour peu qu’il soit organisé et contrôlé, donc sans Syriza) constituera un mal pour un bien. Bien sûr pour pouvoir sauver la zone euro, mais aussi pour permettre à la Grèce de sortir enfin d’une crise qui n’en finit plus. Explications...
L'humeur de la semaine - 12 juin 2015
Comme nous le craignions depuis quelques mois, la croissance mondiale est bien en train de ralentir en douceur. Du moins pour le moment. En effet, même s’il n’y a pas de quoi s’inquiéter outre-mesure, les dernières statistiques économiques et les indicateurs avancés de l’activité dans l’ensemble des principaux pays de la planète dénotent une sensible décélération. Et ce, notamment dans les principales locomotives de l’économie internationale que sont les Etats-Unis, la Chine et une grande partie des pays émergents, à l’exception notable de l’Inde qui reste l’un des rares pays à continuer d’accélérer. Bien différemment, la Chine est en train de s’installer sur un rythme de croissance plus faible que par le passé. Cette dernière restera certes très appréciable puisqu’elle devrait osciller entre 6,5 % et 7 % en 2015 et 2016. Beaucoup plus inquiétant, d’autres pays émergents ne parviennent plus à retrouver le chemin de la croissance forte, voire sombrent dans la récession. C’est notamment le cas de la Russie et du Brésil. Parallèlement, les croissances des pays développés se contenteront d’osciller autour de leurs niveaux structurels, en l’occurrence 2,5 % pour les Etats-Unis, 2,3 % pour le Royaume-Uni, 1 % pour le Japon et l’Allemagne, 0,8 % pour la zone euro ou encore 0,7 % pour la France. Au total, nous avons dû réviser en légère baisse nos prévisions de croissance mondiale, à 3,3 % en 2015 et 3 % en 2016. Des niveaux qui ne justifient absolument pas les plafonds atteints récemment par les grands indices boursiers et qui montrent que ces derniers sont bien entrés dans une bulle, qui a d’ailleurs déjà commencé à se dégonfler. Il ne reste donc plus qu’à espérer que les krachs obligataires et boursiers de l’automne prochain ne seront que passagers et n’auront qu’un impact limité sur le rythme de la croissance mondiale, car sinon ils engendreront un cercle pernicieux « récession économique - déprime boursière » particulièrement dévastateur.
L'humeur de la semaine - 05 juin 2015
En annonçant dès le début 2015 que les marchés financiers allaient connaître une année difficile ou encore en expliquant il y a quelques mois qu’un krach obligataire et boursier allait se produire d’ici l’automne prochain, nous prenions des risques. Mais n’est-ce pas là notre métier ? Nous savons cependant que, compte tenu de ces prises de position et en dépit de nos réussites passées, nous sommes constamment attendus au tournant, notamment par ceux qui refusent de prendre des risques et suivent bêtement le consensus, préférant avoir tort avec tout le monde que raison tout seul… Cette année encore, ces partisans du consensus mou vont donc encore se tromper. Même s’il ne faut évidemment pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, la récente et forte remontée des taux d’intérêt des obligations d’Etat, ainsi que la baisse marquée des indices boursiers montre effectivement que la nouvelle crise a déjà commencé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : - 8 % pour l’Eurostoxx 50 depuis la mi-avril, - 7 % pour le Cac 40 depuis la fin avril, ou encore - 2,1 % pour le Dow Jones en dix jours. Parallèlement, les taux longs eurolandais se sont nettement tendus : de 0,25 % le 20 avril dernier à 1,1 % pour le taux d’intérêt à 10 ans de l’OAT, de 1,19 % le 7 avril à 2,3 % pour celui des obligations de l’Etat italien. Même le Bund allemand a bu la tasse, voyant son taux à 10 ans passer de 0,016 % le 17 avril dernier à actuellement 0,8 %. Le nouveau délai imposé par la Grèce et accordé à contrecœur par le FMI pour différer le remboursement des échéances des prochains jours à fin juin ne fait que confirmer que le but de toutes les négociations récentes est simplement de gagner du temps. Or, comme en témoigne l’évolution récente des marchés financiers, le dégonflement de cette double bulle a déjà commencé. Espérons simplement qu’il ne s’agira que d’un nouveau krach parmi d’autres et non du « big one », qui entraînerait le monde et plus particulièrement l’Europe dans une nouvelle décennie de crise économique et sociale...
Les analyses hebdomadaires
« Et bien alors, Marc, où est passé votre optimisme habituel ? » Telle est la remarque qui m’est régulièrement adressée depuis quelques mois et notamment depuis que j’ai annoncé que 2015 allait être une année difficile tant d’un point de vue économique que boursier. Soyez rassurés, je reste optimiste par nature. Pour autant, il serait stupide de se voiler la face : oui, une nouvelle crise économico-financière a bien commencé en 2015. Les symptômes sont malheureusement nombreux : ralentissement de l’économie chinoise, récession dans de nombreux pays (notamment « émergents », tels que l’Argentine, le Brésil et la Russie, mais aussi dans des pays développés, tel que le Canada), décélération de la croissance mondiale, correction boursière et forte volatilité des variables financières... Le pire est que face à ces évolutions défavorables, les armes de politique économique pour tenter de relancer la machine sont limitées, pour ne pas dire inexistantes. En fait, seuls les pays disposant de réserves de change conséquentes (notamment les pays asiatiques) et/ou d’une marge de manœuvre budgétaire appréciable (principalement l’Allemagne et la Chine) ont de quoi affronter cette nouvelle crise. Dans ces conditions, la crise de 2015 pourrait s’avérer encore plus difficile et dommageable que celle de 2008. Face à cette sombre perspective, il pourrait évidemment être tentant de baisser les bras. Mais attention : si nous nous décourageons, nous sommes alors sûrs de perdre, car le pessimisme est, par définition, auto-réalisateur et par là même destructeur. En revanche, nous pouvons aussi opter pour une deuxième solution : celle de la sortie de crise par le haut. Pour ce faire, il suffit de se retrousser les manches et de retrouver une certaine dose d’espoir, voire d’optimisme. Ne l’oublions jamais : les crises font partie de la vie économique. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’en mandarin, le mot « crise » se décompose en deux mots « danger » (Wei) et « opportunité » (Ji) !
A suivre du 31 août au 4 septembre :
- Lundi 31, 11h (heure de Paris) : l’inflation se stabilise à 0,2 % dans la zone euro.
- Mardi 1er, 3h45 : confirmation de la nouvelle baisse largement sous les 50 de l’indice Caixin PMI dans l’industrie chinoise.
- Mardi 1er, de 9h50 à 10h : les indices Markit PMI des directeurs d’achat dans l’industrie sont révisés en légère baisse en France, en Allemagne et dans la zone euro.
- Mardi 1er, 11h : le taux de chômage se stabilise à 11,1 % dans la zone euro.
- Mardi 1er, 15h45 : aggravation de la baisse des indices Markit PMI dans l’industrie aux Etats-Unis.
- Mardi 1er, 16h : l’indice ISM des directeurs d’achat recule outre-Atlantique.
- Mercredi 2, 14h15 : les créations d’emplois ralentissent aux Etats-Unis selon l’ADP.
- Mercredi 2, 14h30 : la productivité américaine rebondit légèrement au deuxième trimestre.
- Mercredi 2, 16h : la reprise des commandes industrielles se poursuit aux Etats-Unis.
- Jeudi 3, 3h45 : l’indice Caixin PMI dans les services recule sensiblement en Chine.
- Jeudi 3, 7h30 : le taux de chômage augmente à 10,4 % au deuxième trimestre 2015 en France.
- Jeudi 3, de 9h50 à 10h : les indices Markit PMI des directeurs d’achat dans les services sont révisés en légère baisse en France, en Allemagne et dans la zone euro.
- Jeudi 3, 13h45 : nouveau statu quo de la BCE.
- Jeudi 3, 14h30 : quasi-stabilisation du déficit extérieur américain.
- Jeudi 3, 16h : nette baisse de l’indice ISM des directeurs d’achat dans le secteur non-manufacturier aux Etats-Unis.
- Jeudi 3, 20h : la Fed ne peut pas se permettre d’augmenter ses taux directeurs à court terme.
- Vendredi 4, 7h45 : stabilisation de l’indice INSEE de confiance des ménages français.
- Vendredi 4, 11h : la croissance de 0,3 % du PIB eurolandais est confirmée pour le deuxième trimestre 2015.
- Vendredi 4, 14h30 : les créations d’emploi ralentissent et le taux de chômage se stabilise outre-Atlantique.