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France : les ennuis recommencent... 19/06
Marchés : entre craintes et espoirs... 13/06
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"Quand la zone euro explosera..."
L'un des best-sellers des livres économiques en 2013
Le premier livre a avoir prévu la sortie de la récession dès février 2009
Plus de 15 000 exemplaires vendus
Merci aux 12500 signataires de la
petition pour une BCE responsable
Malheureusement, le combat continue...
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Economic World - 20 février 2017
Sans surprise, la croissance économique de la zone euro est restée molle au quatrième trimestre 2016. En effet, le PIB eurolandais n’a augmenté que de 0,4 %, contre 0,5 % tant au troisième trimestre 2016 qu’au quatrième de 2015. Conséquence logique de ces évolutions, son glissement annuel est passé de 1,8 % au troisième trimestre 2016 à désormais 1,7 %. Un résultat qui est d’ailleurs le même pour la croissance annuelle moyenne de 2016, soit 0,2 point de moins qu’en 2015. En dépit du fameux « alignement des planètes », l’économie eurolandaise a donc bien décéléré l’an passé. Et, comme l’indique la baisse de l’indice ZEW en février, ce ralentissement se poursuivra en 2017. Dès lors, après avoir atteint 9,6 % en décembre 2016, le taux de chômage devrait au mieux stagner cette année. Parallèlement, l’économie américaine n’est pas flamboyante, comme en témoigne la baisse surprise de 0,3 % de la production industrielle en janvier. Après avoir rebondi à 0,7 % en décembre, son glissement annuel est retombé à 0 % en janvier. Autrement dit, à l’instar de ce qui s’observe dans la zone euro, il existe un décalage entre la bonne orientation des données d’enquêtes et la réalité du terrain. Dès lors, il est à craindre qu’en 2017 la croissance américaine reste proche des 2 % sans pouvoir dépasser les 2,5 %. Le problème est qu’en dépit de cette croissance relativement molle, l’inflation continue d’augmenter...
L'humeur de la semaine - 17 février 2017
Il y a quasiment un an, le 26 février 2016 pour être exact, j’écrivais dans cette même rubrique un article intitulé « Trump, Brexit : les Anglo-saxons vont-ils franchir le Rubicon ? » dans lequel j’expliquais pourquoi tant le Brexit que Donald Trump avaient de grandes chances de l’emporter, tout en espérant que le pire serait finalement évité. Un an plus tard, alors que ces deux évènements de politique fiction sont devenus réalités, nous nous trouvons face à une situation encore plus dangereuse, mais cette fois-ci dans notre « douce France ». En effet, pendant que François Fillon continue de se faire lyncher parce qu’il a simplement osé défendre la nécessité de baisser les dépenses publiques, pendant que François Bayrou se prépare à jouer une nouvelle fois contre son camp et pendant qu’Emmanuel Macron, toujours en panne de programme, préfère faire des vagues sur les hackers russes et la colonisation de l’Algérie (qui a pris fin en 1962 !), Marine Le Pen continue de marquer des points. Mieux, ou plutôt pire, elle n’a jamais été aussi proche de la victoire. Et ce d’autant qu’un second tour « Hamon - Le Pen » devient de plus en plus probable. La bonne nouvelle c’est que, le cas échéant, nous aurons les quinze jours de l’entre-deux tours pour sortir notre épargne et faire nos valises... Le problème est que face à ce danger, nous réagissons de la même façon que les Britanniques à quelques jours du vote en faveur du Brexit et rééditons ainsi les mêmes erreurs...
Economic World - 13 février 2017
Comme nous l’annonçons depuis plusieurs mois, la volatilité s’est non seulement installée sur les marchés financiers, mais ne cesse de s’intensifier. Ainsi, au gré des déclarations de Donald Trump, des sondages sur l’issue des élections présidentielles françaises, ou encore des annonces du FMI sur l’état de l’économie grecque, les marchés passent de l’euphorie à la déprime et réciproquement. Une fois encore, il est donc indispensable de garder la tête froide et de faire ses prévisions sur la base des fondamentaux économiques. Ainsi, au regard de ces derniers, il ne fait aucun doute que les marchés boursiers et obligataires sont surévalués et que des ajustements baissiers sur les cours des actions et haussiers sur les taux des obligations d’Etat vont se produire dans les prochains mois. Et ce d’autant que l’instabilité politique va rester forte. D’ores et déjà, les taux des obligations des Etats eurolandais ont fortement augmenté au cours des derniers mois, une tension qui s’intensifie depuis quelques semaines. Il n’y a donc plus de doute : le krach obligataire a bien commencé dans la zone euro et ne manquera pas de s’intensifier au cours des prochains mois. Avec un premier test majeur : les élections législatives néerlandaises du 15 mars. Si l’extrême droite l’emporte et a fortiori si elle peut former un gouvernement (ce qui n’est pour le moment pas envisagé), les marchés obligataires mais aussi boursiers devraient connaître de fortes secousses.
L'humeur de la semaine - 10 février 2017
Comme dirais Georges Perec : « je me souviens » de cette année 1992 où le Traité de Maastricht a été signé par les chef d’Etat européens, puis validé de justesse lors d’un référendum à hauts-risques en France. A l’époque, tout paraissait si simple : l’euro devait permettre de consolider à jamais la construction européenne, mais aussi de concurrencer le dollar, de permettre l’avènement d’une croissance forte et durable, avec à la clé le retour du plein-emploi. Pour y parvenir, comme cela était d’ailleurs mentionné dans ce Traité fondateur, l’Union Economique et Monétaire (UEM) devait rapidement tendre vers une union politique, avec harmonisation des conditions fiscales et règlementaires, sans oublier un marché du travail unique et un budget fédéral. Et pourtant ! 25 ans plus tard, force est de constater que tous ces espoirs ont été vains. D’abord sur le front des résultats économiques. En 1992, la zone euro actuelle (c’est-à-dire avec ses 19 pays membres) représentait 21 % du PIB mondial, soit seulement un point de moins que les Etats-Unis et 17 points de plus que la Chine. Aujourd’hui, son poids dans la richesse mondiale est tombé à 11 %, contre 16 % pour l’Oncle Sam et 18 % pour l’Empire du milieu. Mais, au-delà de ces échecs, le plus cuisant réside dans l’incapacité des Européens à créer une véritable zone monétaire optimale. En effet, bien loin des engagements du Traité en matière d’harmonisation, les dirigeants ont préféré agrandir la zone euro avec aujourd’hui 19 pays, dont les structures économiques sont de plus en plus différentes, voire divergentes. Autrement dit, avant de consolider les fondations de la zone euro, ses dirigeants ont voulu directement construire le troisième étage. Si bien que l’UEM est inévitablement devenue une tour de Pise. Il faut donc être clair : sauf si une prise de conscience miraculeuse se produit, notamment en France, afin d’engager la zone euro vers une harmonisation des conditions fiscales et réglementaires, avec un budget fédéral efficace mais aussi moins de rigidités structurelles, l’UEM telle que nous la connaissons aujourd’hui aura disparu avant 2020. Cela ne signifiera d’ailleurs peut-être pas la fin de l’euro, mais l’avènement d’une zone monétaire plus restreinte, avec une vraie intégration, une véritable union fédérale, des règles strictes et une entraide à toute épreuve. C’était justement le but du traité de Maastricht. Dommage que les dirigeants européens ne le comprennent qu’aujourd’hui, 25 ans plus tard…
L'humeur de la semaine - 04 février 2017
Non, les crises politiques ne sont pas l’apanage des pays d’Europe du Sud ou d’Amérique latine. La France n’a désormais plus rien à envier à l’Italie, la Grèce, l’Espagne ou le Brésil. Depuis quelques mois, les surprises et rebondissements politiques en tous genres ne cessent effectivement de s’accumuler, décrédibilisant davantage une classe politique déjà bien peu respectée. Dès lors, face aux dérapages et déceptions suscités par les dirigeants politiques hexagonaux, de plus en plus de Français souhaitent renverser la table, avec toutes les catastrophes économiques et sociales que cela risque d’engendrer. Ne restons donc pas aveugles et prenons enfin conscience que les évènements récents indiquent que la stabilité politique et sociétale du pays est en danger. Le pire est que, pour le moment, quelle que soit l’issue des élections présidentielles de 2017, il est quasiment certain qu’au lendemain de ces dernières, la France connaîtra une grave crise économique et financière. Pour éviter d’en arriver là, il n’y a qu’une seule solution : que le prochain président français engage une baisse des impôts pour tous (de manière à redonner de l’espoir et du pouvoir d’achat), réduise les dépenses publiques de fonctionnement, diminue les charges qui pèse sur le travail, ce qui améliorera les salaires nets. Et ce, bien entendu sans augmenter le taux de TVA, ni la CSG. Parallèlement, il devra fluidifier le marché de l’emploi, favoriser l’investissement innovant et permettre aux banques et aux investisseurs de mieux financer l’économie. Ne soyons donc pas trop pessimistes, la solution existe. C’est déjà une bonne nouvelle. La mauvaise nouvelle c’est que, malheureusement, pour le moment, aucun candidat ne paraît à la hauteur de la situation.
L'humeur de la semaine - 27 janvier 2017
Dans un monde de plus en plus incertain, imprévisible et déconcertant, il pourrait être tentant de baisser les bras et de se tourner vers l’astrologie. C’est d’ailleurs ce que font trop souvent certains politiciens et prévisionnistes en tous genres. Rassurez-vous, tel n’est pas notre cas et nous continuerons de faire nos prévisions sur la base des fondamentaux économiques, en tout indépendance et bien loin des étoiles... Pour autant, en ce nouvel an chinois, force est de constater que certaines coïncidences apparaissent troublantes. Ainsi, les années de croissance mondiale forte correspondent souvent à celles du dragon (1989, 2000, 2012), du tigre (1998, 2010), voire du chien (2006). A l’inverse, les récessions et krachs boursiers se produisent souvent lors des années du buffle (1973, 1997, 2009), du porc (1971, 1995, 2007), du lièvre (1939, 1987, 2011), voire du rat (1936, 2008). L’an passé, l’année du « singe de feu » devait consacrer le règne de la violence, de la folie et des surprises. Et, comme par hasard, notamment sur ce dernier point, nous avons été particulièrement « gâtés », entre le Brexit, la victoire de Trump, sans oublier la flambée des marchés boursiers qui a fait fi de tous ces bouleversements. Et malheureusement, nous ne sommes vraisemblablement pas au bout de nos peines, puisque l’année qui commence est celle du « coq de feu », dont les principales caractéristiques symboliques sont l’agressivité, le combat et la volatilité. Autrement dit, il est fort probable que d’autres pays prendront exemple sur les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour renverser la table et se lancer dans des mouvements excessifs, voire extrémistes. De quoi inévitablement, donner la chair de poule… Au-delà des enseignements du calendrier chinois, il faut reconnaître que la flambée des marchés boursiers en dépit des risques évidents qui pèsent sur 2017 commence à devenir inquiétante. Cet aveuglement collectif ressemble de plus en plus à la situation qui prévalait en 2000, ou encore en 2007-2008. A savoir, un environnement dans lequel tous les arguments logiquement baissiers sont jetés aux oubliettes, tandis que les mobiles faussement haussiers sont mis en exergue. Or, lorsque tous les investisseurs vont dans le même sens, c’est forcément le moment de prendre le chemin inverse, encore faut-il en avoir le courage. Autrement dit, nous persistons et signons : les marchés boursiers et obligataires sont bien en bulle, c’est-à-dire déconnectés de la réalité économique. Cela ne signifie pas qu’ils vont s’effondrer dès demain. Et pour cause : les bulles deviennent encore plus exubérantes lorsqu’elles s’approchent de leur fin. En d’autres termes, nous ne pouvons pas prédire avec exactitude la date du renversement, mais une chose nous paraît certaine : les marchés obligataires et boursiers vont connaître une phase de net ajustement baissier au cours de l’année 2017. Et sans vouloir jouer les « coqs » de mauvais augure : mieux prévenir que guérir.
L'humeur de la semaine - 20 janvier 2017
L’être humain est ainsi constitué que, trop souvent, il ne comprend la gravité de la situation que devant le fait accompli. Autrement dit, en dépit des alertes et des avertissements, il préfère s’enfermer dans le déni de réalité pour ne réagir que lorsqu’il est déjà trop tard. Ainsi, depuis une quinzaine d’années et dans un souci de sauver l’Europe, de nombreux économistes, analystes et politologues en tous genres n’ont cessé de mettre en avant les ratés de la construction européenne et les dangereux manquements de la zone euro. Pour ma part, j’ai, par exemple, constamment dénoncer une politique trop monétariste de la part de la BCE, qui a sacrifié la croissance et l’emploi sur l’autel d’une inflation imaginaire. Cette stratégie destructrice et suicidaire n’a pris fin qu’avec l’arrivée de Mario Draghi à la tête de la BCE en novembre 2011, c’est-à-dire presque treize ans après la création de l’Union Economique et Monétaire (UEM). Quel gâchis et que de temps perdu ! Parallèlement, je n’ai cessé de défendre, avec de nombreux autres, que la zone euro ne pourrait perdurer qu’avec l’instauration d’une véritable zone monétaire optimale, c’est-à-dire avec l’harmonisation des conditions fiscales, réglementaires et la création d’un budget fédéral européen. Dans « Quand la zone euro explosera » (Editions du moment, 2012), j’ai même écrit que sans ces réalisations, l’UEM finirait par disparaître à l’horizon de la décennie 2020. Et malheureusement, comme rien n’a été fait, cette explosion devient de plus en plus probable. Sans attendre ce funeste scénario, le Royaume-Uni a dernièrement envoyé un signal fort, puisque non seulement sa population a décidé de quitter l’Union européenne, mais, au surplus, Theresa May a engagé son pays dans un « hard Brexit ». Dans le sillage de ces annonces tonitruantes, le Président Trump n’a pas hésité à féliciter les Britanniques pour leurs choix, à dénoncer les échecs de l’Union européenne et à vilipender Angela Merkel sur sa politique migratoire. Oui, le monde qui nous a vu naître a définitivement disparu. Les Anglais et les Américains l’ont compris et sont prêts à transformer radicalement leurs structures économiques pour affronter le nouveau monde. Il serait temps que les Eurolandais et les Français le comprennent et en fassent de même. Sinon, des choix extrémistes et dévastateurs pourraient finir par l’emporter, suscitant une nouvelle crise majeure, qui pourrait bien marquer la fin de la zone euro et de l’Union européenne. Et, à ce moment-là, il sera vraiment trop tard…
L'humeur de la semaine - 13 janvier 2017
L'humeur de la semaine - 05 janvier 2017
Après une année 2016 particulièrement riches en bouleversements (Brexit, victoire de Donald Trump, destitution de Madame Rousseff au Brésil, remontée des prix de nombreuses matières premières et notamment du pétrole, nouveaux records historiques pour le Dow Jones), l’année 2017 se présente comme celle de tous les espoirs, mais aussi de tous les dangers. En effet, si les dernières statistiques internationales indiquent que la croissance mondiale est bien en train de s’améliorer, l’importance, tant par le nombre que par la gravité, des risques qui menacent l’économie planétaire empêche tout excès d’optimisme et nous impose de rester prudents. Mais commençons par les espoirs. Ainsi, après avoir réussi à surmonter sans trop de difficultés tous les chamboulements de 2016, l’économie mondiale commence 2017 avec une « pèche d’enfer ». C’est du moins ce qu’indiquent les derniers indicateurs avancés de la conjoncture mondiale, et notamment les enquêtes des directeurs d’achat. Ainsi, nous anticipons une croissance mondiale qui atteindra 3,3 % en 2017, soit environ 0,5 point de plus qu’en 2016, mais encore 0,2 point de moins que sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 % de 1980 à 2015). En fait, 2017 se présente plutôt bien pour l’économie mondiale, qui demeure cependant fragile et toujours menacée par cinq grands dangers. Un : les risques géopolitiques et d’attentats. Deux : une forte remontée des taux d’intérêt des obligations d’Etat dans l’UEM. Trois : un « hard Brexit ». Quatre : un « hard Trump » avec dérapage protectionniste mondial. Cinq : une montée populiste lors des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Voilà pourquoi nous anticipons une baisse de 10 à 15 % des grands indices boursiers à l'horizon du printemps 2017, avant une remontée progressive et limitée à l’automne. En conclusion, si 2017 se présente sous de bons auspices, il faudra rester vigilants et se préparer à des mouvements de fortes corrections baissières et de volatilité élevée des indices boursiers, au gré des dangers à venir. Rien d'insurmontable, mais mieux vaut prévenir que guérir…
Economic World - 02 janvier 2017
En dépit des craintes et des dangers, le pire a donc finalement été évité en 2016. Rien de mieux que quelques graphiques pour s’en rendre compte. Ainsi, après un début d’année difficile, la croissance mondiale a réussi à se redresser à partir de l’été, pour finalement atteindre 2,8 %, voire 3 % si l’on en croit les prévisions (certes un peu optimistes) du FMI. Comme d’habitude, c’est le monde émergent qui a permis de tirer la croissance mondiale vers le haut, en particulier grâce à la Chine et l’Inde. Après avoir fait craindre le pire, la croissance chinoise est restée proche de 7 %, notamment grâce à la résistance de la consommation des ménages et de l’investissement dans l’industrie. Dans le même temps, alors que sa victoire aux Présidentielles américaines faisait craindre le pire, Donald Trump a réussi à rassurer les marchés, mais aussi les acteurs économiques des Etats-Unis. A commencer par les entreprises, mais aussi les ménages. Ainsi l’indice de confiance de ces deniers calculé par le « Conference Board » a flambé en novembre et décembre, atteignant même 113,7 au cours de ce dernier mois, un plus haut depuis juillet 2001 ! Parallèlement, les marchés boursiers ont nettement progressé en fin d’année, en particulier outre-Atlantique, avec de nouveaux records historiques pour le Dow Jones. Une remontée boursière internationale qui fait davantage penser à la formation d’une nouvelle bulle plutôt qu’à l’avènement d’une tendance durablement haussière. De quoi rappeler qu’en 2016, le pire a été évité, mais de justesse…
L'humeur de la semaine - 30 décembre 2016
Brexit, Trump élu président des Etats-Unis, démission de Renzi à la suite du refus des Italiens de moderniser leurs structures politiques, Dilma Rousseff destituée au Brésil, Hollande abandonné par son propre camp et Fillon plébiscité (du moins par la droite française). A l’évidence, l’année 2016 a été particulièrement détonante pour les démocraties occidentales. Autant d’évènements majeurs qui ont pourtant un point commun : la défaite de la pensée unique et de l’establishment. En effet, que ce soit aux Etats-Unis avec la victoire d’un candidat qui n’avait initialement qu’1 % de chance de gagner les primaires des Républicains, au Royaume-Uni, avec le vote en faveur du Brexit qui était donné perdant par tous les sondages jusqu’à la veille du référendum, ou encore en France avec le succès de François Fillon à la primaire de la droite, qui selon les « experts » politiques n’avait aucune chance d’atteindre le second tour, l’intelligentsia et le consensus bien-pensants ont eu tort. Tort de mentir et de considérer que les populations des pays occidentaux n’auraient pas le courage d’emprunter la voie de la thérapie de choc. Mais il y a encore plus fort. Ainsi, alors que le choix des Britanniques en faveur du Brexit et la victoire de Trump outre-Atlantique étaient annoncés comme dévastateurs voire cataclysmiques pour les marchés financiers et la croissance mondiale, aucune de ces funestes prévisions n’a été réalisée. Bien au contraire. En fait, tous les évènements détonants de 2016 marquent un tournant historique. D'où le titre de mon sixième livre sorti fin septembre « La fin d’un monde ». Comme ses prédécesseurs, ce dernier s’est très vite hissé en tête des ventes des essais économiques (merci d’ailleurs une nouvelle fois pour votre fidélité). Et ce, malgré une « omerta » de certains médias qui, après le « blacklistage », en vain, de « Guérir la France La thérapie de choc », ont décidé de rester dans le déni de réalité, préférant le « politiquement correct », tout en refusant d’admettre que le monde a profondément et définitivement changé. Comme dit le proverbe chinois : « Lorsque souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins. ». Alors, comme le défend ce livre, employons-nous à faire les bons choix, à devenir des bâtisseurs qui ont compris que la fin d'un monde est avant tout le début de toutes les opportunités. En attendant, toute l’équipe d’ACDEFI se joint à moi pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année et une formidable année 2017.
L'humeur de la semaine - 23 décembre 2016
Ne cachons pas notre satisfaction : nous l’avions annoncé il y a un an, l’euro est bien sous 1,05 dollar pour la fin 2016 ! Qui l’eut cru ? Il s’agit évidemment d’une bonne nouvelle pour la croissance eurolandaise, mais aussi pour l’ensemble des entreprises et des particuliers de la zone euro, à quelques exceptions près. La baisse de l'euro produit trois types d'effets favorables : davantage d'exportations, plus de compétitivité des produits nationaux vis-à-vis des produits importés, donc plus de parts de marché pour les premiers et, enfin, plus d'investissements étrangers dans l'UEM et moins de fuite de capitaux à l'extérieur de cette dernière. En fait, les seuls qui pâtissent d’un euro trop fort sont principalement les expatriés qui sont payés en euro et voient donc leur pouvoir d’achat à l’étranger fondre comme neige au soleil. De même, les touristes eurolandais qui souhaitent voyager à l’extérieur de la zone euro vont également trouver la note de plus en plus salée. Enfin, les « importateurs incompressibles » (c’est-à-dire de produits qui ne sont plus fabriqués dans l’UEM) vont aussi payer plus cher et voir par là même leurs marges se réduire notablement. Parallèlement, il ne faudrait pas non plus imaginer que la baisse de l'euro va transformer radicalement et profondément la donne économique des pays membres. L'atteinte d'un euro normal (c’est-à-dire 1,15 dollar, qui constitue le taux de change « naturel » en fonction des fondamentaux économiques) est effectivement une condition nécessaire mais pas suffisante pour relancer la croissance de manière forte et durable. Compte tenu du durcissement de la politique monétaire américaine et du statu quo durable de la BCE, l’euro devrait d’ailleurs rapidement retrouver une parité de 1 pour 1 avec le dollar. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l'UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. Un euro trop faible pourrait donc devenir un nouveau signe de fracture au sein de l’UEM et raviver la crise existentielle de cette dernière. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l'enfer est parfois bien mince...
L'humeur de la semaine - 16 décembre 2016
Force est de constater qu’elle s’est faite attendre. Régulièrement annoncée en vain depuis environ trois ans (notamment par votre serviteur), elle commence enfin à se mettre en place depuis quelques semaines. Il s’agit bien entendu de la remontée des taux d’intérêt des obligations d’Etat. Et pour cause : d’un plancher de 0,097 % atteint le 27 septembre 2016, le taux d’intérêt de l’OAT 10 ans a atteint 0,9 % le 15 décembre, avant de revenir à 0,8 % le lendemain. Parallèlement, alors qu’en septembre dernier, des taux d’intérêt négatifs prévalaient sur la dette publique française jusqu’aux échéances de 9 ans, ils s’arrêtent désormais à 5 ans. Ce qui reste néanmoins toujours complètement anormal. En effet, comment peut-on accepter de payer pour avoir le droit de prêter à un pays dont l’Etat est en faillite, dont la dette publique va bientôt atteindre 100 % du PIB et qui est toujours incapable de réaliser une croissance économique significativement et durablement supérieure à 1 % ?! D'ailleurs, le niveau théorique du taux d'intérêt à dix ans des obligations de l'Etat français par exemple se situe autour des 2,5 %. De quoi confirmer que la récente remontée des taux longs est loin d'être terminée. Parallèlement, cette remontée des taux obligataires va mécaniquement accroître les déficits publics et grever le peu de croissance économique qui est dernièrement apparue dans la zone euro. L'augmentation des déficits et de la dette va donc alimenter la hausse des taux longs, engendrant un cercle vicieux particulièrement dommageable pour l'activité économique. Il faut donc se préparer à des mouvements de fortes corrections baissières et de volatilité élevée des indices boursiers. En Europe et notamment sur le Cac 40, ces mouvements seront de plus amplifiés par les nombreuses échéances électorales à venir...
Economic World - 12 décembre 2016
L'humeur de la semaine - 09 décembre 2016
Quelle tristesse ! Alors que, lors de sa nomination à la tête du gouvernement italien, Matteo Renzi semblait être l’homme de la situation, jeune, dynamique, capable de moderniser l’économie italienne et de la relancer sur le chemin de la croissance forte et durable, tout s’est malheureusement écroulé. Sa démarche partait pourtant d’une bonne intention : réformer en profondeur le système politique italien, de manière à le rendre plus réactif et plus performant. Mais, non ! Plus de 60 % des électeurs italiens ont dit « No ! » Face à une telle déroute, le premier ministre n’avait évidemment pas d’autre choix que de démissionner, plongeant l’Italie dans une nouvelle crise politique qui pourrait bien mal se terminer. Car, une fois encore, l’Italie est redevenue ingouvernable. En l’absence d’une majorité claire à la Chambre des députés et au Sénat, c’est donc un nouveau « trou noir » qui s’impose chez nos voisins transalpins. Mais, surtout, le dernier référendum a constitué une véritable claque pour le pouvoir en place et semble indiquer que l’Italie refuse de moderniser ses structures économiques et politiques. Elle préfère rester tiraillée entre le parti de Silvio Berlusconi, qui reste finalement incontournable, et le parti populiste de l’humoriste, qui ne fait décidément rire personne, Beppe Grillo. Dès lors, nos amis italiens risquent de passer quelques mois très difficiles et surtout d’entraîner l’ensemble de la zone euro dans la crise. Il reste simplement à espérer que les Italiens ne vont pas se lancer dans une spirale dévastatrice qui finirait par relancer la crise de la dette publique à l’échelle de la zone euro et mettrait de nouveau cette dernière en péril, entraînant la France dans une nouvelle crise sans précédent. Car, ne nous leurrons pas, si, dans un premier temps, la France pourrait bénéficier d’un « flight to quality », en apparaissant plus stable que sa voisine transalpine, la roue ne tardera pas à tourner.
Economic World - 05 décembre 2016
Comme nous le soulignons depuis environ trois mois, de plus en plus de statistiques économiques à travers le monde semble indiquer que la croissance mondiale se porte mieux. Et ce, souvent contre toute attente. Ainsi, aux Etats-Unis, alors que de nombreux observateurs, qui n’avaient évidemment pas prévu la victoire de Donald Trump et qui, ce faisant, pensaient qu’une forte baisse de la confiance des entreprises et des ménages devraient s’ensuivre, c’est exactement le contraire qui s’est produit. En effet, non seulement les indices des directeurs d’achat se redressent, et, en plus, les indices de confiance des ménages progressent fortement. Ces évolutions sont évidemment de bon augure, notamment parce que la réussite du programme économique ambitieux de Trump repose principalement sur une adhésion rapide des entreprises et des ménages, qui permettra de relancer la croissance et de financer plus facilement la relance budgétaire. Même si elle est encore loin du dynamisme économique américain, la zone euro commence aussi à afficher des statistiques favorables.
Ainsi, les indices Markit des directeurs d’achat et ceux de la commission européenne confirment que la croissance eurolandaise va mieux. Elle ne sera certes pas formidable, mais devrait se stabiliser entre 1,5 % et 2 %. Seule ombre au tableau : une fois encore, à l’heure où les indicateurs s’améliorent un peu partout dans le monde et dans la zone euro, la France se démarque par la fragilité de sa croissance et de son marché du travail. Vivement que cela change…
02 décembre 2016
Non ! En dépit des apparences, une « thérapie de choc bienveillante » n’est pas un oxymore. C’est d’ailleurs ce que je préconise depuis des années pour sauver notre « douce France ». En effet, la rigueur bête et méchante n’a pas de sens économique. A l’instar de ce qui s’est observé en Argentine au début des années 2000 ou en Grèce plus récemment, une telle stratégie est, par construction, vouée à l’échec, notamment parce qu’elle produira inévitablement une grogne sociale massive, voire une crise sociétale dramatique. Voilà pourquoi à côté des mesures indispensables de la réduction des dépenses publiques (qui, rappelons-le représentent plus de 57 % du PIB, avec pour résultats une croissance économique de 0,4 % par an depuis 2008 et plus de 6,5 millions de chômeurs toutes catégories confondues), il faudra également ajouter de la « confiture pour faire passer la pilule », notamment en améliorant les revenus des ménages. Mais surtout, ne nous leurrons pas : si rien ne change, la France restera condamnée à la croissance molle et au chômage élevé. Est-ce cela le modèle social français ? Et souligner une telle question n’est pas de la « déclinologie » ou du « french bashing », mais simplement la mise en avant d’une réalité économique. Pour sortir de cette léthargie structurelle, il faudra engager de vraies réformes courageuses mais aussi judicieuses. Voici donc les cinq mesures à prendre d’urgence pour sauver la France : 1. Baisser la pression fiscale pour tous, les entreprises et les ménages. 2. Optimiser la dépense publique, en réduisant les dépenses de fonctionnement. 3. Réduire le coût du travail et augmenter les salaires nets. 4. Moderniser le marché du travail. 5. Favoriser le financement des entreprises et de l’innovation. Ces mesures ne sont pas ultra-libérales, ni destructrices, mais simplement de bon sens économique...
Economic World - 28 novembre 2016
Faites le test : dans une salle plongée dans le noir, la moindre petite étincelle de lumière semble pouvoir illuminer l’ensemble de la pièce. Ainsi, aujourd’hui, dans un monde occidental en proie au doute, menacé par le terrorisme et a priori condamné à la croissance molle, en particulier en Europe, les rares bonnes nouvelles doivent être mises en exergue. Ainsi, en novembre, un peu contre toute attente, les indices Markit des directeurs d’achat sont restés très positifs des deux côtés de l’Atlantique. Dans la zone euro, l’indice PMI dans l’industrie a ainsi gagné 0,6 point en novembre, atteignant un niveau de 54,1, qui constitue un point haut depuis mai 2011. Parallèlement, l’indice correspondant dans les services a augmenté de 1,3 point en novembre, atteignant également un niveau de 54,1. Malheureusement, et comme d’habitude depuis 2011, la France est restée en retrait de ses homologues. La prévision du gouvernement d’une croissance de 1,4 % en 2016 (donc révisée à la baisse de 0,1 point par rapport à sa version précédente) paraît ainsi hors d’atteinte. Et ce d’autant qu’au sortir du troisième trimestre, l’acquis de croissance du PIB français n’est que de 1,1 %. Dès lors pour atteindre le fameux 1,4 %, il faudrait que le PIB français augmente de 0,9 % au quatrième trimestre. Une performance qui n’a été atteinte ou dépassée qu’à trois reprises depuis 2000 : au premier trimestre 2000, au premier trimestre 2004 et au premier trimestre 2011. Pour notre part, nous continuons de tabler sur une progression du PIB de 0,2 % au quatrième trimestre, ce qui se traduira par une croissance annuelle de 1,2 % sur l’ensemble de l’année 2016, soit 0,4 point de moins que dans la zone euro et 0,5 point en-deçà du niveau allemand.
L'humeur de la semaine - 25 novembre 2016
Les résultats du premier tour de la primaire de la droite et du centre en France auront fourni deux enseignements principaux. Premièrement, une large partie des électeurs n’ont plus peur de la « thérapie de choc », dont la France a besoin pour sortir de l’ornière, c’est-à-dire de la croissance molle et du chômage de masse. Certes, le programme économique de François Fillon n’est pas parfait, mais c’est celui-ci qui se rapproche le plus de cette thérapie. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, dans mon nouveau livre « La fin d’un monde », je lui ai attribué la meilleure note des programmes des candidats à la présidentielle, en l’occurrence 7/10. Deuxièmement, les réactions qui ont suivi les résultats du premier tour ont rappelé combien le manque de culture économique et le dogmatisme idéologique étaient dramatiques dans l’Hexagone. Ainsi, dès dimanche soir, une campagne médiatico-politicienne anti-Fillon s’est engagée, présentant ce dernier comme un méchant ultra-libéral. Et ce, tout simplement parce qu’il propose, comme nous le demandons depuis des années, de réduire le poids des dépenses publiques dans le PIB à 50 % (contre plus de 57 % actuellement) et de mettre fin au caractère obligatoire des 35 heures. Un tel déchaînement rappelle qu’il est vraiment indispensable de développer la culture économique des Français et leur faire comprendre que les mesures à prendre ne sont ni ultralibérales, ni de gauche ou de droite, mais simplement de bon sens. En effet, il n’y a désormais plus de théorie économique dominante. La seule théorie valable est celle de la croissance et de l’emploi. Il ne nous reste donc plus qu’à souhaiter que très vite, tant en France que dans l’ensemble de la zone euro, les dirigeants politiques, mais aussi les citoyens comprennent qu’il est désormais possible, voire indispensable, d’être à la fois libéral et keynésien, de faires des réformes structurelles sur l’offre tout en soutenant la demande et en imposant une règle d’or : l’efficacité et la rationalité économiques doivent toujours primer sur les dogmatismes théoriques et idéologiques. Tant qu’il n’en sera pas ainsi, nous resterons engoncés dans la mollesse économique et la faiblesse du pouvoir d’achat. Nous sommes prévenus...
Les analyses hebdomadaires
Il y a quasiment un an, le 26 février 2016 pour être exact, j’écrivais dans cette même rubrique un article intitulé « Trump, Brexit : les Anglo-saxons vont-ils franchir le Rubicon ? » dans lequel j’expliquais pourquoi tant le Brexit que Donald Trump avaient de grandes chances de l’emporter, tout en espérant que le pire serait finalement évité. Un an plus tard, alors que ces deux évènements de politique fiction sont devenus réalités, nous nous trouvons face à une situation encore plus dangereuse, mais cette fois-ci dans notre « douce France ». En effet, pendant que François Fillon continue de se faire lyncher parce qu’il a simplement osé défendre la nécessité de baisser les dépenses publiques, pendant que François Bayrou se prépare à jouer une nouvelle fois contre son camp et pendant qu’Emmanuel Macron, toujours en panne de programme, préfère faire des vagues sur les hackers russes et la colonisation de l’Algérie (qui a pris fin en 1962 !), Marine Le Pen continue de marquer des points. Mieux, ou plutôt pire, elle n’a jamais été aussi proche de la victoire. Et ce d’autant qu’un second tour « Hamon - Le Pen » devient de plus en plus probable. La bonne nouvelle c’est que, le cas échéant, nous aurons les quinze jours de l’entre-deux tours pour sortir notre épargne et faire nos valises... Le problème est que face à ce danger, nous réagissons de la même façon que les Britanniques à quelques jours du vote en faveur du Brexit et rééditons ainsi les mêmes erreurs...