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C'est donc le retour en force du défaitisme et de la « Bear Attitude » sur les marchés. En effet, après deux ans d'erreurs liées à un excès de pessimisme, les Cassandre ont repris du poil de la bête grâce à la crise grecque et ont désormais retrouvé des ailes grâce à la publication d'indicateurs faisant état du ralentissement de la croissance aux Etats-Unis. Dès lors, alors qu'il s'était fait oublié depuis plus d'un an, le spectre de la debt deflation est revenu hanter les esprits. Certes, il ne faut pas se voiler la face : ce scénario catastrophe est possible. Toutefois, il devrait encore être évité cette année. En effet, les craintes d'un « W » américain sont amplement exagérées. En fait, après la forte reprise de la fin 2009 et du début 2010, les Etats-Unis connaissent simplement un ralentissement logique. Il n'y a donc absolument pas de quoi paniquer...
En enregistrant désormais quatre trimestres consécutifs de hausse, le PIB américain affiche dès le deuxième trimestre 2010 un glissement annuel de 3,2 %, un plus haut depuis le premier trimestre 2005. De plus, ce retour durable de la croissance est surtout dû au rebond de l'investissement. Ainsi, et il s'agit certainement là de la meilleure nouvelle des comptes nationaux du deuxième trimestre, l'investissement en équipements des entreprises a progressé de 21,9 % au deuxième trimestre, après avoir crû de 20,4 % au trimestre précédent et de 14,6 % au quatrième trimestre 2009. Autrement dit, le retour du cercle vertueux « investissement-emploi-consommation » ne fait plus aucun doute. Il ne faut donc pas s'inquiéter outre-mesure pour l'avenir de l'économie américaine...
Encore une mauvaise nouvelle dont la France se serait bien passée : en mai, le déficit s'est creusé de près de 1,3 milliard d'euros pour atteindre 5,5 milliards. Il s'agit là d'un plus haut depuis le record historique de 6,17 milliards atteint en octobre 2008. Pis, le déficit de mai 2010 constitue le troisième plus mauvais résultat du commerce extérieur français. Ce creusement est d'autant plus décevant qu'il est réalisé dans un contexte de rebond du commerce mondial. En clair, la France reste l'un des pays de la planète qui profite le moins du redémarrage économique international.
Mou c'est mou… En dépit du rebond de la croissance mondiale et d'un inévitable effet de rattrapage après la forte baisse de ces dernières années, la production industrielle française reste molle. Ainsi, après avoir augmenté de 1,3 % en mars, cette dernière enregistre une baisse de 0,3 % en avril...
Enfin ! Après onze ans de dogmatisme et de sacrifice de la croissance sur l'autel de l'inflation ; après deux ans de crise et de récession historique ; et, enfin, après quatre mois de massacre à la grecque, les dirigeants de la zone euro ont enfin décidé de prendre leurs responsabilités et d'être à la hauteur. Il était temps, car au rythme des erreurs accumulées en particulier depuis quelques mois, la survie même de la zone euro commençait à être menacée. Comme souvent dans la construction européenne, il aura donc fallu passer par une grave crise et attendre d'être dos au mur pour réagir et avancer. Ainsi, au-delà de l'ampleur exceptionnelle du plan de sauvetage, le plus important réside dans le fait que la zone euro soit enfin redevenue une zone de solidarité, mue par un jeu coopératif. Mais si si la zone euro a bel et bien été sauvée le jour des soixante ans de la déclaration Schuman, elle doit maintenant transformer l'essai en restaurant la croissance...
Tout un symbole ! Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, qui n'a cessé de vanter les mérites de la zone euro et de sa soi-disant supériorité sur l'économie américaine, vient de réaliser un virage à 180° en déclarant que la fin de l'euro était devenue possible. Une telle perspective, qui paraissait inimaginable au plus grand nombre il y a encore quelques semaines, est donc bien en train de s'installer. La raison en est malheureusement simple : en laissant la zone euro s'enliser dans la récession dès 2008, puis en l'empêchant de redémarrer fortement fin 2009 et enfin en laissant la crise grecque dégénérer, les autorités eurolandaises ont atteint un point de non-retour. Et, de la même façon que l'annonce du plan de sauvetage de la Grèce il y a presque un mois n'avait pas été prise au sérieux, sa concrétisation il y a deux jours est loin d'avoir convaincu les marchés. Pis, ces derniers en ont déduit que non seulement la crise grecque était loin d'être finie, mais surtout qu'elle pourrait bientôt entraîner des dérapages similaires dans d'autres pays de la zone euro...
Plus fort que Lehman Brothers, plus coûteux que la pandémie H1N1, plus dangereux que la soi-disant faillite de Dubaï, c'est au tour du nuage islandais de faire frémir la planète. Il faut dire qu'avec la reprise de la croissance mondiale et l'éloignement du spectre de la crise de 1929, les Cassandre commençaient à s'ennuyer. Bien entendu, il serait farfelu de se livrer aujourd'hui à un chiffrage précis des conséquences économiques du blocage aérien décidé par les autorités européennes. Si ce dernier ne dure que quelques jours, son coût sera d'ailleurs particulièrement faible. En revanche, si ce blocage devait encore durer une semaine, il est clair que les coûts économiques commenceraient à devenir conséquents...
C'est bien un scénario idéal que connaît aujourd'hui l'économie américaine : la croissance s'intensifie mais l'inflation ne dérape pas. Cette situation tranche avec les prévisions consensuelles qui se sont succédé depuis plus d'un an. Les résultats de l'économie américaine pour 2010 devraient finalement être les suivants : une croissance économique supérieure à 3 %, une inflation inférieure à 2,5 % et un taux de chômage sous les 9 % à partir de l'automne prochain. Pas mal pour une économie en déclin…
A force de tirer sur la corde, elle finit par casser. Telle pourrait être la leçon à tirer de la nouvelle baisse de la consommation des ménages en février 2010. En effet, après avoir soutenu à bout de bras la croissance française pendant la crise et plus globalement depuis plus de dix ans, la consommation commence à lâcher prise. Quelles sont les perspectives pour 2010 ?
En février 2010, les prix à la consommation ont augmenté de 0,6 %, soit leur plus forte progression mensuelle depuis mars 2008. Compte tenu d'une augmentation de « seulement » 0,4 % en février 2009, leur glissement annuel se tend mécaniquement de 0,2 point, atteignant un niveau de 1,3 %, un plus haut depuis novembre 2008. Présentée ainsi, l'inflation de février 2010 pourrait amener certains observateurs hâtifs à déclarer que la forte inflation est de retour dans l'Hexagone et qu'il faut donc se préparer à des lendemains difficiles en matières de pouvoir d'achat et de taux directeurs de la BCE. Mais en fait, il n'en est rien. Explications...
C'est certainement la meilleure nouvelle statistique depuis le début 2010 dans l'Hexagone. En effet, après l'écroulement de la consommation en janvier, puis la baisse du climat des affaires dans l'industrie et les services, l'INSEE fait état d'une augmentation de 1,6 % de la production industrielle en janvier. Mais, malheureusement, cette bonne nouvelle doit être relativisée...
10 %. Une bien piètre performance pour le taux de chômage français qui atteint désormais un sommet depuis le quatrième trimestre 1999. Au-delà de ce triste résultat, c'est surtout la rapidité de la hausse du chômage qui a de quoi inquiéter. Ainsi, il y a tout juste deux ans, ce dernier ne représentait que 7,5% de la population active. Une telle dégradation en si peu de temps est donc exceptionnelle.
La statistique française est vraiment magique. Ainsi, alors qu'au quatrième trimestre 2009, le PIB allemand a stagné, que celui de la zone euro a progressé d'au mieux 0,3 % et malgré l'augmentation de seulement 0,1 % de la production industrielle française sur ce même trimestre, le PIB hexagonal a progressé de 0,6 % sur cette période. Formidable ! Pourrait-on dire hâtivement. Pour autant, au-delà du marketing, la magie s'arrête. En effet, cette remontée surprenante du PIB au quatrième trimestre s'explique principalement par une forte contribution positive de la variation de stocks. Hors stocks, il faut malheureusement souligner que le PIB français a reculé de 0,3 % au quatrième trimestre 2009. Pis, l'invetissement des entreprises a continué de chuter, indiquant que le cercle vertueux investissement-emploi-consommation est toujours très loin. C'est d'ailleurs ce que confirme la nouvelle baisse de l'emploi au quatrième trimestre 2009. Et pour cause : en reculant de 0,4 %, l'emploi a aussi enregistré son septième trimestre consécutif de baisse, soit une chute de 3,2 % sur l'ensemble de cette période...
Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Telle pourrait être la devise de la production industrielle française au cours des derniers mois. En effet, après une hausse initialement estimée de 1,1 % en novembre, certains, et notamment le gouvernement et la Banque de France, s'étaient mis à rêver à une forte croissance du PIB pour le quatrième trimestre. Malheureusement, il n'en sera rien.
Après une croissance de 5,7 % (en rythme annualisé) au quatrième trimestre 2009, l'économie américaine n'a vraisemblablement pas l'intention de s'arrêter en si bon chemin. Tel est le message principal de l'enquête ISM des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière de janvier 2010. En effet, après déjà cinq moins consécutifs au-dessus de la barre des 50 (qui marque la frontière entre le recul et la progression de l'activité), l'indice composite de cette enquête a bondi de 4,5 points en un mois, soit une flambée de 25,9 points depuis le point bas de décembre 2008. Dans ce cadre, notre prévision d'une croissance annuelle moyenne de 3 % aux Etats-Unis pour 2010, qui paraissait excessivement optimiste selon certains il y a peu, risque d'être amplement dépassée…
Gargantuesque ! Tel est l'adjectif qui pourrait caractériser la consommation des ménages français en décembre 2009. En effet, en dépit du chômage, de l'augmentation des prix des matières premières, du climat social difficile, des craintes liées à la grippe H1N1 ou encore du mauvais temps, les ménages français ont dépensé sans compter en fin d'année. L'origine de cette fièvre acheteuse porte un nom désormais bien connu, en l'occurrence « prime à la casse ». Toujours est-il que devant un tel succès, une question est désormais sur toutes les lèvres : une telle fringale de consommation en particulier dans l'automobile va-t-elle pouvoir perdurer en 2010 avec l'arrêt, certes progressif, de la prime à la casse ? La réponse est évidemment négative.
La BCE aurait-elle enfin décidé de faire passer le pragmatisme devant le dogmatisme ? Telle est la question que nous devons poser à l'écoute de la conférence de presse de son Président. En effet, en dépit de l'augmentation logique de l'inflation dans la zone euro, qui aurait certainement hérissé le poil des dirigeants monétaires eurolandais il y a quelques trimestres, la BCE préfère temporiser et souligner que l'inflation de la zone euro restera faible dans les prochains mois...
L'inflation est bien de retour dans l'Hexagone. En effet, après être repassé en territoire positif en novembre, le glissement annuel des prix à la consommation a continué de croître en décembre, atteignant + 0,9 %, un plus haut depuis février 2009. Il ne faut cependant pas se tromper d'ennemi en 2010 : le principal danger ne sera pas le retour de la forte inflation, mais résidera dans le maintien d'une croissance trop molle et d'un chômage élevé.
Enfin une bonne nouvelle sur le front de la statistique française ! Ainsi, après la baisse du moral des chefs d'entreprise et des particuliers en décembre, puis le nouveau creusement du déficit extérieur, la production industrielle hexagonale relève le niveau, en progressant de 1,1 % en novembre. Mais ce rebond constitue principalement une correction de la baisse des deux mois précédents, en l'occurrence -1,2 % en septembre et - 0,6 % en octobre. Autrement dit, sur octobre-novembre, la production industrielle n'a progressé que de 0,1 % par rapport au troisième trimestre 2009...
Après un an d'amélioration quasi-continue et quatre mois consécutifs d'augmentation, l'indice du moral des ménages français calculé par l'INSEE a marqué le pas en décembre, perdant un point. Si cette évolution fâcheuse gâche un peu la période des vœux, elle ne doit pas non plus être exagérée. En effet, avec un niveau de - 31 en décembre, cet indicateur reste encore supérieur de treize points à son niveau de décembre 2008 et de 16 points par rapport à son plancher historique de juillet 2008...
Indéfectible. Tel pourrait être l'adjectif premier de la consommation des ménages en produits manufacturés dans l'Hexagone. En effet, en dépit des crises, de la montée chômage, de la faiblesse du pouvoir d'achat ou encore du pessimisme ambiant, les Français continuent de consommer fortement. Ainsi, après avoir déjà augmenté de 2,4 % en septembre, leur consommation de produits manufacturés a encore progressé de 1,1 % en octobre. Mais attention, une fois que les cartouches de la perfusion publique et de l'utilisation d'une épargne pléthorique seront épuisées et si la croissance et l'emploi ne redémarrent pas durablement, la consommation pourrait marquer le pas à partir du printemps prochain.
Monsieur Fillon, ne criez pas victoire trop vite ! Telle pourrait être la conclusion des chiffres de la production industrielle de septembre publiés aujourd'hui. En effet, alors que celle de l'Allemagne a progressé de 2,7 % sur le seul mois de septembre et de 3,5 % sur le troisième trimestre (laissant par là même augurer d'une forte hausse du PIB sur cette même période), celle de la France a été plutôt décevante. Ainsi, après avoir augmenté de 2,8 % en août (chiffre heureusement révisé en hausse de un point par rapport à son estimation précédente), la production industrielle hexagonale a reculé de 1,5 % en septembre...
Après le rebond de la consommation en septembre et la remontée du climat des affaires dans l'industrie depuis sept mois, c'est au tour de la confiance des ménages de poursuivre son redressement. Certes, pour le troisième mois consécutif, elle ne progresse que d'un point, mais avec un niveau de - 35 en octobre, elle atteint désormais un plus haut depuis janvier 2008, c'est-à-dire une période où la récession n'avait pas encore commencé dans l'Hexagone. S'agit-il d'une illusion, d'un excès de prosaz ou bien d'une nouvelle tendance ?
Le résultat fait évidemment plaisir : après déjà six mois consécutifs de hausse, l'indice du climat des affaires dans l'industrie française a encore fortement progressé en octobre. Ainsi, en augmentant de trois points sur ce dernier mois, cet indicateur avancé de l'activité industrielle mais aussi du PIB français dans son ensemble, atteint un niveau de 89, soit un plus haut depuis septembre 2008 et une progression totale de 20 points depuis le plancher de mars 2009. Progressivement, cet indicateur se rapproche donc de la barre des 100, c'est-à-dire de sa moyenne de long terme. Cela signifie donc que l'industrie et l'économie françaises sont non seulement sorties de la récession mais surtout qu'elles se dirigent désormais vers leur rythme de croisière, qui reste néanmoins celui d'une croissance molle. En l'occurrence pas plus de 1,3 % en 2010 pour la progression annuelle moyenne du PIB.
Qu'on le veuille ou non, que cela plaise ou pas, c'est un fait : la France est toujours en déflation. En effet, pour le cinquième mois consécutif, l'indice des prix à la consommation enregistre un glissement annuel négatif. En l'occurrence, - 0,4 % en septembre, après - 0,2 % en août. Les risques d'hyperinflation annoncée ici ou là sont donc largement surestimés. A l'inverse, les risques de croissance durablement molle et de faiblesse de l'emploi sont sous-estimés.
Les statistiques publiées ces derniers jours des deux côtés du Rhin confirment deux évolutions : la reprise est bien là, mais elle demeure très fragile. Ainsi, en France, après une petite euphorie printanière, la consommation des ménages n'a pas résisté à l'été, reculant de 1,2 % en juillet et de 1 % en août. Histoire de rappeler que la situation des ménages reste délicate. En Allemagne, après cinq mois consécutifs de rebond, dont les trois derniers de forte hausse, l'indice du climat des affaires de l'enquête IFO a continué de progresser en septembre, mais à un rythme nettement ralenti. En d'autres termes : la reprise oui, l'euphorie non...
Qu'il est amusant d'observer tous les « bearish » d'hier qui annonçaient que la récession durerait au moins jusqu'à la fin 2010, faire preuve aujourd'hui d'ingéniosité artistique pour expliquer que la reprise américaine actuelle est normale. Certains soulignent qu'elle ne va évidemment pas durer. D'autres vont même encore plus loin et annoncent qu'ils l'avaient prédit. D'autres enfin, ignorant ou faisant semblant d'oublier que nous étions parmi les très rares à annoncer au printemps dernier que la reprise aurait lieu aux Etats-Unis dès le troisième trimestre 2009, n'hésitent pas à dire que nous avons eu de la chance. Que de mauvaise foi et de faux semblants… Mais l'essentiel n'est pas là. Le plus important réside dans le fait que, bien loin du scénario consensuel d'il y a encore quelques mois, la courbe en L a été évitée. Autrement dit, la grande dépression n'a pas eu lieu. Certes, le rebond reste fragile et un mouvement de légère correction temporaire reste possible. Néanmoins, les chiffres sont sans appel : le rebond est fort et n'est pas encore terminé...
Si les marchés s'attendaient à un bon chiffre, l'augmentation de l'indice ISM des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière a surpris par son ampleur. En effet, après avoir atteint un plus bas historique en décembre 2008 à 32,9, puis avoir oscillé autour des 40 jusqu'en juillet dernier, cet indicateur avancé de l'activité industrielle et plus globalement du PIB américain, a atteint un niveau de 52,9 en août. Au-delà du fait qu'il se situe désormais au-dessus de la barre des 50, qui représente la frontière entre le recul et la progression de l'activité, pour la première fois depuis janvier 2008, il atteint dorénavant un plus haut depuis juin 2007, c'est-à-dire deux mois avant le début de la crise des subprimes. Un retour en arrière qui, à l'évidence met du baume au cœur...
C'est LA bonne surprise économique de l'été. Après quatre trimestres consécutifs de baisse, le PIB français, à l'instar de son homologue allemand d'ailleurs, a augmenté de 0,3 % au deuxième trimestre 2009. Au-delà du fait que le consensus anticipait une baisse de 0,3 %, la surprise est d'autant plus grande que, sur la même période, la production industrielle française a reculé de 0,8 % et que les exportations (certes mesurées en valeur) ont baissé de 1,7 %...
Inutile de tourner autour du pot en relativisant l'évolution récente des prix à la consommation par des effets de base liés aux prix énergétiques ou autres, la réalité est simple : le France est en déflation. En effet, pour le troisième mois consécutif, le glissement annuel des prix à la consommation est négatif et a même atteint un nouveau plancher historique en juillet à - 0,7 %. Et ce n'est pas terminé...
La convalescence de l'industrie française se poursuit à pas de sénateur. En effet, après avoir flambé de 2,8 % en mai, en correction de l'écroulement des mois précédents, la production industrielle est restée dans le vert en juin, mais n'a progressé que de 0,3 %. Pour autant, au-delà de ces évolutions favorables, qui montrent que la situation de l'économie française n'est pas celle des années 30, il faut souligner que la fragilité reste de mise.
Dire qu'il y a encore quelques semaines, personne (ou presque) n'était prêt à miser le moindre kopeck sur la reprise américaine, en particulier en matière industrielle. Aujourd'hui, les plus pessimistes d'hier se battent pour annoncer l'imminence du rebond de l'économie américaine. A commencer par Alan Greenspan qui, il y a peu, n'était pourtant pas avare de critiques sur la politique de relance et annonçait que la reprise ne pourrait avoir lieu avant la fin 2010, au mieux, disait-il… Même s'il ne faut évidemment pas sauter au plafond et/ou vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, il est clair que la dernière enquête ISM des directeurs d'achat dans l'industrie manufacturière confirme que l'heure du rebond a bien sonné...
Et de quatre ! A l'instar de son homologue eurolandais mais dès le premier trimestre 2009, le PIB américain vient d'enregistrer son quatrième trimestre consécutif de baisse. C'est donc la première fois depuis l'après-guerre qu'une telle succession est observée aux Etats-Unis. Conséquence logique de ce funeste record, le glissement annuel du PIB atteint - 3,9 %, là aussi du jamais vu depuis l'après-guerre. Mais au-delà de ces résultats tristement historiques, les comptes nationaux du deuxième trimestre montrent également que l'économie américaine a réussi à stopper l'hémorragie engendrée par la crise financière, préparant le terrain à une augmentation du PIB dès le troisième trimestre 2009.
Dans le ciel dégagé de la conjoncture française depuis quelques semaines, l'enquête INSEE auprès des ménages de juillet constitue un premier nuage notable. En effet, après six mois d'amélioration continue, l'indice de confiance des ménages a perdu deux points en juillet. Si avec un niveau de - 39, il se situe encore 8 points au-dessus de son plancher de juillet 2008, cet indicateur demeure encore 21 points en deçà de sa moyenne depuis 1997. Il montre donc que les Français restent particulièrement prudents...
Après la belle remontée de la production industrielle en mai et la hausse soutenue de la consommation en juin, l'économie française reste installée sur son petit nuage estival. En effet, après trois mois de hausse appréciable, le climat des affaires dans l'industrie hexagonale a continué de progresser, gagnant deux points en juin, soit une augmentation de 10 points en quatre mois. Avec un niveau de 78, cet indicateur avancé de l'activité industrielle et globale atteint ainsi un plus haut depuis novembre dernier. Ce qui est certes appréciable mais loin d'être euphorique. Explications...
Après une récession historique d'un an au cours de laquelle son PIB a chuté de 6,9 %, l'Allemagne semble enfin sur le chemin de la reprise. En effet, après deux ans de baisse quasi-ininterrompue, l'indice IFO du climat des affaires de l'industrie allemande a enregistré en juin son troisième mois consécutif de hausse. Autrement dit, après un mouvement de déstockage et de désinvestissement massif, les industriels allemands commencent à retrouver leurs esprits et à corriger les excès négatifs des six derniers mois. Pour autant, ne rêvons pas, cette reprise reste technique et n'indique malheureusement pas que l'Allemagne est repartie sur la voie de la croissance forte. Loin s'en faut...
Après la bonne tenue de la consommation depuis le début 2009, le commerce extérieur apporte également son lot de réconfort à l'économie française. En effet, après avoir rebondi à 4,3 milliards d'euros en mars, le déficit commercial de la France est repassé sous la barre des 4 milliards en avril, à 3,792 milliards d'euros précisément. Malheureusement, la bonne nouvelle s'arrête là. Et pour cause, cette réduction du déficit est simplement due à une baisse des importations plus importante que celle des exportations. Il n'y a donc vraiment pas de quoi s'enorgueillir, surtout lorsque l'on sait que le niveau des exportations n'a été que de 27 milliards en avril, un plus bas depuis août 2003...
Décidément, les consommateurs français ne connaissent pas la crise. Ainsi, en dépit de l'augmentation du chômage et malgré un environnement médiatique angoissant qui leur annonce le pire, les Français continuent d'augmenter leurs dépenses de consommation. Certes, la progression de ces dernières au mois de mars a été révisée à 0,6 %, contre + 1,1 % en première estimation. De quoi remettre sur la table le problème de la fiabilité des statistiques de l'INSEE. Néanmoins, en supposant que les chiffres publiés aujourd'hui ne soient pas faux, la consommation en produits manufacturés a augmenté de 0,7 % en avril. Depuis son point bas de décembre dernier et malgré la correction baissière de février, sa progression atteint 0,9 %. Rien de flamboyant mais une performance tout de même très honorable dans le contexte de déprime actuelle. Une question demeure alors : est-ce durable ? Voici nos réponses...
Une fois encore, l'économie française a sauvé la face grâce à la consommation des ménages. En effet, alors que la consommation s'écroule dans la quasi-totalité des pays développés, la France se paie aujourd'hui le luxe de rejoindre les Etats-Unis dans le club très fermé des pays bénéficiant d'une progression de la consommation des ménages au premier trimestre 2009 (en l'occurrence + 0,2 %).
A l'instar de l'issue favorable du G20, l'augmentation du chômage aux Etats-Unis en mars n'est pas une surprise. A la rigueur, dans la mesure où depuis six mois, les chiffres de l'emploi américain ont toujours été plus mauvais que les anticipations consensuelles, la sortie de chiffres, certes mauvais, mais en ligne avec le consensus, est presque une bonne nouvelle. Pour autant, la réalité est là : pour le quinzième mois consécutif, la job machine a détruit des emplois : 663 000 en mars, soit un total de 5,133 millions depuis janvier 2008 ! C'est tout simplement du jamais vu en si peu de temps. Parallèlement, le taux de chômage a atteint 8,5 %. Pour retrouver un niveau aussi élevé il faut remonter à l'époque où nous dansions sur Thriller de Michaël Jackson, c'est-à-dire novembre 1983. Cela ne nous rajeunit pas… Au-delà de cette catastrophe sociale, il y a néanmoins trois éléments de relativisation à apporter à cette triste situation.
Alors que la zone euro s'enfonce dans sa pire récession, alors que l'inflation eurolandaise se rapproche des 0 % et alors que le G20 s'emploie à tout faire, au moins sur le papier, pour relancer la confiance et la croissance de la planète, la Banque Centrale Européenne continue sa politique du pire.
Sans surprise, la version détaillée des comptes nationaux français du quatrième trimestre a confirmé à 0,1 point près la chute du PIB hexagonal. Ainsi, ce dernier a reculé de 1,1 % contre une baisse de 1,2 % annoncée initialement. Cette petite révision n'empêche cependant pas la croissance annuelle d'atteindre 0,7 % sur l'ensemble de l'année 2008 et de commencer l'année 2009 avec un « acquis » de - 0,8 %.
Le printemps n'a malheureusement duré qu'un mois sur le front de la consommation française. En effet, après la bonne performance de janvier liée aux soldes qui permettait à la France d'être le seul pays développés où la consommation augmentait sur un an, le mois de février a sonné le glas de la résistance française. Ainsi, en reculant de 2 % en février, la consommation en produits manufacturés affiche un glissement annuel de - 2 %. L'exception française n'aura donc duré que quelques mois, la consommation rentrant désormais dans le rang de la morosité internationale.
Décidément, la Réserve fédérale américaine ne veut laisser aucune chance à la déflation. En effet, non contente d'avoir abaissé son taux objectif des federal funds dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25 %, non contente d'avoir repris à son compte une partie conséquente des créances douteuses des banques américaines, non contente d'avoir financer directement les pertes de Freddie Mac et Fannie Mae, la Fed se lance désormais dans la planche à billet.
S'il y a une institution où le service minimum fonctionne, c'est bien la Banque Centrale Européenne. En effet, le PIB de la zone euro a beau s'écrouler, affichant des glissements annuels historiquement bas, le chômage a beau flamber dans l'ensemble de la zone, certains pays ont beau être au bord de la crise sociale et l'inflation eurolandaise a beau se stabiliser autour des 1 %, c'est-à-dire sur des plus bas historiques, rien n'y fait. Une baisse du taux refi a bien été décidée, mais dans une proportion normale de 50 points de base. Autrement dit, à situation exceptionnelle, mesure… ordinaire.
Nous ne le répéterons jamais assez : les ménages français sont formidables. En effet, après un « coup de pompe » en décembre, ils défient de nouveau le pessimisme ambiant en reprenant repris le chemin d'une consommation soutenue en janvier. Autrement dit, comme nous l'écrivions il y a environ un mois, les soldes de janvier ont bien été un succès.
Quelle tristesse ! Après avoir résisté tant bien que mal, puis évité de justesse la récession technique grâce à une progression miraculeuse de 0,1 % au troisième trimestre, le PIB français s'est écroulé de 1,2 % au quatrième trimestre. Du jamais vu depuis que la série existe, c'est-à-dire 1978. En glissement annuel aussi, la déconvenue est au rendez-vous, puisque celui-ci atteint un niveau de - 1 %, cette fois-ci un « record » depuis le troisième trimestre 1993.
Bérézina ! C'est malheureusement, la situation dans laquelle se trouve l'industrie française. En effet, pour le cinquième mois consécutif, la production industrielle a enregistré une baisse majeure en décembre (- 1,8 %). Sur l'ensemble de l'année 2008, le nombre de mois de hausse se compte sur les doigts d'une main, puisqu'il n'y en a eu que quatre. Du jamais vu. Depuis avril dernier, la production a ainsi chuté de 11,5 %.
Ca y est ! Alors qu'elle restait l'un des rares pays du monde développé à ne pas subir de baisse annuelle de sa consommation, la France vient de rejoindre le cercle des consommateurs disparus.
Et bien non ! En dépit des craintes généralisées de récession mondiale et hexagonale, les ménages français refusent de céder au pessimisme.
Une récession ? Non sire une dépression… Telle est la triste synthèse de l'évolution récente de l'industrie française. En effet, après le nouveau record historique du déficit extérieur, c'est au tour de la production industrielle d'atteindre les abysses. Ainsi, après avoir déjà chuté de 3,8 % de mai à septembre, cette dernière a encore plongé de 2,7 % sur le seul mois d'octobre. Son glissement annuel atteint ainsi - 7,2 %, un record historique, jamais rencontré depuis le début de cette statistique, c'est-à-dire janvier 1981.
Enfin ! Il aura donc fallu attendre l'aggravation historique de la récession dans la zone euro pour que la BCE se décide à voir la réalité en face et à agir avec vigueur. Dans ce cadre, la baisse du taux refi de 75 points de base aujourd'hui constitue assurément une bonne nouvelle.
Alors que l'ensemble de l'Europe sombre dans la récession, la France reste ce village d'Astérix qui résiste à la déprime. Formidable ! En effet, les magiciens, oh pardon les statisticiens de l'INSEE viennent de revenir sur leurs estimations d'il y a à peine un mois qui faisaient état d'une baisse de 0,1 % du PIB français au troisième trimestre pour la remplacer par une augmentation de 0,1 %.
Ca aurait pu être pire. Malheureusement, tel est l'état d'esprit auquel nous sommes réduits depuis déjà l'été dernier pour commenter les statistiques françaises. Ainsi, après le nouveau record historique atteint par le déficit extérieur français en septembre, nous étions préparés à devoir affronter une nouvelle mauvaise nouvelle sur le front de l'activité industrielle. Finalement, les meubles ont été sauvés. En effet, en reculant de « seulement » 0,5 % en septembre, la production industrielle limite les dégâts.
Enfin ! Après un an de crise financière, après huit mois de recul de l'activité économique, après cinq mois d'augmentation du chômage et après trois mois de recul de l'inflation, la BCE se décide enfin à reconnaître la réalité.
Il y a le feu en Europe. Et pour s'en sortir, il n'y a pas trente-six solutions, mais deux. D'une part, baisser le taux refi, de manière à retrouver une courbe des taux normale (alors qu'elle est inversée depuis neuf mois, c'est-à-dire que les taux courts sont supérieurs aux taux longs). De la sorte, les banques eurolandaises pourront sortir la tête de l'eau et refaire leur métier de transformation sans trop de difficultés. Ce geste serait d'ailleurs légitimé par trois mobiles : la désinflation, la récession et le sauvetage du système financier, sachant que la BCE a aussi une mission de stabilité de ce dernier…
A l'heure où le Président français se propose de trouver et de punir les coupables de la crise financière internationale, la France, l'Allemagne et l'ensemble de la zone euro sont en train de s'écrouler d'un point de vue économique. En effet, après l'atonie de la consommation et la chute massive de l'activité dans la construction, les industries hexagonale, allemande et italienne commencent à défaillir. C'est du moins ce qui vient d'être confirmé par les dernières enquêtes dans l'industrie de l'INSEE, de l'IFO et de l'ISAE...
Si la baisse de 0,2 % du PIB de la zone euro au deuxième trimestre était déjà connue et vient donc d'être confirmée, le détail des comptes nationaux et la nouvelle baisse des ventes au détail en juillet ajoutent un niveau supplémentaire sur l'échelle de la récession que connaît actuellement l'Euroland. En effet, au cours du deuxième trimestre, tous les postes clés de la demande enregistrent une baisse notable.
La descente aux enfers se poursuit pour l'économie française. Après la baisse de la consommation des ménages, l'effondrement des mises en chantier et le nouveau record abyssal du déficit commercial, c'est au tour de la production industrielle de susciter, une fois encore, toutes les inquiétudes.
Décidemment, juillet 2008 constituera certainement l'un des plus mauvais mois que l'économie française ait connu depuis la récession de 1993. En effet, après la baisse de la production industrielle, la flambée du déficit extérieur, l'augmentation du déficit public, le repli de la consommation des ménages malgré les soldes, la chute du climat des affaires dans l'industrie, les services, le bâtiment et même le commerce de gros, c'est au tour de la confiance des ménages et des mises en chantier d'atteindre de nouveaux planchers.
Ce n'est désormais plus notre prévision, mais une réalité : la zone euro est entrée en récession. En effet, après être déjà passé sous la barre des 50 en juin, l'indice des directeurs d'achat eurolandais a encore chuté en juillet, tant dans l'industrie que dans les services. En atteignant respectivement 47,5 et 48,3, ces indicateurs avancés de l'activité économique globale confirment qu'une baisse du PIB devrait être observée tant au deuxième qu'au troisième trimestre 2008.
La bonne surprise que certains attendaient n'a pas eu lieu. Ainsi, alors que, depuis 1998, la consommation des ménages n'a cessé de soutenir la croissance française, générant régulièrement des « bonnes surprises » au travers de sa résistance tenace, le miracle ne s'est pas produit en 2008.
Une fois encore, l'économie américaine surprend par sa résistance. En effet, alors que de nombreux économistes n'ont de cesse d'annoncer son écroulement depuis des mois, voire des années, celle-ci continue de résister et d'éviter la crise tant annoncée et parfois même souhaitée.
Après un bon premier trimestre, soutenu notamment par une formation de stocks exceptionnellement forte, la croissance allemande est bien sur le point de repartir en nette baisse. Après l'espoir de la petite hausse du climat des affaires de l'enquête IFO en mai, c'est bien ce que confirme le fort repli de ce dernier en juin.
135 dollars pour un baril en mai 2008. Qui l'eut crû ? Pourtant, telle est la triste réalité à laquelle nous sommes désormais confrontés. Et, si jusqu'à présent, la croissance de la planète a pu absorber les différents chocs pétroliers qui se sont succédé depuis 2000, la facture est désormais particulièrement lourde. Et pour cause : à chaque fois que le baril augmente de 10 dollars en moyenne sur une année, la croissance mondiale, mais aussi celle des pays développés, perd 0,4 point. Or, depuis 2000, les augmentations annuelles de l'or noir ont très rarement dépassées les 10 dollars. De 18 dollars en 1999, le cours annuel moyen du brent est ainsi passé à 28 dollars en 2000, puis après une stabilisation entre 24 et 28 dollars de 2001 à 2003, ce niveau moyen du baril a atteint 38 dollars en 2004, puis 54 en 2005, 65 en 2006, et enfin 72 en 2007. Mais pour 2008, la donne est complètement différente puisque, de janvier à aujourd'hui, le cours moyen du brent atteint 105 dollars.
Impressionnant ! Alors que les cours du pétrole ne cessent de battre des records, que l'euro évolue au-dessus de 1.50 EUR/USD depuis maintenant trois mois, que la croissance de l'économie américaine est proche de zéro depuis le quatrième trimestre 2007 et que la croissance mondiale ralentit, l'indice IFO de confiance des industriels allemands résiste et demeure à un niveau, certes inférieur à ses niveaux du premier semestre 2007, mais encore élevé.
Les industriels allemands et français sont formidables : les matières premières flambent, la croissance mondiale ralentit, l'euro atteint des niveaux prohibitifs, les banques françaises et allemandes se fragilisent, la modernisation de l'économie française s'éloigne de plus en plus, la consommation allemande reste faible... Mais non, rien n'y fait, les chefs d'entreprise des industries franco-allemandes refusent de céder au pessimisme.
Plus les mois passent, plus l'écart se réduit entre l'inflation officielle et la perception qu'en ont les Français. Certes, de par le traditionnel effet soldes, les prix à la consommation ont baissé en janvier, mais de seulement 0,1 %, contre un repli de 0,3 % en janvier 2007. Mécaniquement, le glissement annuel des prix s'est alors tendu de 2,6 % en décembre à 2,8 % en janvier 2008, soit un plus haut depuis mai 1992.
L'augmentation de l'inflation n'est désormais plus seulement dans la tête des Français, elle l'est aussi dans les statistiques officielles. En effet, après avoir déjà augmenté de 0,5 % en novembre, l'indice des prix à la consommation calculé par l'INSEE a encore progressé de 0,4 % en décembre. Son glissement annuel atteint ainsi 2,6 %, un plus haut depuis juin 1992 !
Quelle horreur ! Les prix à la consommation ont augmenté de 0,5 % en novembre dans l'Hexagone, atteignant un glissement annuel de 2,4 % en novembre, soit un plus depuis août 2004 ! Si de nombreux observateurs de la chose économique s'arrêteront là pour justifier le retour de la forte inflation, nous préférons aller un peu plus loin et montrer que les risques de dérapages inflationnistes durables restent toujours aussi faibles.
Plus les mois passent, plus la situation du commerce extérieur français devient catastrophique. Ainsi, après avoir déjà nettement dépassé la barre des 3 milliards d'euros en septembre, le déficit commercial de la France a atteint un nouveau record historique de 3,637 milliards d'euros en octobre. Sur douze mois, le déficit français est encore plus inquiétant, puisqu'il atteint 35,220, là aussi un nouveau record absolu dans l'histoire économique hexagonale.
Comme nous l'annoncions dans Economie et Stratégie de vendredi dernier, la Banque d'Angleterre a, une nouvelle fois, décidé de surprendre les marchés, en abaissant son taux de base de 0,25 point. Elle suit donc la voie initiée par la Fed depuis l'été dernier, puis par la Banque du Canada en début de semaine.
Après avoir déjà perdu sept points au cours des deux derniers mois et dix points depuis juin, la confiance des ménages a encore chuté de cinq points sur le seul mois de novembre. Avec un niveau de - 28, elle se situe à un plus bas depuis juin 2006. Ah ! Qu'il paraît loin l'effet Sarkozy du printemps dernier…
Soyons francs : c'est à y rien comprendre ! En dépit de la flambée des prix du pétrole, des niveaux prohibitifs atteints par l'euro, du ralentissement de la croissance mondiale, de la faiblesse de l'emploi et du pouvoir d'achat en France, sans oublier les récents mouvements sociaux, le climat des affaires dans l'industrie française calculé par l'INSEE a gagné deux points en novembre.
Sans surprise, la croissance française a été bonne au troisième trimestre, en l'occurrence 0,7 %, soit un glissement annuel du PIB de 2,1 %, contre 1,3 % au deuxième trimestre. Néanmoins, il faudra en profiter, car, dès que le quatrième trimestre, la donne devrait nettement changer.
L'effet Sarkozy du printemps dernier paraît vraiment très loin. En effet, après avoir déjà chuté de six points en septembre, l'indice de confiance des ménages français a poursuivi son déclin en octobre. Certes, sa baisse n'a été que d'un point. Néanmoins, par rapport à son niveau de mai et juin derniers, il affiche un plongeon de neuf points ! Depuis que cette enquête existe (y compris dans sa version précédente), il s'agit donc de la quatrième plus forte chute de moral enregistrée en si peu de temps après celles de la fin 1995, de l'année 2001 et de la fin 2002-début 2003. Ces trois périodes ayant été respectivement marquées par les grèves de l'automne 1995, les attentats du 11 septembre et la quasi-récession de 2002-2003.
Les ménages français n'en démordent pas : le bonheur passe par la dépense. Ainsi, après déjà trois mois de forte hausse, la consommation en produits manufacturés a augmenté de 0,1 % en septembre.
Les mois se suivent et se ressemblent sur le front de l'inflation française : en dépit de la hausse des prix du pétrole, des autres matières premières ou encore du coût du travail, les prix demeurent contenus et, par là même, l'inflation reste des plus sages.
Le ministère du commerce extérieur retiendra certainement qu'en août 2007, le déficit extérieur mensuel de la France s'est réduit de 400 millions par rapport à juillet. Pour autant, il faut noter qu'en août, le déficit de la balance énergétique a été réduit de 395 millions. Autrement dit, la quasi-totalité de la baisse du déficit extérieur d'août s'explique par la réduction de la facture énergétique. A l'évidence, il n'y a pas de quoi sauter au plafond…
A la différence de son homologue allemand, qui a connu une forte hausse fin 2006-début 2007 et enregistre depuis quatre mois une forte chute, le climat des affaires dans l'industrie française a d'abord faiblement augmenté en début d'année pour se replier légèrement ensuite et enfin stagner depuis juin dernier à un niveau de 110 (selon l'enquête INSEE de septembre).
Après quelques mois de doutes et d'inquiétudes, Ben Bernanke et la Réserve fédérale américaine se sont enfin montrés à la hauteur. En effet, comme nous l'annonçons depuis quelques semaines, la Fed vient d'abaisser son taux objectif des federal funds d'un demi point à 4,75 %. Une décision qui a été prise à l'unanimité. En un mot : bravo !
A quasiment 1,39 dollar pour un euro, la monnaie unique franchit un nouveau sommet historique lourd de conséquence pour l'économie eurolandaise.
Sans véritable surprise, l'enquête sur l'investissement industriel de l'INSEE indique peu de variation par rapport à celle d'avril.
Encore une mauvaise nouvelle pour Madame Lagarde, Monsieur Sarkozy et plus globalement l'ensemble de l'économie française : après la piètre croissance économique du deuxième trimestre, la crise qui secoue la planète financière et qui, bien entendu, ne manquera pas d'entamer la confiance et la croissance dans l'Hexagone, après également l'annulation par le conseil constitutionnel de la défiscalisation des intérêts pour les emprunts contractés avant le 6 mai, c'est au tour de l'emploi de faire des siennes, avec une croissance zéro au deuxième trimestre.
Après avoir baissé de 1 % en mai (et non de 0,8 % comme annoncé initialement), la consommation française a très logiquement retrouvé le chemin de la hausse en juin.
Entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy c'est donc le « je t'aime, moi non plus » qui l'a emporté. En effet, aux trois dossiers chauds du moment (EADS, euro fort, BCE), Angela a dit « Oui » et Nicolas a répondu « moi non plus ».
Le discours de Nicolas Sarkozy sur la BCE et les coûts de l'euro cher a eu un effet dévastateur : dans la mesure où les dirigeants de tous les autres pays eurolandais se sont inscrits en faux par rapport aux déclarations du Président français, les marchés en ont déduit qu'ils pouvaient continuer de spéculer à la hausse sur l'euro. Moyennant quoi, la devise européenne a atteint un nouveau sommet historique à 1,3740 dollar et se stabilise depuis autour de ce niveau préoccupant.
Après la baisse de la consommation et le nouveau creusement du déficit extérieur, c'est au tour de l'activité industrielle d'enfoncer le clou : la croissance française sera bien molle en 2007.
Presque deux mois après les élections présidentielles, le charme Sarkozy continue d'agir sur les ménages français. Ainsi, après avoir déjà augmenté de 6 points en mai, l'indicateur de leur moral calculé par l'INSEE en a encore gagné 2 en juin.
Après la déconvenue du mois de mai, le moral des industriels français s'est légèrement redressé en juin. Pour autant, cet optimisme correspond plus à une méthode Coué qu'à une réalité économique. Ainsi, les carnets de commandes restent mous et ont même fortement chuté dans le secteur des biens de consommation.
S'il y a bien eu un effet Sarkozy sur le moral des ménages, la consommation n'en a absolument pas bénéficié. Après un repli de 0,1 % en avril, la consommation en produits manufacturés recule de 0,8 % en mai, soit une baisse de 0,4 % par rapport à son niveau moyen du premier trimestre. Il faut donc être clair : la situation économique dont héritent les nouveaux dirigeants du pays est loin d'être flamboyante.
Taxer davantage la consommation pour réduire les charges qui pèsent sur les salaires. Telle est la synthèse séduisante de la TVA sociale telle qu'elle a été pratiquée en Allemagne en janvier 2007 et telle qu'elle semble vouloir être pratiquée en France par le nouveau gouvernement.
Alors qu'ils broient du noir depuis environ cinq ans, les ménages français ont subitement retrouvé le moral en mai. Et avec une fougue qui détonne, puisque leur indicateur de confiance mesurée par l'INSEE a gagné six points en un seul mois.
Le Président Sarkozy a vraisemblablement décidé de gâter les Français. Mais si cette mesure va évidemment dans le bon sens, il ne faut pas en exagérer sa portée économique.
La consommation des ménages en produits manufacturés a reculé de 0,3 % en avril, indiquant par là même que la fringale des Français commence logiquement à se calmer.
La croissance américaine est au plus bas depuis la premier trimestre 2003. Pour l'instant, il n'y a pas péril en la demeure. Néanmoins, si la Fed ne baisse pas ses taux directeurs dans les trois mois, la récession risque de s'imposer. Quant à l'euro, il devrait se stabiliser autour de ses sommets actuels, avant de repartir vers des niveaux plus normaux à partir de la fin de l'été prochain. Explications.