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L'humeur de la semaine - 20 août 2010
Depuis la publication des premières estimations de croissance pour le deuxième trimestre des deux côtés du Rhin, le débat fait rage : et si l'Allemagne était tout simplement en train de reprendre sa place de champion économique européen, loin devant ses partenaires de la zone euro, et en particulier de la France ? Certes, au sortir du deuxième trimestre 2010, les PIB allemand et français restent tous deux inférieurs à leur niveau d'avant crise, mais dans une proportion quasiment identique : respectivement - 2,7 % et - 2,2 %. Autrement dit, si le gouvernement français a souvent défendu au cours des derniers trimestres que sa politique de soutien à l'activité a été meilleure qu'en Allemagne, ce n'est désormais plus le cas. Et c'est là que le bât blesse, car, pour parvenir au même résultat, la France a continué d'augmenter massivement ses dépenses publiques, tandis que l'Allemagne a continué de se serrer la ceinture. Ainsi, en 2009, les dépenses publiques représentaient 47,6 % du PIB outre-Rhin, contre 55,6 % dans l'Hexagone. En d'autres termes, la France a déjà utilisé toutes ses cartouches, alors que l'Allemagne a su faire preuve de parcimonie de manière à mieux profiter de la reprise. Dès lors, si la France continue de refuser la réalité en appliquant les vaines recettes d'augmentation des dépenses publiques, d'inefficacité de la pression fiscale et de rigidités réglementaires prohibitives, les écarts économiques vont encore se creuser. Avec des conséquences dramatiques tant pour la France que pour la viabilité de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 12 juillet 2010
L'humeur de la semaine - 01 juillet 2010
Décidément, la peur reste accrochée aux marchés comme une arapède à un rocher. Certes, compte tenu de l'ampleur de la crise économico-financière de 2007-2009, cette psychose peut se comprendre. Pourtant, depuis le printemps 2009, puis le redémarrage de l'économie mondiale, non-anticipé par 90 % des économistes à travers la planète, l'espoir était revenu. L'évitement du scénario catastrophe tant annoncé et le retour en grâce de la croissance avaient alors permis aux principaux indices boursiers internationaux de gagner environ 50 % en neuf mois. Si bien que les Cassandre et autres Bearish avaient quasiment disparu de la circulation. Malheureusement, la crise grecque, puis son dérapage incontrôlé et enfin sa transformation en une « crise existentielle » de la zone euro ont relancé la vague de terreur à travers la planète. Dès lors, toute statistique inférieure aux attentes, la moindre tension géopolitique, ou encore les déclarations décalées des dirigeants internationaux (et elles sont ô combien nombreuses) sont montées en épingle et utilisées pour justifier un mouvement de baisse des marchés boursiers. La semaine écoulée constitue un exemple éloquent de cette fragilité aggravée. Révision d'une statistique sur la Chine sans aucune valeur prédictive, confiance des ménages en baisse aux Etats-Unis et craintes sur les conditions de refinancement des banques de la zone euro. Pourtant, en dépit de leur facilité à se faire peur, les marchés boursiers devraient rester sur une tendance haussière au moins jusqu'en 2012. Cependant, ils resteront fragiles et volatils, car, pour limiter leur progression, les Cassandre pourront toujours compter sur des alliés indéfectibles, en l'occurrence les « dirigeants » politiques et monétaires de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 25 juin 2010
L'humeur de la semaine - 17 juin 2010
Après vingt ans de tergiversations, d'occasions manquées et de réformes avortées, la France a enfin décidé de regarder la réalité en face en matière de financement des retraites. Du moins en apparence. Ainsi, d'ici 2020, pour avoir accès à une pension de retraite complète, il faudra cotiser 41,5 années. Dans la mesure où l'âge moyen d'entrée dans la vie active s'élèvera à 22 ans, le fameux verrou, pour ne pas dire tabou, de la retraite à 60 ans est donc bien en train de sauter. Néanmoins, pour ne pas fâcher outre-mesure, l'âge légal de départ à la retraite sera porté à 62 ans d'ici 2018 (et non 63 comme cela aurait été plus logique). même si elle n'a pas encore été votée, la réforme des retraites montre également que lorsqu'ils sont mis au pied du mur, nos dirigeants politiques savent mettre en place de véritables modifications structurelles. Car, ne nous leurrons pas, si la France a engagé cette réforme c'est surtout parce qu'elle n'avait pas le choix : un refus de changer la donne aurait immanquablement entraîné une dégradation de la note de la dette publique française. Pour autant, ne crions pas victoire trop vite. Tout d'abord, parce que la réforme n'a pas encore été entérinée. On se souvient de l'épisode fâcheux du CPE qui, bien que voté, avait ensuite été retiré par manque de soutien populaire et politique. De plus, la réforme de la retraite peut encore être amendée et vidée de sa substance, voire refusée par le Conseil Constitutionnel. Mais, au-delà de ces « tracasseries administratives » traditionnelles dans l'Hexagone, le vrai problème de la nouvelle retraite à la française réside dans le fait qu'elle repose encore sur des hypothèses très optimistes. En l'occurrence, un taux de chômage durablement compris entre 4,5 % et 7 % à partir de 2015...
L'humeur de la semaine - 03 juin 2010
L'humeur de la semaine - 28 mai 2010
C'est donc le nouveau mot à la mode dans la zone euro : rigueur. Ainsi, après trente ans de laxisme et d'augmentation des dépenses publiques (à l'exception de quelques pays courageux qui ont su moderniser leur économie), les Etats de la zone euro ont enfin décidé de réduire leur déficit structurel. Cette décision est évidemment louable et surtout indispensable, dans la mesure où, dans l'ensemble de ces pays, la croissance économique générée chaque année ne suffit même pas pour payer les intérêts de la dette publique. Autrement dit, le simple remboursement de la dette requiert d'augmenter le déficit, donc la dette… et le cercle pernicieux n'en finit plus. Du moins jusqu'à ce que la note du pays soit dégradée, avec remontée des taux d'intérêt à la clé, donc aggravation de la charge d'intérêts de la dette et, enfin, généralisation de la crise grecque à la plupart des pays eurolandais. Bien que cette sombre perspective soit connue depuis des années, il aura fallu attendre que la zone euro soit au bord de l'explosion pour enfin réagir. « Mieux vaut tard que jamais ! » diront certains. Pour autant, on n'efface pas trente ans de mauvaise gouvernance économique en quelques jours. Pis, alors que les marchés et le monde entier ont les yeux rivés sur les choix stratégiques des dirigeants politiques eurolandais, ces derniers rééditent les mêmes erreurs que par le passé, en mettant de nouveau en péril la croissance économique. Car si l'assainissement des finances publiques est indispensable, il ne doit pas non plus « casser » l'activité, sous peine d'augmenter à nouveau les déficits, donc la dette… Plutôt que de se faire les chantres de l'austérité mal placée, les dirigeants français et eurolandais devraient donc engager un véritable assainissement de leurs dépenses...
L'humeur de la semaine - 12 mai 2010
Tremblement de terre à Haïti, crise grecque, volcan islandais, marée noire dans le Golfe du Mexique, crise de la zone euro, secousses sur les marchés financiers. Depuis le début 2010, les catastrophes se suivent et focalisent toutes les attentions. A tour de rôle, elles font la une des médias, inquiètent, effraient, puis finissent par se faire oublier, pour peu qu'un nouveau drame vienne prendre leur place sur le devant de la scène. Ainsi va la vie et il ne servirait à rien de s'en plaindre. Pourtant, si les crises passent et s'oublient, elles laissent toujours des traces plus ou moins douloureuses. Dans le cas des catastrophes naturelles, humanitaires ou écologiques, ces traces sont évidemment plus dramatiques que lors des crises économiques. Cependant, s'il est possible de mettre un point final géographique et temporel aux premières, les secondes sont beaucoup plus difficilement maîtrisables. Ainsi, il est clair qu'après onze ans d'erreurs de gouvernance économique et monétaire et quatre mois d'atermoiements qui ont mis le feu au chaudron eurolandais, le plan de sauvetage décidé le 9 mai est enfin venu éteindre l'incendie. Comme nous l'expliquions dans notre « Réaction » du 10 mai, il a effectivement permis de montrer au monde que les dirigeants eurolandais étaient convaincus de la nécessité de pérenniser la zone euro et surtout d'en faire une terre de croissance soutenue. Les deux maîtres-mot de ce plan sont donc bien « solidarité » et « efficacité ». Le problème est que, vu l'ampleur des dégâts, la confiance est très difficile à restaurer. Et ce, d'autant que les déclarations sans lendemain des dirigeants eurolandais depuis des années font pléthore...
L'humeur de la semaine - 06 mai 2010
L'humeur de la semaine - 09 avril 2010
L'humeur de la semaine - 18 mars 2010
Après la recherche de boucs-émissaires que nous explicitions la semaine dernière dans cette même rubrique, la France vient de franchir une nouvelle étape dans sa quête démagogique de déresponsabilisation. Ainsi, après les méchants spéculateurs, puis les vilains chefs d'entreprise qui n'hésitent pas à délocaliser, c'est désormais l'Allemagne qui est coupable de tous nos maux. C'est du moins ce que défend la ministre de l'économie Christine Lagarde qui, bien loin de son professionnalisme habituel, s'est lancée dans un dénigrement en règle de la stratégie économique allemande. Et ce, alors que la crise grecque et plus globalement celle de la zone euro, sont loin d'être terminées. A croire que la France a véritablement envie de mettre de l'huile sur le feu. En outre, il ne faut pas oublier deux points importants. D'une part, la faiblesse de la demande intérieure allemande est structurelle car liée à la baisse de la population. D'autre part, ce sont les Allemands qui ont démocratiquement choisi de sacrifier temporairement leur demande intérieure pour réussir à moderniser leur économie. Les critiquer pour ce choix douloureux mais salutaire constitue donc une ingérence particulièrement déplacée. Surtout en provenance de France, qui depuis plus de trente ans, a préféré le laxisme et le dogmatisme à la rigueur et au pragmatisme. Lorsque la France critique l'Allemagne pour sa stratégie c'est donc un peu comme si un aveugle conseillait un borgne sur le chemin à suivre ou comme si la cigale faisait des remontrances à la fourmi... Or, n'oublions pas que la construction européenne a principalement progressé grâce à la volonté franco-allemande. Si ce couple bas de l'aile ou si la France continue d'attaquer injustement l'Allemagne, cette dernière pourrait bien être tentée de jeter l'éponge. Et si, finalement, le premier pays à sortir de la zone euro n'était pas la Grèce, mais l'Allemagne…
L'humeur de la semaine - 11 mars 2010
Qu'ils soient investisseurs, spéculateurs, opérateurs de marchés ou encore chefs d'entreprise qui délocalisent, la vindicte populaire a trouvé ses nouveaux boucs-émissaires : ce sont eux les coupables ! Coupables de la crise, du chômage, de la quasi-faillite de la Grèce, de la désindustrialisation de la France, du réchauffement climatique, et pourquoi pas, tant qu'on y est, de la bêtise humaine. Car, il faut reconnaître qu'ils ont bon dos tous ces acteurs économiques de l'ombre. On ne sait pas vraiment ce qu'ils font, ni en quoi consiste vraiment leur métier, et cela tombe bien, ils constituent des coupables parfaits, qu'il faut donc punir sévèrement, de manière à assouvir les instincts revanchards de la population. A la rigueur, si cette stigmatisation était véhiculée par des partisans alter mondialistes ou néo-marxistes (ce qui revient d'ailleurs souvent au même), on pourrait comprendre ou du moins imaginer comment de telles idées aussi simplistes que dangereuses peuvent germer dans de tels esprits. Mais malheureusement, il n'en est rien. Ces différentes théories du complot de la finance mondialisée sont diffusées et formulées par des personnes et des Institutions honorables et ce, jusqu'aux instances dirigeantes de certains pays occidentaux. Au-delà des non-sens engendrés par cette analyse, il faut surtout bien comprendre que ce ne sont pas les spéculateurs qui sont à l'origine de la crise grecque, ni les entreprises françaises qui ont favorisé la désindustrialisation de l'Hexagone. Ces mouvements ne sont que des conséquences logiques des erreurs accumulées au cours des années 90 et 2000 par les dirigeants européens et français.
L'humeur de la semaine - 05 mars 2010
Ce n'est pas une surprise : les Français n'ont jamais été des chauds partisans de l'Euro. Dèjà, lors du référendum du 20 septembre 1992 sur la ratification du Traité de Maastricht, le « Oui à l'euro » ne l'avait emporté qu'avec 51,04 % des voix. Ensuite, certainement aveuglés par la croissance des années 1999-2000 mais surtout parce qu'ils continuaient à vivre avec des francs, les Français ont été quasiment indifférents à la création de la monnaie unique en janvier 1999. Ce n'est en fait qu'en 2002, avec l'introduction des pièces et billets en euro, puis la suppression progressive du Franc que la population hexagonale deviendra de plus en plus critique à son égard. En effet, une fois passé l'attrait des nouvelles pièces et des nouveaux billets, les Français vont très vite se plaindre de l'euro, d'abord pour des problèmes pratiques de conversion, puis pour des problèmes d'arrondis abusifs, donc d'inflation a priori excessive. Mais, aujourd'hui, après dix ans de croissance molle et une récession historique, les Français ont franchi une nouvelle étape dans leur relation avec la monnaie unique : celle des regrets et peut-être même du divorce. Ainsi, selon un récent sondage Ifop pour Paris-Match, 69 % des Français regrettent le franc. Après le poids des mots et le choc des photos, voici donc la claque des chiffres. S'il ne s'agit évidemment que d'un sondage, dont la valeur scientifique est par définition limitée, ce rejet de l'Euro atteint désormais un sommet historique et doit donc par là même être pris au sérieux. Et si la prochaine décennie était celle de la fin de la zone euro...
L'humeur de la semaine - 12 février 2010
En 2002, dans une chronique intitulée Minority Report, votre serviteur avait souligné qu'en matières de prévisions et à l'instar du film de Steven Spielberg du même nom, la majorité avait très souvent tort et qu'à l'inverse, le rapport minoritaire était généralement le meilleur. Ainsi, à l'époque, le consensus de marché anticipait un W, c'est-à-dire un scénario selon lequel le rebond de 2002 ne serait que de très courte durée et serait suivi par une récession durable. Bien loin de cette prophétie et malgré la guerre en Irak, l'économie américaine a poursuivi sa reprise en 2003, pour ensuite retrouver une croissance de 4 % dès le début 2004. Aujourd'hui, rien n'a malheureusement changé. Ainsi, il y a encore quelques mois, le consensus annonçait une récession américaine et mondiale extrêmement grave qui ne prendrait pas fin avant 2011. Pis, devant le rebond du PIB des Etats-Unis au troisième trimestre 2009, ce même consensus prédisait une rechute magistrale dès le quatrième trimestre. Et tout ça en vain. Devant de tels échecs cuisants, le consensus a donc logiquement viré de bord. Ainsi, alors qu'il y a encore quelques mois, la majorité des prévisionnistes annonçaient à tort que l'économie américaine, les marchés et la croissance mondiale ne redémarreraient pas avant bien longtemps, un nouveau consensus semble désormais s'imposer. Selon ce dernier, relayé notamment par le FMI ou encore lors du sommet de plus en plus inutile de Davos, la croissance mondiale va retrouver progressivement les 3 %, celle des Etats-Unis les 2 % et la progression des marchés boursiers devrait avoisiner les 5 à 10 % cette année. En d'autres termes, c'est maintenant qu'il faut vraiment s'inquiéter…
L'humeur de la semaine - 29 janvier 2010
L'humeur de la semaine - 08 janvier 2010
Comme chaque début d'année, c'est l'heure des bilans. Bilan économique, bilan financier et aussi bilan de nos prévisions. Sur tous ces plans, 2009 restera une année inoubliable. Tout d'abord, parce que 2009 a permis de déjouer l'écrasante majorité des prévisionnistes à travers le monde. En effet, il y a environ un an, ces derniers s'époumonaient et faisaient preuve d'une ingéniosité débordante doublée d'une surenchère malsaine pour annoncer que la planète économico-financière internationale allait très rapidement s'écrouler sans se relever avant plusieurs années, voire une décennie. Les plus « ambitieux » n'hésitaient pas à déclarer que le monde s'apprêtait à entrer dans une crise encore plus grave que celle de 1929. A l'époque, il fallait donc être fou ou inconscient pour oser annoncer que la bourse et l'économie mondiale allaient redémarrer dès 2009. C'est pourtant ce que nous faisions et écrivions dans ces même colonnes et aussi dans le livre « Krach, Boom… et demain ? » sorti en février 2009. Pour enfoncer le clou, nous avions même choisi d'accompagner les premiers tirages de ce dernier par un bandeau « Restez optimistes ». Quelle folie ! Devant ce sous-titre décidément insolent, certains journalistes n'hésitaient pas à me déclarer « Désolé, on ne pourra pas vous inviter, ni parler de votre livre, parce qu'il est trop optimiste. Vous comprenez, aujourd'hui, ce sont les prévisions catastrophistes qui ont la cote… ». Le ton était lancé. Qu'à cela ne tienne, le livre a attiré plus de 25 000 lecteurs et surtout, les funestes Cassandres, pourtant largement majoritaires, ont eu tort. Dans ce cadre, le bilan de nos prévisions 2009 apparaît comme l'un des meilleurs crus depuis 1998, date à laquelle nous avons commencé à nous livrer à cette exercice (à l'époque nous étions à la Caisse Centrale des Banques Populaires, cela ne nous rajeunit pas…). Alors retour sur une année 2009 haute en couleurs...
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2009
Le Président a tranché. Alors que de nombreuses personnalités de tous bords politiques et jusqu'à son premier conseiller lui demandaient de lancer un grand emprunt de 100 milliards d'euros, Nicolas Sarkozy s'est finalement rendu à la raison : l'emprunt ne sera pas grand. Il ne portera que sur 35 milliards, dont 22 milliards financés directement par appel aux marchés. Pour autant, augmenter un endettement public qui est déjà pléthorique n'est pas très sérieux. Et alors ? diront certains, il faut bien faire quelque chose. De plus, ajouteront-ils, l'Etat est justement là pour assurer la paix sociale. D'ailleurs, concluront-ils, c'est bien grâce à son Etat Providence ultradéveloppé et à ses fameux stabilisateurs automatiques que la France peut s'enorgueillir d'être l'un des pays de la zone euro qui a le moins souffert pendant cette crise et a vu son PIB reculer de « seulement » 2,3 % en 2009 ». Nous y voilà ! Selon eux, il n'y aurait pas trop d'Etat dans l'économie française, il en faudrait même plus, d'où l'idée du grand emprunt. Si cette thèse peut évidemment sembler séduisante, voire irréfutable, elle n'en est pas moins erronée et surtout très dangereuse. C'est ce que nous appelons le « syndrome du pouf ». En effet, il faut reconnaître que, grâce à ses protections et à ses perfusions publiques en tous genres, l'économie française est protégée contre une chute trop violente. Ainsi, lorsqu'elle tombe, elle s'affale sur un pouf qui lui permet donc d'amortir le choc et d'assurer une certaine paix sociale à court terme. En revanche, une fois bien installé dans le pouf, il est généralement très difficile de se relever. C'est là tout le problème des aides et autres stabilisateurs qui permettent certes de limiter les dégâts lors de la chute mais empêchent ensuite l'économie de se redresser rapidement et fortement, notamment à cause de son coût exorbitant qui impose une pression fiscale extrêmement forte.
L'humeur de la semaine - 11 décembre 2009
Si vous avez aimé le krach Internet, si vous vous êtes passionnés pour les guerres en Afghanistan et en Irak, si vous avez été subjugués par la faillite de Lehman Brothers et la crise financière qui en a découlé, alors vous allez adorer les ravages causés par le réchauffement climatique. A l'instar des Rocky, Rambo, Die Hard, Spiderman ou encore Harry Potter, les crises sont de tels succès commerciaux qu'elles appellent constamment de nouveaux épisodes. Le créneau est toujours le même : si vous avez survécu aux crises précédentes, celle que vous allez subir à présent sera encore pire. Bigre ! Ca fait froid dans le dos. Et cela tombe bien car la crise qui se prépare est justement celle du froid, ou plutôt de l'absence de froid. Ainsi, le réchauffement climatique serait tel que les glaciers vont fondre, que le trou de la couche d'ozone va encore s'élargir, que les terres vont être submergées, bref, les Mayas avec leur fin du monde en 2012 n'étaient finalement que des enfants de cœur… Mais, nous le disons haut et fort : la décroissance n'a aucun sens. En fait, elle constituerait une véritable catastrophe sociale, car elle se traduirait forcément par une aggravation des inégalités, une augmentation du chômage et une exacerbation des tensions sociales. C'est d'ailleurs là que réside l'un des grands paradoxes de cette thèse soutenue notamment par les altermondialistes et les soi-disant partisans d'une économie sociale : comment peut-on à la fois dénoncer la pauvreté dans le monde et exiger la décroissance qui ne fera finalement qu'aggraver cette dernière ? La solution est donc ailleurs et notamment du côté de l'innovation technologique...
L'humeur de la semaine - 04 décembre 2009
L'humeur de la semaine - 30 novembre 2009
Lorsque la semaine dernière, dans cette même rubrique, nous explicitions les dangers qui menaçaient la planète économico-financière à l'horizon 2012, nous pensions avoir atteint le sommet de l'horreur économique, tout en spécifiant d'ailleurs qu'il ne s'agissait que de risques potentiels encore évitables. Et pourtant, à en croire certains, nous étions encore loin du compte. Ainsi, reprenant le sentiment de nombreux cassandres à travers le monde qui ont décidément la dent dure, une grande banque française a envoyé la semaine dernière à ses clients une lettre catastrophiste digne de Nostradamus version « ultra-Bear ». Selon les spécialistes et docteurs ès « fin du monde » de cette institution financière, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre depuis janvier 2008, le rebond actuel ne serait qu'une accalmie passagère entre deux tempêtes; la seconde s'annonçant encore plus grave que la première. Bref, ce n'est même pas le W qui nous attend mais le N inversé : И (appelé également le « i-huitaine dans l'alphabet cyrillique). Autrement dit, après une rémission temporaire, le système capitaliste va bien finir par mourir et ce dès l'année prochaine.
Nous venons d'ailleurs de vivre un exemple désolant de cette peur stérile au travers des craintes de faillite de Dubaï et de son éventuelle répercussion internationale. Craintes tout à fait démesurées, non seulement parce que le grand frère Abu Dhabi permettra d'éviter cette faillite et surtout parce que le PIB de Dubaï ne représente que 0,1 % du PIB mondial. Quant à l'exposition des banques occidentales, elle reste limitée et ne devrait pas générer plus de 8 milliards de pertes. Pas de quoi générer une crise planétaire…
L'humeur de la semaine - 19 novembre 2009
Hollywood serait-il plus fort que Kyoto ou encore Copenhague ? En effet, alors que les soi-disant spécialistes du climat ne cessent d'annoncer que la terre est sur le point d'exploser à cause de la pollution au dioxyde de carbone, il aura suffi d'un film hollywoodien à grand spectacle pour relancer et surtout crédibiliser une crainte ancestrale selon laquelle la fin du monde serait proche. L'argumentation de cette thèse est simple : le calendrier maya se termine le 21 décembre 2012. Il ne nous resterait donc plus très longtemps pour profiter de notre chère planète bleue… Si nous ne sommes ni devins, ni mayas et encore moins défaitistes pour donner quelques crédits à cette thèse de fin du monde dans tout juste trois ans, il faut néanmoins reconnaître que 2012 se présente comme une année de grands dangers pour la stabilité économique et politique de la planète. Tout d'abord, 2012 sera une année d'élection présidentielle dans trois grandes nations, en l'occurrence les Etats-Unis, la Russie et la France. Au risque de décevoir notre orgueil national, c'est principalement dans les deux premiers pays que les risques d'impacts géopolitiques mondiaux sont les plus importants. Mais soyons rassurés, la France pourra aussi jouer un rôle déterminant dans la stabilité politico-économique de la planète. Au-delà du fait qu'elle dispose également de l'arme nucléaire, la France va surtout s'illustrer dans les prochaines années par l'explosion de sa dette publique. Cette stratégie de fuite en avant fera évidemment tâche d'huile en Europe et pourra même déboucher sur une explosion de la zone euro en 2012. Enfin, pour ne rien arranger, l'année 2012 devrait aussi coïncider avec la confirmation de la puissance économique dominante de la Chine. Cette dernière pourra alors ouvrir les frontières de ses marchés financiers et imposer le yuan comme un concurrent sérieux du dollar. Pour peu que les Chinois en profitent pour annexer Taïwan, que les Russes en fassent de même avec l'Ukraine et que les Américains et Européens, dans un dernier baroud d'honneur, lancent des représailles militaires, alors la fin du monde promise par les Mayas aura peut-être bien lieu, si ce n'est en 2012 au plus tard en 2013... A l'évidence, si l'on veut se faire peur, il n'est pas nécessaire d'aller dans les salles obscures, la scène économico-politique internationale suffit largement pour nous donner des sueurs froides...
L'humeur de la semaine - 13 novembre 2009
Après la bonne surprise du deuxième trimestre et le net rebond de la production industrielle au troisième, l'économie française paraissait capable de retrouver le chemin de la croissance forte dès le troisième trimestre. Il n'en est rien. En effet, même si le PIB a continué de progresser, son augmentation a été limitée à 0,3 %, maintenant le glissement annuel du PIB dans le rouge à - 2,4 %. Il n'y a donc pas de quoi être fier. Surtout lorsque l'on sait que le PIB allemand a augmenté de 0,7 % sur la même période, après une hausse de 0,4 % au deuxième trimestre. Mais au-delà du chiffre global du PIB, la véritable déception des comptes nationaux du troisième trimestre réside dans ses éléments constitutifs. Ainsi, une fois n'est pas coutume, c'est le commerce extérieur qui a sauvé la croissance française. En effet, grâce notamment au rebond allemand, nos exportations ont augmenté de 2,4 %, alors que nos importations n'ont progressé que de 0,4 %. Cela recèle donc deux enseignements. D'une part, le commerce extérieur a contribué pour 0,4 point à la croissance du troisième trimestre. D'autre part et surtout, la demande intérieure a reculé de 0,1 % au troisième trimestre. En d'autres termes, après un trimestre de pause, la récession est déjà de retour sur le front de la demande nationale. C'est dire la fragilité qui continue de marquer l'économie française. Et même si la stagnation de l'emploi au troisième trimestre peut constituer un lot de consolation temporaire, il est clair que la croissance française restera lente et faible. Dans le meilleur des cas, elle atteindra 1,3 % l'an prochain. Ce qui se traduira par un taux de chômage stabilisé autour des 10 % et un déficit également stabilisé dans les abysses. Bref, 2010 ne sera pas une année de récession, mais restera une année de contrition.
L'humeur de la semaine - 06 novembre 2009
C'est un dilemme cornélien qui se présente désormais aux banques centrales de la planète et en particulier dans le monde dit développé. En effet, il y a environ un an, au plus fort de la crise financière, elles ont non seulement injecté massivement des liquidités à l'échelle mondiale mais elles ont aussi fortement réduit leurs taux directeurs. Elles n'avaient alors pas le choix. Car, sans ces actions concertées de grande ampleur, le système financier international aurait certainement craqué et l'économie de la planète avec. Elles ont donc tiré les leçons des erreurs du krach de 1929 ou encore de la crise japonaise du début des années 90, au cours desquels les autorités monétaires n'ont pas pris conscience de l'ampleur des dégâts et n'ont pas réagi en conséquence. Autrement dit, il est possible de dire qu'en 2008-2009, les banques centrales ont fait leur « boulot ». Et ce, même si l'on peut néanmoins regretter qu'une fois encore, la Banque Centrale Européenne, n'a pas été jusqu'au bout, notamment en refusant de baisser son taux refi entre 0,25 % et 0,5 %, ce qui a pourtant été pratiqué par toutes les banques centrales occidentales. Vouloir se distinguer des autres c'est bien, éviter d'étouffer la reprise eurolandaise dans l'œuf c'est mieux… Toujours est-il qu'après avoir augmenté son taux refi en juillet 2008, c'est-à-dire en pleine récession de la zone euro, la BCE a quand même réussi à se faire violence et à engager un mouvement d'assouplissement monétaire historique. D'où une question essentielle qui vaut d'ailleurs pour l'ensemble des banques centrales de la planète : jusqu'à quand ? Car, après avoir « sauvé » la sphère économico-financière, les banques centrales vont devoir désormais se lancer dans un fine tuning (réglage fin) à haut risque. Et pour cause : si elles remontent trop rapidement et trop fortement leurs taux directeurs, elles risquent d'émousser la reprise actuelle avant qu'elle n'ait pu enclencher le moteur des créations d'emplois.
L'humeur de la semaine - 29 octobre 2009
Impensable pour le plus grand nombre il y a encore quelques mois, la reprise économique mondiale ne fait aujourd'hui plus de doute. Pourtant, au-delà des chiffres d'activité et des données d'enquêtes qui vont globalement dans le bon sens, cette reprise n'en demeure pas moins hautement fragile et surtout réversible. En effet, jusqu'à présent, le rebond était plutôt aisé, dans la mesure où il s'appuyait principalement sur un effet de rattrapage d'une dégringolade excessive car liée à un mouvement de peur généralisée. A partir du moment où la panique s'est estompée et où les acteurs économiques et financiers de la planète ont retrouvé leurs esprits, la reprise devenait alors presque mécanique. Et ce, d'autant qu'elle était largement stimulée par une relance mondiale pharaonique, que ce soit en termes de baisse des taux directeurs des banques centrales, d'injection massive de liquidités ou encore de relances budgétaires pléthoriques (5 000 milliards de dollars à l'échelle planétaire, soit près de 9 % du PIB mondial). Face à ce déploiement historique de forces anti-récession, la déflation et le scénario catastrophe type krach des années 30, pourtant presque unanimement annoncés, ont donc été évités. Mais, au-delà de ces apparences favorables, c'est maintenant que la crise devient la plus dangereuse. Car, une fois le boulet de canon évité de justesse, l'économie et les marchés financiers internationaux pourraient se considérer hors d'atteinte et promis inévitablement à des lendemains meilleurs. Dès lors, ils pourraient baisser la garde et repartir dans les vieux travers qui prévalaient encore lors du printemps-été 2008. Plus que jamais, nous devons donc faire preuve de responsabilité économique, en rejetant tout parti pris politique ou dogmatisme idéologique. Nous devons tous nous retrousser les manches pour ne pas gâcher la reprise. A ce sujet, le changement de stratégie économique de l'Allemagne constitue une véritable lueur d'espoir...
L'humeur de la semaine - 23 octobre 2009
Dire qu'il y a tout juste un an, la plupart des banques de la planète et plus globalement le secteur financier international dans son ensemble étaient à l'agonie. Selon la pensée dominante de l'époque, les faillites de banques allaient se multiplier, modifiant profondément les structures mêmes du capitalisme. Un an plus tard, la situation a bien changé, non seulement parce que les banques ne sont plus au bord de la faillite, mais surtout parce qu'elles gagnent de l'argent, si bien que leurs cours de bourse ont flambé et qu'elles peuvent désormais rembourser les prêts publics. Si cette rédemption est évidemment une bonne nouvelle, elle appelle néanmoins à une évolution des banques. Car, si ces dernières se remettent à gagner leur vie sur les marchés (et c'est tant mieux, sachant que les excès des dernières années ne seront heureusement pas renouvelés, compte tenu notamment de la forte réduction du prop trading), elles doivent désormais redévelopper leur vrai métier, en l'occurrence l'irrigation de l'économie via l'octroi de crédits aux entreprises et aux ménages. En fait, personne n'a intérêt à une raréfaction du crédit bancaire, à commencer par les banques elles-mêmes. Ces dernières doivent ainsi se souvenir qu'elles augmenteront et fidéliseront leurs clients en étant présentes lorsque ceux-ci ont besoin d'elles. Les banques doivent donc adopter un comportement plus responsable et plus constructif, en abandonnant leur traditionnel « appelez-nous si vous n'avez besoin de rien »…
L'humeur de la semaine - 16 octobre 2009
Régulièrement depuis une trentaine d'années, la rumeur se répand à tel point qu'elle devient une certitude : l'époque du dollar roi est révolue. A chaque fois, c'est la même rengaine : plombés par des déficits abyssaux, affaiblis par la crise économique, les Etats-Unis n'ont plus le choix et vont devoir abandonner le dollar étalon. Pourtant, à chaque fois, tel le Phénix, le billet vert renaît de ses cendres et ne laisse aucune chance à ses soi-disant concurrents potentiels. Cette chronique d'une mort annoncée qui n'a finalement pas lieu commence avec la guerre du Vietnam. Aujourd'hui, les arguments n'ont quasiment pas changé : compte tenu de leur dette publique et de leur soi-disant affaiblissement économique, les Etats-Unis vont devoir abandonner leur dollar-roi. Mais, selon nous et comme d'habitude, il n'en sera rien. Et ce, pour au moins trois raisons. Primo, il n'existe toujours pas de concurrent sérieux au dollar. Secundo, le seul concurrent potentiel du billet vert s'appelle le yuan, mais les Chinois ne sont pas encore prêts, tant économiquement que financièrement. Tertio, il est clair que les Etats-Unis ne se laisseront pas voler la vedette sans rien dire et surtout sans rien tenter. En fait, personne n'a aujourd'hui intérêt à la fin du rôle central mais aussi stabilisateur du dollar au sein du SMI. Car lorsque cela se produira, la planète connaîtra une crise bien plus grave et durable que celle que nous avons connue en 2008-2009. Alors, de grâce, chaque crise en son temps, si possible avec un intervalle d'au moins dix ans, histoire de souffler un peu…
L'humeur de la semaine - 02 octobre 2009
Avant toute chose, ayons une pensée émue pour « le » François Fillon de 2007 qui vilipendait avec force le dérapage des comptes publics et qui annonçait que, compte tenu de sa dette explosive, la France était au bord de la faillite. Aujourd'hui, la donne a bien changé puisque le même homme au même poste a présenté un budget 2010 prolongeant le déficit abyssal et historique de 2009. Les chiffres sont malheureusement sans appel : le déficit public devrait atteindre 140 milliards d'euros en 2009, soit 8,5 % du PIB, puis 8,2 % en 2010, mais qui, compte soit « seulement » 116 milliards, du moins selon les dires du gouvernement.
Mieux, cette stabilisation est présentée comme une grande victoire censée confirmer la volonté de la France de ne pas tomber dans le laxisme budgétaire. D'ailleurs, pour masquer la réalité, ce budget est aussi « markété » comme à la fois « en faveur de la croissance » et « vert », grâce à la fameuse taxe carbone. On croit rêver : faut-il rappeler que le budget 2009, établi il y a un an, faisait état d'un déficit prévisionnel de 52 milliards, soit presque trois fois moins que la réalité ? Comment peut-on oublier que la dette publique avoisine d'ores et déjà 80 % du PIB et qu'elle devrait largement les dépasser en 2010, alors qu'elle n'était « que » de 64 % en 2007 ? Et ce, sans intégrer le hors-bilan, c'est-à-dire le paiement des retraites des fonctionnaires, qui ferait monter la dette publique à 120 % du PIB...
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2009
Une personne ayant pris un congé sabbatique de huit mois sur une île déserte coupée du monde (par exemple, pour ne pas avoir à subir les affres de la catastrophe économique tant annoncée) n'en croirait pas ses yeux. Lors de son départ du « monde moderne » en mars dernier, la crise paraissait inextinguible. Les marchés boursiers s'enfonçaient dans une ampleur oubliée depuis le krach de 1929, les entreprises déstockaient, désinvestissaient et licenciaient massivement, le G20 s'apprêtait à se réunir pour essayer de sauver ce qu'il pouvait. Quant aux économistes et observateurs de la chose économique, ils étaient, dans leur écrasante majorité, formels : la reprise n'aurait pas lieu avant 2012.
Huit mois plus tard, la surprise est donc de taille : non seulement le cataclysme n'a pas eu lieu, mais surtout la reprise est là, notamment en Chine et aux Etats-Unis et même en Europe.
Seulement voilà c'est maintenant que les vrais problèmes commencent. En effet, compte tenu de l'écroulement excessif du PIB, lui même lié à un mouvement de peur panique, le rebond était presque inévitable. Il l'était d'autant plus que les efforts de relance déployés à travers le monde ont été pléthoriques. Désormais, il faut donc passer à l'étape suivante : transformer le rebond technique en une reprise durable. Le succès de façade du G20 de Pittsburgh (qui laisse croire que créer une usine à gaz pour limiter les bonus suffira pour relancer durablement la croissance) confirme d'ailleurs que le plus difficile n'a pas été de réagir pendant la crise (à la rigueur, nous n'avions pas le choix), mais va être de gérer la sortie de crise et de pérenniser la reprise...
L'humeur de la semaine - 07 août 2009
L'humeur de la semaine - 29 juillet 2009
Il y a quasiment un an (le 8 août 2008 pour être précis), nous écrivions dans ces mêmes colonnes, une chronique intitulée « Cachez cette récession que je ne saurais voir… ». A l'époque, nous soulignions le refus de la grande majorité des dirigeants politiques et monétaires européens (en particulier en France) de reconnaître l'avènement d'une récession dans la zone euro, notamment en France, depuis le printemps 2008. A les entendre, le mot « récession » n'avait pas de sens et il était donc tout à fait justifié d'augmenter le taux refi de la BCE, de maintenir l'euro à 1,60 dollar et de ne pas engager de soutien fiscal à l'activité. La suite des publications statistiques a pourtant montré qu'avant même la faillite de Lehman Brothers, le PIB a baissé au deuxième et au troisième trimestre, tant dans la zone euro qu'en France. La panique financière de l'automne n'a évidemment rien arrangé, engageant le monde dans une spirale de pessimisme et de défaitisme massif. Cette spirale dévastatrice a tellement bien fonctionné qu'aujourd'hui nous vivons la réciproque de la situation de l'été 2008 dans la mesure où quasiment personne ne veut croire au rebond tant boursier qu'économique qui se dessine depuis le printemps dernier. Et pour cause : dans la mesure où 95 % des intervenants financiers, des prévisionnistes et autres observateurs de la chose économique n'ont pas anticipé ce rebond, ils ne veulent non seulement pas y croire, mais, au surplus, persistent à annoncer que la rechute forte et durable est inévitable.
Essayons donc de voir plus clair dans ce monde si incertain...
L'humeur de la semaine - 18 juin 2009
L'humeur de la semaine - 12 juin 2009
Depuis neuf mois, on ne parle que de crise, de récession, de relance keynésienne ou encore, depuis quelques semaines, de reprise technique. Toutes ces préoccupations sont évidemment parfaitement justifiées. Néanmoins, en se concentrant sur le présent, c'est-à-dire sur le conjoncturel, elles font l'impasse sur l'essentiel, à savoir l'état structurel de nos économies. En effet, compte tenu du choc négatif d'envergure qu'elle représente, la crise de ces derniers trimestres aura forcément des conséquences concrètes et très souvent négatives sur la croissance structurelle des différents pays et zones de la planète. Même si la crise n'est pas encore complètement terminée, il paraît donc opportun de faire le point sur ce thème et d'établir une estimation des nouvelles croissances structurelles. Selon nos estimations, l'impact négatif de cette crise sur la croissance structurelle sera de l'ordre de 0,5 point. Cela signifie donc que celle des Etats-Unis a retrouvé son niveau des années 90, à 2,5 %, mais aussi que celle de la zone euro n'est plus que de 1,3 %. En d'autres termes, notre base de départ est bien plus basse qu'aux Etats-Unis et qu'il y a quinze ans. Le plus problématique réside dans le fait que pour engager un cercle vertueux de fortes créations d'emplois, une croissance d'au moins 2 % est nécessaire et que cette dernière doit atteindre 3 % pour éviter l'explosion de la bulle de la dette publique à partir de 2012-2015 (liée notamment au non financement de la retraite par répartition dans la plupart des pays de la zone euro).
Au-delà de la sortie de l'actuelle crise, le vrai enjeu qui attend les dirigeants européens se situe donc dans la gestion de l'après-crise, car si ces derniers ne trouvent pas les ressorts et le courage pour relancer la croissance structurelle, l'avenir de l'économie eurolandaise ne sera pas un W, ni en U, ni même un L, mais un J inversé.
L'humeur de la semaine - 05 juin 2009
Un petit mensonge vaut mieux qu'une grosse catastrophe. Qui n'a jamais pensé ou mis en pratique ce vieil adage ? Pas grand monde. Pourtant, si une telle pratique sied plutôt bien à la réalité du quotidien et peut même parfois devenir indispensable pour la bonne tenue des relations humaines, elle peut au contraire devenir dramatique lorsqu'elle s'applique à la sphère économico-financière. Et en particulier lorsque cette dernière est dominée par le court-termisme et devient ainsi la proie de toutes les incertitudes et rumeurs en tout genre.
Ainsi, sans remonter à l'aveuglement de la bulle Internet qui permettait de valoriser des entreprises en bourse non pas en fonction de leurs bénéfices, mais de leur chiffre d'affaires, voire de leurs pertes, la crise dans laquelle nous évoluons depuis plus de deux ans s'est accompagnée d'une déferlante impressionnante de contre-vérités. Si nous ne croyons absolument pas à la théorie trop pratique (car « déresponsabilisante » et donc dangereuse) du complot, il faut néanmoins reconnaître qu'une grande partie des évolutions financières de ces dernières années a été basée sur du vent. Pour autant, ces mensonges, manipulations et autres arnaques ne font que renforcer le rôle de l'économiste qui, bien loin de suivre bêtement le consensus, doit au contraire, tout faire pour déceler et dénoncer au grand jour ces contre-vérités. Il est d'ailleurs instructif de noter que tous les faux-semblants de ces dernières années et ceux qui prévalent encore aujourd'hui demeurent largement décelables. A condition de bien vouloir ôter les lunettes déformantes du consensus et de la pensée unique.
Espérons donc qu'un jour, les marchés sauront prendre du recul et ne plus se faire avoir par des rumeurs évidemment fausses mais très coûteuses. Pour ce faire, il faudra simplement retrouver un horizon temporel de moyen terme et sortir du court-termisme ambiant, car, comme le soulignait l'écrivain roumain Alexandru Vlahuta : « La vérité attend. Seul le mensonge est pressé ».
L'humeur de la semaine - 31 mai 2009
La sortie de crise et l'évitement d'une période comparable au marasme des années 1930 ne tomberont pas du ciel et ne seront que les produits des nombreuses décisions de politiques économiques (tant budgétaires que monétaires) prises à travers la planète, auxquelles s'ajouteront ou non les comportements positifs des différents acteurs privés, qu'il s'agisse des entreprises ou des ménages. Dans cette chaîne pour la reprise, pas un maillon ne doit manquer sous peine d'amoindrir l'amélioration de l'activité voire de transformer le rebond en un simple intermède entre deux tunnels. C'est pourquoi, en refusant d'abaisser au maximum son taux refi et en maintenant par là même un euro trop fort, la BCE fait courir un risque énorme à la zone euro qui pourrait donc bien être le parent pauvre de cette crise, c'est-à-dire l'une des zones les plus touchées du monde développé.
Mais dans le registre des erreurs à ne pas commettre, la BCE n'a pas le monopole et pourrait être rapidement rattrapée par les agences de notations. Même si elles ne sont évidemment pas les seules coupables, ces dernières ont effectivement joué un rôle important dans le développement de la crise financière, notamment en notant AAA des titres issus des dettes subprimes et en donnant un blanc seing à de nombreuses institutions financières qui avaient oublié la corrélation positive qui existe structurellement entre le rendement et le risque.
Non contentes de n'avoir pas vu l'évidence ou peut-être même pour essayer de se racheter de leurs erreurs du passé, ces mêmes agences de notation font aujourd'hui une erreur similaire, mais dans l'autre sens, c'est-à-dire en voulant dégrader excessivement les notes de certaines dettes publiques quitte à engager le monde dans une nouvelle crise, celle des Etats...
L'humeur de la semaine - 22 mai 2009
Un Cac 40 à plus de 3 200 points, un euro à 1,40 dollar, des taux d'intérêt à dix ans à presque 3,5 % aux Etats-Unis, un baril à 60 dollars. Qui l'eut cru ? Ces résultats apparaissent d'autant plus détonants qu'il y a encore quelques semaines, rares étaient ceux qui auraient misé le moindre kopeck sur de telles évolutions. Ainsi, il y a environ trois mois, ces mêmes grandeurs financières atteignaient des niveaux de 2 500 pour le Cac, de 1,24 dollar pour un euro, de 2 % pour le taux dix ans américain ou encore de 39 dollars le baril.
Que s'est-il donc passé en si peu de temps pour justifier une telle volatilité ? En fait, pas grand chose en apparence. Plus troublant encore, certaines évolutions économiques auraient même dû aller à l'encontre des évolutions financières effectivement enregistrées.
Toutes ces évolutions et tous ces paradoxes sont, selon nous, les témoins ou plutôt les manifestations financières de deux grandes réalités internationales. D'une part, ils montrent que les investisseurs restent particulièrement inquiets et prudents et que, ce faisant, les marchés demeurent fragiles, donc capables de nombreux excès à la hausse ou à la baisse. D'autre part, ils rappellent que les liquidités restent très fortes à travers la planète, justifiant des mouvements massifs et abrupts des variables financières. Ce sont donc, ces deux facteurs (fébrilité des investisseurs et cash pléthorique) qui vont encore faire courir les marchés au moins jusqu'à la fin 2009.
L'humeur de la semaine - 08 mai 2009
Après la pluie, vient le beau temps ; après la nuit, le jour se lève. La sagesse populaire ne manque pas de dictons pour relativiser les difficultés et garder l'espoir de lendemains meilleurs. Pour autant, il arrive parfois que les proverbes ne se réalisent pas et que les crises soient tellement longues qu'elles affectent plusieurs générations avant de se résorber. C'est exactement ce qu'ont voulu et veulent encore nous faire croire une large majorité des économistes, prévisionnistes et autres observateurs de la chose économico-financière.
Mais ce n'est pas parce que le consensus anticipe la poursuite de la récession que la reprise n'aura pas lieu. Bien au contraire. La preuve : le rebond des marchés a bien eu lieu depuis huit semaines alors que début mars, quasiment personne n'osait anticiper ne serait-ce que l'arrêt de la baisse des indices boursiers. Mais, au-delà des enseignements de l'histoire, le plus important réside dans les décisions qui ont été prises depuis quelques mois et dans les statistiques publiées chaque jour depuis quelques semaines qui ne sont certes pas toutes réjouissantes mais qui globalement confirment que le plus dur est bien passé.
Au total, nous continuons donc d'afficher des prévisions très loin de la vision noire et défaitiste du FMI. Selon nous, si l'année 2009 sera évidemment difficile (avec une croissance mondiale d'environ 1 %), elle sera néanmoins marquée par un net rebond à partir du printemps. Et si le fort effet d'acquis de décroissance engendré par la baisse massive du PIB au quatrième trimestre 2008 et au premier trimestre 2009 empêchera d'afficher une bonne performance sur 2009, l'année 2010 sera placée sous le signe du rebond significatif, avec une croissance qui devrait atteindre 2,6 % aux Etats-Unis, 0,8 % dans la zone euro, 9 % en Chine et 3 % pour la planète. Vivement 2010 !
L'humeur de la semaine - 04 mai 2009
Après dix huit mois de pessimisme et de bear market, les investisseurs boursiers n'osaient plus y croire. Si bien que la quasi-totalité d'entre eux n'a pas réussi à anticiper le rebond enregistré depuis huit semaines, non par manque de professionnalisme, mais tout simplement par aveuglement. Cet aveuglement est d'ailleurs tellement fort que l'embellie observée depuis début mars reste majoritairement analysée comme un mouvement passager qui sera suivi par une forte correction baissière. D'ailleurs, en renfort de cette thèse, le FMI vient encore de réviser en baisse ses prévisions de croissance mondiale. N'oublions cependant pas que les prévisions du FMI restent structurellement parmi les plus mauvaises de la planète.
De plus et surtout, même si certaines publications statistiques laisseront encore à désirer, leur amélioration va progressivement s'imposer, faisant prendre conscience aux investisseurs que les marchés boursiers restent encore peu chers et constituent par là même d'excellentes opportunités. C'est d'ailleurs ce que nous observons depuis quelques semaines tant aux Etats-Unis qu'en Europe et notamment en France, où tant le moral des chefs d'entreprise que la consommation des ménages ont surpris positivement.
Voilà pourquoi, nous maintenons notre scénario d'un Dow Jones à 10 500 et d'un Cac 40 à 4 000 d'ici un an. Si les Occidentaux n'en sont pas encore convaincus, il est instructifs de noter que les investisseurs des pays émergents, en particulier en Asie, ont déjà fait savoir qu'ils commençaient à revenir à l'achat tant sur les actions que sur les entreprises occidentales. Il ne faudra pas ensuite se plaindre si nos actuels fleurons industriels, technologiques et tertiaires ont changé de nationalité. C'est aussi à cela que sert une crise : la redistribution des cartes…
L'humeur de la semaine - 27 avril 2009
Décidément, la Réserve fédérale américaine ne veut laisser aucune chance à la déflation. En effet, non contente d'avoir abaissé son taux objectif des federal funds dans une fourchette comprise entre 0 et 0,25 %, non contente d'avoir repris à son compte une partie conséquente des créances douteuses des banques américaines, non contente d'avoir financer directement les pertes de Freddie Mac et Fannie Mae, la Fed se lance désormais dans la « planche à billet ».
Ainsi, elle vient de commencer à monétiser la dette publique américaine pour un montant 300 milliards de dollars. Ce sera donc la première fois depuis la guerre du Vietnam que la Fed va créer de la monnaie ex-nihilo, c'est-à-dire sans contrepartie de richesses créées.
L'avantage de cette stratégie est triple. Primo, elle permet à l'Etat américain de pratiquer une relance historique sans souci de financement.
Par là même et secundo, elle permet de contrecarrer l'augmentation des taux d'intérêt à long terme.
Tertio, dans la mesure où la politique monétaire américaine est beaucoup plus accommodante que celle de la zone euro et où, comme nous venons de l'expliquer les taux longs américains creusent l'écart avec leurs homologues eurolandais, le dollar/euro reste faible (en dépit de sa récente appréciation), redorant par là même la compétitivité des exportations américaines et réduisant les importations redevenues trop chères.
Malheureusement, la stratégie de la Fed recèle aussi deux effets pervers...
L'humeur de la semaine - 20 avril 2009
5 000 milliards de dollars de relance mondiale ici, 1 000 milliards de dollars supplémentaires accordés lors du G20 par là… A l'évidence, la valse des milliards a de quoi donner le tournis. Mais surtout, elle nous fait presque oublier que toutes ces sommes devront être financées, à des coûts qui pourraient devenir exorbitants. Certes, l'épargne mondiale est abondante, notamment en Asie et en Europe. Dès lors, le financement de ces plans de relance pharaoniques pourrait finalement se résumer à une allocation optimale de cette épargne. C'est d'ailleurs ce qui semble avoir été prévu par le G20 dans le cadre de l'accroissement des dotations au FMI et de la Banque Mondiale, financées pour l'essentiel par une augmentation des quotes-parts des pays les plus riches ou en voie de le devenir.
Pour autant, le passé récent nous a encore montré que l'économie ne pouvait pas se résoudre à une simple équation mathématique. En effet, la quasi-totalité des plans de relance dans les pays développés sera financée par de la dette publique. Seule la Chine et quelques pays émergents asiatiques pourront puiser dans leurs réserves de change pléthoriques, en particulier pour l'Empire du Milieu qui y a déjà puisé 300 milliards de dollars pour financer la moitié de son plan de relance. Pas grand chose finalement, lorsque l'on sait que les réserves de changes chinoises avoisinent encore les 1 600 milliards de dollars.
La vraie difficulté réside donc plutôt du côté des pays structurellement déficitaires et qui ont déjà fait beaucoup appel aux marchés pour financer leurs nombreux déficits. Mais là aussi, deux types de pays doivent être démarqués. Il y a d'une part ceux qui ont su augmenter leur dette publique pour augmenter leur croissance structurelle et, d'autre part, ceux pour qui la progression de la première s'est accompagnée d'une baisse de la seconde.
C'est là tout l'enjeu des relances actuelles : augmenter les dépenses publiques, pourquoi pas ? Mais si et seulement si cela produit plus de croissance que de dette. Sinon, tôt au tard, il faudra payer une facture insupportable tant économiquement que socialement. Essayons de ne pas en arriver là.
L'humeur de la semaine - 06 avril 2009
Depuis le début des années 2000, les pays émergents se sont illustrés par une croissance forte et un effort de rattrapage considérable. A tel point que, depuis 2002, ils réalisent les deux tiers de la croissance mondiale. Cette part est d'autant plus significative, qu'il y a trente ans, ces pays, qu'on appelait alors des PVD (pays en voie de développement) ne représentaient que 10 à 15 % de la croissance mondiale. C'est dire combien la mondialisation, notamment grâce aux transferts de capitaux et de technologies qu'elle a permis, a été une chance pour le monde émergent. C'est d'ailleurs grâce à (ou à cause de) ce dynamisme que la croissance mondiale a pu atteindre 5 % par an en moyenne de 2002 à 2007 et ce en dépit d'un cours du baril qui est passé sur la même période de 22 à 100 dollars.
Néanmoins, c'est aujourd'hui que commence la véritable épreuve pour les pays émergents. En effet, c'est toujours dans les phases de crise que l'on peut juger de la force ou de la faiblesse d'un acteur économique, qu'il s'agisse d'une entreprise, d'un particulier ou d'un pays. Ainsi, dès 2008 et a fortiori en 2009, de nombreux pays émergents ont pu faire preuve de leur résistance. Si bien que, pour la première fois dans l'histoire contemporaine, la quasi-totalité des pays dits développés enregistrent une baisse de leur PIB, tandis que les PIB de la plupart des pays émergents continuent d'augmenter. Autrement dit, si la croissance mondiale sera positive c'est année c'est presque exclusivement grâce au monde émergent.
Pour autant, il ne faut pas se voiler la face : la crise est difficile et tous les pays émergents souffrent également. Néanmoins, ces difficultés ne font finalement qu'afficher au grand jour les carences et les erreurs de développement de ces dernières années. Voilà pourquoi, malheureusement, les pays émergents qui pâtissent le plus de la crise actuelle sont les pays d'Europe de l'Est...
L'humeur de la semaine - 30 mars 2009
Tout a commencé il y a une vingtaine de jours avec quelques déclarations de Barack Obama faisant état du proche redémarrage de l'économie américaine. Ainsi, après avoir noirci volontairement le tableau pour faire voter sans tarder son plan de relance par le Congrès, le nouveau Président des Etats-Unis a vite retrouvé son rôle de tribun de grand talent pour appeler à la reprise, conscient que cette dernière ne pourra se produire qu'en sortant de la crise de confiance qui s'est installée outre-Atlantique depuis la calamiteuse faillite de Lehman Brothers. Ensuite, il y a eu les premières questions de certains clients et journalistes qui, après n'avoir juré que par la crise et le « bear market », commencent à en avoir assez de ces funestes desseins et préfèrent nous demander « et la reprise c'est pour quand ? ». Nous devons avouer que, les premières fois, nous avons eu un choc et avons dû nous pincer pour vérifier que nous ne rêvions pas.
Mais surtout, les dernières statistiques économiques publiées aux Etats-Unis (réduction du déficit extérieur, de l'augmentation des ventes au détail, ou encore du rebond des mises en chantier et des permis de construire en février) ont confirmé que le plus dur était bien derrière nous. Autrement dit, avant même que le plan de relance n'ait été lancé et de facto ne produise ses effets, l'économie américaine est déjà sur la voie du redressement.
Bien entendu, celle-ci ne sera pas rectiligne. Des efforts devront encore être réalisés pour restaurer la confiance. Cette dernière est effectivement une alchimie extrêmement difficile à réaliser mais indispensable à la bonne marche de nos économies. Pour autant, au fur et à mesure des bonnes nouvelles, la mode pourrait bien changer et passer du noir absolu au rose pâle puis incandescent. De quoi rappeler que nous sommes tous des "fashion victims"…
L'humeur de la semaine - 23 mars 2009
Optimistes, pessimistes, catastrophistes. Les prévisions économiques et financières font aujourd'hui l'objet de tous les commentaires et de toutes les critiques. Et cela est tout à fait normal. En effet, il est logique, honnête et surtout constructif d'accepter les débats et les oppositions de manière à essayer de réaliser les meilleures prévisions possibles. Sans néanmoins se laisser avaler par le consensus et la pensée unique.
C'est d'ailleurs la raison principale pour laquelle les économistes et les prévisionnistes en tous genres établissent des prévisions si différentes malgré une réalité de départ identique. Dans un souci de transparence et même si cela risque de déplaire à certains économistes qui souhaitent garder leur « expertise » pour eux sans la faire partager, nous souhaitons vous faire savoir qu'en temps normal les prévisions économiques et financières se basent sur trois piliers. A savoir, l'analyse économique, les équations économétriques et le "feeling".
Sachez néanmoins que compte tenu des incertitudes et des fortes révisions des statistiques déjà publiées, établir des prévisions aujourd'hui relève de la haute voltige. Pour être complètement francs, nous dirons donc qu'en ce moment, il n'est pas possible de faire des prévisions fiables. Il est vrai que la mode actuelle consiste à noircir le tableau à l'excès, mais en fait la prévision du pire n'est pas plus fiable que la nôtre. Alors pourquoi suivrions-nous bêtement le troupeau ? Cela n'a jamais été notre tasse de thé, il n'y a pas de raison pour que cela change...
L'humeur de la semaine - 15 mars 2009
A quinze jours du sommet du G20 de Londres, les spéculations vont bon train. D'aucuns vont même jusqu'à prévoir la fin du capitalisme et l'avènement d'un nouveau monde, où les Etats seraient surpuissants, où les frontières se refermeraient, avec réduction des marchés financiers à peau de chagrin et où le capital serait tellement taxé qu'il imposerait aux entreprises privées encore survivantes de se rallier à la toute puissance publique. Tout un programme… Au-delà de son aspect utopique et extrêmement dangereux pour la stabilité économique, politique et sociale de la planète, cette opinion surprend surtout parce qu'elle réussit à se diffuser à la vitesse de l'éclair et est même parfois présentée comme une solution crédible. Cela nous rappelle les ravages que peut causer la faiblesse de la culture économique dans l'Hexagone. En effet, devant l'inconnu ou la méconnaissance, la peur et les idées fausses se généralisent avec une extrême facilité. Or, lorsque l'Homme est habité par la peur et le mensonge, il est capable du pire.
C'est dire la responsabilité qui incombe actuellement aux dirigeants politiques, aux économistes et aux journalistes. Si par facilité, par cupidité ou encore par simple suivisme, ceux-ci continuent de diffuser des contrevérités, alors ils risquent de transformer la crise en un chaos duquel nous mettrons des années à sortir. En revanche, s'ils retrouvent leurs esprits et arrêtent de véhiculer du pessimisme et de la peur à outrance, alors le monde peut s'en sortir.
C'est dans ce cadre que le sommet du G20 du 2 avril prochain sera déterminant. Et pour cause : celui-ci doit absolument montrer à tous que le capitalisme n'est pas mort et qu'il vit une crise, certes grave, mais qui lui permettra de se reconstruire sur des bases plus saines.
L'humeur de la semaine - 09 mars 2009
En ces temps de crise où tout paraît sombre, où les acteurs économiques perdent un à un tous leurs repères, la tentation de la capitulation est forte. Et bien oui : pourquoi se fatiguer à oser garder l'espoir, autant suivre le troupeau comme tout le monde, acheter de l'or ou des terres arables et attendre que la fin du monde arrive.
D'ailleurs, à en croire les meilleurs « experts », le monde dans lequel nous vivons depuis la naissance du capitalisme au XVIIème siècle est en train de disparaître. Dès lors, il ne sert à rien de suivre les indicateurs économiques, d'établir des prévisions sur la base de l'analyse économique ou encore d'essayer de véhiculer un message d'optimisme : tout le monde le dit, le système va s'écrouler, il est donc inutile de prêcher dans le désert, sauf à vouloir se faire tirer dessus et se faire passer pour un illuminé…
Bien loin de ce comportement mimétique très facile mais complètement absurde à nos yeux, il nous paraît plutôt indispensable de sortir du carcan du défaitisme et du fatalisme. Pour ce faire, il faut prendre un maximum de recul par rapport à l'instant et par exemple réfléchir sur des notions fondamentales telles que celle de la liberté. Liberté physique bien entendu, mais surtout liberté intellectuelle. Sans vouloir s'engager dans un débat philosophique ésotérique qui n'aurait d'ailleurs pas sa place dans cette publication, nous souhaitons simplement pointer du doigt les risques d'auto-aliénation qui menacent.
En effet, sommes-nous vraiment en liberté ? Sommes-nous vraiment libres de penser et de dire ce que nous pensons intrinsèquement en toute indépendance ? Ou alors, nos pensées et nos écrits ne sont-ils pas plutôt le produit d'un environnement et d'une mentalité que nous subissons ? Ou encore pire, ne faisons-nous pas simplement qu'écrire sous la dictée de nos actionnaires, de nos clients, de nos collègues, de nos pairs, voire les quatre à la fois ?
L'humeur de la semaine - 27 février 2009
Baisse historique du PIB français et européen, hausse vertigineuse du chômage un peu partout dans le monde, résultats des entreprises globalement décevants, annonce de plans de licenciement, poursuite de la baisse des indices boursiers à travers le monde, écroulement des pays d'Europe de l'Est, guérilla urbaine en Guadeloupe… A l'évidence, les dernières nouvelles de la planète sont guère réjouissantes et risquent de donner envie à certains de baisser les bras, en sombrant dans un pessimisme démesuré. Si la tentation de noircir le tableau est évidemment forte voire pratique pour certains, elle constitue inévitablement la pire des solutions. En effet, après un an et demi de crise, nous sommes aujourd'hui à la croisée des chemins. Soit nous nous décourageons et nous sommes alors sûrs de perdre, car le pessimisme est, par définition, auto-réalisateur et par là même destructeur. Dans ce cadre, comme nous l'écrivions déjà en octobre dernier, il faut se barricader, s'acheter un lopin de terre pour cultiver ses légumes et élever ses chèvres, tout en se munissant d'un fusil pour défendre le tout…
En revanche, nous pouvons toujours opter pour la deuxième solution : celle de la sortie de crise par le haut. Pour ce faire, il suffit de se retrousser les manches et de retrouver une certaine dose d'espoir, voire d'optimisme. De la sorte, nous pourrons profiter à plein des plans de relance mis en place à travers le monde, de la baisse des taux d'intérêt et du repli des prix des matières premières. N'oublions pas que l'économie est une science humaine, sur laquelle les hommes et les femmes ont donc un véritable pouvoir et pour laquelle il n'y a donc pas de fatalité. Notre avenir est entre nos mains et si nous n'en sommes pas conscients, nous devenons alors la proie du doute et de la faillite...
L'humeur de la semaine - 22 février 2009
Depuis un peu plus d'un an, la plupart des experts étaient pourtant formels : les Etats-Unis devaient sombrer dans une grave récession alors que la zone euro devait souffrir mais néanmoins sortir la tête de l'eau. A l'inverse, depuis un an, nous soutenons que le marasme économique sera bien plus sérieux de ce côté-ci de l'Atlantique que chez l'Oncle Sam.
Depuis le deuxième trimestre, cet écart s'est confirmé. Ainsi, alors que le PIB américain augmenté de 0,7 % au deuxième trimestre (2,8 % en rythme annualisé), celui de la zone euro commençait sa descente en reculant de 0,2 %. Au troisième trimestre, l'écart est moins fort mais il est néanmoins présent : - 0,1 % pour le PIB outre-Atlantique et encore - 0,2 % dans la zone euro. Cela nous rappelle d'ailleurs que la récession eurolandaise a non seulement commencé avant celle des Etats-Unis, mais surtout qu'elle n'est pas due à la seule crise financière de l'automne dernier. Celle-ci est évidemment le bouc émissaire idéal permettant de masquer les errements eurolandais…
Le pire c'est qu'en dépit de ces réalités indubitables, le consensus des économistes n'a pas révisé le tir : il a continué de penser que l'Oncle Sam allait s'effondrer mais que la « Tante Eurolande » allait résister.
Peut-être les comptes nationaux du quatrième trimestre vont-ils réveiller tous ces endormis. Car la chute du PIB dans les pays de la zone euro est sans appel : - 2,1 % en Allemagne, - 1,8 % en Italie, - 1,2 % en France, - 1 % en Espagne, - 2 % au Portugal et, in fine, une chute de 1,5 % pour le PIB de l'ensemble de la zone euro, du jamais vu depuis que les statistiques eurolandaises existent, c'est-à-dire depuis 1995. En glissement annuel, le PIB de l'UEM recule de 1,2 %, là aussi du jamais vu. A titre de comparaison, le PIB américain a reculé de 1 % au quatrième trimestre et de 0,2 % en glissement annuel...
L'humeur de la semaine - 01 février 2009
Dire qu'il y a encore quelques trimestres, le monde bancaire et de la finance constituait la voie royale de la réussite professionnelle. A tel point qu'elle faisait rêver de nombreux étudiants en quête de succès rapide et rémunérateur. A l'évidence, qu'ils soient ingénieurs, mathématiciens ou tout simplement universitaires, ces ex aficionados de la finance vont devoir changer leurs plans ou du moins revoir leurs prétentions à la baisse. En effet, après avoir fait l'objet de toutes les convoitises et de tous les superlatifs professionnels, le secteur de la banque-finance est en train de devenir la sidérurgie des années 80.
Mais, si l'Etat a bien fait de sauver le système bancaire en apportant sa garantie, il ne doit certainement pas augmenter encore ses dépenses. Non seulement, parce qu'il n'en a pas les moyens. Et surtout parce que cela serait inefficace, voire contre-productif.
En fait, il est clair que la banque-finance doit désormais se réformer de fond en comble et réinventer son mode de fonctionnement.
Cela passera notamment par une réduction massive de leurs activités de marchés complexes et au risque mal maîtrisé, donc par moins d'effets de levier, des profits moins élevés, d'où un retour en grâce des activités de crédit.
Enfin, ce mouvement de restructuration passera aussi par des fusions-acquisitions, des OPA et des redéploiements internationaux. Ce qui, in fine, redonnera ses galons à la banque-finance occidentale. Il y a néanmoins un hic : rien ne garantit que ces fusions et OPA seront dirigées par des Européens, des Japonais ou des Américains. En plus de geler leurs bonus, les patrons de banques risquent donc de devoir apprendre… le mandarin…
L'humeur de la semaine - 16 janvier 2009
L'humeur de la semaine - 09 janvier 2009
Assurément, 2008 restera l'année de toutes les mauvaises surprises.
Dans ces conditions, faire le bilan de nos prévisions économiques et financières pourrait paraître inutile. En effet, nous n'avons prévu ni Kerviel, ni Bear Stearns, ni la folie de la BCE, ni la faillite de Lehman Brothers et encore mois le scandale Madoff. Mais était-ce possible ? Certainement pas. Pour autant, le fait que tout le monde se soit trompé ne constitue pas une excuse et nous devons reconnaître que, de ce point de vue, ainsi que sur le front des prévisions boursières, nous avons eu tort. Voilà pourquoi, par respect pour nos clients, il est indispensable de continuer à jouer la transparence. C'est ce que je fais depuis une dizaine d'années, d'abord à la Banque Populaire, puis avec ACDEFI et désormais avec Global Equities, je ne vais certainement pas m'arrêter parce que nous vivons une crise grave. Bien au contraire.
Et ce d'autant qu'à l'exception des déboires financiers que nous venons d'évoquer et comme nous allons le voir ci-après, le bilan de nos prévisions 2008 est même plutôt flatteur.
Mais au-delà de la satisfaction que peut nous procurer ce bilan favorable, nous voulons surtout souligner que ce dernier rappelle que nous ne sommes pas des devins et que nous devons faire nos prévisions en toute humilité et sur la base des fondamentaux économiques. Bien sûr, cette stratégie ne peut pas nous permettre d'avoir toujours raison mais au moins elle nous permet de défendre nos prévisions avec objectivité et en toute indépendance. Espérons donc que grâce à cette méthode, notre bilan 2009 sera encore meilleur que celui de 2008. Et ce d'autant que si, il y a un an, nous avons été les premiers à annoncer la récession en Europe, nous sommes aujourd'hui parmi les rares à anticiper une reprise dès l'été aux Etats-Unis et à partir de l'automne de ce côté-ci de l'Atlantique. Après une année 2008 de toutes les mauvaises surprises, 2009 pourrait donc bien devenir celle de toutes les bonnes surprises.
L'humeur de la semaine - 19 décembre 2008
Depuis l'été 2007 et le début de la crise des subprimes, on pensait avoir tout vu : refus des banques de se prêter entre elles sur le marchés interbancaire, plongeon boursier, pertes abyssales de certaines institutions financières, écroulement du billet vert, baril à 150 dollars, blé à 13 dollars le boisseau, hausse des taux directeurs de la BCE en pleine récession eurolandaise, faillite de Bear Stearns puis de Lehman Brothers, panique des particuliers allant retirer leurs liquidités aux guichets de certaines banques, plan de sauvetage bancaire refusé par le Congrès américain, avènement d'une récession mondiale, voire d'une déflation planétaire.
Mais non ! Nous n'avions pas tout vu. Ainsi, cerise (empoisonnée) sur le gâteau des horreurs économiques et financières des années 2007-2008, la plus grande fraude de l'histoire contemporaine vient d'être découverte. Elle porte sur un montant d'environ 50 milliards de dollars et fonctionne depuis près de vingt ans.
En fait, ce que l'on appelle désormais l'affaire Madoff synthétise parfaitement les tenants et les aboutissants de la crise financière. En effet, cette dernière a pour origine principale un aveuglement collectif et presque généralisé. Celui de croire ou de laisser croire que l'on pouvait cumuler fort rendement et risque faible. Et ce, que ce soit au travers d'une mathématisation extrême des produits financiers ou tout simplement par le biais d'un abus de confiance en des personnes tellement intelligentes et/ou tellement respectées qu'elles en devenaient intouchables.
C'est peut-être là que résidera la vertu de cette crise. Car désormais, du moins pendant un certain temps, les investisseurs, les banques et les épargnants vont devoir retrouver quelques règles de bon sens, réduire leur appétence en termes de rendements, mieux gérer le risque et finalement favoriser une meilleure connexion entre les variables financières et les fondamentaux économiques.
« Bernie » avait donc peut-être un nom prémonitoire : la finance Mad (folle) se trouve dorénavant en position Off...
L'humeur de la semaine - 15 décembre 2008
Depuis un peu plus de deux mois, le Cac 40 est devenu une véritable girouette : - 23,9 % du 1er au 27 octobre, + 20,3 % au cours des six jours suivants, - 21,9 % du 5 au 21 novembre, + 13,2 % la semaine suivante, - 8,4 % ensuite et enfin + 4,5 % la semaine dernière. Lorsqu'en septembre dernier, nous écrivions que les amateurs des montagnes russes seraient gâtés sur les marchés boursiers, nous étions loin d'imaginer que la volatilité de ces derniers serait si forte.
Et pour cause : depuis la faillite de Lehman Brothers et la panique qui en a découlé, les investisseurs et autres intervenants sur les marchés ont perdu tous leurs repères. Si bien que leur horizon de placement s'est considérablement réduit. En effet, celui-ci ne se mesure plus en mois (comme le voudrait le fonctionnement normal des marchés boursiers), ni en semaines, ni même en jours, mais en heures. Dès lors, toute nouvelle économique, financière ou politique donne lieu à une sur-réaction extrême dans une proportion rarement rencontrée.
La raison de court-termisme viscéral est malheureusement simple : ayant perdu tous leurs repères depuis le 15 septembre, évoluant dans un brouillard complet, les investisseurs n'ont plus la possibilité matérielle de se projeter dans un avenir qui dépasse la semaine. Dès lors, ils naviguent à vue, en espérant ne pas tomber sur un récif inattendu. Le problème réside dans le fait qu'un tel comportement revient à fragiliser l'ensemble des acteurs économiques et financiers, d'où un nouvel épaississement du brouillard and the beat goes on…
Une question angoissante se pose alors : quand et comment allons nous sortir de ce cercle pernicieux ?
L'humeur de la semaine - 08 décembre 2008
Les ménages sont formidables. Qu'ils soient américains, allemands ou français, ils refusent de céder au pessimisme et indiquent une légère amélioration de leur moral dans les enquêtes de conjoncture menées auprès d'eux. Certes, aux Etats-Unis, un effet Obama a certainement joué permettant par là même aux Américains de retrouver quelques couleurs. A l'inverse, que ce soit en Allemagne et en France, aucun effet de ce genre n'est observable, même s'il est vrai que les Français pourraient trouver satisfaction à voir leur Président mis en valeur sur la scène internationale lors de la crise financière. Toujours est-il que dans un contexte d'augmentation du chômage, de morosité exacerbée des entreprises, l'augmentation du moral des ménages a de quoi surprendre. Ainsi, après avoir augmenté de deux points en octobre, l'indice de confiance des ménages français en a gagné 3 en novembre, retrouvant un « plus haut » depuis mai 2008.
Plus globalement, ce retour de l'espoir tranche avec l'effondrement du moral des chefs d'entreprise. En novembre, ce dernier a ainsi atteint un plus bas depuis octobre 1993. Pis, les perspectives générales de production des industriels français ont atteint un plus bas historique, jamais rencontré depuis la création de l'enquête INSEE dans l'industrie en 1976…
Une question s'impose alors : les ménages français sont-ils sont prozac ou bien sont-ce les chefs d'entreprise, les investisseurs financiers et les hommes politiques qui ont sombré dans un comportement dépressif et suicidaire ?
En fait, la réalité est certainement entre les deux...
L'humeur de la semaine - 07 novembre 2008
Sans surprise, la BCE a donc abaissé son taux refi de 0,5 point. Avec un niveau de 3,25 %, celui-ci retrouve donc un niveau relativement accommodant.
Il aura donc fallu attendre la baisse du PIB eurolandais au deuxième trimestre, une crise financière sans précédent et la confirmation que la zone euro est engagée dans sa plus grave récession depuis 1993 pour que la BCE comprenne la gravité de la situation.
Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire. Si ce n'est que, compte tenu d'un délai de six à neuf mois entre la baisse des taux et son impact sur l'activité, la zone euro est déjà condamnée à vivre dans la récession jusqu'à l'été 2009. Cela constituera donc une récession de plus d'un an, du jamais vu depuis le second choc pétrolier.
En outre, si certains pensent encore que la baisse des taux directeurs de la BCE va permettre de relancer le crédit à tout va et, avec lui, les excès de la bulle immobilière, il faut bien leur signaler qu'actuellement, la BCE n'a plus le choix : si elle ne continue pas de baisser le taux refi, elle engagera la zone euro dans une déflation, qui est, rappelons-le, le pire des maux en économie.
Espérons donc simplement que la BCE ne retrouvera pas ses vieux démons monétaristes et qu'elle fera bien tout pour sortir l'Euroland de la léthargie. Si tel est le cas, alors peut-être qu'après avoir lancé stoptrichet.com en juin dernier, nous lancerons yestrichet.com. C'est tout le mal que nous pouvons souhaiter à notre pauvre zone euro qui s'apprête à vivre une période bien difficile.
L'humeur de la semaine - 23 octobre 2008
C'est impressionnant. Alors que les marchés financiers internationaux et leurs acteurs paniquent, alors que les gouvernements de la planète s'affolent, alors que les chefs d'entreprise broient du noir et tandis que les « meilleurs » économistes et analystes du monde se sont lancés dans une surenchère de pessimisme, les ménages français continuent de consommer.
Certes, un point ne fait pas une tendance et l'augmentation de 0,6 % de la consommation en produits manufacturés dans l'Hexagone en septembre constitue certainement un dernier baroud d'honneur avant une période difficile. Néanmoins, dans un contexte aussi noir qu'aujourd'hui, cette petite lumière prend une dimension colossale.
En effet, à côté de la crise financière la plus grave depuis 1929, les économies française et mondiale vont pouvoir bénéficier d'évolutions très favorables. A commencer par le plongeon des cours du baril et de nombreuses matières premières. Cette baisse va évidemment permettre d'améliorer le pouvoir d'achat et de relancer des dépenses qui étaient antérieurement détruites par la flambée des prix alimentaires et énergétiques.
Dans le même temps, la baisse des taux d'intérêt passée et à venir, mais aussi, pour nous Eurolandais, la baisse de l'euro vont permettre de soutenir l'activité à partir du printemps 2009. Enfin, même s'il n'est pas parfait, le plan de soutien des banques va permettre à ces dernières de refaire progressivement leur vrai métier, à savoir le financement de l'économie.
Autrement dit, après une croissance d'environ 0,9 % cette année, l'économie française commencera à redémarrer à partir du printemps-été prochain.
L'humeur de la semaine - 10 octobre 2008
Les animal spirits décrits pas Keynes dans les années 20 n'ont certainement jamais aussi bien décrit le comportement des marches qu'aujourd'hui. En effet, face à l'incertitude et à la peur, les investisseurs suivent le troupeau tête baissée, fonçant tout droit vers le vide. Les amateurs de Rabelais retrouveront ainsi sans difficultés la matérialisation des fameux moutons de Panurge.
Car, à l'instar d'un âne qui n'a pas soif ou d'un enfant gâté qui ne se rend plus compte des cadeaux que lui font ses parents, les marchés restent déprimés. Il s'agit vraiment là d'un cas d'école de Bear market, c'est-à-dire d'un marché tellement pessimiste que rien ne permet de le calmer.
Le plus important réside dans le fait qu'après s'être amusés à tester les plus bas, les investisseurs vont progressivement reprendre leurs esprits.
Pour ce faire, il suffira de quelques déclics. Une multiplication de grandes fusions-acquisitions, un retour d'investissements massifs en provenance des fonds souverains ou des fonds de private equity qui débordent de cash actuellement, une nouvelle baisse du taux refi en novembre prochain…Autrement dit, l'extrême volatilité qui persiste actuellement sur les marchés indique que ces derniers sont uniquement spéculatifs et ne regardent pas plus loin que le bout de leur nez.
Notre prévision est donc la suivante : le bear market va encore tester des plus bas dans les prochains jours, mais, progressivement, les marchés boursiers vont retrouver des couleurs, anticipant avec neuf mois d'avance la sortie d'une récession économique qui devrait malheureusement perdurer jusqu'à l'été prochain.
L'humeur de la semaine - 03 octobre 2008
Alors que nous l'annonçons depuis le début 2008 et alors que les dirigeants politiques ne cessent de se voiler la face depuis au moins aussi longtemps, l'INSEE vient de reconnaître que la France était bien entrée en récession au printemps dernier. En effet, notre Institut National de la Statistique vient d'annoncer qu'après avoir déjà reculé de 0,3 % au deuxième trimestre, le PIB français a baissé de 0,1 % au troisième trimestre et en ferait de même au quatrième. Autrement dit, non seulement la définition technique de la récession (deux trimestres consécutifs de baisse du PIB) est réalisée, mais bien pire, cette récession s'avère durable et profonde.
Pourtant, en dépit de ces évidences, ni les dirigeants du pays, ni les statisticiens de l'INSEE ni même de trop nombreux économistes n'osent encore accepter la réalité et parler de récession. Nous restons donc dans le comportement « tartuffien » que nous avions déjà dénoncé dans notre Humeur du 8 août intitulé « Cachez cette récession que je ne saurais voir ».
Face à ces constats déplorables, seuls des sentiments de déception et de gâchis peuvent émerger et ce, au sein même des partisans de l'actuelle majorité, sachant qu'il faut reconnaître que l'opposition n'aurait certainement pas fait mieux. Dans ce cadre, plutôt que de se focaliser sur les méchants « voyous » de la finance et sur les difficultés américaines, les dirigeants français devraient plutôt penser à dire la vérité aux Français et à leur expliquer comment ils comptent sortir de la crise, si possible en conservant une certaine cohésion européenne. Sinon, ce n'est pas seulement la santé économique de la France qui est en question mais aussi la stabilité de la zone euro.
L'humeur de la semaine - 25 septembre 2008
L'humeur de la semaine - 05 septembre 2008
Chaque jour sur les marchés, les ours (bears) et les taureaux (bulls) s'affrontent, les premiers défendant violemment le pessimisme et la déprime boursière, les seconds tentant de démontrer le contraire et de croire en l'avenir. Cette sémantique animalière ne fait finalement que refléter les animal spirits (instincts animaux) explicités par Keynes dans les années 1920 pour expliquer le mimétisme qui prévaut structurellement sur les marchés financiers. En effet, il arrive très régulièrement et de manière structurelle que le combat entre les bulls et les bears soit perdu ou gagné d'avance. Il s'agit alors de périodes de bulle au cours desquelles le pessimisme est oublié ou du moins galvaudé, et de l'autre côté du prisme des possibles, des situations de krach brutal ou rampant, pendant lesquelles la moindre lueur d'espoir est honnie.
C'est d'ailleurs ce que nous venons de vivre depuis environ un an.
Pis, après le retour de l'espoir, le bear market a repris du poil de la bête cette semaine.
Pour autant, le plus important réside dans le fait qu'à l'inverse de ce qui s'observe depuis un an, les bearish ne sont plus dominateurs. Ils sont certes encore majoritaires, mais insuffisamment pour empêcher l'espoir de renaître. Autrement dit, le combat entre les bulls et les bears peut désormais reprendre.
L'issue du match est évidemment loin d'être acquise, mais les investisseurs ne sont désormais plus obligés de regarder dans un seul et même sens.
Après encore deux à trois mois de forte volatilité avec régulièrement des poussées de fièvre baissière, l'horizon boursier devrait donc progressivement se dégager pour la fin 2008 et surtout en 2009. Mais chut, il ne faut pas trop le crier sur les toits, cela pourrait irriter les nombreux bearish qui sévissent encore sur les marchés. Et chacun sait qu'un ours énervé peut devenir très méchant…
L'humeur de la semaine - 29 août 2008
Depuis trois mois, la France ne cesse de jouer de malchance : élimination de son équipe de football dès le premier tour de l'euro 2008. torpillage de la Présidence française de l'Union européenne par le Non Irlandais, .temps exécrable sur la majorité de son territoire cet été, et surtout baisse de 0,3 % de son PIB au cours du deuxième trimestre. Pis, l'évolution récente des indicateurs avancés de la conjoncture (que ce soit dans l'industrie, les services ou encore la construction) indique qu'une variation nulle ou négative du PIB est également sur le point d'être enregistrée au troisième trimestre.
Bref, si l'on ajoute à cette liste déjà longue de calamités, la dixième place de la France aux Jeux Olympiques (l'une de ses plus mauvaises performances depuis plus de vingt ans), ainsi que les pertes humaines de l'armée française en Afghanistan ou encore le peu de poids de la diplomatie française dans le conflit géorgien, il y a vraiment de quoi se poser la question : la France aurait-elle attrapé la scoumoune ?
Sans avoir, par définition, de réponse précise à cette question, mais pour au moins tenter de conjurer le mauvais sort et essayer de désamorcer une rentrée sociale qui s'annonce extrêmement chaude, nous aurions donc été en droit d'attendre que le gouvernement prenne une ou plusieurs mesures populaires consensuelles et surtout efficaces.
Mais non ! Peut-être par volonté de mettre de l'huile sur le feu, à moins que ce ne soit pour relancer la lutte des classes ou tout simplement par dilettantisme, la France a décidé d'augmenter encore la pression fiscale qui pèse sur son économie
Il ne faudra donc pas s'étonner si la récession qui a commencé dans l'Hexagone au deuxième trimestre se prolonge au moins jusqu'au printemps prochain. Scoumoune ou pas, nos dirigeants politiques l'auront bien cherché.
L'humeur de la semaine - 15 août 2008
- 0,5 % en Allemagne, - 0,3 % tant en France qu'en Italie, - 0,2 % pour l'ensemble de la zone euro. Non, il ne s'agit pas d'un simple trou d'air, mais bien d'une récession.
En fait, la baisse du PIB eurolandais aurait été encore plus forte, si Chypre, l'Autriche et le Portugal et certainement la Slovénie et Malte n'avaient pas sauvé sa mise. La zone euro tirée par ses petits pays ?! Etonnant. Il faudra donc surveiller la révision des comptes nationaux qui risque donc de s'avérer baissière.
Dire qu'il y a à peine trois mois, nous étions parmi les très rares à annoncer le risque d'une baisse du PIB en France et dans la zone euro. Dire qu'il y a encore quelques jours, nous étions les seuls avec la Bank of America à annoncer une baisse du PIB français pour le deuxième trimestre 2008.
Et pourtant ! Non seulement le PIB français a reculé au deuxième trimestre, mais bien plus que les 0,1 % que nous anticipions, sa chute a atteint 0,3 %. Pis, sans la contribution positive de la formation de stocks, la variation du PIB français aurait été de - 0,6 %.
Compte tenu des chocs qu'il faudra encore digérer (dégonflement de la bulle immobilière en France, en Espagne, en Irlande, ralentissement de la croissance mondiale, hausse du chômage, euro et pétrole toujours trop chers malgré leur baisse récente …), le rebond ne commencera au mieux qu'au printemps 2009.
En termes de « performances » de croissance, cela se traduira par une progression annuelle du PIB français d'environ 1,3 % cette année (notons d'ailleurs que l'acquis de croissance n'est que de 0,9 % à la fin du deuxième trimestre) et 1,2 % en 2009. Dans ce cadre, le taux de chômage devrait retrouver la barre des 8 % courant 2009 et le déficit public devrait dépasser les 3 % du PIB tant cette année que l'an prochain.
Dans la zone euro, les résultats seraient à peine meilleurs, avec une hausse de 1,4 % cette année et de 1,3 % en 2009...
L'humeur de la semaine - 08 août 2008
Lorsqu'il y a environ six mois, nous écrivions dans ces mêmes colonnes que les Etats-Unis devraient éviter la forte récession mais que c'était plutôt la zone euro qui était menacée par cette dernière, nous n'étions pas pris au sérieux. Lorsqu'il y a trois mois, nous exprimions notre agacement à l'égard d'une BCE sourde à la réalité économique, qui ne cessait de répéter que la croissance eurolandaise se portait durablement à merveille, on nous demandait de nous taire. Et pourtant !
Depuis quelques semaines, les économistes, les investisseurs internationaux et autres observateurs économiques semblent avoir découvert l'eau chaude. Aussi se réveillent-ils avec fracas en annonçant à hue et a dia que la récession menace dangereusement la zone euro.
Loin de nous l'idée de nous vanter ou de donner des leçons à qui que ce soit. Depuis quinze ans, nous faisons chaque début d'année, le bilan de nos prévisions et nous savons que la prévision économique est une leçon d'humilité permanente. D'ailleurs, en ce qui concerne notre anticipation d'un fort ralentissement voire d'une récession pour la zone euro cette année, nous n'avons que peu de mérite. En effet, pour établir nos prévisions, nous ne disposons pas de boule de cristal, nous utilisons simplement les statistiques disponibles que nous transformons en indicateurs avancés de la croissance à venir. Ainsi, dès février dernier, au regard de ces derniers, il était objectivement clair que la zone euro était menacée sinon par la récession, du moins par un très fort ralentissement. Et ce d'autant que l'absence de réactivité de la part des autorités monétaires et budgétaires aggravaient de jour en jour la situation. Cette perspective était évidemment encore plus claire il y a trois mois.
Mais non, à l'instar du Tartuffe de Molière qui feignait de ne pas voir la réalité pour mieux servir sa cause et ses vices, de trop nombreux dirigeants eurolandais se sont complu dans leur dogmatisme refusant d'admettre l'inévitable...
L'humeur de la semaine - 01 août 2008
Avant tout, nous nous devons de signaler à ceux qui, comme nous, sont des Européens de la première heure, que les réalités décrites dans les quelques lignes à venir sont très dures à supporter.
En effet, depuis quinze ans, les matchs économiques Etats-Unis/Europe se suivent et se ressemblent. A chaque fois, l'écroulement de l'Oncle Sam est annoncé, tandis que la résistance (transformée dernièrement en « résilience ») de l'économie européenne est avancée. Et pourtant, à chaque fois, c'est exactement l'inverse qui se produit.
La première expérience de ce type remonte à 1995. En 2002, bis repetita. Les Etats-Unis apparaissent sonnés par la récession de 2001 et les attentats du 11 septembre, tandis que la zone euro est très souvent présentée comme un havre de stabilité, de croissance forte et d'inflation limitée. Le résultat est le même qu'en 1995 : l'économie américaine repart dès 2002 et retrouve le chemin d'une croissance supérieure à 3 % à partir de 2003.
Et ce n'est malheureusement pas terminé. Car, l'histoire se répète une troisième fois.
La réponse à cette triste situation est malheureusement simple : aux Etats-Unis, tout est fait pour la croissance et l'emploi, tout en sachant que dès que ceux-ci sont de retour, la politique économique cesse d'être accommodante. Dans la zone euro, il n'en est rien : le dogmatisme ne cesse de primer sur le pragmatisme, tant en matière de politique monétaire que de politique budgétaire, de stratégie de change ou encore de vision du monde. En d'autres termes, nous préférons mourir guéris plutôt que de vivre avec une ou deux cicatrices sur le dos. Quel dommage !
L'humeur de la semaine - 25 juillet 2008
Et ca continue, encore et encore... Malheureusement, les statistiques relatives à l'économie française se suivent et se ressemblent : elles ne cessent de décrire une activité fragile et de plus en plus moribonde. Cette semaine n'a pas dérogé à cette triste règle. Ainsi, alors qu'elle aurait pu être marquée par la ratification parlementaire de la Loi de Modernisation Economique (LME), cette troisième semaine de juillet restera certainement ancrée dans les esprits comme celle qui a confirmé le plongeon de l'économie française au mieux vers la stagnation, au pire vers la récession.
En effet, après le plongeon de la production industrielle en mai et le nouveau record de déficit extérieur pour le même mois, la consommation en produits manufacturés a reculé de 0,4 % en juin, en dépit du début des soldes.
Pis, le climat des affaires dans l'industrie hexagonale s'est nettement détérioré en juillet. En effet, après avoir réussi tant bien que mal à se maintenir au-dessus de la barre des 100 (qui représente sa moyenne de longue période) depuis 2005, l'indice synthétique de l'enquête INSEE dans l'industrie a désormais cassé cette ligne de résistance. Avec un niveau de 98 en juillet, il retrouve donc un plus bas depuis mai 2005 et se rapproche dangereusement des planchers des années 2003 et 1993, c'est-à-dire les dernières phases de récession ou quasi-récession observées dans l'Hexagone.
Dans ce cadre, nous sommes contraints de réviser en baisse de 0,1 point nos prévisions de croissance du PIB français, qui sont désormais de 1,5 % cette année et 1,4 % pour l'an prochain, tout en sachant qu'au regard des dernières statistiques publiées, ces prévisions demeurent encore optimistes et pourraient donc bien être à nouveau révisées en baisse dans les prochains mois…
L'humeur de la semaine - 10 juillet 2008
Ce qui devait arriver arriva et arrivera. C'est malheureusement la triste synthèse des statistiques récentes et à venir de l'économie française. En effet, après le plongeon de la confiance des ménages et des chefs d'entreprise tant dans l'industrie que dans les services, après le nouveau record historique du déficit extérieur et avant la rechute de la consommation en juin, la production industrielle française a enregistré un plongeon de 2,6 % sur le seul mois de mai.
Il s'agit là de son plus mauvais résultat depuis les - 2,7 % d'octobre 2005, le précédent record remontant à octobre 1988 à - 2,8 %. Autrement dit, sur les vingt dernières années, il s'agit de la troisième plus mauvaise « performance » réalisée par la production industrielle française.
Au-delà des chiffres de la production, il faut bien comprendre que ces évolutions devraient rapidement se traduire par des réductions d'emplois conséquentes à partir de septembre, ce qui réduira encore un pouvoir d'achat déjà bien amputé et accroîtra de facto les risques sociaux.
Dans ce contexte bien triste, il n'y a donc plus grand chose à ajouter si ce n'est que la France est certainement à la veille d'une crise sans précédent depuis la récession de 1993. Nos prévisions d'une croissance française de 1,6 % cette année et de 1,5 % l'an prochain risquent donc de s'avérer bien trop optimistes…
Pour ceux qui ont la chance de partir en vacances, profitons-en bien car, après un été déjà très chaud sur les marchés (cf. L'Humeur de la semaine dernière), la rentrée aussi devrait être très mouvementée…
L'humeur de la semaine - 04 juillet 2008
« Pourquoi a-t-on créé les économistes ? Pour que les météorologues ne soient pas les seuls à se tromper ». Au-delà de cette boutade bien connue (qui rappelle néanmoins que les économistes doivent avant tout faire des prévisions et pas seulement se résoudre à décrire le passé, tout en étant constamment habités par un esprit d'humilité), il y a depuis quelques années une nouvelle similitude entre ces deux professions.
En effet, depuis le réchauffement climatique et surtout depuis la canicule de 2003, au début de chaque période estivale, tant les météorologues que les économistes, prévisionnistes et autres devins en tous genres nous annoncent que l'été sera chaud. Et sur ce point, il faut reconnaître que les seconds se sont un peu moins trompés que les premiers. Car, si, climatiquement, les derniers étés ont été plutôt frais, en économie et sur les marchés financiers au sens large, les étés ont été de plus en plus caniculaires.
La question est alors de savoir si, au cours de l'été 2008, un nouveau cran sur l'échelle de la panique et de la défiance sera atteint. Il faut reconnaître que tous les ingrédients pour y parvenir sont là.
Autrement dit, il est clair que les « bearish » ont de quoi passer un été formidable. Pourtant, ne l'oublions pas, le pire n'est jamais certain et de l'obscurité actuelle pourrait bien naître la lumière. Evidemment nous ne sommes pas devins et nous ne nous aventurerons pas à des spéculations sur l'activité cyclonique, sur l'occurrence de frappes militaires en Iran ou encore sur l'organisation d'attentats pendant les JO de Pékin.
En revanche, nous avons la possibilité et surtout le devoir d'annoncer quelques dates phares qui marqueront inévitablement cet été 2008 d'un point de vue économique et financier. En fait, il y en aura deux...
L'humeur de la semaine - 27 juin 2008
A l'évidence, la France n'a vraiment pas brillé sur la scène européenne au cours du premier semestre 2008 : perte d'une place dans le classement de la croissance européenne, désormais juste derrière le Portugal et juste devant l'Italie qui s'enracine à la dernière place ; dégradation des relations franco-allemandes, par manque d'engagement clair de l'Hexagone en matière de réformes de la dépense publique ; et enfin élimination dès le premier tour de l'Euro 2008 en n'ayant marqué que deux buts, dont un contre son camp…
Mais, c'est promis, du moins au dire de nos dirigeants politiques, tout ceci n'est que de l'histoire ancienne, car la France va nettement se rattraper lors du second semestre au cours duquel elle assurera (pour la douzième fois de son histoire) la Présidence de l'Union européenne. En effet, et comme d'habitude, les promesses françaises sont ambitieuses : canalisation positive de l'immigration, politique active de l'environnement, réforme des Institutions européennes, redéfinition de la stratégie de défense, refonte de la politique agricole commune… Malheureusement, et comme d'habitude également, toutes ces promesses risquent de rester bien loin de la réalité.
Pour nous consoler, nous pourrons toujours admirer la Tour Eiffel qui, pour fêter la Présidence européenne de la France, sera illuminée en bleu. C'est d'ailleurs certainement LA mesure française que retiendront le plus les Européens au cours des six prochains mois.
L'apport principal de la France à la construction européenne ne sera donc ni dans l'économie ni dans le politique, mais dans le bling bling. On fait ce qu'on peut avec ce qu'on a…
L'humeur de la semaine - 20 juin 2008
A force d'avoir été annoncée presque partout et notamment par de nombreux « spécialistes très éminents », la récession risque bien de faire son grand retour. Cependant, alors qu'une large majorité de prévisionnistes l'attendait aux Etats-Unis (elle devait même être la plus grave depuis l'après-guerre), c'est finalement en Europe que la probabilité du retour de la récession est la plus forte.
Certes, l'Oncle Sam n'est pas encore complètement sorti d'affaire. Ainsi, la nouvelle baisse de la production industrielle et des mises en chantier en mai confirme que la croissance restera très molle au deuxième trimestre. Néanmoins, le scénario de forte baisse du PIB américain pendant au moins deux trimestres s'est considérablement éloigné.
C'est du moins ce qu'a dernièrement indiqué la remontée des indices ISM des directeurs d'achat dans l'industrie et les services, mais aussi la relance des ventes au détail. Dans ces conditions, après avoir avoisiné les 1,8 % cette année, la croissance américaine devrait retrouver son niveau structurel dès 2009, en l'occurrence autour de 3 %.
En Europe malheureusement, la situation est toute autre. Evidemment, partant d'une croissance structurelle d'environ 1,8 %, il est mécaniquement difficile de faire des étincelles et d'atteindre les 3 % de croissance. Mais surtout, après avoir atteint 2,7 % l'an passé, en particulier grâce à l'économie allemande, il est désormais temps de repasser sous les 2 %, voire sous les 1 % à l'horizon du début 2009.
En effet, dans la mesure où rien n'est fait pour tenter de redresser la barre, il n'y a aucune raison qu'une reprise se produise. Autrement dit, alors que les Etats-Unis continuent de bénéficier de toutes les armes de politique économique (baisse des taux monétaires, assouplissements fiscaux et dollar faible), la zone euro n'en dispose d'aucune, voire les utilise contre elle.
L'humeur de la semaine - 13 juin 2008
Remontée des taux de la BCE en juillet, certainement à l'automne pour la Réserve fédérale, américaine, retour des rumeurs sur l'Iran, risque de nouvelle flambée des cours du pétrole, craintes de nouvelles dévalorisations d'actifs pour les banques américaines et européennes, relance de la crise du crédit, notamment via les cartes bancaires, puis assèchement de la consommation, notamment outre-Atlantique, menaces terroristes prises très au sérieux par les autorités chinoises à l'occasion des Jeux Olympiques de Pékin…
Et pour couronner le tout, nous sommes vendredi 13…
A l'évidence, cet été 2008 s'annonce très mal. Après une belle remontée en mai, les marchés boursiers ont d'ailleurs retrouvé le chemin de la baisse, alimentant le moulin des bearish (« baissiers ») et donnant envie aux rares optimistes esseulés de jeter l'éponge.
Ce n'est pourtant pas ce que nous ferons. Nous préférons au contraire souligner que les prémices du rebond sont déjà présents tant sur les marchés financiers que sur l'économie américaine. En effet, avant même que les Américains aient reçus majoritairement leur chèque de crédit d'impôts, les ventes au détail ont déjà bondi de 1 % en mai, et ce après avoir également augmenté de 0,5 % en mars et 0,4 % en avril. Les mauvaises langues diront que l'augmentation du prix de l'essence a mécaniquement gonflé ce chiffre. Pourtant, hors consommation d'essence, les ventes au détail augmentent tout de même de 0,8 % !
Autrement dit, le scénario d'une baisse durable du PIB américain qui était majoritairement annoncé il y a peu a bien fini par fondre comme neige au soleil. Histoire de rappeler que les Cassandres n'ont pas toujours raison. Ainsi, après avoir atteint au moins 1,8 % cette année (contre rappelons-le, 0,5 % annoncé il y a peu par le FMI), la croissance américaine devrait bien retrouver son niveau potentiel à l'horizon 2009, en l'occurrence 3 %.
L'humeur de la semaine - 06 juin 2008
Après plus de quinze ans d'absence sur les podiums des craintes économiques mondiales, l'inflation a fait dernièrement son grand retour.
Selon certains, bien souvent ceux qui écrivaient il y a peu que l'inflation était définitivement vaincue, nous serions même à la veille d'un mouvement international d'hyperinflation. Leur raisonnement apparaît imparable. La faible inflation observée de 1993 à 2007 était principalement due à la faiblesse des cours du baril et des matières premières au sens large ainsi qu'à la désinflation importée liée aux faibles coûts de la main-d'œuvre des pays émergents. Dès lors, à présent que le pétrole et les autres « commodities » flambent, mais aussi que les salaires dans les pays émergents commencent à augmenter, le cercle vertueux de la faible inflation des années 90 va laisser place à la spirale infernale de l'inflation galopante qui ne ferait donc que commencer. Forts des derniers chiffres d'inflation dans la zone euro, aux Etats-Unis et dans de nombreux pays émergents, certains n'hésitent plus à parler de fléau inflationniste durable tout en félicitant chaudement Jean-Claude Trichet qui aurait donc été le seul à anticiper ce mouvement.
Au-delà de la satisfaction de savoir que le meilleur économiste du monde est un Français, cette théorie très à la mode du retour de l'hyperinflation nous paraît cependant excessive. Et ce, pour au moins quatre raisons que nous explicitons ci-après.
Aussi, ne nous trompons donc pas d'ennemi : le fléau qui nous menace le plus aujourd'hui ne réside pas dans l'inflation mais dans la faiblesse de la croissance et de l'emploi.
L'humeur de la semaine - 30 mai 2008
L'humeur de la semaine - 23 mai 2008
C'est certainement LA révolution économique (du moins en apparence) de l'actuelle législature, à savoir l'interdiction constitutionnelle du déficit budgétaire en France. Malheureusement, et comme souvent dans l'histoire économico-politique française, cette révolution n'est qu'apparente et relève plus de la communication politique que de la crédibilité économique. Tout d'abord, si elle votée, cette réforme ne s'appliquera qu'à l'horizon 2012. D'ores et déjà, il est donc clair que les dirigeants actuels du pays n'auront pas à gérer cette « révolution » apparente, à moins qu'ils soient tous reconduits au pouvoir en 2012. En outre, au-delà du choc des mots, la réalité de cette annonce est beaucoup moins percutante qu'on pourrait le penser.
Enfin, avant de se fixer un objectif ambitieux, il faut s'en donner les moyens. Et, à l'instar des politiques pratiquées depuis vingt cinq ans dans l'Hexagone, ce n'est certainement pas les mesures de colmatages de brèches annoncées dernièrement qui permettront d'atteindre l'équilibre budgétaire. Pour y parvenir, il faut au contraire agir en amont des déficits, c'est-à-dire au niveau du fonctionnement des administrations publiques. Et ce, notamment, en introduisant des règles d'efficacité économique qui font qu'une dépense n'est engagée que si son efficacité économique et/ou sociale est prouvée. En outre, cette révolution doit également passer par un système de péréquation des dépenses qui permettrait de réallouer les fonds d'une administration en excédent vers une administration en déficit plutôt que de forcer la première à dépenser des fonds dont elle n'a plus besoin et à condition que ces sommes soit réallouées de façon efficace. Autrement dit, il suffirait d'introduire simplement un peu de bon sens et d'optimisation des dépenses dans les administrations publiques pour que ces dernières atteignent rapidement et durablement l'équilibre.
L'humeur de la semaine - 16 mai 2008
Il faut le reconnaître, nous n'avions pas anticipé que la croissance du PIB français atteindrait 0,6 % au premier trimestre 2008. Notre prévision d'une augmentation de seulement 0,3 % n'a donc pas été validée. Et le fait que le consensus prévoyait également une croissance faible à 0,4 % n'est évidemment pas suffisant pour nous réconforter. En fait, face à ce décalage, deux types de comportement sont possibles. Soit celui du profil bas et du retournement de veste, via une révision fortement haussière de notre prévision de croissance pour 2008 ; soit celui de la franchise qui nous impose de souligner que les comptes nationaux du premier trimestre nous paraissent mystérieux et nous amènent à appeler à la prudence : Non ! Madame Lagarde, ne criez pas victoire trop vite.
Certes, à l'instar de la mauvaise fois de certains prévisionnistes qui, n'ayant pas anticipé la résistance de la croissance américaine au cours des derniers trimestres, ont annoncé que les chiffres étaient faux, nous pourrions également apparaître mauvais perdants.

Pourtant, tel n'est pas notre cas. En effet, nous n'avons d'autres choix que d'accepter les chiffres de l'INSEE et de les considérer comme vrais. Néanmoins, il est également de notre devoir de souligner certaines anomalies dans les comptes nationaux français du premier trimestre.
Voilà pourquoi nous sommes malheureusement contraints de maintenir notre scénario d'une croissance molle, c'est-à-dire inférieure à 1,8 % cette année et d'un taux de chômage qui continuera d'augmenter au cours des prochains trimestres. Après la magie des comptes nationaux du premier trimestre, il faudra donc bien redescendre sur terre…
L'humeur de la semaine - 09 mai 2008
Ce dicton populaire bien connu a rarement été aussi juste qu'en ce mois de mai 2008. Non parce qu'il correspond au quarantième anniversaire de mai 68. Non parce que le printemps semble enfin arriver dans le ciel hexagonale. Non parce que les investisseurs boursiers semblent également retrouver quelque espoir. Mais surtout parce que le nombre de jours travaillés risque d'être l'un des plus faibles de l'histoire française récente.
Il s'agit d'ailleurs peut-être là d'un aperçu de ce qui attend l'économie française à l'horizon des quinze prochaines années. A savoir, de moins en moins d'industrie, de services aux entreprises, de recherche de pointe et aussi de moins en moins de travail. «En échange », la France aura droit à de plus en plus de loisirs, de tourisme, de services à la personne… Bref, la France deviendra un géant Disneyland où le mois de mai durera toute l'année.
Peut-être idyllique pour certains, il faut néanmoins savoir que moins un pays travaille, moins son PIB augmente et plus le pouvoir d'achat se dégrade. Au cours des vingt dernières années, la France est d'ailleurs l'un des seuls pays au monde où le volume d'heures travaillées a baissé (- 8 %). Or, sur la même période, ce dernier agrégat a augmenté de 42 % aux Etats-Unis. Coïncidence qui n'en est pas une, toujours sur ces vingt années, l'écart de croissance entre la France et les Etats-Unis atteint 50 % (de moins pour nous bien entendu), soit le même écart que celui observé en matière de volume d'heures travaillées.
Nous retrouvons là l'une des règles de base de l'économie et plus globalement de la vie : on n'a que ce que l'on mérite. Mais comme le dit la chanson : chacun fait ce qui lui plaît, surtout au mois de mai…
L'humeur de la semaine - 02 mai 2008
L'humeur de la semaine - 16 avril 2008
Lors du sommet économique et financier du G7 dernier, une surprise de taille s'est produite : pour l'une des rares fois depuis le début des années 90, les dirigeants économiques et monétaires des soi-disant sept pays les plus riches de la planète ont osé l'impensable : rédiger un communiqué officiel faisant état de leur inquiétude quant à l'évolution excessive des devises internationales…
Dans un premier temps, les marchés des changes ont réagi positivement en stoppant la nouvelle tendance baissière de l'euro/dollar. En deux jours, ce dernier est ainsi passé de 1,59 dollar pour un euro à 1,57.
Malheureusement, cette accalmie n'a été que de courte durée. En effet, les membres du G7 ont beau essayer de sauver les apparences, leur impuissance est criante. Et pour cause : tant que la BCE ne baissera pas ses taux, les marchés auront des raisons objectives de spéculer à la hausse sur l'euro, et ce tant contre le dollar mais aussi dernièrement contre la livre sterling.
Cette situation ne fait d'ailleurs que refléter la triste réalité entre une Réserve fédérale et une Banque d'Angleterre qui réagissent et essaient d'éviter le pire et une BCE qui refuse toujours de voir le ralentissement de la zone euro, ignore les risques qui pèsent sur les banques eurolandaises et, par là même, sur la stabilité financière et l'activité économique.
Plus globalement, il est malheureusement clair qu'à l'instar du FMI, le G7 ne représente plus grand chose et n'a surtout plus beaucoup de moyens d'action. Il n'est finalement que l'un des derniers avatars d'anciennes puissances, désormais en déclin, qui n'arrivent même pas à se mettre d'accord pour éviter de sombrer dans la récession, au grand dam des marchés et dans un contexte où les pays émergents continuent sur leur lancée.
L'humeur de la semaine - 04 avril 2008
A l'instar de la spéculation qui fait partie intégrante de la vie des marchés financiers, les phénomènes de bulles et réciproquement de krach sont inévitables. Ils correspondent simplement au fait que la vie économique et financière est incertaine et que les investisseurs sont mus par ce que Keynes appelait les animal spirits, c'est-à-dire les instincts animaux qui font que, dans le doute, le mimétisme est préféré à la rationalité économique.
Vouloir lutter contre les bulles serait donc par définition voué à l'échec, à moins de vouloir fermer les marchés financiers. Dans la mesure où ce dernier cas de figure paraît peu probable et surtout peu souhaitable, le travail des économistes et analystes consiste alors à identifier ces bulles et, autant que faire se peut, à essayer de prévoir leur dégonflement et le cas échéant l'ampleur et la brutalité de ce dernier.
En fait, sans remonter à la bulle de la tulipe hollandaise du 17ème siècle, il est possible d'observer que, généralement, les bulles s'enchaînent les unes aux autres, avec plus ou moins de conséquences néfastes. Ainsi, à la bulle immobilière américaine de la fin des années 80 et du début des années 90 a succédé la bulle des pays émergents qui a très vite éclaté pour donner ensuite naissance à la bulle internet, qui a, elle-même, été suivie par une nouvelle bulle immobilière qui est donc en train de se dégonfler depuis 2006, ce qui a immédiatement donné naissance à une autre bulle sur les matières premières...
L'humeur de la semaine - 07 mars 2008
Comme nous l'évoquions il y a deux semaines dans cette même rubrique, il est de plus en plus difficile de garder espoir quant à l'évolution de la croissance mondiale et des marchés boursiers internationaux. Au fil des jours, les bataillons de « bearish » se garnissent et les résistants à ce pessimisme généralisé se font de plus en plus rares.
Néanmoins, quitte à rester, comme en 2002-2003, parmi les derniers résistants au pessimisme noir, nous préférons plutôt regarder plus loin, c'est-à-dire vers le second semestre 2008 et a fortiori la fin d'année. Car, à partir de mai-juin prochains, l'économie américaine commencera à bénéficier du policy mix accommodant et par là même à rebondir. Dès lors, les investisseurs se ressaisiront et reprendront le sens des réalités et des responsabilités, en délaissant les stratégies court-termistes et la spéculation sur les marchés de matières premières pour retrouver leur rôle, à savoir le financement de l'économie. De quoi relancer l'économie américaine et les marchés dès l'été prochain, mouvement qui s'amplifiera en fin d'année.
C'est pourquoi, plutôt que d'annoncer un scénario catastrophe évidemment possible mais loin d'être certain, nous anticipons que la fin 2008 nous permettra de retrouver l'espoir et par là même de nous détendre. Nous pourrons alors dire que la fin des temps aura donc bien été évitée en 2008 et qualifier plutôt cette année par trois autres mots : la fin détend…
L'humeur de la semaine - 29 février 2008
C'est fait ! Après quelques semaines de repli et de répit, les marchés ont finalement réussi à atteindre un de leurs objectifs tant attendus depuis des mois, en l'occurrence le franchissement de la barre des 1,50 dollar : il faut donc désormais « débourser » 1,52 dollar pour se procurer un euro.
Une fois de plus, les stratégies chartistes, spéculatives et court-termistes ont pris le dessus sur les fondamentaux économiques. En effet, peu importe que le niveau économique justifié de l'euro soit de 1,05 dollar selon la parité des pouvoirs d'achat. Peu importe que celui obtenu par le calcul du Natrex (Natural Exchange Rate, c'est-à-dire le niveau d'équilibre au regard des différences de soldes des comptes courants, d'épargne et de croissance entre les Etats-Unis et la zone euro) soit compris entre 1,15 et 1,20 dollar. Peu importe également que, sur les trente dernières années, le niveau moyen de l'euro/dollar soit de 1,13. Peu importe enfin que cet euro excessivement cher et, réciproquement, ce dollar de combat accentuent le ralentissement eurolandais et permettent à l'économie américaine de redémarrer encore plus fort. Et ce, sachant que cette dernière dispose déjà des soutiens majeurs du fort assouplissement monétaire de la Fed et d'une relance fiscale de plus de 160 milliards de dollars, alors que l'Euroland ne peut compter que sur les exportations allemandes pour éviter un écroulement massif.
Non, tout ça n'est rien à côté de la volonté des marchés, ou plutôt de leur manque de discernement économique...
L'humeur de la semaine - 22 février 2008
Noir c'est noir ! Qu'ils soient Français, Américains, Européens, la plupart des investisseurs, gérants, économistes, analystes et autres acteurs des marchés apparaissent unanimes : 2008 sera une année de récession, de crise bancaire, de déprime boursière, voire pour certains de dépression au moins aussi forte qu'après le krach de 1929. Bref, à les entendre, il n'y a qu'une chose à faire : prendre neuf mois de vacances et revenir en 2009 quant tout ira mieux…
Ce qui est particulièrement intéressant réside dans le fait qu'il y a un peu plus d'un an, ce même consensus annonçait que tout allait bien et que nous étions proches de la surchauffe : la croissance devait rester forte, les banques étaient solidement ancrées sur le chemin des forts profits et les prix immobiliers n'avaient aucune raison de baisser… Ce qui était donc encensé hier se retrouve brûlé aujourd'hui. Pis, tout est prétexte à pessimisme et les bonnes nouvelles, certes très relatives dans le sombre contexte actuel, sont occultées.
Bien entendu, il serait absurde de se voiler la face et de pas prendre la mesure des dangers qui menacent la planète économique mondiale.
De là à imaginer que le système capitaliste va s'écrouler et que nous sommes à la veille d'une profonde dépression, il y a néanmoins un grand pas, que nous refusons de faire. Non par volonté d'optimisme obstiné, mais simplement par souci de réalisme et pour ne pas tomber dans le panurgisme habituel qui fait, il est vrai, le charme des marchés…
L'humeur de la semaine - 07 février 2008
L'humeur de la semaine - 11 janvier 2008
Comme chaque début d'année, les analystes, prévisionnistes et autres « devins » se livrent à l'exercice difficile d'établir des prévisions pour l'année qui commence. Dans cet exercice, il y a les pessimistes invétérés, les optimistes idéalistes, ceux qui veulent simplement se faire remarquer en annonçant les scénarii les plus extrêmes possibles et puis ceux, dont nous essayons de faire partie depuis des années, qui tentent de réaliser des prévisions les plus justes possibles. Avec évidemment des satisfactions et des déceptions.
En fait, seules trois règles doivent primer en matière de prévision : l'indépendance, la précision de l'engagement et la fiabilité de l'argumentaire.
Pourtant, aujourd'hui et bien loin de toutes ces règles, les prévisions généralement diffusées annoncent que 2008 sera une année de récession, de nouvelle hausse des cours du baril, d'hyper-inflation et de dégringolade boursière.
Tel n'est pas notre scénario. En effet, si cette nouvelle année commence dans l'obscurité (sauf pour l'Asie dite « émergente », qui continuera de jouir d'un dynamisme certes amoindri mais très appréciable), la lumière devrait progressivement percer, puis s'imposer, d'abord outre-Atlantique et sur les marchés financiers, puis dans la zone euro. A l'inverse de son cycle naturel, le soleil devrait donc se lever à l'Ouest, c'est-à-dire aux Etats-Unis, pour finir (enfin !) par traverser l'Atlantique, avec, comme d'habitude, retard et moindre intensité. On n'a que ce qu'on mérite…
L'humeur de la semaine - 04 janvier 2008
Les dirigeants français, à commencer par le premier d'entre eux, ont beau arborer un large sourire et annoncer que la croissance est sur la bonne voie, les Français n'y croient absolument pas. Pis, ils sont de plus en plus inquiets quant à leur avenir. Ainsi, après avoir déjà chuté de cinq points en novembre et de quinze points depuis juin dernier, l'indice de confiance des ménages calculé par l'INSEE en a encore perdu un en décembre. Avec un niveau de -29, il se rapproche encore un peu plus de son plancher de - 33 atteint en novembre 2005 lorsque la croissance du PIB « culminait » à 1,5 %.
Autrement dit, ni la fin des grèves, ni les fêtes de fin d'année, ni même le nouveau bonheur affiché du Président n'ont permis aux Français de retrouver le sourire.
C'est certainement là l'un des grands dangers qui menacent la société française pour 2008. Car, jusqu'à présent, les ménages étaient prêts à avaler un maximum de couleuvres, dans la mesure où, en contrepartie d'une pression fiscale forte, ils avaient le sentiment d'être financièrement protégés. Aujourd'hui, la donne a changé, dans la mesure où les Français ont vraiment pris conscience de l'appauvrissement qu'ils sont en train de subir depuis trois ans.
D'ailleurs, au-delà du sentiment de défiance et de crainte dont font preuve les ménages, ils ont déjà commencé à joindre l'acte à la pensée. Ainsi, après avoir déjà baissé de 1,4 % de septembre à novembre et même si un rebond est probable pour les fêtes de décembre et les soldes de janvier, la consommation des ménages risque de connaître une année 2008 très difficile.
L'humeur de la semaine - 18 décembre 2007
L'humeur de la semaine - 13 décembre 2007
Les analyses hebdomadaires