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Les analyses hebdomadaires
Une fois encore, et comme cela s’observe continument depuis près de trente ans, les dirigeants français cherchent à résoudre un problème global par le petit bout de la lorgnette, en ayant recours à des mesures cosmétiques et à des efforts marketing conséquents. Ainsi, après le doliprane de la loi Macron et avant l’advil de la loi Macron II, le Président Hollande a décidé d’utiliser un simple placebo pour faire semblant de lutter contre le chômage et la précarité de la jeunesse française. Et pour cause : plutôt que de créer les conditions nécessaires à une croissance durablement plus forte et à de vraies créations d’emplois, il a préféré étendre la prime d’activité aux moins de vingt-cinq ans. A l’évidence, nous sommes toujours très loin des réformes structurelles et de la thérapie de choc dont a besoin l’économie française pour retrouver sa vigueur d’antan perdue dans les années 1980. A l’époque le taux de chômage était inférieur à 3 % et celui des moins de vingt-cinq ans presque inexistant. Aujourd’hui, en dépit de toutes les aides, des emplois d’avenir et de tous les traitements statistiques possibles, le premier est de 10,5 % et le second de 25 %. Des niveaux qui se rapprochent respectivement des 50 % et des 60 % dans les ZUS (les zones urbaines sensibles). Laisser croire que tout va s’arranger en étendant la prime d’activité tient donc de la gageure, ou plutôt de la mascarade. En effet, au-delà du problème majeur et non résolu de son financement, cette mesure oublie simplement l’essentiel : les jeunes n’ont pas besoin de fausses aides, qui participent d’ailleurs à aggraver leur précarité. Ils veulent plutôt de vrais emplois, bien rémunérés, eux-mêmes liés à une croissance économique structurellement plus forte et à un marché du travail modernisé et plus fluide. Alors, s’il vous plaît, MM. Hollande et Valls, cessez de faire comme vos prédécesseurs, en vous contentant de colmater les brèches et de faire du marketing. Ayez enfin le courage d’engager la France sur le chemin des réformes structurelles et de la modernité économique.