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Les analyses hebdomadaires
Une fois encore, Mario Draghi est entré dans l’Histoire cette semaine. Après avoir déjà sauvé la zone euro à trois reprises, puis abaissé le taux refi à 0,05 %, il vient donc d’enclencher le premier Quantitative Easing de l’UEM. Attention, cette injection de liquidités de 1 140 milliards d’euros sur un an et demi prendra du temps à agir sur l’activité et ne contribuera que modérément à la croissance eurolandaise. En effet, comme l’a souligné Angela Merkel avant même les annonces de M. Draghi, ce nouveau soutien monétaire ne doit pas faire oublier la nécessité de moderniser les économies de la zone euro et en particulier celle de la France. Car sans économie modernisée, pas de croissance forte. En attendant, ne boudons notre plaisir : la BCE a pris la bonne mesure et a déjà permis à l’euro de baisser nettement, atteignant même les 1,12 dollar. Ce n'est pas trop tôt : oui, la France et la zone euro ont besoin d’un euro moins fort. Ne l’oublions jamais : la dernière fois que la croissance a été forte dans l’Hexagone et dans l’UEM, c’était en 1999-2000, lorsque l’euro valait environ 0,90 dollar. À l’inverse, chaque fois que l’euro a dépassé 1,20 dollar, la croissance s’est effondrée. Attention cependant à ne pas aller trop loin, car un euro inférieur à un dollar pourrait également nuire à la crédibilité de l’UEM et susciter un mouvement de défiance à son égard. C’est d’ailleurs ce qui risque de se passer si les élections grecques relancent la crise de la zone euro. De plus, avec un euro trop faible, l’Allemagne pourrait de nouveau monter au créneau, aggravant le fossé qui la sépare de plus en plus de ses homologues. D’ailleurs, comme elle l’a montré en soulignant que la sortie de la Grèce de l’UEM était envisageable, puis en remontant les bretelles de Mario Draghi, Angela Merkel est vraisemblablement prête à aller au clash si la baisse de l’euro va trop loin. De quoi rappeler que la frontière entre le paradis et l’enfer est parfois bien mince...