Accueil > Economic World > Taux de chômage : 4,5 % aux Etats-Unis, 3,9 % en Allemagne et 10 % en France.
Taux de chômage : 4,5 % aux Etats-Unis, 3,9 % en Allemagne et 10 % en France.
ACDEFI - 18 avril 2017

Une grande majorité des Français reste persuadée que le fléau du chômage est dû à l'économie de marché et a fortiori au libéralisme. Pourtant, au regard des statistiques harmonisées, force est de constater que plus les pays refusent le libéralisme et au sens large la modernité économique, plus leur chômage est élevé.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le taux de chômage est de 3,9 % en Allemagne, 4,5 % aux Etats-Unis, 4,7 % au Royaume-Uni, 6,5 % au Canada, contre 11,9 % en Italie, 10 % en France et 9,5 % pour l'ensemble de la zone euro.

 

Plein-emploi aux Etats-Unis, chômage de masse dans la zone euro.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, BLS, ACDEFI

 

Autrement dit, il y a bien plein-emploi aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, mais chômage de masse structurel dans la zone euro.

 

Zone euro : la baisse du chômage est freinée par la croissance molle.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Et pour cause : la croissance structurelle de la zone euro n'est que de 0,8 %, contre 2,5 % aux Etats-Unis.

Certes, il faut reconnaître qu'au sein de la zone euro, les disparités sont importantes. D'un côté, certains pays ont effectivement eu le courage de moderniser leurs structures économiques, ainsi que leur marché du travail, ce qui leur a permis de retrouver le plein-emploi. Notons en particulier des taux de chômage de 3,9 % en Allemagne, 5,3 % aux Pays-Bas, 5,7 % en Autriche, 6,4 % en Irlande, ou encore 7 % en Belgique.

Soulignons également l'évolution récente de ces taux de chômage, en particulier en Irlande où, au plus fort de la crise, le taux de chômage était monté à 15 %.

 

Le plein-emploi c'est possible, y compris au sein de la zone euro.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

A l'inverse, dans de trop nombreux pays qui ont refusé de moderniser leurs structures ou qui ont attendu la crise de 2008-2009 pour commencer à le faire, le fléau du chômage de masse continue de faire rage.

Citons évidemment les taux de chômage de 23,5 % en Grèce, 18 % en Espagne, 11,5 % en Italie et 10 % en France. Ce qui est encore plus inquiétant c'est que la France est l'un des seuls pays de la zone euro où le taux de chômage n'a pas baissé depuis la crise. Il était de 9 % en 2011, puis de 10,6 % au plus haut en mai 2015. Il est encore de 10 % aujourd'hui.

A titre d'exemple, le taux de chômage du Portugal était de 13 % en 2011, 17,5 % au sommet de janvier 2013 et il est désormais au même niveau qu'en France, soit 10 %.

 

Ecart de taux de chômage Portugal-France : + 7 points en 2013, 0 aujourd'hui. Merci qui ?

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Une situation tout aussi triste s'observe sur le front du chômage des jeunes, puisque le taux de chômage des moins de 25 ans est quasiment identique en France et au Portugal aujourd'hui (en l'occurrence 23,6 % et 25,4 %), alors qu'un écart de 15 points prévalait en 2013.

 

Taux de chômage des moins de 25 ans : la France loin devant… la Pologne.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

La comparaison avec la Pologne (qui n'est certes pas dans la zone euro) est encore plus cocasse, puisque le taux de chômage des moins de 25 ans y était de quasiment 43 % en 2003, 27 % en 2013 et 14,5 % aujourd'hui.

 

Que dire alors du comparatif avec l'Allemagne et le Royaume-Uni ?!

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Que dire alors lorsqu'on observe ce même taux de chômage des jeunes en Allemagne (6,6 %) et au Royaume-Uni (11,9 %) ? Pas grand-chose, si ce n'est « quel dommage que de trop nombreux Français et la quasi-totalité de leurs dirigeants politiques n'aient toujours pas compris ! »

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Les derniers résultats publiés par la plupart des banques européennes et occidentales au sens large sont particulièrement bons. Pourtant, la récente faillite de Banco Popular en Espagne et son rachat par Santander pour 1 euro symbolique, mais aussi les difficultés aggravées de certaines banques italiennes, sans oublier les 200 milliards d’euros de créances douteuses qui affecteraient encore l’ensemble du système bancaire transalpin nous rappellent que le panorama bancaire européen est loin d’être parfait. En effet, à cause de conditions réglementaires de plus en plus contraignantes, mais aussi de taux d’intérêt obligataires beaucoup trop bas, les banques européennes demeurent fragiles. Pire, avec la concurrence des financements alternatifs, elles sont menacées jusqu’à leur existence même. A tel point que certains, et notamment au sein de la Commission européenne, n’hésitent plus à mettre en garde contre de multiples faillites bancaires au cours des trimestres à venir dans l’ensemble de l’Union. Certes, nous sommes encore loin du marasme qui a suivi la crise des subprimes de 2007 et qui a atteint son paroxysme avec la faillite de Lehman Brothers en 2008. Cependant, ce retour en force des vieux démons de la crise bancaire rappelle que le système bancaire et financier eurolandais reste menacé, notamment par une nouvelle phase d’aggravation des créances douteuses qui pourrait voir le jour dans les prochains trimestres. Après avoir dû constituer des provisions pour créances douteuses du secteur privé, les banques italiennes, françaises, européennes, et mondiales pourraient bien devoir rééditer l’opération, mais, cette fois-ci, pour des créances accordées au secteur public, qu’il s’agisse des obligations d’Etat ou des crédits accordés aux collectivités locales. Or, un tel scénario n’est pour l’instant pas vraiment intégré dans les « stress tests » de la BCE. Sans parler des risques sur les pays émergents et sur la situation géopolitique mondiale. Voilà pourquoi, et même si les banques européennes ont réduit leurs activités dangereuses (et notamment le « property trading », c’est-à-dire la spéculation avec leurs fonds propres) et bénéficient encore d’une politique monétaire extrêmement accommodante, elles restent toujours menacées par une croissance économique trop faible, une dette publique trop élevée et un risque de remontée massive des taux d’intérêt des obligations d’Etat. En conclusion, même si, pour l’instant, la situation apparaît sous contrôle, la probabilité d’une nouvelle crise bancaire demeure élevée. Ce qui signifie qu’après cinq belles années en termes de profits et de valorisation boursière, les banques européennes pourraient connaître quelques trimestres difficiles. En attendant des jours meilleurs… en 2019.