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Croissance : La France reste à la traîne de l'Allemagne et de la zone euro.
ACDEFI - 02 mai 2017

Comme nous l'annoncions la semaine dernière dans nos prévisions hebdomadaires, la croissance française a bien nettement ralenti au premier trimestre 2017.

Ainsi, après avoir augmenté de 0,5 % au quatrième trimestre 2016, le PIB français n'a progressé que de 0,3 % au premier trimestre 2017, soit deux fois moins qu'il y a un an. Son glissement annuel passe ainsi de 1,2 % à 0,8 %, un plus bas depuis le quatrième trimestre 2014.

 

France : une bien piètre croissance.

Pour visualiser le graphique, merci de consulter le fichier pdf

Sources : INSEE, ACDEFI

 

Le détail des comptes nationaux du premier trimestre n'est guère plus réjouissant. Certes, l'investissement des entreprises non-financières a augmenté de 1,3 %. Cependant, son glissement annuel est tombé à 2,1 %, contre 2,8 % au trimestre précédent et 5,1 % au premier trimestre 2016. La reprise de l'investissement est donc déjà en train de s'essouffler.

Mais ce n'est pas tout, puisqu'

 

La France « condamnée » à la mollesse économique.

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Autrement dit, et comme le montre le graphique ci-dessus, cela confirme que la mollesse de la croissance française perdurera encore de nombreux trimestres.

En outre, l'une des grandes inquiétudes de ce début d'année réside dans la faiblesse de la consommation des ménages. Cette dernière n'a progressé que de 0,1 % au premier trimestre 2017. Son glissement annuel est passé de 2,1 % au quatrième trimestre 2016 à désormais 1 %, un plus bas depuis le quatrième trimestre 2014.

 

La stagnation de la confiance des ménages n'augure rien de bon...

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Sources : INSEE, ACDEFI

 

Encore plus grave, après avoir déjà baissé de 0,7 % en février 2017, la consommation des ménages a encore reculé de 0,4 % en mars. Son glissement annuel est tombé à - 1 %, un plancher depuis novembre 2014.

Et, là aussi, la stagnation de l'indice INSEE de confiance des ménages en avril n'augure rien de bon.

Le plus triste est que cette morosité française s'observe dans un contexte de fort dynamisme en Allemagne et dans l'ensemble de la zone euro.

 

La croissance allemande pourrait dépasser les 3 % au cours des prochains trimestres.

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Sources : Destatis, IFO, ACDEFI

 

Ainsi, outre-Rhin, après avoir déjà progressé de 6,2 points depuis septembre dernier, l'indice IFO du climat des affaires en a encore gagné 0,5 en avril. Il atteint désormais 112,9. Pour retrouver un niveau supérieur, il faut remonter à juillet 2011. A l'époque, la croissance allemande dépassait les 3 %.

Elle pourrait donc bien retrouver cette barre au cours des prochains trimestres, soit plus du triple de la « performance » française.

Même son de cloche, ou presque, à l'échelle de l'ensemble de la zone euro. En effet, l'indice de sentiment économique de cette dernière a augmenté de 1,6 point en avril. Avec un niveau de 109,6, il atteint un plus haut depuis août 2007.

Ce qui indique que la croissance eurolandaise pourrait rapidement atteindre puis dépasser les 2 %, soit plus du double du résultat français.

 

Zone euro : l'indice de sentiment économique au plus haut depuis août 2007.

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Sources : Eurostat, Commission européenne, ACDEFI

 

En conclusion, comme cela s'observe depuis bientôt quinze ans, la France restera à la traîne de l'Allemagne. Pire, comme nous le subissons depuis 2010, la France demeurera aussi l'une des lanternes rouges de la zone euro.

Il est donc urgent que la France engage enfin des réformes structurelles majeures. Non pas en quittant la zone euro et/ou en augmentant ses dépenses publiques, mais en modernisant son économie…

L'espoir fait vivre…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
L'année 2017 n'est pas encore terminée qu'il nous faut déjà penser à 2018. En effet, pour beaucoup de banques, d'entreprises et d'investisseurs au sens large, 2017 est presque du passé et tous les espoirs, mais aussi toutes les inquiétudes sont portés sur 2018. Certes, comme nous l'annoncions il y a un an et encore au début de cette année, 2017 a été une année « correcte ». Et pour cause : la Chine ne s'est pas effondrée, comme beaucoup le prévoyaient, les pays émergents ont retrouvé des couleurs, notamment en Amérique Latine, les Etats-Unis et la zone euro ont bien résisté. A tel point que la croissance mondiale a gagné quelques dixièmes de point. En effet, selon nos estimations, après avoir légèrement reculé à 3,2 % en 2016, cette dernière devrait atteindre 3,4 % cette année. Elle sera donc appréciable, mais encore inférieure à sa moyenne de long terme (en l’occurrence 3,5 %). Pour y parvenir, elle sera notamment aidée par les performances honorables mais toujours non-euphoriques des Etats-Unis et de la zone euro, à savoir 2,1 %, contre respectivement 1,5 % et 1,8 % en 2016. Quant à 2018, selon nos prévisions, la croissance mondiale atteindra 3,1 %, un plus bas depuis 2009. Des prévisions qui, soulignons-le encore, restent optimistes, dans la mesure où elles supposent que de nouveaux risques ne viendront pas les contrecarrer. Parmi ceux-ci, citons notamment un conflit avec la Corée du Nord, un krach boursier et obligataire mondial, une forte instabilité politique européenne, qui pourrait notamment être provoquée par une issue défavorable des élections législatives italiennes, mais aussi par un capharnaüm sociétal en Catalogne et par là même dans l’Espagne entière, sans oublier les risques de dérapages sociaux toujours présents dans l’Hexagone. Dans le même temps, une crise de la dette privée en Chine, de nouveaux dérapages liés au Brexit et bien sûr et malheureusement, des risques d'attentats et de crises géopolitiques demeurent des dangers majeurs qui pourraient affaiblir la croissance mondiale. En conclusion, n'en déplaise aux marchés boursiers qui continuent de se voiler la face, 2018 sera forcément bien plus difficile que 2017.