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La conjoncture mondiale va-t-elle aussi aider Macron ?
ACDEFI - 15 mai 2017

Et si Emmanuel Macron avait tout simplement « la baraka » ? En effet, en plus d'avoir été élu Président à 39 ans, presque dans un fauteuil, et d'être adulé par la quasi-totalité des médias, il pourrait également bénéficier d'une conjoncture mondiale favorable.

En effet, les taux d'intérêt restent très bas, les marchés boursiers demeurent globalement euphoriques, le prix du baril est repassé sous les 50 dollars et la croissance mondiale devrait atteindre sans difficulté les 3,3 % cette année.

Les dernières enquêtes Markit des directeurs d'achat sont d'ailleurs très favorables à travers le monde, puisqu'il n'y a plus que 5 pays subissant une récession industrielle, contre près d'une vingtaine en septembre dernier.

 

Seuls cinq pays restent en récession industrielle.

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Sources : Markit, ACDEFI

 

Symbole parfait de ce renouveau, le Brésil est enfin sur le point de retrouver la croissance. En effet, pour la première fois depuis le printemps 2014, les indices Markit des directeurs d'achat ont dépassé la barre des 50, tant dans les services que dans l'industrie.

Comme le montre le graphique ci-après, le glissement annuel du PIB brésilien devrait ainsi redevenir positif d'ici le troisième trimestre 2017.

Un véritable exploit lorsque l'on sait qu'il y a encore six mois, l'économie brésilienne paraissait incapable de sortir de la récession.

 

Le Brésil sort enfin de la récession.

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Sources : IBGE, Markit, ACDEFI

 

Pour autant, il ne faudrait pas aller trop vite en besogne. En effet, à côté du renouveau brésilien, certains pays, pourtant habitués à la croissance forte, affichent des signes d'affaiblissement.

 

La croissance indienne demeure chahutée.

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Sources : Mospi, Nikkei, ACDEFI

 

Ainsi, en Inde, après le « clash » lié à la démonétisation des billets de 500 et 1000 roupies en décembre 2016, puis un net rebond technique, les indices Nikkei des directeurs d'achat ont stagné dans l'industrie et nettement reculé dans les services. Dans ces derniers, la barre des 50 a même été touchée (à 50,2 précisément), présageant d'un nouveau ralentissement de la croissance indienne.

Même son de cloche du côté de LA locomotive mondiale, à savoir la Chine. Et pour cause, en avril, les indices Caixin des directeurs d'achat ont nettement baissé tant dans l'industrie que dans les services, pour atteindre des niveaux de respectivement 50,3 et 51,5.

Même s'il n'y a évidemment toujours pas péril en la demeure, la croissance chinoise pourrait repartir à la baisse au cours des prochains trimestres.

 

L'économie chinoise suscite de nouveau des inquiétudes.

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Sources : NBSC, Caixin, ACDEFI

 

Quant à la zone euro, si son économie se porte mieux, elle reste néanmoins fragile, d'autant que l'euro s'apprécie, ce qui ne manquera pas de ralentir la croissance de l'UEM.

 

La remontée de l'euro pourrait freiner la croissance de l'UEM.

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Dans ce cadre, avec une croissance d'au mieux 2 % aux Etats-Unis et 1,6 % dans la zone euro (1 % en France), la croissance mondiale ne pourra pas dépasser significativement les 3,3 % en 2017.

Ce qui rappelle que la flambée récente des marchés boursiers demeure très excessive par rapport à la réalité économique mondiale.

 

La baisse des marchés boursiers ne devrait pas tarder...

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Sources : Eurostat, ACDEFI

 

Dans ce cadre, une forte baisse des indices boursiers apparaît bien inévitable et ne devrait d'ailleurs pas tarder. Eh bien oui, la « baraka », ce n'est pas éternel…

 

Marc Touati

Les analyses hebdomadaires
Un vent d’euphorie semble souffler sur la zone euro et sur la France depuis quelques semaines. Selon certains prévisionnistes, notamment ceux des organes officiels que sont la Commission européenne et l’INSEE, l’UEM et la France auraient d’ores et déjà retrouvé le chemin de la croissance forte, qui pourrait même avoisiner les 2,5 % dès 2018. A l’évidence, la réalisation d’une telle conjecture ne pourrait que nous faire plaisir. Seulement voilà : en économie, la magie n’existe pas. Autrement dit, pour pouvoir atteindre une croissance durable de 2,5 %, il faut un certain nombre d’ingrédients dont la France et la zone euro ne disposent pas pour le moment. Certes, la faiblesse des cours du pétrole et des matières premières au sens large, le caractère extrêmement accommodant de la politique de la BCE ou encore le maintien des taux d’intérêt obligataires sur des niveaux exagérément bas ont aidé et aideront encore la croissance économique. Pour autant, il s’agit là de conditions nécessaires mais pas suffisantes pour permettre à cette dernière d’atteindre 2,5 %. D’ailleurs, d’autres éléments conjoncturels agissent déjà à la baisse sur la dynamique économique : le ralentissement dans la plupart des pays émergents, Chine et Inde en tête, la remontée de l’euro, notamment face au dollar, ou encore les incertitudes géopolitiques internationales. Mais au-delà de ces évolutions conjoncturelles, certes non négligeables, le vrai handicap de la zone euro et plus particulièrement de la France, réside dans la faiblesse de leur croissance structurelle. Aussi, pour parvenir à ce niveau de 2,5 %, il faut engager de profondes réformes structurelles sur la fiscalité, le marché du travail ou encore le financement de l’économie, qui n’ont toujours pas été menées, en particulier en France. Autrement dit, ce ne sont pas quelques évolutions conjoncturelles favorables qui permettront de masquer les faiblesses structurelles de l’économie française. Dans ce cadre, nous sommes contraints de confirmer notre prévision d’une croissance française d’environ 1,3 % tant en 2017 qu’en 2018. Quant à l’atteinte durable des 2,5 %, elle ne sera possible qu’après la modernisation de l’économie française et donc, dans le meilleur des cas, pas avant 2020. Certes, mieux vaut tard que jamais. La question reste néanmoins de savoir si la population et les entreprises françaises auront la force d’attendre…
A suivre du 26 au 30 juin :
- Lundi 26, 10h (heure de Paris) : léger recul de l’indice IFO du climat des affaires en Allemagne.
- Lundi 26, 14h30 : rebond correctif et limité des commandes de biens durables aux Etats-Unis.
- Lundi 26, 18h : le chômage repart à la hausse en France.
- Mardi 27, 16h : l’indice du Conference Board de confiance des ménages américains recule légèrement.
- Mercredi 28 8h45 : stabilisation de l’indice INSEE de confiance des ménages dans l’Hexagone.
- Mercredi 28, 14h30 : le déficit de la balance des marchandises recule modestement aux Etats-Unis.
- Jeudi 29, 8h : baisse modérée de l’indice GfK de confiance des ménages allemands.
- Jeudi 29, 11h : quasi-stabilisation de l’indice de sentiment économique dans la zone euro.
- Jeudi 29, 14h : l’inflation allemande se stabilise à 1,4 %.
- Jeudi 29, 14h30 : la faiblesse de la croissance américaine au premier trimestre est entérinée.
- Vendredi 30, 1h30 : stabilisation du taux de chômage japonais à 2,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : la consommation des ménages repart à la baisse en France.
- Vendredi 30, 8h45 : l’inflation française stagne à 0,8 %.
- Vendredi 30, 8h45 : en France, la dette publique atteint 96,5 % du PIB au premier trimestre.
- Vendredi 30, 9h55 : le taux de chômage se stabilise à 5,7 % en Allemagne.
- Vendredi 30, 10h30 : nouvelle confirmation de la croissance britannique à 2 % au premier trimestre.
- Vendredi 30, 11h : stabilisation de l’inflation eurolandaise à 1,4 %.
- Vendredi 30, 14h30 : progression modérée des revenus et de la consommation des ménages aux Etats-Unis.
- Vendredi 30, 16h : confirmation de la nette baisse de l’indice Reuters/Université du Michigan de confiance des consommateurs américains.